Diocèse de Nanterre

newsletter
Notre diocèse
À la Une
Enfants / Jeunes
Prier et Célébrer
S’informer / Se former
Aimer et Servir
Contact Plan d'accès Recrutement Intranet
Accueil > Prier et Célébrer > Vocations > Vie consacrée > Les communautés religieuses du diocèse

Témoignages pour la journée des religieux et religieuses

Communauté des sœurs de Saint-Joseph-de-l’Apparition

- Témoignage de Lucia

Ce soir, je voudrais partager avec vous l’appel que j’ai reçu pour venir en France comme missionnaire. Je m’appelle Lucia, J’ai 40 ans. Je suis née dans une famille catholique. Je suis d’origine birmane et je viens de l’est du pays. Je suis une sœur de Saint-Joseph-de-l’Apparition. J’ai 17 ans de vie religieuse et je vis en France depuis 5 ans. Ma vocation est née grâce aux sœurs qui se sont installées dans mon village. J’ai fait des études de psychologie pendant 4 ans. En 1994, après mes études, je suis entrée au postulat, puis au noviciat et j’ai prononcé mes premiers vœux en 1997. J’ai été envoyée dans une ville du sud du pays où j’ai fait de la pastorale, du catéchisme, et où je me suis occupée d’un jardin d’enfants pendant 8 ans. Ensuite, j’ai été envoyée à Rangoon, la capitale de la Birmanie où j’ai été chargée d’un groupe d’enfants de 7 à 17 ans à l’aumônerie du diocèse. Je me suis ensuite engagée dans un foyer pour enseigner l’anglais. J’étais très heureuse de cette mission. Un jour ma provinciale m’a demandée d’aller la voir, mais je ne savais pas encore ce qu’elle allait me demander. J’y suis allée et c’est là qu’elle m’a demandé d’aller en France. Sur le moment, j’ai été un peu choquée parce que, à ce moment là on n’entendait pas beaucoup parler de départ des sœurs pour la France. Je me suis demandé où se trouvait la France. Je sais seulement que notre fondatrice est française. C’est tout ! « Qu’est -ce que je vais faire là-bas ? » Je ne parle pas français. Je lui ai dit que ce serait très dur pour moi. Pendant cette semaine-là, j’ai beaucoup prié pour pouvoir répondre « oui » ou « non » à ma provinciale. Grâce à Dieu, j’ai pu dire « oui » au bout d’une semaine. À partir de ce jour là, j’ai commencé à préparer mon départ en France. J’ai pris un premier cours de français à l’alliance française de Birmanie. Au fur et à mesure que la date de départ approchait, j’ai compris que cette nouvelle vie allait me demander beaucoup d’efforts. Bien sûr que j’étais triste de quitter ma famille, mon pays, mes amis, ma mission et toutes les sœurs de la province. Le voyage en avion a été long et pénible. J’ai été malade, j’étais tellement perturbée que je me suis demandée pourquoi j’allais en France. Pour le climat, quand je suis partie, il faisait 39 degrés, quand je suis arrivée en France, il faisait déjà froid. Les sœurs nous attendaient à l’aéroport en manteau. C’est une vie complètement nouvelle qui m’attend ; la nourriture différente, l’organisation différente de la maison, les personnes aussi étaient différentes de nos sœurs birmanes. Voilà pour mes premières impressions. C’est l’apprentissage de la langue qui a été à l’origine de mes difficultés à communiquer au début. Par exemple, je me rappelle très bien que le premier jour, j’ai eu du mal à trouver la douche. Comme les sœurs ne parlent pas anglais, j’ai eu du mal à me faire comprendre. Le manque de vocation m’a frappée et attristée, pourtant, les religieuses et religieux sont actives dans la prière, dans leur présence auprès des personnes âgées, des malades et auprès des jeunes. Quand je me suis rendu compte de cela, ça m’a fait du bien et ça m’a encouragée à avancer plus loin. La première année, j’ai dû travailler pour apprendre le français. J’ai découvert en même temps la culture française. Petit à petit, je me suis habituée à la vie en France. Grâce à nos sœurs, à des professeurs et à des paroissiens, j’ai progressé en français. Après avoir surmonté les premières difficultés, j’ai ressenti un certain bonheur. J’étais fière de moi, cela m’a motivée pour avancer dans ma connaissance de la France. Ça a contribué à m’ouvrir le cœur et l’esprit. Finalement, j’ai compris que, être missionnaire c’est avoir reçu la grâce de l’appel et la mettre en œuvre avec enthousiasme et avec confiance en Dieu.

