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9 groupes des paroisses de Clamart, Châtillon, Le Plessis-Robinson

Réflexions de 9 groupes des paroisses de Clamart, Châtillon, Le Plessis-Robinson

1. Contribution du groupe de Mathilde Montiel :

Pour faire court , nous nous sommes posées les questions suivantes :
- parle-t-on de la" théologie du corps" de saint Jean-Paul II dans la préparation au mariage sur la paroisse ?
- Informe-t-on les fiancés sur ce que dit la doctrine dans le catéchisme de l’Église catholique (articles 2366- 2367 etc....) , sous quelle forme ....?
- s’engagent - t -ils à être "coopérateurs de l’amour de Dieu créateur " ?

Suite à l’exemple donné, nous demanderions à l’homme de dire sa pensée et de réagir au positionnement de sa future femme ;
étant donné que c’est la 1ère rencontre , nous leur proposerions de cheminer ensemble sur ce sujet , en leur disant que "la fécondité est un don , une fin du mariage , car l’amour conjugal tend naturellement à être fécond .L’enfant ne vient pas de l’extérieur s’ajouter à l’amour mutuel des époux ; il surgit au cœur même de ce don mutuel , dont il est un fruit et un accomplissement " etc....
Nous leur suggérerions de réfléchir sur les 3 " sphères " de la fécondité :
- l’amour des époux l’un pour l’autre ( " le 1er enfant du couple, c’est le couple lui-même" D.Sonet)
- l’amour veut se partager (donner la vie, mettre au monde des enfants, c’est le vœu de l’amour )
- l’amour aspire à s’ouvrir à tous les autres ( la cité , l’Église , le monde ...)

Pour finir , j’ai trouvé l’exemple d’un prêtre qui apportait ce témoignage : "Il m’est arrivé de ne pas pouvoir célébrer le mariage religieux d’un couple car le garçon, encore marqué par la mort brutale de son père dans un accident, refusait l’enfant ; mais j’ai tenu à aller à leur mariage civil ".
J’espère que notre petite contribution s’inscrit bien dans la demande de la paroisse , du diocèse ; ce fut en tout cas moyen de parler de sujets qui nous tiennent à cœur ...

2. Contribution du groupe de Joël Gaquière :

Question 20 choisie : Comment aider à comprendre que personne n’est exclu de la miséricorde de Dieu ?
- Personnes divorcées et comment exprimer cette vérité dans l’action pastorale de l’Église envers les familles, en particulier celles qui sont blessées et fragiles ?
- Comment aider à comprendre que personne n’est exclu de la miséricorde de Dieu ?
- Cette question est pour l’ensemble du groupe une évidence : elle est la base de notre foi en un Dieu miséricordieux, un Dieu d’amour et de pardon. C’est notre foi mise en témoignage qui pourra soit nous aider, soit aider cet autre, qui même lui, n’est pas exclu de la miséricorde de Dieu quelque soit ses fautes.

Comment exprimer cette vérité dans l’action pastorale de l’Église envers les familles, en particulier celles qui sont blessées et fragiles ?

Premier cas : Une personne divorcée qui vit ensuite en concubinage, et ne souhaite ni remariage civil, ni remariage religieux. Cette personne est-elle exclue des sacrements ? Nous ne le savons pas.

Deuxième cas : Une personne divorcée remariée civilement. Pourquoi cette personne serait-elle exclue des sacrements ?
En pastorale en France beaucoup de catholiques et la plupart des prêtres ont une approche miséricordieuse. Tout en connaissant la situation matrimoniale de cette personne, très souvent les prêtres lui donnent les sacrements.
Notre groupe pense que sur ce point, le droit canonique devrait être modifié et devrait avalisé la pastorale pour sortir de l’hypocrisie de l’écart entre le droit et la pastorale.

Troisième cas : Une personne divorcée, remariée civilement et qui demande un deuxième mariage religieux.
- Pour les orthodoxes il y a des étapes de progression que nous connaissons mal qui peuvent conduire à un deuxième mariage religieux.
- Pour les protestants le mariage n’est pas un sacrement. Ils ont éliminés le problème. Ils sont chrétiens et l’œcuménisme nous amènera à trouver une solution commune sur le mariage entre nous tous, chrétiens.
- Pour les catholiques le mariage est indissoluble.
Une première solution serait de faciliter la reconnaissance de la nullité du sacrement de mariage. Pour notre groupe c’est une forme d’hypocrisie.
En pastorale en France, beaucoup de prêtres donnent une bénédiction aux divorcés remariés. Ne pourrait on pas trouver canoniquement quelque chose ?

Notre groupe a 3 avis différents sur l’indissolubilité du mariage .

- Avis A :

Il paraît indispensable d’abandonner le dogme de l’indissolubilité du mariage dans la mesure ou il conduit à refuser l’accès à la communion eucharistique et donc au pardon à des familles qui souffrent. Après tout l’Esprit Saint peut passer aussi par le synode.

- Avis B : Suggestion d’une nouvelle approche du mariage religieux
Le nombre de couples séparés va en augmentant. La notion d’indissolubilité du mariage est-elle bien comprise lorsqu’elle est prononcée par les mariés ?
Le code civil français a trouvé quelle-que chose entre le concubinage et le mariage qui est le pacs.
Les nouveaux couples voulant s’engager dans leur union ne pourraient ils pas suivre la loi de la gradualité et la pédagogie divine pour petit à petit cheminer vers la volonté de Dieu ?
Pourquoi pas trois cérémonies religieuses chronologiques séparées dans le temps pour réfléchir et affiner le discernement : - des fiançailles - un pacs religieux qui serait un engagement fort de fidélité sans indissolubilité - puis un mariage indissoluble.
Ces 3 étapes peuvent être une analogie avec les étapes des personnes consacrées. Les sœurs progressent jusqu’à leurs vœux définitifs et les prêtres de même avec le diaconat puis le sacerdoce.

