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Compte-rendu du Chemin d’Emmaüs 2015

Compte-rendu du Chemin d’Emmaüs 2015 :
À l’invitation de Mgr Michel Aupetit, évêque de Nanterre, s’est tenue, le 12 décembre 2015, la quatrième journée du Chemin d’Emmaüs, démarche pastorale réunissant des chrétiens concernés par l’homosexualité, pour un temps de rencontre, de prière et de partage avec pour thème : Tu as du prix à mes yeux et je t’aime (Isaïe 43,4). Une trentaine de personnes se sont ainsi réunies à la Louve, aumônerie de Sèvres, en ce samedi matin de l’Avent, dont des prêtres et des diacres, jusqu’à l’eucharistie de clôture, célébrée à la paroisse Saint-Romain de Sèvres à 18h30. Cette journée a débuté par l’intervention du père Antoine Guggenheim, théologien du diocèse de Paris, ayant conduit, il y a peu, un séminaire de rencontres sur la réalité de l’homosexualité, alors qu’il était directeur du pôle recherches au Collège des Bernardins. Une marche a suivi dans le Parc de Saint-Cloud, temps d’échanges informels en écho à cette intervention à partir du questionnement : comment je reçois l’Esprit Saint dans ma vie et me laisse guider par lui ? Après un repas partagé, des échanges en petits groupes ont été proposés autour du regard que Dieu pose sur moi, que je pose sur moi-même ou que je pose sur l’autre, les autres, à partir de ma réalité de vie. Les participants ont ensuite pu librement dialoguer avec notre évêque et le père Guggenheim, recevoir une information de la part de Nathalie de Williencourt, à propos du parcours initié à la Maison des familles de Boulogne-Billancourt : Chemin faisant, accueillir l’homosexualité, avant de se retrouver à la messe paroissiale de Saint Romain.
Tu as du prix à mes yeux et je t’aime, à partir de cette phrase et du début du chapitre 43 du Livre d’Isaïe dans laquelle elle s’insère, le Père Guggenheim nous a conduits à méditer sur l’accueil du réel pour permettre à toute personne de cheminer spirituellement à la suite du Christ dans sa vie. Après avoir fait le constat qu’être chrétien est difficile et exigeant (Là où je suis, là est aussi mon serviteur - Jn 12,26) et que se découvrir homosexuel l’est tout autant, il nous a rappelé que nous avons chacun en nous, quel que soit notre sexe, tous nés d’un père et d’une mère, notre part de masculinité et de féminité, qui se traduit par une attirance plus ou moins marquée pour le même sexe. Tu as du prix à mes yeux est une parole que Dieu nous adresse au cœur, personnellement et à chacun. Nous ayant créés, façonnés homme et femme, le Créateur se sent responsable de tout et de tous. Par cette parole, Dieu nous dit qu’il ne nous appartient pas d’exclure quiconque d’une humanité dans laquelle nous sommes nous-mêmes inclus. Toute personne est voulue, désirée par Lui pour elle-même, telle qu’elle est, ce qui doit nous inciter à nous comporter fraternellement, puisque nous avons chacun un prix égal aux yeux de Dieu. Dans un monde où l’on critique souvent un Dieu absent, taisant, le père Guggenheim nous a invités à écouter et à donner du prix à sa Parole, car l’homme, être de communication, ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu (Mat 4,4).
Dieu, infiniment respectueux de notre liberté, nous parle sous le registre du conseil,
de la graine semée, ce qui fait appel à notre foi pour Lui obéir, tout autant qu’à nous-mêmes, en fidélité à qui nous sommes.

Ayant posé ce préliminaire de la valeur de chacun à ses yeux, Dieu peut ensuite, nous dire : Ne crains pas (Is 43,5) [comme Jésus nous redit : N’ayez pas peur (Jn 6,20)] car moi je t’aime (...) tu es à moi, parole qui dit la mesure de l’amour de Dieu pour chacun de nous, à la fois l’éros, ce quelque chose qui en toi m’attire, mais aussi l’agapè, l’amour qui ne vient pas du manque, mais un amour gratuit, qui vient de Dieu, qui nous crée pour participer à sa vie et dans lequel ces deux dimensions de l’amour sont réconciliées. Ne crains pas, nous dit le Seigneur, quand les épreuves vont surgir et que tu seras placé devant des choix de vie ou de mort, car je suis avec toi. L’homosexualité peut ainsi nous placer devant un tel choix, face auquel Dieu nous redit toujours de choisir la vie (Dt 30,19) ce à quoi fait écho la belle prière de Mère Teresa : la vie est la vie, défends la. Nous rappelant le prologue de saint Jean dans lequel le Christ est présenté comme étant la vie et la lumière des hommes, le père Guggenheim a conclu son propos en nous invitant, chacun, à ne pas pactiser avec la mort, à sortir de sa fascination et à se donner entièrement à l’amour, dont seul l’écoute de l’Esprit Saint nous apprend à discerner s’il est profond, pur, vivifiant et nous fait, personnellement, exister. Les questionnements en petits groupes, autour du regard porté sur soi et les autres et du regard que Dieu porte sur nous, ont permis à chacun de dessiner des pistes pour une meilleure acceptation de la réalité qui lui est donnée de vivre, dans la confiance, sans réduire une personne à son orientation sexuelle, mais en acceptant toute la beauté de son être, qui a grand prix aux yeux de Dieu. Dans les échanges avec notre évêque, celui-ci nous a dit, qu’en famille, malgré nos différences, il y a de la joie à se retrouver car nous avons conscience que la source de l’amour est la même pour chacun. Il a ajouté que Dieu porte sur nous un regard d’amour qui accueille avant tout notre vulnérabilité et que, à propos de l’homosexualité, nous demeurons trop souvent prisonniers de caricatures.
En réponse à une question sur la place du mal, du malin, dans l’homosexualité, Mgr Aupetit a indiqué qu’il nous appartient, en prenant le temps nécessaire, de dépasser la norme de la morale pour découvrir la bienveillance inconditionnelle de Dieu et que sa loi est écrite non sur de la pierre, mais dans le cœur de chaque homme, ce d’autant plus que l’appréciation de ce qui est mal est subjective et que les repères moraux évoluent avec le temps. La messe de clôture, qui a coïncidé avec le lancement dans les paroisses de l’Année de la Miséricorde, a été l’occasion d’offrir au Seigneur nos pauvretés à accueillir chaque réalité humaine, particulièrement celle de l’homosexualité, dont il est vain et quelque peu stérile de s’acharner à rechercher les causes et qui mérite notre attention, notre respect et une absence de jugement comme nous l’a dit le pape François : qui suis-je pour juger ?
Cette nouvelle journée du Chemin d’Emmaüs a ainsi permis de faire grandir la bienveillance entre les personnes et d’être semence de paix dans un monde qui connaît suffisamment de déchirements pour ne pas y ajouter le malheur des choses mal nommées, comme l’a si bien dit Albert Camus.

François Leplat, diacre permanent
Délégué diocésain pour l’accueil et l’accompagnement spirituel
des personnes concernées par l’homosexualité

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