- Témoignage de Sharmen

Je m’appelle Sharmen. Je viens de Birmanie, j’ai 40 ans, et je suis arrivée en France en 2011. Ce soir, je souhaite vous parler de ma vocation.
Dans la vie, chaque personne a une vocation, moi, j’étais appelée à la Vie Religieuse. Quand j’avais 10 ans, j’allais une fois par an à une session de catéchisme pour ma première Communion. Cette session durait 1 mois. Elle était animée par un prêtre et des Sœurs de Saint-Joseph-de l’Apparition. Ce fut mon premier contact avec les Soeurs. Le prêtre et les Sœurs venaient aussi à la maison une fois par mois pour la Messe et des séances de catéchisme. Et c’est ainsi que j’ai reçu ma première Communion, à la maison. Les Sœurs étaient toujours très gentilles, bienveillantes et souriantes. Je les trouvais très jolies dans leurs costumes blancs et leurs voiles blancs, elles ressemblaient à des anges. J’étais très attirée par leur costume. J’ai commencé à m’intéresser à elles en me posant des questions : Comment vivent-elles ? Sont-elles heureuses ? Pourquoi ont-elles choisi une vie comme celle-ci ? Ces questions me bouleversaient toujours. Après mes études scolaires, j’ai commencé des études d’infirmière. Au bout de 6 mois, j’ai changé d’idée, je ressentais l’envie d’entrer au couvent. J’en ai parlé à parents, mais ils n’étaient pas d’accord, parce que j’étais toujours malade. Alors, je suis allée chez une tante, je lui ai expliqué, elle m’a comprise, elle m’a amenée chez le prêtre de la paroisse qui m’a présentée aux sœurs de Saint-Joseph-de-l’Apparition. La Provinciale que j’ai rencontrée m’a demandé de rester chez moi une semaine en prière pour être sûre de ma vocation. J’étais impatiente que la semaine passe, parce que mon désir était d’entrer au couvent, j’étais sûre de ce que je voulais. Je ressentais quelque chose que je n’avais jamais ressenti et que je ne pouvais pas expliquer. Enfin, j’ai eu la signature du curé de la paroisse, je suis entrée au couvent. La première semaine fut difficile parce que mes parents me manquaient, c’était différent de la maison. Mais c’était plus fort que moi et je me sentais à ma place. J’ai étudié la vie de sainte Émilie de Vialar, notre fondatrice, et cela m’a donné la force et la joie de suivre le Christ à sa suite et surtout une phrase qu’elle aimait répéter : « Le plus grand bonheur de l’homme sur la terre est de pouvoir se dire, dans ses actions, qu’il fait la volonté de Dieu. » Après un an de Postulat, je suis rentrée à la maison pour une semaine. Mon père m’a dit : « Depuis que tu es entrée au couvent, je sens toujours la grâce de Dieu dans la maison et tu es ma précieuse fille. » Deux ans plus tard, j’ai fait ma première Profession. Le lendemain, je suis rentrée à la maison et c’est alors que ma maman m’a raconté que, quand j’avais 8 mois, j’étais très malade et le docteur lui avait dit que j’allais mourir dans 2 jours. Elle pleurait et elle est allée prier à l’église. Le lendemain, elle m’a emmenée faire un pèlerinage à la grotte de l’Immaculée Conception à Yangnanlaypain. Elle a passé toute la journée et toute la nuit à prier. Elle a dit à Marie : « Si tu guéris ma fille, je la consacre à Dieu. » Trois jours après, je fus guérie. Quand ma maman m’a expliqué cela, je me suis rendu compte que Dieu m’avait appelée depuis que j’étais dans le sein de ma mère. Et jusqu’à aujourd’hui, je suis heureuse dans la Vie Religieuse. Mes joies, mes difficultés, je les accepte dans le Seigneur. Comme saint Paul l’a dit : « Je suis sûre en Celui qui me rend forte. » Notre fondatrice disait aux Sœurs : « Allez ! et avec ce que vous avez et recevrez, faites tout le bien que vous pourrez. » J’essaie de faire tout le bien que je peux, là où je suis.