- Avis C :

Les couples lorsqu’ils formulent leur engagement, ne s’engagent pas sur l’indissolubilité mais sur la fidélité.
Il nous paraît hasardeux de faire une analogie entre le pacs et une formule intermédiaire du mariage religieux. L’indissolubilité pose problème pour les catholiques qui le considèrent comme un dogme intangible. Ni les protestants ni les orthodoxes ne s’y attachent de la même façon. L’Église Orthodoxe enseigne qu’une seconde union matrimoniale ne saurait jamais être identique à la première. Dans l’office de célébration d’un remariage, certains des éléments joyeux sont omis et remplacés par des prières pénitentielles.
La gradualité me paraît un long chemin incompatible avec l’aspiration de ceux qui le demandent. Le mariage religieux est d’ailleurs de moins en moins demandé. Le mariage deviendrait un parcours du combattant … Par contre lors des sessions obligatoires de préparations au mariage, l’accent si ce n’est pas déjà le cas, doit être mis sur la fidélité à l’autre et l’engagement.
Le terme utilisé « pédagogie divine » me paraît décalé et ne pas répondre à une réalité.
Le synode doit évoluer sur le point de l’indissolubilité. L’oecumenisme pourrait aider (s’il y a encore une volonté). L’engagement chrétien et catholique dans le mariage doit être basé sur l’amour et la fidélité à l’autre. Que le synode redise que le pardon s’applique à tous.

3. Contribution du groupe d’Audrey Guérin :

1ere rencontre :

Q39 : les normes en vigueur actuellement permettent-elles d’apporter des réponses valables aux défis posés par les mariages interconfessionnels ? Faut-il tenir compte des autres éléments ?

Nos échanges, partant de nos expériences :
- Besoin de prendre en compte la volonté du couple dans son choix et projet de vie commune.
- Ma sœur catholique a épousé un musulman : elle a accepté la religion de son mari, les 3 enfants ont été éduqué dans la religion musulmane
- Il est nécessaire de prendre en compte des facteurs externes : ma sœur était une enfant soumise et est soumise à son mari.
- Comment je réagis : il est impossible de dire quoi que ce soit
- Couple catholique/protestant : 2 filles élevées dans le protestantisme, l’Église catholique reconnait le baptême protestant.
- Comment « je » réagis : ce sont des mariages « risqués », il est nécessaire de prendre en compte l’état psychologique de chacun.

2ème rencontre (un peu plus creusée !)

Q38 : La pastorale sacramentelle à l’égard des divorcés remariés a besoin d’un approfondissement ultérieur ; en évaluant la pratique orthodoxe et en tenant en compte de « la distinction entre situation objective de péché et circonstances atténuantes ». Quelles sont les perspectives au sein desquelles se situer ? Quelles avancées sont possibles ? Quelles suggestions pour remédier à des formes d’empêchement non dues ou non nécessaires.


- Au niveau de la doctrine de l’Église ?
- Nous avons relevé le besoin d’étudier prudemment la pastorale sacramentelle sur les pratiques orthodoxes, prenant en compte la pratique du divorce et remariage.
- En tant que membre de l’Église, oser dire à l’un des futurs mariés « vous allez dire/échanger une parole que vous avez déjà dite à une autre personne, comment le vivez-vous ? », ajouter ce sujet-là dans la préparation au mariage.
- Existe-t-il des réflexions sur une pastorale « globale » de la famille dans la paroisse ? Dans la paroisse il y a différentes équipes qui travaillent sur le baptême, éveil à la foi, mariage, s’assurer que ces équipes puissent échanger afin que si l’un d’entre nous n’a pas la compétence pour « oser parler » , que nous puissions savoir vers qui orienter les personnes demandeuses.
- Savoir entendre la souffrance des divorcés : proposer un accompagnement pénitentiel sur plusieurs années tout autant que nous accompagnons les catéchumènes sur plusieurs années.
- Pouvoir donner encore plus de matière dans les préparations au mariage en osant parler du divorce.

4. Contribution du groupe de Denis Roger-Machart :
A. Avis sur la question n°38 ici rappelée :

La pastorale sacramentelle à l’égard des divorcés remariés a besoin d’un approfondissement ultérieur, en évaluant la pratique orthodoxe, et en tenant compte de la « distinction entre situation objective de péché et circonstances atténuantes ». Quelles sont les perspectives au sein desquelles se situer ? Quelles avancées sont possibles ? Quelles suggestions pour remédier à des formes d’empêchement non dues et non nécessaires ?

Hélène est divorcée depuis 20 ans ; elle est restée fidèle donc célibataire. Elle est au bureau d’accueil de la paroisse et reçoit un couple dont l’un est divorcé. Comment réagit-elle ? Comment réagiriez-vous ?

