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Compte-rendu du Chemin d’Emmaüs 2014

À l’invitation de Monseigneur Michel Aupetit, évêque de Nanterre, s’est tenue, le 23 novembre 2014, la troisième édition de la démarche pastorale intitulée "Chemin d’Emmaüs", réunissant des chrétiens concernés par l’homosexualité, pour un temps de rencontre, de prière, de témoignages et de partage autour de notre évêque sur le thème : "Homosexualité, de la peur à la rencontre".
En cette fête du Christ-Roi de l’Univers, une petite centaine de personnes s’est réunie,
dont des prêtres et diacres, religieux et religieuses, le dimanche après-midi, à la maison diocésaine, journée clôturée par l’eucharistie célébrée à la cathédrale, avant un dîner partagé.
Cette rencontre a été ponctuée de temps de louange, de méditations pour recueillir les attentes de chacun, de partages en petits groupes, de témoignages enregistrés pour l’occasion et de questionnement de notre évêque.
Les participants étaient plus particulièrement invités à s’exprimer sur la manière dont ils vivaient cette réalité de l’homosexualité, sa prise en compte par les communautés paroissiales et les initiatives à prendre pour favoriser un meilleur accueil en Église des personnes homosexuelles.
La réponse aux questions, les échanges qui s’en sont suivis, ont permis de constater la grande variété des situations des personnes présentes (personnes homosexuelles, parents de personnes homosexuelles, personnes plus indirectement concernées, couples concernés par l’homosexualité de l’un de ses membres). Beaucoup d’interrogations ont été exprimées, des prises de conscience sont intervenues, plusieurs ont témoigné de cheminements qui s’opèrent en eux et quelques lignes de force ont émergé.
Sur la réalité de l’homosexualité, beaucoup de personnes ont insisté pour redire que c’est bien un état de vie et non un choix, qui demande de dépasser ses peurs, notamment celle du rejet des autres, encore bien réel dans certaines familles ou communautés d’Église. Pour nombre d’autres, cette réalité ouvre à la différence, ce qui m’est étranger et vient m’interpellé sur mon propre rapport à la sexualité en général. Une personne dit : à travers cet état de vie, je m’aperçois que je ne peux,
à moi seul, embraser toute la condition humaine.
Quelques-uns expriment leur propre peur face à ce qui leur est inconnu, la difficulté d’accueillir cette réalité. Des personnes homosexuelles témoignent de leur désir de ne pas être cataloguées, stigmatisées.
Une personne dit avoir répondu à cette invitation pour, humblement, rencontrer des personnes homosexuelles pour mieux les connaître et mieux les aimer.
Une autre exprime le sentiment qu’aucune réalité, pas plus celle-là qu’une autre, n’est étrangère au Christ et qu’il est inimaginable, au nom de l’Évangile, de laisser de côté des frères et des sœurs parce qu’ils sont ce qu’ils sont.
Certains s’interrogent sur les exigences ou le discours de l’Église, que plusieurs dénoncent comme étant culpabilisant, excluant, tandis que d’autres rappellent la phrase du pape François : Qui suis-je pour juger ?

Il ressort de ces échanges que l’homosexualité demeure une réalité complexe, heureusement bien vécue par beaucoup, difficile à comprendre pour certains, mais la compréhension sollicite l’intelligence alors que le Christ nous invite, d’abord, à celle du cœur, à aimer les personnes et non à les juger.
S’agissant de l’accueil de la réalité de l’homosexualité dans les paroisses, une large majorité s’accorde à dire qu’elle est invisible, cachée ou ignorée et même si l’un ou l’autre en tire la conséquence d’une parfaite intégration des personnes homosexuelles ou d’une nécessaire discrétion, beaucoup plaident pour un accueil explicite de cette réalité, qui ne doit pas être tue, pas plus d’ailleurs qu’elle ne doit s’exhiber.
Certains dénoncent le rejet des communautés paroissiales ou de leurs pasteurs, qui n’ont, par exemple, pas relayé l’information de la tenue de cette journée Chemin d’Emmaüs.
Un certain nombre appelle à une meilleure formation ou sensibilisation des prêtres sur le sujet, invités à faire preuve de discernement et de modération dans leurs propos, parfois blessants.
Plusieurs expriment le souci d’un accueil qui ne fait pas de différence entre les orientations sexuelles.
Un bon nombre de personnes propose la constitution de groupes de parole, de partage, sans forcément que ces groupes soient dédiés au sujet de l’homosexualité, mais qu’ils intègrent des personnes homosexuelles.
D’autres veulent voir reconduite, voire démultipliée, la journée Chemin d’Emmaüs, mais aussi que les personnes (parents ou enfants) soient dirigés vers les associations catholiques existantes. D’autres encore souhaitent voir la Maison des Familles, récemment inaugurée, impliquée dans l’accompagnement des personnes concernées par l’homosexualité.
Le souci de faire tomber toutes les images injustement collées à l’homosexualité est aussi bien présent : non l’homosexualité n’est pas une maladie, non les homosexuels ne sont pas des dépravés. Se manifeste aussi le désir d’appeler les communautés au non jugement, au changement de regard.
La réponse à cette question est encore empreinte des suites du débat qu’a suscité la récente réforme du mariage, ouvert par le législateur aux personnes de même sexe, et à ses possibles évolutions.
Elle se fait aussi l’écho du synode sur la famille qui se déroule actuellement et de la plus grande ouverture que l’Église pourrait manifester envers les personnes homosexuelles, notamment en reformulant le catéchisme sur ce point.
Une personne fait observer que l’accueil suppose une demande d’accueil, ce qui sous-tend aussi que les personnes homosexuelles doivent, si ce n’est déjà le cas, prendre leur place dans les communautés paroissiales, sans attendre d’y être particulièrement invitées, sans s’autocensurer.
Le défi qui se dessine, à l’issu de ces partages et de parvenir à une conversion du regard sur une réalité présente, mais cachée, ignorée et qui suscite encore des peurs, alors qu’en Dieu il n’y a aucune peur (1Jn 4,18), en assurant un accueil inconditionnel de toute personne sans a priori, ni stigmatisation.
Cette journée a donc permis une large expression sur un sujet sensible et délicat, peu abordé en Église, assez mal relayé dans les médias, et qui montre la nécessité de poursuivre la démarche, qui est celle du Chemin d’Emmaüs, celle des disciples qui cheminent avec le Christ qui leur ouvre les écritures, mais surtout le cœur.

François Leplat, diacre

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