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Accueil > À la Une > L’Église et le Pape > Synode sur la famille > Retour des consultations en paroisses

Document complet - Retour Synode sur la famille diocèse de Nanterre

Lineamenta Synode des Évêques,
« La vocation et la mission de la famille dans l’Église
et dans le monde contemporain »

(Ce document a été réalisé à partir des retours des paroisses envoyés avant le 16 mars 2015)

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Nanterre, le 15 mars 2015

Le 12 janvier 2015, le diocèse de Nanterre a envoyé le texte des lineamenta avec les 46 questions aux 52 curés, en les invitant à y répondre avec des personnes de leur paroisse. Il appartenait aux paroisses de choisir les points à travailler en priorité et de répondre à certaines de ces questions. Pour aider à la réception des Lineamenta, le diocèse a diffusé sur internet une conférence qui s’est tenue sur les enjeux du synode, avec l’éclairage pastoral de l’évêque, un regard historique et enfin une contribution théologique sur la question de la loi de gradualité et de la pédagogie divine.

Le document a été également mis en ligne sur le site diocésain pour permettre aux internautes d’y répondre directement. Nous avons reçu des réponses de : 24 paroisses qui ont proposé une assemblée paroissiale, des groupes ou des soirées de travail, 1 équipe d’accompagnateurs du catéchuménat, 1 équipe de Centre de Préparation au Mariage, 1 équipe Relais Lumière Espérance, 1 équipe MCR, 1 équipe Reliance, des AFC, d’un centre spirituel, une dizaine de fidèles seuls ou en groupes. En dehors des questions du questionnaire, de nombreux éléments ont été proposés sur les enjeux, les difficultés et les joies des familles. Le délai trop court laissé pour répondre au questionnaire en a découragé, ce qui n’empêche pas une réflexion locale qui continue au long de l’année.

Seules quatre questions n’ont pas reçu de réponses. La question N°2 portant sur « les instruments d’analyse et les résultats concernant les aspects du changement anthropologique et culturel », ce qui interroge sur la capacité de connaître et d’utiliser des outils pour une meilleure connaissance du pluralisme culturel et ainsi aider à connaître le monde auquel Dieu nous envoie. La question N°27 : « comment favoriser relation entre famille, société et politique au profit de la famille, soutien de la famille par la communauté internationale et les États », ce qui est étonnant alors qu’en France le débat sur le mariage dit « pour tous » ou par le passé la défense de l’école libre … ont mobilisé nombre de fidèles. La question N°29 « initiation chrétienne » qui est sans doute encore trop méconnue, et la N°34 « formes traditionnelles de mariage », sans doute peu répandu sur le sol français, ce qui souligne aussi que peu de personnes venues d’ailleurs ont du s’intéresser au questionnaire.

C’est la 3ème partie portant sur les « perspectives pastorales », qui a suscité le plus de réponses, davantage que la 1ère partie sur « le contexte et les défis » ou la 2ème partie sur
« le regard du Christ : l’Évangile de la Famille ». Les N°38 (divorcés remariés), N°40 (personnes homosexuelles) et N°41 (ouverture à la vie), ont suscité les plus nombreuses réponses.

Dans bien des réponses, des propositions concrètes sont faites sous le mode d’initiatives pastorales à mettre en œuvre localement. La démarche synodale fut l’occasion pour de nombreux groupes de revisiter tout ce qui est déjà proposé dans les paroisses et les mouvements.

Une initiative originale a été remontée au diocèse : un couple de fiancés, en années d’étude, a décidé de partir en Janvier, pendant 6 mois, en Asie, afin de découvrir la portée du message de l’Église face aux défis de la construction d’un foyer dans ce continent. À l’heure du Synode sur la famille, et dans la continuité de leur préparation au mariage, ils souhaitent élargir leur champ de vision, leur cœur et leur connaissance de l’Église.