Notre échange nous a permis de comprendre la diversité des situations socioculturelles dans le monde (exemples cités en Équateur) comme sur le territoire de notre République (exemples cités en Guyane) ou même en France métropolitaine (du fait de la diversité « communautaire ») voire dans un même milieu bourgeois (exemples de familles bien-pensantes refermées sur elles-mêmes).
La consultation lancée par le Pape et relayée sur nos paroisses, qui a causé cet échange, est ainsi saluée comme un bienfait.
Devant la diversité des situations pastorales, il nous a semblé qu’il fallait à la fois renoncer à une norme et que l’Église bannisse de son vocabulaire les termes juridiques (« il est licite… » ; « les circonstances atténuantes » ; « la nullité des actes » et c…) (NB- Ils abondent pourtant dans les documents de l’Église, y-compris dans le relevé de conclusions de la 1ère partie du synode). La miséricorde, la compassion, la bienveillance paraissent mieux répondre à l’attente de personnes en souffrance du fait de l’échec de leur union ; l’Église doit penser pour les gens et non pour elle-même ; elle doit privilégier la charité, ce qui n’exclut nullement, au contraire, de hautes exigences dans l’exposé des objectifs de la vie chrétienne.
Nous nous sommes convaincu qu’elle ne pouvait refuser les sacrements (réconciliation, eucharistie) à celui qui en avait le plus besoin. Jésus faisait scandale parce qu’il rencontrait pécheurs, prostituées… L’Église ne doit pas craindre d’être incomprise, mais doit au contraire ouvrir ses portes. Le cas de baptêmes refusés parce qu’il y a une union conjugale du catéchumène avec une personne divorcée d’un mariage chrétien nous paraît incompréhensible. Accueillir les personnes « sur le seuil » est plus important encore qu’accompagner les divorcés remariés en souffrance, mais les pastorales sont en interaction, la dureté de l’Église pouvant décourager des personnes hésitantes.
Nous avons hésité sur l’attitude souhaitable face à l’éventualité de remariages chrétiens. Nous avons salué ceux qui, par fidélité à leur union, choisisse de vivre le célibat ; mais c’est un choix qui doit être libre et non imposé, ce qui serait hypocrite. En cas de remariage, l’échange des promesses entre les époux est naturellement moins crédible si ces promesses ont été trahies auparavant. Pourtant ce n’est pas nécessairement le Christ qui a été trahi. Le vrai problème du mariage, c’est pour l’Église de savoir comment elle accueille le pécheur. La vulnérabilité de l’homme, pourquoi l’Église n’en tient-elle pas mieux compte ? Le Christ n’a-t-il pas été au-devant des personnes les plus embarrassées par leur culpabilité ?
Plus que l’union par elle-même, c’est le sens des sacrements qui est en cause. S’ils sont la manifestation publique de la bonté de Dieu pour les hommes, et une étape sur un chemin vers Lui, il faut prendre en compte le progrès que peut représenter la nouvelle union par rapport à la situation antérieure (à l’égard de chacun des membres du couple, mais aussi à l’égard du ou des ex-conjoints, et plus encore des enfants des précédents lits) et marquer cette étape au sein de l’Église, sur laquelle les personnes s’appuieront pour progresser encore.
Cette appréciation du « progrès » spirituel des personnes propre à chacune d’elles (et non plus de leur seul statut de « marié »), n’est envisageable qu’au niveau de communautés locales et de leur pasteur. Même sans perspective de bénédiction par l’Église, la nouvelle union semble préférable à la vie cachée (couples non déclarés).
Réaffirmer que Dieu lui-même nous accueille, nous enveloppe de son amour, nous prend dans ses bras et nous aide à progresser, quel que soit l’état de vie ! Réunis pour parler de la situation des divorcés remariés, nous avons donc vite débordé de cette question pour intégrer la notion de charité aux divers actes de l’Église (accueil, accompagnement, vie fraternelle, sacrement) avec le désir de raviver pour nos enfants l’attrait des perspectives de vie chrétienne dans le mariage.

Synthèse proposée :

Que l’Église affirme que les sacrements sont pour les hommes et non les hommes pour les sacrements (mariage, réconciliation, eucharistie en particulier pour le sujet qui nous intéresse) ; qu’elle fasse savoir que les divorcés ont vocation à être accueillis par leurs frères chrétiens en un chemin de discernement, pour choisir la vie malgré leurs difficultés propres, et un chemin d’intégration dans la communauté.
Que l’Église affirme enfin que Dieu lui-même nous accueille, nous enveloppe de son amour, nous prend dans ses bras et nous aide à progresser, quel que soit l’état de vie !

B. Avis sur la question 41 ici rappelée :
Les jeunes couples, comment les aide-t-on à grandir ?

Quelles sont les initiatives… pour annoncer et promouvoir efficacement l’ouverture à la vie, ainsi que la beauté et la dignité humaines de devenir mère ou père…
Comment promouvoir le dialogue avec les sciences et technologies biomédicales de façon que soient respectée l’écologie humaine de l’engendrement ?

