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Catéchuménat des adultes de Rueil-Malmaison

Questions pour la réception et l’approfondissement de la Relatio Synodi sur la famille
« La vocation et la mission de la famille dans l’Église et dans le monde contemporain »
Quelques éléments recueillis par le catéchuménat des adultes de Rueil-Malmaison – Janvier 2015

Les réponses ci-dessous sont un complément à celles établies dans le cadre de la consultation préalable au synode, qui sont rappelées en annexe.
Question préalable (sur les aspects absents de la description de la réalité de la famille).

N’est pas mentionnée, dans le cadre du développement du catéchuménat des adultes et de la diminution du nombre d’enfants baptisés à la naissance, l’augmentation à prévoir du nombre de cas où des catéchumènes vivent une deuxième union après un mariage civil ou coutumier avec un non-baptisé, lorsqu’ils ressentent l’appel de Dieu. Le baptême leur est alors refusé, sauf cas particuliers, car l’Église reconnaît à leur mariage initial, du fait de la « loi naturelle » un caractère indissoluble qui ne faisait pas forcément partie de leur engagement.
De même, des obstacles canoniques s’opposent au baptême de catéchumènes vivant en famille recomposée avec un divorcé d’un mariage religieux.

Question n°19 (sur le mariage naturel)

Le numéro 22 du Relatio Synodi pourrait être l’occasion de préciser que l’Église porte sur le « mariage naturel » une appréciation positive (« semences du Verbe ») sans pour autant aller jusqu’à lui attribuer un caractère indissoluble que le couple lui-même ne lui accordait pas forcément (il n’y a pas eu d’engagement librement consenti à une union indissoluble).

Question n° 38 (sur les divorcés remariés)

La perspective d’une approche au cas par cas ouverte par la dernière phrase du numéro 52 du Relatio Synodi paraît judicieuse (voir Annexe, Question 4 e). Cette appréciation de « l’imputabilité et la responsabilité d’une action » est d’autant plus justifiée en matière matrimoniale que les décisions résultent de l’attitude de deux personnes et non d’une seule.

Question n° 41 (sur la procréation responsable)

Le numéro 58 du Relatio Synodi ne considère que les méthodes naturelles de procréation responsable. « Le besoin de respecter la dignité de la personne dans l’évaluation morale des méthodes de régulation des naissances » pourrait tout aussi bien déboucher sur la primauté de la loi d’amour (entre les époux), sommet de la pédagogie divine, sur la loi naturelle retenue par Humanae Vitae (voir Annexe Question 7b).

Question n° 44 (sur l’avortement)

L’Église pourrait combattre de façon plus crédible l’avortement si sa position sur la contraception ne la disqualifiait pas aux yeux de beaucoup.


Annexe : Réponses aux questions préalables à la tenue du Synode – Décembre 2013

Ces éléments ont été rassemblés par les accompagnateurs actuels, dont certains font partie depuis l’origine de ce groupe qui, en une vingtaine d’années d’existence, a accueilli et accompagné de l’ordre de 200 adultes vers le baptême, l’Eucharistie et/ou la confirmation (ici désignés par « les accompagnés »).

Question 1a (sur la formation selon l’enseignement de l’Église)

L’accompagnement des adultes, et notamment de ceux qui demandent le baptême, est essentiellement axé sur la rencontre avec le Christ, la découverte de la loi d’amour évangélique et de la révélation de Dieu Père, Fils et Esprit, qui nous invite à la vie éternelle. La cohérence à la laquelle les chrétiens sont invités pour que toute leur vie, y compris leur façon de vivre en couple, soit conforme à cette loi d’amour est également rappelée de façon systématique. Notamment, pour ceux qui vivent en couple sans un mariage valide aux yeux de l’Église, le baptême ou la confirmation ne sont proposés qu’à ceux pour qui un mariage religieux est programmé. Par contre, même en deux ans de parcours, les conséquences de la doctrine sur la loi naturelle ne sont que rapidement évoquées du fait de la priorité donnée aux points cités ci-dessus.

Question 1b (sur les difficultés de mise en pratique)

a. L’enseignement de l’Église en matière matrimoniale est vécue par certains accompagnés comme une intrusion peu justifiée (notamment lorsque l’autre personne du couple ne voit pas ou pas encore le sens d’un mariage religieux alors que l’accompagné ressent un appel de Dieu pressant ; décalage entre la maturité de deux désirs). « Pas cool, l’Église », en langage moderne. Ceci conduit certains accompagnés à arrêter leur démarche.

b. Ce décalage est encore plus dramatique lorsque l’accès aux sacrements paraît hors d’atteinte à vue d’homme compte tenu du droit canon (famille reconstituée après un premier mariage reconnu valide par l’Église). Cela s’est toujours traduit par une rupture de la relation avec l’Église, avec une incompréhension de la rigidité d’une position qui n’apparaît pas cohérente avec l’attitude évangélique (évangile de la Samaritaine par ex). La position de catéchumène à vie, par exemple, théoriquement possible, n’a jusqu’à présent attiré personne.

c. Ces cheminements vers le Christ (via notre Église en tout cas) stoppés pour ces raisons sont vécus très douloureusement par les accompagnateurs, voire avec une certaine révolte sur ce qui leur semble résulter de choix que l’Église pourrait corriger (voir questions suivantes).