Voici ci-dessous quelques caractéristiques tirées de la lecture des dizaines de réponses reçues :

1. Une démarche de consultation plébiscitée

Le synode suscite beaucoup d’intérêt chez les chrétiens ayant une pratique régulière et de grandes attentes. Les participants ont été heureux d’avoir été consultés par leur Église, ils souhaitent que cette consultation se renouvelle régulièrement sur d’autres sujets. Les fidèles ont vécu l’apprentissage d’une élaboration collective dans le cadre de l’Église avec les difficultés d’écoute et de compréhension mutuelle dans les groupes. Ainsi, il a fallu dans les groupes naviguer « entre la volonté de témoigner des situations douloureuses rencontrées dans les expériences ecclésiales, familiales, amicales, ?le sentiment, que, dans l’Église, l’expertise des laïcs n’est pas, ou peu, reconnue, avec parfois des difficultés à se sentir légitime à parler en Église et enfin la volonté de saisir l’occasion donnée par le Synode pour avancer ». ?
Les différences d’approches ont aussi permis de mesurer « qu’il y a beaucoup de demeures dans la maison du Père » et que les sensibilités peuvent être différentes dans une même Foi. Mais, aussi, qu’il est important de progresser dans les échanges, sur cette thématique commune « Qu’est-ce que la Bonne Nouvelle ? La Bonne nouvelle, c’est avant tout Quelqu’un, Jésus-Christ ».

Un groupe appelle à une responsabilité décentralisée confiée aux Églises locales : « creuser en l’Église une responsabilité décentralisée, partagée, où tout ne remonte pas à Rome, tout en soulignant l’importance, au service de l’unité, de la communion des Évêques avec l’Évêque de Rome, Pape, successeur de Pierre et de Paul ».

La réflexion des groupes a été portée dans la prière à l’Esprit Saint, « en demandant que le vent de l’Esprit permette de dépasser les difficultés que ne manqueront pas de rencontrer le Pape François ainsi que les Pères synodaux, et, que, passé le moment du dialogue dans les groupes paroissiaux, le peuple de Dieu se mobilise dans la prière pour, tout au long de ces mois à venir, prier l’Esprit à ce sujet, empli de la conviction qu’il est profondément à l’œuvre ».

2. Formation des laïcs

Beaucoup de réponses ont souligné qu’un véritable déficit de formation théologique chrétienne des fidèles ne leur permettait pas de creuser suffisamment les questions. Une paroisse a constaté que « les groupes de réponses aux questions qui bénéficiaient d’un prêtre ou d’un laïc faisant autorité, ont été plus productifs du fait d’une moindre perte de temps dans la compréhension des questions ». Des fidèles expriment leur souhait de ne pas s’endormir dans une incompétence déclarée, acceptée, mais de poursuivre toutes les voies de formation qui peuvent être proposées, sans réserver aux seuls clercs la réflexion et la prise de parole. ?
Par ailleurs, des groupes appellent de leurs vœux une recherche théologique bénéficiant des meilleurs apports de la recherche pluridisciplinaire contemporaine, pour éclairer les positions de l’Église.

3. Une Église ouverte, qui accompagne, accueille

À travers de multiples réponses, est exprimé le souhait d’une Église qui ouvre grandes ses portes, accueillante et d’abord porteuse de la Bonne nouvelle : celle que Jésus Christ nous dit et nous répète : que chacun de nous est aimé, accueilli, quelque soit son parcours personnel ou familial. « L’Église ne devrait plus être vue comme celle qui régente, voire qui punit, ?sépare, ou même stigmatise. Or, c’est comme cela que beaucoup la perçoive, et cela éloigne de son message tant de nos proches, de nos contemporains ».

Dans les réponses reçues, les fidèles fondent cette ouverture de l’Église dans celle de Jésus tel que le rapportent les Évangiles. « Un Jésus Christ continuellement à la rencontre des estropiés de la vie, éclopés en tout genre, adultères, étrangers, hérétiques, prostituées, pauvres. Suivre le Christ aujourd’hui, c’est faire la même chose, rompre l’entre-soi de nos églises pour aller chercher les autres au-dehors ». Dans un groupe, la méditation de l’Évangile (la Samaritaine, le fils prodigue, la femme adultère…) a été essentielle. Comme a été essentielle la recherche de la fidélité au sacrement du baptême qui nous a faits Prêtres, Prophètes et Rois pour Célébrer, Annoncer et Servir.

D’autres pensent que des règles doivent être maintenues, mais sensiblement assouplies. Ces règles sont-elles les seules règles de l’Évangile ("tout l’Évangile, rien que l’Évangile") ? Ou sont-elles les règles que l’Église a construites depuis deux mille ans et qui sont reprises dans le Catéchisme (lequel peut évoluer) sous la conduite de l’Esprit ?