Contenu des échanges

Expérience vécue en Guyane : « après trois fausses-couches successives et constat d’impuissance de la médecine occidentale, Mme X décide de recourir à la médecine chinoise qui opère une modification du code génétique, ce qui a permis la naissance d’un enfant. « Le bonheur est tel que nous pensons qu’il vaut la peine de prendre les risques inhérents aux technologies biomédicales ».
Expérience vécue en France où, après la naissance de leurs trois premiers enfants, un couple décide d’adopter un quatrième enfant. « Dès qu’on a vu l’enfant, on l’a « véritablement engendré ; on donne la vie sans qu’il y ait eu de lien biologique » ; « dans mon corps, dans ma vie psychique, j’étais devenue mère » dit l’épouse.
Les jeunes qui se préparent au mariage, on les aide à grandir en les interpellant, en les interrogeant : que voulez-vous, quelle sera votre fécondité propre ? Les inviter à réfléchir : pourquoi voulez-vous des enfants ? Ou pourquoi n’en voulez-vous pas ? Ou pourquoi en voulez-vous un maximum ? (« on n’est pas des lapins » !).
Expérience vécue en France : un couple stérile accepte d’encadrer des jeunes scouts. Peu après ils conçoivent « naturellement » un enfant. La stérilité peut disparaître par le changement de l’environnement humain.
Expérience générale en France : un nombre croissant de couples (20% ?) est dans l’obligation d’avoir recours à une aide à la procréation, qui n’est pas une partie de plaisir. Les documents du magistère, et en particulier Dignitas Personae (2008) insistent beaucoup sur ce qui est licite ou illicite. Lorsqu’il s’agit d’"acte conjugal" et de "fécondité" nous attendons autre chose de notre Église que des autorisations et des interdictions : seraient-elles les seuls ressorts de l’amour conjugal ? Nous aimerions que l’Église exprime sa sollicitude pour les jeunes couples contraints de recourir à l’aide à la procréation pour enfin pouvoir engendrer. Il faut du courage pour subir l’une ou l’autre de ces techniques qui paraissent bien loin de l’amour. Et pourtant celles-ci, en contournant des dysfonctionnements de la nature permettent à l’homme et à la femme de participer activement à la création comme Dieu lui-même les y incite (Genèse).

Tentative de synthèse

Que l’Église se réjouisse publiquement pour tout ce qui permet de faire grandir l’amour conjugal et familial (éducation, soutiens sociaux, médecine y-compris certaines technologies biomédicales). Qu’elle affirme que tout ce qui permet à un individu de progresser dans le sens de l’ouverture à la vie conforte notre foi en un devenir auprès de Dieu.

5. Contribution du groupe de Roselyne Desjuzeur :

1/ À propos de la question 13, la famille « église domestique », sujet et objet de l’action évangélisatrice au service du Royaume de Dieu (échanges du 5 février)
Famille, partage à table le soir, relecture de vie. Famille, lieu d’éducation mutuelle. On y vit l’amour, le respect, le pardon. Certains ressentent « de la perte en ligne » dans la transmission de la foi en famille, un certain éloignement entre vie familiale et vie chrétienne ; d’autres ont le sentiment de vivre en famille les trois « pôles » de l’Église, lieu d’annonce du Christ et de partage de sa parole, lieu de prière avec sa propre liturgie, lieu pour apprendre les sacrements en particulier le pardon. Certains soulignent l’église domestique vécue par les grands parents avec les petits enfants.
« Église » donc lieu où le Christ est présent ; nous pensons au témoignage de cette présence que nous voyons aussi dans les familles connues de nous, non chrétiennes.

2/ À propos de la question 20, « comment aider à comprendre que personne n’est exclu de la miséricorde de Dieu et comment exprimer cette vérité dans l’action pastorale de l’Église envers les familles, en particulier celles qui sont blessées et fragiles ? » (échanges du 10 février)
Une incompréhension : pourquoi refuser l’accès au sacrement de la réconciliation à une personne divorcée remariée ? Justement, n’est-ce pas LE sacrement dont cette personne a le plus besoin ? Pourquoi l’assassin a-t-il « le droit » de se confesser et pas la personne qui divorce ? Cela ne nous parait pas compréhensible. Et donc impossible à dire… (personne n’est exclu de la miséricorde de Dieu … !)
Pourtant nous comprenons aussi que l’on ne peut pas faire comme si rien ne s’était passé. De ce point de vue, aller vers la facilitation de l’annulation du mariage est une solution pas ressentie comme juste dans certaines situations, par exemple vis-à-vis des enfants nés de cette première union : annuler, ce serait comme tout effacer, pas normal.
Et de même pour la communion eucharistique ; nous évoquons le cas de ces personnes qui ont découvert à l’occasion des émissions sur le synode qu’en tant que divorcés remariés, ils ne pouvaient pas communier alors qu’ils le faisaient très naturellement jusque là…
Besoin de mieux comprendre le lien entre le mariage et tous les autres sacrements : pourquoi rupture du mariage fait exclure de tous les autres ? pas compris, du coup les personnes concernées pratiquent quand même, par exemple la communion.
Besoin aussi de clarifier/mieux comprendre position de l’Église face à des situations complexes, de mariages civils ou vie de couple antérieurs aux demandes de mariage religieux… besoin d’être cohérents et compréhensibles !
Creuser la voie d’un chemin de réconciliation/pardon, retour, pour les personnes dans cette situation.
Encourager aussi tout ce qui aide à vivre pleinement le sacrement de mariage, initiatives comme « alpha couple » ou mouvements comme équipes Notre-Dame…
Dans la pastorale, penser à proposer des moments dans lesquels les femmes ou hommes seuls en charge de famille ne se sentiraient pas exclus, moments pour femmes (cf. le pèlerinage des femmes au Plessis) ou pour hommes, pas seulement pastorale « pour les familles ».

