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Diacre, au service de l’Église et des hommes

Témoignages de trois diacres

- André Haurine

1) En 1992 : le curé et le conseil paroissial me demandent de réfléchir au diaconat. Notre implication à la paroisse était importante, et en couple nous nous disions que le diaconat était une éventualité parmi d’autres. Je suis allé voir notre Évêque pour lui parler de ma démarche. J’avais besoin de savoir si pour lui, la cécité était un obstacle au diaconat ; si tel était le cas, ce n’était pas la peine d’aller plus loin. Mgr Favreau a accueilli ma démarche avec beaucoup de délicatesse et d’attention. Il m’a encouragé à continuer et à réfléchir aux adaptations de mon éventuel ministère en tenant compte de mon handicap. Des amis nous ont porté dans la prière et la discrétion.

2) Je suis ordonné le 25 mai 1997, « Foi et Lumière » est très présent ce jour là, comme dans toute notre vie. Ma mission est essentiellement dans ma paroisse et à Foi et Lumière. Par mon ministère, j’aimerais signifier que les personnes handicapées doivent trouver leur place dans l’église. Elles font pleinement partie du Corps du Christ. St Paul nous rappelle que ce sont les membres les plus faibles qui doivent être honorés. Étant aveugle, par ma présence à l’autel, je porte plus particulièrement toutes les souffrances des hommes auprès du Seigneur. J’aime verser la petite goutte d’eau dans le vin. Ce geste nous rappelle que chacune de nos vies est sacrée, chacune de nos vies rejoint la divinité de celui qui a pris notre humanité. Je dis souvent que si j’avais dû être ordonné uniquement pour verser cette petite goutte d’eau, cela valait la peine.
Après réflexion avec l’équipe d’accompagnement pour le diaconat, donner la communion est devenu possible : les paroissiens font un beau geste pour que leurs mains rejoignent la mienne et disent leur prénom. Il est important pour moi de savoir à qui je donne le corps du Christ. Lors de chaque célébration, j’ai besoin d’aide pour les tâches matérielles (lumière, registre, cierges…) Ce sont souvent des jeunes qui m’accompagnent.

3) J’ai la chance d’être soutenu par Marie-Catherine. Je sais qu’elle porte mon ministère dans la prière et son aide est précieuse pour les choses à transcrire, dicter, mettre sur ordinateur… C’est moi qui suis ordonné mais c’est vraiment le couple qui est marqué par ce ministère. Le oui de Marie-Catherine, le jour de l’ordination, était fondamental, il signifie pour moi qu’elle est partie prenante de ma vocation. L’équilibre entre vie familiale, ecclésiale et professionnelle est un équilibre sans cesse à chercher, sans oublier les loisirs et les amis ! Un accompagnement peut être précieux !
Si le quotidien n’est pas toujours facile, je suis heureux d’être diacre.



- Dominique Jardon

1) C’était, au cours de l’été 1997, à l’issue d’une veillée de prière pendant laquelle je m’étais abandonné au Seigneur en reprenant une phrase issue de la prière des époux de notre mariage : « Que nous sachions nous laisser guider par toi, sans bien savoir où cela nous mènera ».
J’ai alors reçu cette Parole : « Encore un peu, bien peu de temps, Celui qui vient arrivera et Il ne tardera pas » (He, 10,37). A peine le temps de traduire : « Et si le Seigneur ne me laissait pas repartir comme j’étais venu ? » qu’une une voix intérieure me disait : « Dominique, Je te demande de réfléchir au diaconat ».
Là où il avait suffi au Seigneur de dix secondes pour m’interpeller (je ne connaissais alors rien du diaconat), il m’a ensuite fallu - avec mon épouse - dix ans de discernement, de rencontres, de prière… pour me rendre disponible à répondre « oui » à l’appel de notre Évêque au printemps 2007.

2) Le diacre est ordonné au service…

. service de l’ Église, notamment par le service de la Parole (proclamation de l’Évangile, prédication) et de la Liturgie (manifestation à l’autel de la présence du Christ Serviteur),
. service des hommes, par l’attention particulière portée aux souffrances et à toutes les formes de pauvreté de nos contemporains, chrétiens ou non, croyants ou non ; avec des services très variés selon l’histoire de chacun : pour moi via une présence auprès de nos frères handicapés.
Attention, le diacre (pas plus que les mouvements caritatifs) ne doit pas avoir l’exclusivité du service de la charité. Le diacre est signe, parfois même « poil à gratter », pour que l’Eglise toute entière soit davantage servante de Dieu et des hommes. L’Amour n’est pas l’affaire de spécialistes mais de tous : de tout baptisé, de tout ordonné, de toute communauté d’Eglise, de toute paroisse.

3) Vraie question, car le temps manque ; mauvaise question, car le diaconat n’est pas forcément un « en plus ». L’Église aime à me dire : « Tu es d’abord baptisé, ensuite marié, enfin ordonné ». Alors deux interrogations :
D’abord, comme à n’importe quel baptisé, la place de la vie de foi et de famille par rapport au travail, avec dans mon cas, un métier prenant (cadre bancaire) et une vie familiale dense (avec mon épouse et nos quatre enfants). Ensuite, la question de l’engagement en plus… Et si le diaconat, plus qu’un engagement, était un sacrement à vivre au quotidien, dans la vie familiale, sociale, professionnelle autant que dans la vie en Église ?
Ceci dit, il faut bien savoir dire « non », et surtout, quand la surcharge se profile, se recentrer sur l’essentiel : le Seigneur, sa Parole et son Eucharistie, car seule la prière peut conduire « nos pas au chemin de la paix ».



Pierre Lhernoud

1) Pourquoi pas parmi nous ? C’est la question clé que j’ai entendue, un soir de jeudi Saint, lors de la célébration de la Cène, à la fin de l’homélie du prêtre qui avait pour thème "le diaconat permanent", une réalité renouvelée pour l’Église dans les années 1970.
Plus que le mot lui-même, c’est la nature spécifique du diaconat, consacrée à être image du Christ Serviteur qui a rejoint en moi ce que je soupçonnais alors d’une vocation. Il a fallu quelque 25 années pour que cet appel se concrétise, temps d’attente confiant dans la certitude que "Le Seigneur te mènera par les chemins qu’il lui plaira". Phrase déjà fondatrice que j’avais reçue d’un autre prêtre, vers l’âge de 16 ans.

2) Tout homme est une histoire sacrée... Heureux cantique qui a un jour rejoint mes convictions. Ma mission de diacre, quelles qu’en soient les modalités est mue par cette conviction. Elle m’invite, elle invite chacun de nous, à porter sur tout homme le regard d’amour de Jésus, ce même regard que nous croisons souvent dans l’Évangile.


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