Questions 2b et 2c (sur l’acceptation de la notion de loi naturelle et sa contestation)

La notion de loi naturelle n’est pas couramment débattue, mais certains éléments qui peuvent s’y rattacher font problème :

-  L’attribution d’un caractère indissoluble au mariage entre deux non-chrétiens bien que ceux-ci ne lui confèrent pas ce caractère : est-ce légitime ? Le fait que l’Église s’octroie dans certains cas le privilège de dissoudre ces mariages (« en faveur de la foi ») peut résoudre certaines situations mais peut aussi augmenter le trouble : quid du caractère naturellement indissoluble du mariage dans le dessein de Dieu ?
-  Le lien indissociable entre acte sexuel et procréation, vivement contesté par beaucoup (cf. question 7 b)

L’Église professe à la fois que la loi naturelle est universelle et immuable mais que son application varie beaucoup « selon les lieux, les époques et les circonstances » (Catéchisme de l’Église catholique, 1956 à 1958). Elle reprend parfois à son propos le langage du licite et de l’illicite présenté comme un absolu alors qu’elle professe par ailleurs la primauté de la conscience éclairée. Ne peut-elle pas considérer que la loi évangélique prime sur la loi naturelle (et « l’accomplit »), à l’instar de ce qu’elle fit vis-à-vis de la loi de l’Ancien Testament dès le « concile » de Jérusalem ?

Question 4 a (sur la diffusion du concubinage ad experimentum)

Pour les personnes que nous avons accueillies, il concerne près de 100% des couples qui se forment.

Question 4 e (sur les demandes des divorcés et remariés)

L’accompagnement « vers la vie chrétienne » qui peut être tenté sans aboutir aux sacrements tourne généralement court. Les accompagnateurs se posent parfois, avec plus ou moins de résignation, de douleur voire de révolte, des questions comme :

-  Pourquoi l’erreur sur le choix du conjoint et le « péché » qui en résulte le cas échéant est-il le seul impardonnable puisqu’il écarterait définitivement de l’Eucharistie (et du baptême/confirmation, et même de la Réconciliation pour les baptisés) ? Pourquoi la miséricorde de Dieu ne peut-elle être manifestée dans ce cas (sans bien sûr remettre en cause l’idéal proposé dans le mariage chrétien) comme le font les orthodoxes ?
-  Peut-on affirmer indépendamment de toute situation concrète que la phrase du Christ « Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni » n’est pas un fardeau impossible à porter (Catéchisme 1615) lorsque surviennent la maltraitance, la dépression,… En cette affaire, c’est maintenant la rigidité doctrinale de l’Église qui scandalise les baptisés, paraît en contradiction avec la loi évangélique et fait obstacle à l’accueil de la Bonne Nouvelle.
-  Peut-on à la fois dire que l’Eucharistie est « la source » de la vie chrétienne et en priver des personnes que l’on invite à la vie chrétienne ?

L’Église hôpital de campagne ne laisse-t-elle pas alors au bord du chemin certains blessés de la vie ?

Question 7b (sur l’acceptation d’Humanae Vitae)

Cette doctrine paraît de façon générale incompréhensible à la plupart des accompagnés, et à bien des accompagnateurs aussi. Elle n’est d’ailleurs même pas objet de débat tant elle semble illustrer aux yeux de beaucoup une inadaptation des positions de l’Église sur la famille et les relations sexuelles, facilement attribuée au fait que la hiérarchie ecclésiastique est constituée exclusivement de célibataires d’un seul sexe. De ce fait, la contraception peut être l’arbre qui cache la forêt de positions mieux acceptées de l’Église dans ce domaine.
À la relecture d’Humanae Vitae, on peut pointer les questions suivantes :

-  Le recours à la loi naturelle et à la licéité ou non des méthodes de régulation des naissances renvoie à la question générale sur la loi naturelle évoquée en 2 c (pas de place pour la conscience éclairée ici, même si les époux font leurs choix dans le respect mutuel ?)
-  Humanae Vitae reconnaît la valeur intrinsèque de l’acte conjugal pour exprimer l’union des époux. Les rapports entre époux inféconds sont d’ailleurs déclarés légitimes, de même que des rapports intentionnellement inféconds si c’est par l’observation des périodes d’infécondité naturelle. Dès lors, le fait d’affirmer le caractère indissociable de l’union des deux époux et de la procréation dans chaque acte conjugal paraît un choix contestable, peu argumenté par rapport à l’alternative de se satisfaire de l’acceptation de la fécondité sur la durée de la vie.
-  Au final, les méthodes « naturelles » ne sont privilégiées que pour « reconnaître que nous ne sommes pas les maîtres de la vie humaine, mais plutôt les ministres du dessein établi par le Créateur ». Or tous les couples savent qu’ils ne peuvent décider de la fécondité d’un rapport (l’enfant reste un don). Et l’homme, en tant que continuateur de la création, intervient aussi sur les corps pour soigner, transplanter des organes, etc avec l’accord de l’Église, sans pour autant considérer qu’il est maître de la vie.
-  Les avertissements sur le mauvais usage de la contraception « artificielle » peuvent être pertinents mais on peut considérer qu’ils condamnent les intentions de ceux qui en feraient ce mauvais usage plutôt que les moyens eux-mêmes. Inversement, on pourrait aussi développer que les méthodes naturelles imposent à la femme de limiter les rapports aux périodes où son corps est le moins bien disposé naturellement, ce qui n’est pas la meilleure façon de la respecter. Ou encore que les contraintes imposées par l’évitement des périodes fécondes sont un obstacle qui n’a rien de naturel à l’expression légitime de l’union des époux.




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