3/ À propos de la question 5 « de quelles façons et avec quelles activités les familles chrétiennes sont elle engagées à rendre témoignage de la progression de la maturation affective aux yeux des jeunes générations…, quels agents pastoraux … ». (échanges du 10 février)
Nous soulignons toute l’aide pour les familles de mouvements comme le scoutisme, le MEJ , le rôle des groupes d’aumônerie : apprendre la vie ensemble, la responsabilité, l’engagement, les jeunes au service des plus jeunes.
Nous nous posons la question du soutien aux parents dans leur mission éducative, comment l’Eglise mène cela, en dehors de l’enseignement catholique ? quoi comme lieux d’accueil des parents, de soutien , « écoles de parents » ?
Nous évoquons la vocation particulière des diacres permanents dans l’éducation des jeunes ( la parole du prêtre, célibataire, est-elle reçue ? mise en doute ?)
Nous soulignons la nécessité que les familles reçoivent les prêtres, leur fassent connaitre de près ce qu’elles vivent, dans la confiance.

6. Contribution du groupe d’Anne Julier :

DIVORCÉS-REMARIÉS : EN FINIR AVEC L’AMBIGUÏTÉ.

La présente proposition a été rédigée par un groupe composé de Anne et René Julier, Marcelle et Michel Lécolle, Annick et Alain Pontet et Marie-Odile et Jean-Marc Waldschmith.

PROPOSITION :

Précisons tout de suite, que le laxisme n’est pas proposé. Bien au contraire.
La solution devrait consister à ouvrir un chemin de pénitence, débouchant, dans la foi, sur la miséricorde ; dans ce cheminement, les nouveaux candidats seraient – comme dans le mariage initial - acteurs, l’Ėglise n’intervenant que pour constater et bénir et non pour sanctionner ; ce cheminement pourrait se faire par étape et une étape importante serait l’accès à la pénitence et à la communion eucharistique.
Il conviendrait aussi d’inventer un nouveau rituel et surtout de prévoir un accompagnement de la communauté paroissiale, entièrement dédié à ce genre de cas.
D’autres formules sont envisageables. De toute façon, il faut trouver un compromis judicieux entre des points de repères généraux permettant une pratique claire et avouée et une application intelligente du principe de subsidiarité ( qui met en cause le rôle des évêques ).
Il est évident que la mise en œuvre de cette proposition devrait se faire avec la collaboration active de « divorcés-remariés » de bonne foi.

Cette proposition résulte des réflexions présentées ci-dessous sous la forme d’un argumentaire.

ARGUMENTAIRE

La « relatio synodi », dans ses articles 52 et 53 traite du cas des divorcés-remariés, sur lequel les Pères synodaux n’ont pu s’accorder à la majorité des deux tiers et ont demandé qu’ un approfondissement soit effectué. nous présentons une proposition tendant à faire évoluer la pratique de l’Église en regard des évolutions sociétales et s’inspirant de la miséricorde, qui est une constante de l’enseignement du Christ.

Le mariage dans l’histoire de l’Église :

L’Église a affirmé très tôt l’indissolubilité du mariage ; mais ce n’est qu’au Moyen-Âge qu’elle en a fait un sacrement ; diverses tolérances ont été observées, notamment au moment de la Réforme, aussitôt condamnées par le Concile de Trente. La législation a été cristallisée depuis un siècle.

La position du Magistère se résume ainsi :
• Impossibilité d’accéder au sacrement de pénitence en raison de l’impossibilité de s’engager par un « ferme propos » ( de ne pas recommencer )
• Impossibilité d’accéder à l’eucharistie (sauf spirituelle)
• pas d’excommunication, mais des restrictions ( pas possible de « parrainer », pas de responsabilité de catéchèse )
• Une procédure de nullité existe

Cette position repose sur des textes du Nouveau Testament , qu’on ne peut ignorer :
• « que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni » ( Mt, Mc et Luc )
• « la fidélité du Christ pour son Église », « l’Ėglise épouse du Christ » ( St Paul, Ephé)
• « que la femme ne se sépare pas de son mari et que le mari ne quitte pas sa femme » (saint Paul, Cor ).

Cette position théorique est-elle tenable ?

Ėvolution sociétale et situation actuelle :
La situation matrimoniale a beaucoup changé :
• l’espérance de vie des conjoints a beaucoup augmenté ; encore au XIX° siècle, les hommes mouraient bien plus jeunes que maintenant, surtout à la campagne, laissant une veuve avec de nombreux enfants, quand elle-même n’était pas morte en couches ; il en résultait donc une dissolution de fait des couples assez précoce.
• Tandis que depuis la « communauté d’amour » tendait à se répandre, la « communauté de vie » , liée à des engagements patrimoniaux, auxquels veillaient les familles, a tendu à se distendre, facilitant les divorces.
• Du fait de la baisse de la fécondité, les conjoints ont eu moins d’attachement à demeurer ensemble pour élever leurs enfants.
• La plupart des femmes ont maintenant une activité professionnelle alors qu’il y a moins d’un siècle elles se consacraient aux activités domestiques et dépendaient matériellement de leur mari.
• Nous sommes passés d’une civilisation essentiellement rurale à une civilisation citadine avec ce que cela a impliqué de brassages, de mobilité et de fragilité. L’individualisme s’est développé avec « le droit de ».
• On constate donc une augmentation du nombre des divorces ; en France, un mariage sur deux se termine par un divorce ; le taux de divorce est maximum au bout de cinq ans ; 20% des mariages civils sont des remariages.

On pourrait multiplier les statistiques et l’analyse de situations observées ; cependant la réalité est là et c’est à elle qu’il faut s’adapter et non pas vouloir que la société s’adapte à des normes, respectables certes, mais trop rigides et donc souvent inappliquées dans la pratique. Il faut bien accepter que nous vivons dans une civilisation où la culture chrétienne s’est appauvrie. Pour être reçu, le message chrétien doit être rendu audible en tenant compte des réalités vécues.