Certains groupes trouvent que les optiques légalistes et juridiques sont très présentes dans les textes du Synode. « La mission de l’Église n’est pas de garantir, encore moins de contrôler, la moralité sexuelle et conjugale des couples qu’elle évangélise. Ce qu’on attend d’un prêtre (et de l’Église plus généralement), c’est qu’il vive et qu’il exprime à tous la Bonne nouvelle : Dieu nous aime, le Christ nous sauve par sa mort et sa résurrection, l’Esprit nous aide à décrypter notre chemin vers le Seigneur, dans le service des autres ».

4. L’Église communique

Des participants estiment que les textes et les questions manquaient de clarté par défaut de simplicité, ce qui a découragé certains d’entre eux à venir partager les débats et irrité d’autres qui fustigeaient une Église incapable d’adopter un langage accessible. Un groupe demande : « Que l’Église adopte un langage compréhensible, mû par l’amour et donc la reconnaissance de la responsabilité des personnes ».

Les mots utilisés par l’Église ont aussi de l’importance dans nos sociétés si médiatisées. Ces mots peuvent aussi fermer des portes et représenter une forme de violence vis-à-vis des personnes qui se situent aux limites. Plusieurs paragraphes du rapport final donnent lieu ainsi à une incompréhension dommageable de nombre de nos contemporains, alors même que le langage simple du pape François les rejoint.

5. Proposer la Foi

Certaines réponses expriment l’inquiétude que nos sociétés occidentales perdent le sentiment religieux ; ils le regrettent et souhaitent que l’Église sache proposer des repères à partir de l’Évangile. ?À l’inverse, d’autres groupes portent un regard confiant sur nos sociétés qui cherchent leur voie. Les réponses soulignent la responsabilité première de l’Église en France : faire vivre le message de Jésus Christ, au sein de la société, telle qu’elle est aujourd’hui dans notre pays.

Un groupe remarque que la très grande majorité des questions sont centrés autour du thème du mariage chrétien (sa préparation, son accompagnement, la cible qu’il doit constituer pour les situations « irrégulières « ). Or le Synode de la famille concerne toutes les familles, y compris celles qui ne s’inscrivent pas dans la perspective du mariage religieux : il s’agit en fait de l’immense majorité des familles qui se créent actuellement en France. Dans une optique pastorale, ne faut-il pas accueillir fraternellement dans la Foi ces familles qui sont éloignées d’un projet de mariage religieux ?

Il est souligné, également, la nécessité d’un dialogue, à renforcer toujours, avec les autres confessions chrétiennes qui n’apportent pas les mêmes réponses aux questions débattues dans le cadre du Synode, bien que se référant, pareillement à Jésus-Christ. Ainsi, les différences d’approche avec les Églises orthodoxes, protestantes, etc., impliquent une réflexion sur le caractère normatif des positions de l’Église catholique romaine sur les différents sujets abordés par le Synode.
Certains ont aussi regretté que le Synode sur la Famille n’aborde pas les débats de bioéthique, les questions liées à la vie et à la mort, qui sont si présentes dans nos questions contemporaines, même si nous savons que l’Église y est déjà présente.

6. Le handicap oublié

Un seul groupe a remarqué que la famille touchée par le handicap d’un proche (physique, mental, psychique) est peu prise en compte dans les textes du Synode et nous a fait remonter une longue réponse. Vivre la maladie psychique est une épreuve à long terme pour le malade et sa famille. La solitude et l’abandon sont ressentis par la famille et le malade, d’autant plus que les tensions familiales engendrées par la maladie psychique mettent à l’épreuve le couple, la fratrie, la famille. Après le déni et la révolte, la fragilité psychique d’un proche peut conduire à une conversion du cœur et du regard, une découverte de la présence du Christ sur le chemin parcouru comme pour les pèlerins d’Emmaüs et des petits moments de Grâce. Ainsi naît peu à peu l’espérance pour aborder les épreuves qui reviennent, les différentes étapes à parcourir. Pouvoir dialoguer dans un accompagnement bienveillant, relire sa vie de chaque jour à la lumière de la Parole, prier ensemble et partager l’amitié conduit à un chemin de guérison intérieure et de joie.