- Témoignage de Véronica

Je m’appelle Veronica. J’ai 35 ans. Je suis arrivée en France en 2009. Je me souviens encore du soir où j’ai reçu l’appel téléphonique de la part de la provinciale de la Birmanie. Ce fut une grande surprise qu’elle me demande si je voulais partir comme missionnaire en France. Pour moi, la France était un pays totalement inconnu et je ne savais pas que la langue française était si compliquée. Je lui ai dit « oui » parce que, à travers ma responsable, j’ai pensé que c’était Dieu qui me faisait signe. C’était le jour de la fête de l’Annonciation en 2009. Durant ces cinq années, après avoir étudié la langue française, nous nous sommes initiées à la culture française qui est très différente de la nôtre, même si j’avais fait déjà fait l’expérience d’une certaine adaptation dans mon pays car chaque région a sa culture propre et son dialecte. Parmi bien d’autres je vais vous présenter ce que j’ai découvert, et bien sûr ce qui m’a étonnée et questionnée !
Grâce à nos sœurs, qui ont compris qu’il nous fallait du temps pour que nous puissions nous insérer dans un engagement spécifique, nous avons eu du temps pour apprendre la langue, pour faire toutes sortes d’expérience. Cette formation se poursuit jusqu’à maintenant d’une manière ou d’une autre, même si nous avons déjà commencé à nous plonger dans les activités paroissiales ou ailleurs. J’espère que bientôt nous pourrons être autonomes au service de l’Évangélisation.
Chaque année, pendant les vacances d’été, nous découvrons la France grâce à nos communautés présentes un peu partout en France : l’Île-de-France, la Bretagne, Marseille, l’Aveyron, Lyon etc...
Nous en profitons pour faire les pèlerinages tels que Lourdes, Lisieux, Curé d’ Ars, Sainte-Anne en Bretagne.
En France, j’ai parfois beaucoup de mal à me situer en tant que consacrée parce qu’on n’a pas la même manière de manifester notre identité. Cela me semble complètement différent par rapport à mon pays. J’ai mis beaucoup de temps pour vivre dans cette réalité. À vrai dire dans l’Église de France, l’engagement des laïcs et des diacres permanents sont largement développés tandis que chez moi, la présence des religieux, leur engagement est encore très important et indispensable pour la vie de l’Église.
Pour moi personnellement, depuis mon enfance, l’enseignement du catéchisme et la participation des sœurs de chez nous à la vie de la paroisse, notamment par la liturgie, m’ont beaucoup attirée. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi cette vie. Et j’ai eu la joie de suivre le catéchisme dès mes premiers pas, mais bien sûr à l’aide de questions et de réponses à apprendre par cœur. Un an après mon arrivée en France, j’ai commencé à observer comment on faisait le KT dans ma paroisse. Je me suis émerveillée de voir la pédagogie, le parcours bien programmé et systématique. Les enfants se sentent davantage participants.
J’ai eu de la chance de participer aux JMJ de Madrid avec les jeunes de diocèse. Comme je n’avais pas beaucoup de connaissance du contexte des jeunes, à mon retour je n’ai souligné que les mauvais souvenirs. Je regrettais par exemple, le manque d’enthousiasme, de préparation de la part des responsables, mais aussi des participants. En voyant les jeunes qui n’étaient pas suffisamment sérieux pour participer aux différentes activités proposées, je me disais que si les jeunes de mon pays étaient là, combien cela leur apporterait, et combien ils pourraient en profiter ? Quel dommage !!! J’ai expérimenté ensuite le rassemblement des jeunes de Taizé et je les ai sentis beaucoup plus attentifs et intériorisés. Au fur et à mesure, en vivant plusieurs expériences, j’ai appris que ce genre de Rassemblements permet aux jeunes d’avancer quel que soit leur niveau. Du coup j’ai changé mon regard critique en relevant plutôt des points forts tels que : se sentir porté par la Foi des autres jeunes dans les partages d’Évangile, leur façon de prier, le fait de rester longtemps devant le Saint-Sacrement malgré la pluie. En voyant les jeunes se confesser, j’ai compris que cela vaut la peine d’annoncer Dieu par la parole et par l’exemple. J’ai découvert beaucoup de richesses en regardant ce qu’il y a de bon dans les cœurs des jeunes et qu’il serait bien de créer ce climat des JMJ le plus souvent possible pour développer leur foi.
L’été dernier, je suis allée dans un Foyer de l’Arche pendant les vacances. Cette expérience m’a permis d’apprendre à PRENDRE LE TEMPS pour mieux connaître le Mystère de chacun. Je me suis retrouvée dans le milieu de jeunes qui ne partagent pas du tout notre foi. J’ai dû affronter pas mal de questions complexes telles que : N’importe qui peut nous raconter et même écrire les passages de l’Évangile comment peut-on vérifier ? Le fait d’avoir des règles, des Dogmes, ça dérange la liberté de l’homme. Etc.
Actuellement, je suis en 2ème année de l’IER à la Catho, en option pastorale. En dehors de mes études, j’anime 2 séances du Catéchisme avec 8 enfants de CM1 à Montrouge. Cette mission me fait sentir aussi une réponse à un appel urgent de l’Église et réaliser que je me sens appelée à annoncer l’Évangile depuis que je fais ma première profession. C’est une manière de vivre la foi avec les enfants et les animateurs, car on n’est pas là seulement pour animer une équipe mais en tant qu’animateur on continue de découvrir la Parole de Dieu.
Les challenges ne sont pas terminés, je les vis au jour le jour avec la grâce de Dieu. C’est lui qui m’a appelée et c’est lui qui voit. Je sais que l’Esprit Saint est à l’œuvre. Je m’appuie également sur mes sœurs de ma communauté à Vanves. Je suis fière et très heureuse d’être missionnaire comme notre fondatrice, sainte Émilie de Vialar qui avait envoyé les sœurs en mission jusqu’en Birmanie, dans son temps. Notre pays a eu sa première évangélisation grâce aux missionnaires il y a 500 ans ce que nous fêtons cette année.


Bandeau pied de page

Évêché de Nanterre
85 rue de Suresnes - 92022 Nanterre cedex - Tél: 01 41 38 12 30



Mentions légales Plan du site