Les arguments en faveur d’une adaptation :

• Malgré son habillage disciplinaire ( le « ferme propos » ), le refus du pardon est le seul cas ; paradoxalement, celui ou celle qui aurait assassiné son conjoint pourrait y accéder. Fondamentalement, la miséricorde divine, qui restaure le pêcheur dans son intégrité dépasse toute règle humaine et il n’y a pas d’exemple dans les Évangiles où le Christ ne se soit pas montré miséricordieux en présence de personnes affirmant leur foi. Foi et miséricorde vont de pair et c’est peut-être la clé pour une solution.
• L’Ėglise orthodoxe applique d’ailleurs cette conception à partir des parabole de « la brebis perdue » et du « père miséricordieux » ( dit encore du « fils prodigue » ) ; et d’ailleurs, elle critique l’Ėglise catholique, en assimilant son attitude à celle du fils aîné, considéré comme appliquant une norme rigide.
• La nullité présentée comme la solution reste une exception par sa complexité ; à supposer qu’elle puisse être simplifiée, elle oublie que dans la vie d’un couple tout n’est pas nul et que le couple parental persiste souvent conformément à la loi.
• L’interdiction d’accès aux sacrements ne prend nullement en compte le contexte, il ne fait aucune distinction entre la victime et l’oppresseur, celui qui trompe et celui qui est trompé.
• Quelle différence essentielle existe-il entre la communion sacramentelle et la communion spirituelle ?
• Les textes de Paul ne sont pas entièrement convaincants :
 La fidélité du Christ pour son Église est d’ordre symbolique ; peut-on la transposer dans une règle juridique ?
 Le texte de l’épitre aux Corinthiens ( « que la femme ne se sépare pas … » ) a été écrit dans une ville aux mœurs douteuses ; peut-on l’appliquer à des situations où les intéressés reconnaissent leur erreur et sont prêts à un nouveau départ ?
• Dans le contexte exposé ci-dessus et compte tenu de ces arguments, il ne faut pas être étonné que certains prêtres – et nous en connaissons tous- trouvent le moyen de réintégrer discrètement des « divorcés-remariés » dans la communauté eucharistique. L’Église des premiers siècles n’a –t-elle pas trouvé la solution d’une démarche pénitentielle en vue de réintégrer les baptisés ayant renié leur foi pour échapper aux persécutions.

On vit donc en pleine ambiguïté, pour ne pas parler de « bricolage » . Essayons d’en sortir.

7. Contribution du groupe d’Isabelle et Jacques Poudret :

Nous nous réjouissons de l’opportunité que l’église donne à ses fidèles de formuler des propositions en regard des questions qu’elle nous pose suite au document final du synode des évêques sur la famille qui s’est tenu en octobre 2014.
Nous n’avons pas la compétence pour formuler des propositions pour toutes les questions mais seulement pour celles qui nous tiennent le plus à cœur.
Nous prions également l’Esprit Saint pour qu’il nous guide comme membres de l’église avec nos évêques et pour qu’il nous rende attentifs d’une part aux fragilités que nous voyons chez certaines personnes que nous accompagnons dans le service du catéchuménat et d’autre part à la miséricorde infinie de Dieu dont nous sommes les humbles dépositaires.

Q6 : À travers quels moyens la pastorale familiale s’adresse-t-elle à ceux qui sont éloignés ?
P : L’expérience des associations publiques de fidèles telles que le Chemin Neuf (fraternités CANA), Vivre et Aimer, Équipes Notre-Dame n’est pas assez exploitée par les paroisses. Certains centres de retraites spirituelles (Manrèse, Biviers, le Haumont, Loisy, Pen Boc’h) proposent de nombreuses sessions ouvertes aux couples non mariés permettant de faire le point et de discerner des chemins de progression.

Q31 : La pastorale de l’accompagnement dans les premières années de vie conjugale a besoin d’un nouveau développement. Quelles initiatives ont déjà été réalisées ? Quels aspects faut-il renforcer au niveau paroissial, au niveau diocésain ou dans le cadre des associations et des mouvements ?
P : Nous avons toujours appelé de nos vœux ce « service après-vente » du mariage où les jeunes époux sont soutenus dans les équipes de jeunes foyers puis sont incités à rejoindre les équipes Notre Dame ou d’autres associations publiques de fidèles pour suivre le christ de plus près (Chemin Neuf, communauté de vie chrétienne, etc.) ou à vivre en couple un engagement en église (Centre de préparation au mariage, préparation au baptême, etc.). Beaucoup trop de couples chrétiens ignorent qu’ils peuvent se faire aider par des conseillers conjugaux lorsqu’ils rencontrent des difficultés. Les paroisses devraient mieux faire connaître toutes ces aides précieuses. Des messes spécialement dédiées aux anniversaires de mariages pourraient aussi permettre aux jeunes parents concernés de se rencontrer et d’affermir leur foi ensemble.
Par ailleurs, du fait de la mobilité professionnelle, des jeunes coupent vite les liens avec les paroisses ou avec les groupes qui les ont accompagnés au mariage ou arrivent dans des paroisses inconnues. La qualité de l’accueil paroissial est primordiale. De même le lien dans la durée avec le prêtre qui a célébré le mariage est important (contacts directs, internet, « service après-vente »)

Q35 : La communauté chrétienne est-elle prête à prendre soin des familles blessées pour leur faire vivre l’expérience de la miséricorde du Père ?
P : Les paroisses devraient s’appuyer davantage sur l’expérience de certaines associations publiques de fidèles comme le Chemin Neuf qui accueille en son sein des divorcés remariés. Est-ce qu’il y a de la place dans l’église pour les divorcés remariés qui regrettent sincèrement le divorce de leur première union ? L’église libère bien de leur premier engagement des prêtres qui ont été infidèles à cet engagement.
Les équipes de catéchuménat accueillent de plus en plus de personnes qui vivent des situations familiales qui peuvent se révéler incompatibles avec l’accès aux sacrements. Peut-on refuser le baptême à celles et ceux qui sont attirés par la bonne nouvelle de Jésus-Christ et dont l’union n’est pas considérée comme valide dans la législation actuelle de l’Église alors qu’ils regrettent sincèrement ce qui les a conduit à cette situation-là ?

