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Dépêche AFP : Réfugiés : un mois après l’appel du pape, l’Église veut prolonger l’élan

Paris, France | AFP | mardi 06/10/2015 - 16:14 UTC

L’appel lancé par le pape à accueillir une famille de réfugiés dans chaque paroisse a-t-il été suivi en France ? Un mois après, la mobilisation s’organise afin d’héberger des migrants et pour que "l’élan ne retombe pas comme un soufflé".
"Que chaque paroisse, chaque communauté religieuse, chaque monastère, chaque sanctuaire d’Europe accueille une famille", avait lancé le pape François le 6 septembre, dans l’émotion suscitée par l’image du petit Aylan gisant sur une plage turque.
Dès le lendemain, le conseil permanent de la Conférence des Évêques de France (CEF) disait recevoir "avec joie" cet appel invitant "à continuer, voire à accroître" l’action menée dans les réseaux français de l’Église, forts de 13.000 paroisses.
"Au moins 70 évêques ont dit la disponibilité de leur diocèse pour faire le premier pas", assure à l’AFP le Père Lorenzo Prencipe, directeur de la pastorale des migrants à la CEF.
"Dans des rencontres publiques au Havre, à Paris, à Bordeaux, j’ai senti une disponibilité des fidèles. Après, tout est conditionné par les capacités réelles d’accueil et la mise en place d’un réseau efficace. Et cela ne peut se faire ni en opposition ni à la place de l’État", poursuit le prêtre.
Si les autorités publiques font appel aux paroisses pour accueillir les 30.000 réfugiés que la France s’est engagée à prendre en charge en deux ans dans le cadre d’un accord européen, "ils ne trouveront que des portes ouvertes", affirme cet ecclésiastique.
Mais les réseaux chrétiens accompagnent déjà depuis des mois des personnes ayant fui les zones de guerre du Moyen-Orient, avec ou sans visa. Combien ? La Fédération d’entraide protestante (FEP) avance le chiffre de 150 personnes hébergées dans ses réseaux, et au moins autant pourraient l’être en plus grâce à "une mobilisation assez impressionnante". "Les gens meublent des logements, trouvent des vestiaires pour habiller les personnes", explique Pauline Simon, de la FEP.

- ’De l’émotion à l’action’ -

L’Église catholique n’a pas encore rassemblé de données exhaustives mais les chiffres disponibles pour une dizaine de diocèses font état de plusieurs centaines de réfugiés accueillis via les paroisses ou mouvements (Secours catholique, Jesuit Refugee Service, Entraide aux chrétiens d’Orient...).
Dans le diocèse de Tarbes-Lourdes, ce sont quinze familles irakiennes qui sont hébergées, alors que deux autres sont attendues dans un court délai. Ils sont logiquement encore plus nombreux dans le Nord, sur la route de Calais et de la Grande-Bretagne, avec quelque 90 réfugiés venus d’Irak, soit une petite vingtaine de familles.
À Paris, le temps est encore au recensement des nombreuses propositions d’aide reçues sur la "plateforme" téléphonique mise en place. Ailleurs, comme à Marseille, une cellule identifie les compétences disponibles dans différents domaines (administratif, juridique, scolaire, santé, apprentissage de la langue...).
Le diocèse de Nanterre vient de créer un poste de chargée de mission dédiée. "Vous n’imaginez pas le nombre de mails que l’on reçoit du type je suis mère de famille, je suis ingénieur, je veux donner du temps, que puis-je faire ?", témoigne Aurore de La Selle. "Le but de ma mission, c’est que cet élan ne retombe pas comme un soufflé." A ce jour, l’Eglise dans les Hauts-de-Seine accompagne cinq familles, dont deux étaient en cours d’installation au moment de l’appel du pape, et une a été accueillie depuis. "Il faut que ce soit un élan de charité en vérité, que ces personnes soient accueillies et entourées de manière digne", souligne cette laïque.
Chez les jésuites de JRS France, on se réjouit des 400 à 500 bénévoles qui se sont "mis en mouvement" dans le cadre du réseau Welcome. Mais "la prise en charge des réfugiés croît beaucoup plus lentement" que les propositions, relève le directeur de l’association, Paul de Montgolfier.
"Notre objectif principal n’est pas d’abord l’hébergement, mais la relation humaine, pour qu’elle soit nourrissante", dit-il. "Nous décourageons ceux qui disent j’ai une résidence secondaire, allez l’habiter : c’est très généreux, mais c’est de l’ordre du fantasme."
Et pour le moment, déplore le responsable jésuite, "la coordination manque, chacun réagit comme il peut". "Il faut que de l’émotion on passe à l’action, pour éviter un sentiment d’impuissance", prévient-il.




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