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Paul et Marie-Hélène Chavanne - Sèvres

Contribution au Synode de la famille

Nous sommes un groupe de chrétiens, investis dans la préparation au mariage chrétien et dans diverses aumôneries. Nous avons passé quelques heures ensemble à réfléchir sur les questions posées aux chrétiens du monde entier par le synode d’octobre 2014 sur la famille.
Nous avons sélectionné quelques questions qui nous ont paru particulièrement intéressantes parce que situées au cœur des préoccupations de nos contemporains.

1- Comment l’action pastorale de l’Église réagit-elle à l’expansion du relativisme culturel dans la société sécularisée et au rejet qui en découle, de la part de beaucoup, du modèle formé d’un homme et d’une femme unis par le lien conjugal et ouvert à la procréation ?
Face au relativisme culturel, il nous apparaît que la bonne posture, pour l’Église et les chrétiens, n’est pas de dénoncer le phénomène ni d’expliquer par des arguments savants et construits les raisons qui fondent la proposition chrétienne du mariage.
Il s’agit au contraire, dans un monde désenchanté qui laissent les individus seuls face à eux-mêmes, de donner envie et de faire naître un désir. Ce désir, il existe au cœur de chaque homme : c’est l’aspiration à l’amour, la joie, la paix, au bonheur.
Il nous semble que pour lutter contre le relativisme culturel, il est bon de proclamer que le mariage chrétien est une voie d’accès au bonheur : on se marie d’abord pour être heureux !

Pour reprendre l’expression du pape François « la vie chrétienne est un projet de vie propre à fasciner nos cœurs ». Dans cette perspective il faut présenter le mariage chrétien comme un projet de vie enthousiasmant !

Dans ce mariage chrétien nous sommes appelés au bonheur (de vivre à deux), à la grandeur (du dépassement de soi et du don de sa personne à l’autre) et à la beauté (de la correspondance de notre amour à celui de l’amour divin). Un plus, nous ne sommes pas seuls sur ce long chemin de découverte de l’amour véritable à deux. Dieu est là, qui a béni notre union, qui est vivant auprès de chacun, et qui prend soin de notre couple si nous le sollicitons. Le mariage chrétien nous offre, gratuitement, un super coach pour notre couple en la personne de Dieu avec toute une assistance professionnelle et expérimentée, proposée par l’Église à travers toutes ses propositions d’aide au discernement, à la préparation au mariage, au soutien des couples mariés.

Il nous apparaît plus important pour faire réfléchir les jeunes sur le mariage d’apporter des témoignages, et qu’ils fassent des expériences de dialogues de qualité et en vérité, de pardon entre eux, de relecture de leur propre vie, plutôt que de faire des discours. Par ces expériences, ils se rendent compte par eux-mêmes de ce qui concourt au vrai bonheur et de ce qui donne du prix à leur vie. Ils prendront ainsi conscience de ce qu’est la grandeur de l’altérité et la pertinence de la proposition chrétienne du mariage.

2- Comment pourrait-on aider la formation des ministres ordonnés sur tous ces thèmes ? quelles figures d’agents pastoraux spécifiquement qualifiés apparaissent-elles les plus urgentes ?

Ce ne peut être l’œuvre des seuls clercs de l’Église. Les familles chrétiennes doivent être sollicitées à une grande échelle, mais elles doivent être formées et organisées pour cela. En France, plusieurs organisations ont investi ce champ depuis de nombreuses années : par exemple la compagnie de Jésus avec ses collaborateurs.

Quant aux ministres ordonnés, il parait évident que, compte tenu du socle que constitue la famille dans la communauté chrétienne mais aussi dans la communauté humaine universelle, ils doivent être spécifiquement formés sur toutes les questions pratiques relatives à la vie des familles dans leur réalités les plus concrètes et les plus complexes. Dans cette perspective les ministres ordonnés pourront s’appuyer sur des couples chrétiens formés et aussi des spécialistes comme conseillers conjugaux. Nous proposons que les prêtres, en particulier les jeunes prêtres, soient mis en lien avec un groupe de familles référents dans les paroisses afin de les accompagner et de favoriser leur maturation sur toutes ces questions dans le dialogue et la prière partagés.

3- Grandeur et beauté de l’indissolubilité : que faire pour susciter le désir ? comment manifester que la grâce du sacrement soutient les époux tout au long de leur vie ?
Pour nous l’indissolubilité ne peut se comprendre que dans une perspective de foi : Dieu est avec nous, il s’est engagé avec nous et va tout faire pour nous soutenir. Il fait alliance avec le couple qui a reçu le sacrement de mariage.
Il est bon de faire sentir à chaque couple qu’il repose sur cet élan vital qui fait partie du départ et du fondement de son histoire et qui sera toujours à revisiter et revivifier.
Cependant la difficulté c’est de faire sentir aux jeunes qui s’interrogent, ou se préparent pour le mariage, en quoi cette alliance est une aide vivante et permanente à la construction de leur couple. Pour montrer en quoi cette alliance est une aide, le meilleur est de proposer aux couples de faire des expériences entre eux de paroles fortes échangées en vérité et en profondeur qui leur feront toucher du doigt l’importance de la parole au sens à la fois humain et divin du terme (« au commencement était le Verbe »).