8. Contribution du groupe d’Elisabeth Delouvée :
Couples mariés civilement ou en union libre

22. Respecter et reconnaître la qualité de leur relation et les valoriser dans ce qu’ils vivent de positif ( leur générosité , leur joie ) .
Être bienveillants , avoir une attitude de fraternité avec eux pour qu’ils arrivent vers le mariage religieux.

21. Difficultés conjugales

Accepter de bénir toute personne qui le demande .
Que l’Église accueille avec bienveillance comme le Christ .
Développer des formations au Conseil conjugal chrétien ,des permanences dans la maximum de paroisses possible , communiquer régulièrement sur l’importance de les consulter sans attendre même si au début un seul du couple y va.

Prendre du temps pour son couple :
Sessions alpha couples , Vivre et aimer , Cana couples ,CLER …retrouvailles .

L’éducation 5 -45- 46

L’église doit encourager la formation de groupes de paroles sur l’éducation auxquels les parents peuvent participer comme les chantiers éducations des A F C. ( réflexion par ex autour de l’éducation à 2 voies , voix , père et mère ; résolution des conflits …)

- Développer des sessions sur l’éducation affective pour les parents et pour les jeunes comme organise le CLER.
- Développer des Conférences / débats sur l’éducation avec échanges entre parents à la fin.
- Développer la formation d’éducateurs spécialisés chrétiens (comme les Salésiens de Don Bosco ).
- Développer la formation et les permanences de médiateurs familiaux pour l’écoute des parents en difficulté.
- Créer des liens entre les familles dans les paroisses .
- Organiser des Messes des Familles Festives adaptées aussi aux ados et aux jeunes adultes.
- Organiser des moments de rencontres familiales en Église où pères, mères et enfants aient tous envie de participer : journées festives ,moments conviviaux , Pèlerinages .
- Encourager les familles à participer pendant les vacances à des rassemblements familiaux en Église comme Paray-Le-Monial où chaque tranche d’âge est prise en compte
- Communiquer régulièrement sur ce qui existe : CLER , AFC , sessions familiales d’été …

9. Contribution de l’END de Geneviève-Marie Bartoli :
La pastorale de la famille dans le contexte de l’évangélisation
SI TU SAVAIS LE DON DE DIEU !

a) Durant ces dernières dizaines d’années, quelles sont les expériences nées concernant la préparation au mariage ? Comment a-t-on cherché à stimuler le devoir d’évangélisation des époux et de la famille ? Comment promouvoir la conscience de la famille comme « Église domestique » ?
Nous sommes convaincus, avec mon mari, de la force rédemptrice du sacrement de mariage, qui permet de vivre notre engagement d’époux malgré, avec les difficultés, défauts, problèmes personnels, professionnels etc d’une vie.
C’est quand on fait l’expérience de sa faiblesse qu’on s’ouvre à l’aide du Seigneur engagé avec nous, et Il ouvre notre cœur à l’accueil de l’autre.
Et c’est pourquoi, même si le programme de préparation au mariage se veut le plus complet possible, il y manque une catéchèse et celle-ci peut se vivre déjà dans la présence à la messe dominicale : c’est une cohérence vitale : comment prétendre construire son couple sur le Christ quand on ne Le connaît pas, qu’on ne cherche même pas à Le rencontrer ? La liturgie est catéchèse. C’est ce que nous invitons les « fiancés » à vivre quand on les rencontre en premier accueil…
Ils font de facto une démarche d’église, sans intégrer l’Eglise, sans y participer…Et ne pas le leur dire, c’est les préparer à moitié et commencer à fragiliser ce sacrement qu’ils désirent : Oui : creuser leur désir, les tourner vers la Source…et prier pour eux, avec eux.
Et accueillir les uns et les autres : fiancés, divorcés, tous membres de ce corps, cela a été trop souvent au prix « d’effacer le Christ » pour ne pas trop en demander, ne pas exagérer, comme si on pouvait limiter les capacités d’âme de nos frères ! Bien sûr, à approcher avec une infinie délicatesse mais aussi une exigence pour eux. « Qu’as-tu fais de ton frère ? »
Le mariage : chemin de sainteté comme le disait le Père Caffarel, ce n’est pas pour des privilégiés (qui auront des comptes à rendre d’ailleurs !), mais LA SAINTETÉ POUR TOUS ! Il faut y croire pour progresser dans cet accompagnement.

b) Êtes-vous parvenus à proposer des styles de prière en famille qui réussissent à résister à la complexité de la vie et de la culture actuelle ?
Nous avons longtemps pu prier en famille avec nos enfants (adultes à présent), jusqu’au collège environ. Prière dans le temps liturgique, avec des décorations, des idées pour les impliquer : cheminements à Noël, B-A à offrir, chants….
Ce qu’ils nous ont manifesté, plus grands, c’est cette demande de pardon en famille, de notre part certains soirs, quand on n’avait vraiment pas été bons dans la journée : énervement, petites injustices : ensemble devant le Seigneur.
D’où l’importance d’être ensemble à la messe, de partager la Paix de Dieu (pas facile parfois !), de discuter au retour, des homélies ou textes. Parents, les âmes de nos enfants nous sont confiées aussi, et leur vocation ! Cela aussi, nous le disons aux fiancés : vous vous engagez à élever vos enfants dans la Foi …
Oui, ils ont besoin d’exemples (se relever en est un) et de cohérence.

