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Accueil > À la Une > L’Église et le Pape > Synode sur la famille > Retour des consultations en paroisses

Yves et Béatrice Lesage - Meudon

Pour contribuer à la préparation du prochain Synode sur la famille.

À partir de la question 35 :

« Comment la communauté chrétienne est-elle prête à prendre soin des familles blessées pour leur faire vivre l’expérience de la miséricorde du Père ? »

Après avoir participé à deux groupes de réflexion en vue du synode, nous nous limitons à une seule question qui nous paraît primordiale concernant l’attitude de l’Église à l’égard des personnes qui se trouvent hors normes de l’Institution Romaine.

La première préoccupation qui ressort sur le thème de la famille provient des difficultés rencontrées par beaucoup de couples qui les conduisent trop souvent à des séparations douloureuses ; elle est la source d’une image négative de l’Église vis-à-vis de ceux qui se considèrent alors comme jugés et rejetés de cette communion qui se dit « chrétienne »…
Cette question s’élargit au manque de soutien ressenti devant les souffrances de familles frappées par des violences parentales, des fragilités psychologiques, la délinquance ou le suicide d’un membre, et l’interrogation des parents qui découvrent l’homosexualité d’un de leurs enfants.

Alors que l’Église est reconnue comme très impliquée et efficace face à de nombreuses situations sociales, telles que la pauvreté, l’éducation des plus faibles, les maux de santé de toutes sortes et le respect de la personne dans la vie civique, elle apparaît aujourd’hui comme dépassée et crispée par les mutations sociales en cours qu’elle ne sait comment accompagner. Au-delà des souffrances propres aux personnes impliquées, les regards des chrétiens, de la communauté paroissiale et de l’Église sont trop souvent perçus comme l’expression d’un jugement, le plus souvent négatif. L’accueil et l’écoute sont trop rares.

Les enfants de couples en grave difficultés ou des nouveaux couples qui se forment apparaissent la plupart du temps comme les victimes de ces événements ; ils sont très rarement accueillis et entendus comme des personnes autonomes et capables de se libérer de l’histoire de leurs parents. Comment assurer un baptême serein pour les enfants nés ou à naître ? Quelles questions ou conditions sont posées par l’Église ? L’opprobre social ou ecclésial peut encore les marquer. Leur histoire déjà difficile à vivre rejaillit sur le déroulement de l’ensemble de leur vie chrétienne.

De plus, les dédales de l’analyse de l’Église concernant les différentes situations évoquées peuvent apparaître bien loin de la réalité quotidienne vécue sur le terrain. La rigueur de l’Église, dans ses institutions et ses pratiques, crée de nombreux exclus en leur refusant des sacrements, s’agissant de la réconciliation, de l’eucharistie et encore du sacrement des malades. Même l’approche de la mort et les funérailles peuvent encore être des occasions de conditions et de souffrances supplémentaires.

Comment nos paroisses et plus largement l’Église pourraient-elles accueillir de façon ouverte et non moralisante toutes ces personnes blessées, qui ne se sentent pas accueillies dans ce qui convient d’appeler leurs propres échecs ?

La demande primordiale adressée à l’Église, en tant que communauté, mais aussi et d’abord en tant qu’institution, est d’être capable de mettre en priorité la miséricorde à la racine et à la source de son action et de ses attitudes vers les personnes blessées. Et que soit reconnu que ceux qui peuvent être amenés à intervenir ne portent aucun jugement sur quiconque, dans une attitude fondamentale de bienveillance !

Les principales demandes que nous avons entendues sont les suivantes  :

1. Donner la possibilité d’assouplir l’accès au sacrement des divorcés remariés et sans provoquer une admission trop large des nullités de mariage.
Comment favoriser une approche décentralisée, sans la lourdeur des procédures actuelles, plus proche des réalités, moins inquisitrice, des relectures de l’histoire du couple lorsqu’il y a une demande de procédure en nullité de mariage.
Reste à reconnaître l’immaturité de jeunes qui se sont mariés sans en mesurer les enjeux et la responsabilité qui en découle.
Un remariage est-il envisageable dans des cas particuliers ?
Quelles conditions faut-il remplir pour pouvoir accéder aux sacrements ?

2. Pour tous ceux qui sont concernés par des situations familiales hors de l’Église, comment témoigner dans notre diocèse de la priorité de la miséricorde de Dieu dans l’accueil, dans la possibilité d’accès au sacrement ? Ceci est vrai tant pour l’eucharistie où la pratique actuelle est d’abord une pratique de conditions posées et en fait de refus aux divorcés-remariés, mais également pour le sacrement de réconciliation réservé à ceux qui sont en règle avec les doctrines de l’Église.

3. Comment assurer, dans notre paroisse et dans notre diocèse, des groupes de parole, des groupes de prière, ou la proposition d’accompagnement individuel discret, pour accueillir, partager, réconforter et aider toutes les familles blessées ?

4. Dans ces conditions difficiles, comment assurer un baptême serein pour les enfants nés ou à naître ? Quelles questions ou conditions sont posées par l’Église ?

5. Comment ouvrir la possibilité d’une bénédiction pour une deuxième union matrimoniale qui reconnaisse la valeur d’un engagement de couple pour les partenaires qui voudraient le vivre sous le regard de Dieu ?

Heureusement, de nombreuses actions ont cependant été initiées, parmi lesquelles nous pouvons citer : les sessions CPM ou de centres spirituels pour la préparation au mariage ; les relectures de vie en couple après plusieurs années, telles que les parcours Alpha-couples.
Et de façon dispersée, plus ou moins en marge de la norme romaine, des rencontres pour les personnes séparées ou pour les familles recomposées, de même que l’accueil de personnes ou de couples homosexuels au niveau diocésain. La question de l’accueil d’enfants vivant au sein de couples homosexuels, demandant le baptême, ou suivant les activités de la paroisse, suscite aussi une préparation spécifique.

La proximité de communautés chrétiennes protestantes et orthodoxes devrait nous permettre de nous ouvrir à une meilleure connaissance de leur approche :

- Comment les protestants accueillent ces familles blessées, couples recomposés, couples homosexuels …
- Comment les communautés orthodoxes vivent la réalité d’un parcours pénitentiel pour les divorcés en vue d’un nouvel engagement.

L’Église romaine pourrait bénéficier de la connaissance mutuelle de leurs pratiques, leurs questions, leurs difficultés et leurs espoirs.

Nous avons toute confiance en l’Esprit Saint pour que ce Synode sur la famille rénove la pastorale actuelle.




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