Pardons demandés et reçus qui feront sentir combien ils restaurent la relation et renouvelle l’engagement du sacrement de mariage, combien il est bon de se sentir humble devant l’autre, ce qui est l’antidote à l’orgueil qui habite nos cœurs. Il serait bon que l’Église paroissiale réfléchisse à la mise en œuvre de soirées pour couples où le pardon à l’intérieur du couple serait proposé (ce qui n’est pas le sacrement de pardon).
Prière seul devant Dieu et en couple (par le moyen par exemple du dialogue contemplatif) qui fait réaliser que le Christ est une personne qui les rejoint là où ils en sont, sans les juger et qui les aide à voir plus clair dans leur vie et leur propose une issue quand ils butent sur une impasse.
Relecture de leur vie à la fois personnelle et en couple pour apercevoir dans celle-ci les traces de la présence et de l’action de Dieu. Mais la relecture demande d’être du moins au départ présentée et enseignée.
Les couples réalisent alors quelles sont les petites ou grandes décisions à prendre, à quoi il serait bon de renoncer pour choisir ce qui leur donnera plus de vie entre eux. Faut-il leur proposer un cadre pour que ces prises de conscience qui demandent dialogue, écoute, humilité, peut-être remise en question se fassent le plus paisiblement possible ?
Ainsi l’indissolubilité se comprend comme un élément essentiel de l’alliance passée avec l’autre et avec Dieu : la bonne nouvelle c’est qu’en même temps qu’est posée cette exigence, Dieu nous offre son soutien permanent pour la vivre si nous le lui demandons (les grâces du sacrement de mariage existent que si nous nous en servons).

À ce stade se pose la question des organisations à mettre en place pour proposer tous ces chemins d’expérience. La réalité est que dans l’Eglise d’aujourd’hui de multiples propositions existent. Les plus focalisés dans ce type d’approche sont celles qui proposent des cessions spéciales pour les couples, soit pendant un week-end, soit pendant plusieurs jours pouvant aller jusqu’à une semaine, afin que les couples disposent du temps nécessaire pour se concentrer vraiment sur eux-mêmes et faire l’expérience d’une véritable progression dans leur relation que seul le temps et un cadre adapté peut révéler. Oui chaque couple a besoin de prendre soin et même de travailler sa relation s’il veut durer ; c’est une nécessité.

Une autre remarque, il nous paraît important que des actions soient entreprises auprès des jeunes en âge scolaire , à partir de 13-14 ans pour les sensibiliser, les faire réfléchir, dans une perspective chrétienne, sur leur vie affective et tous les enjeux qui leur sont attachés à court et long terme ( leur identité d’homme, de femme, l’amitié, le respect de l’autre, l’altérité, une relation de qualité, le bonheur à deux…). L’important serait également quand ils traversent l’épreuve du divorce ou de mésentente de leurs parents, qu’ils puissent en parler et se sentir soutenus par des couples chrétiens.

4- Comment concevoir la famille comme « Église domestique », sujet et objet de l’action évangélisatrice au service du Royaume de Dieu ?
La famille est le lien naturel d’accueil de l’autre tel qu’il est, que ce soit le conjoint ou l’enfant. C’est aussi le lieu de nos fragilités et de nos limites que nous avons à prendre en compte. Nous avons à y apprendre à y donner le meilleur de soi, à accepter l’autre comme il est et non à notre image, à gérer nos déception, à élargir notre cœur, comme Dieu nous le suggère.
La famille chrétienne est le lieu où s’apprend et se vit le dialogue, le pardon, la prière, la relecture. Il sera nécessaire que dans le cadre des paroisses soient proposées des écoles de couples et de parents : ce sont des occasions de réfléchir avec d’autres, poser des jalons pour améliorer certains aspects de leur vie, et ainsi faire l’expérience de découvrir qu’il est bon d’avancer sur nos routes humaines sous le regard de Dieu.

5- Comment rendre plus accessibles et souples les procédures de reconnaissance des cas de nullité ?
Nous pensons que la priorité , avant d’assouplir les procédures de nullité, est d’assurer la bonne prévention dans la préparation au mariage ; il s’agira de vérifier la maturité de l’un et de l’autre, leur liberté, l’un vis-à-vis de l’autre, et vis-à-vis des parents, et certains écueils dus à des pathologies parfois masquées : vérifier si le mariage chrétien a véritablement un sens pour ceux qui se disent vouloir se marier à l’Église , et si ce n’est le cas, différer le mariage religieux après avoir fait une démarche de catéchèse et donc de réflexion et cela en étant accompagné.
Il est utile d’assouplir la procédure de nullité, en prenant en considération l’intérêt de tous, en particulier des enfants nés de cette union, et pas seulement celui des époux.

6- Quelle pastorale sacramentelle pour les divorcés remariés ?
Il sera bon de témoigner de la priorité de la miséricorde de Dieu dans l’accueil de chacun. Dans cet esprit, il sera opportun de susciter des groupes de paroles, des groupes de prière, ou la proposition d’accompagnements individuels discrets pour accueillir, partager, réconforter et aider toutes familles blessées.
Il serait bon aussi de réfléchir à une possibilité de bénédiction pour une deuxième union matrimoniale qui reconnaisse la valeur d’un engagement de couple pour ceux qui voudraient le vivre sous le regard de Dieu.
La proximité de communautés chrétiennes protestantes et orthodoxes devrait nous permettre de nous ouvrir à une meilleure connaissance de leur approche :

- comment les protestants accueillent des familles blessées, couples recomposés,
- comment les communautés orthodoxes vivent la réalité d’un parcours pénitentiel pour les divorcés en vue d’un nouvel engagement.

L’Église catholique romaine pourrait bénéficier de la connaissance mutuelle de leurs pratiques, leurs questions, leurs difficultés et leurs espoirs.
Nous avons toute confiance en l’Esprit Saint pour que ce Synode sur la famille rénove la pastorale actuelle.




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