41-annoncer/promouvoir l’ouverture à la vie

a) Quelle connaissance concrète les chrétiens ont-ils de la doctrine d’Humanae vitae sur la paternité responsable ? Quelle conscience a-t-on de l’évaluation morale des différentes méthodes de régulation des naissances ? Du point de vue pastoral quels approfondissements pourraient être suggérés à ce propos ?
Nous avons eu la chance d’être, aussi, de la génération Jean-Paul II et d’avoir reçu, dans nos milieux scouts et familiaux, cette proposition de vie comme promesse pour le couple.
Mais elle reste très méconnue, et donc récriée comme limitant la liberté, archaïque etc.
Il faudrait avoir le courage de témoigner plus ouvertement de ces sujets : méthodes naturelles, avortement etc en aumônerie où les sujets restent traités de façon soft, pour ne pas faire fuir les jeunes…Il faut leur parler vrai et ne pas les laisser s’abîmer dans des relations, voire expériences douloureuses, où ils finissent cyniques ou désabusés.
Ils sont précieux : il faut le leur dire, les éduquer, à l’écoute, à la parole qui permet de s’expliquer (au lieu de la violence) et les armer pour l’avenir : l’amour c’est possible
Difficultés conjugales, familles fragilisées : c’est le défi de nos communautés : être attentifs à nos frères, nous parler, nous rencontrer, être attentifs aussi à nos collègues, oser des propositions, selon les contextes.

Les initiatives comme ALPHA COUPLE , EQUIPES Tandem ÉQUIPES NOTRE-DAME, et beaucoup d’autres sont des lieux où on s’instruit, on échange, on se transmet des expériences, des compétences, on peut s’ouvrir au service. Elles nous mettent aussi en relation.
Initier des lieux/temps d’écoute spécifique, à travers les compétences des uns et des autres (on ne s’invente pas conseiller conjugal par ex) et les faire connaître.
Il y a tant de ruptures, avec leur cortège de souffrance, d’échecs des grands et des petits qui auraient pu être évitées.
C’est ce que nous disons au jeunes couples : votre amour est précieux, prenez en soin, il peut grandir et vous mener très loin, alors avec le Christ !
Oui, mettre en place un « service après-vente » pour nos jeunes époux.

40- Personnes homosexuelles

Ce sont d’abord des personnes. Si leur choix de vie (qui découle de leurs tendances souvent) les met en incohérence avec l’Église, ils n’en restent pas moins des frères et sœurs pour nous. Il y aurait tant à dire et aussi à écouter ! Mais l’écoute ne justifie pas tout.
Concrètement, je retiens cet échange récent « ma sœur, lesbienne, est mariée avec son amie, elle vient d’avoir un enfant par PMA. Elle veut se marier à l’Église car elle est croyante et croit au sacrement du mariage…et elle est impliquée, elle demande le baptême pour son fils, elle fait de la catéchèse ( !)… elle ne comprend pas la position de l’Église. »
Bien sûr on peut entendre ce qu’elle a à dire, mais elle est déjà, dans sa question, en refus d’une réponse de vérité : prétendre au mariage chrétien est tout simplement un non-sens
Le choix de vie de cette personne ne nous oblige pas à déformer le sens naturel de la famille, l’altérité homme /femme qui seule peut permettre d’accueillir la vie, pas de « forcer » la vie pour cause de désir d’enfant.
Le désir d’enfant ne justifie pas une naissance à tous prix, privant l’enfant de ses origines, de parents complémentaires d’où il est issu et lui impose dès le début une éducation faussée. Le dire et le redire, quelle violence faite à l’enfant ! Et les embryons congelés, devenus déchets ou instruments scientifiques, toutes ces manipulations humaines, non, ce n’est pas le plan de Dieu !
On peut tout comprendre et son contraire dans notre époque totalement relativiste où le sens des mots même est déformé. Mais nous sommes dans ce monde, pas de ce monde, que le Seigneur nous aide à témoigner dans la charité.
À noter : on confit la formation spirituelle des enfants à une personne qui ne mène pas la vie exemplaire minimale attendue pour cette mission : encore une fois, l’exemple de vie est capital.
Comment lui faire confiance pour transmettre le catéchisme ? Les enfants ont une grande soif de vérité et…de cohérence : ils ne sont pas dupes : cohérence de grâce ! On ne joue pas avec les âmes.

Accueillir les personnes « en marge », ce n’est pas valider toutes les situations, quitte à déformer le message du Christ. Les pasteurs et les religieux ont une parole de discernement, un rôle de direction spirituelle, les fidèles, qui peuvent/doivent aussi se former bien sûr, sont invités à la fraternité.
Nous ne sommes pas là pour nous juger, mais, là où nous sommes, pour avancer dans la Vérité, vers Le Père, avec l’aide de l’Esprit Saint.
Et c’est très concret !, et c’est chaque jour !




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