Une question difficile est posée par les personnes en souffrance psychique : puis-je me marier et avoir des enfants ? Comment y répondre ? Quelle autre forme de fécondité l’Église reconnaît-elle ? Il est urgent que l’Église ouvre les yeux, les oreilles et apprenne à connaître le mal-être, la maladie de ses brebis car la maladie psychique ne se dit pas facilement. La sensibilisation des communautés ecclésiales à la maladie psychique et à l’accompagnement des familles et des personnes en souffrance psychique pourrait y contribuer. Des actions de cette nature ont eu lieu déjà, la présence d’un chrétien « Relais Lumière Espérance » en paroisse pourrait aussi faciliter l’accueil des familles touchées par la maladie psychique…

7. Au sujet des 3 questions qui ont eu le plus grand nombre de réponses

Les réponses à la question N°38 (divorcés remariés) partent du sentiment d’injustice, de souffrance, de rejet, vécues par de nombreuses personnes divorcées remariées, dont plusieurs ont quitté l’Église. Une majorité de réponses demandent l’accès aux sacrements, voire une bénédiction, par des dispenses accordées plus souplement et après un chemin de discernement, de pénitence et de réconciliation. On appelle le Magistère à la miséricorde. Les fiancés doivent mieux mesurer ce à quoi le sacrement engage. Il est moins question des divorcés non remariés.

À la question N°40 (personnes homosexuelles), les réponses manifestent que les personnes homosexuelles sont mieux acceptées maintenant dans l’Église, même si des textes du magistère sont perçus encore comme trop décalés par rapport au vécu des personnes (comme par exemple la demande de chasteté pour une personne homosexuelle). Mais il est posé la question : leur reconnaît-on véritablement leurs places dans les paroisses ?

La question N°41 (ouverture à la vie, régulation des naissances) suscite toujours le débat entre chrétiens, entre le respect de la vie, une écologie humaine respectueuse du corps à laquelle est sensible de jeunes générations et la demande d’usage de contraceptifs non naturels. Pour une grande majorité, l’enseignement de l’Église sur ce sujet n’est pas reçu ou compris.

Relecture proposée par Père Hugues de Woillemont, Vicaire Général

Les réponses reçues aux questions ont été reportées ci-dessous, sans recherche de synthèse.
Ière Partie : L’écoute : le contexte et les défis concernant la famille

Question 1 : Quelles sont les initiatives en cours et celles qui sont prévues concernant les défis que les contradictions culturelles posent à la famille (cf. nos 6-7) ; celles visant au réveil de la présence de Dieu dans la vie des familles ; celles qui tendent à l’éducation et à l’établissement de relations interpersonnelles solides ; celles qui tendent à favoriser des politiques sociales et économiques utiles à la famille ; celles pour résoudre les difficultés liées à l’attention envers les enfants, les personnes âgées et les membres de la famille qui sont malades ; celles pour affronter le contexte culturel plus spécifique où l’Église locale est impliquée ?

Des initiatives en cours : à la « Maison des Familles / Maison Saint-François-de-Sales » à Boulogne-Billancourt, et dans plusieurs paroisses, « les veilleurs de proximité », les initiatives envers les plus fragiles sont également nombreuses : Saint-Vincent-de-Paul, Secours Catholique (pause-café du vendredi, épicerie sociale et solidaire) et organisation de visites et de soutien aux familles. Les prêtres et des laïcs visitent des chrétiens isolés et portent la communion. Les PCFF (Petite Communauté Fraternelle de Foi) mises en place par Mgr Daucourt fonctionnent bien. Lors d’un deuil, les familles s’appuient sur une équipe spécialisée et bénéficient systématiquement d’un prêtre lors de la cérémonie des obsèques. Demeurent toujours des familles isolées : celles par exemple qui n’ont personne pour emmener leurs enfants de l’école au catéchisme.

Pour un groupe, difficulté à joindre les personnes seules, si elles ne sont pas prêtes à vous recevoir. Se faire inventif, créatif dans notre mode d’évangélisation, sortir à la rencontre....De nombreux jeunes fréquentent assidûment les terrasses de café du quartier, pourquoi ne pas afficher une présence pastorale sur ces lieux de rencontres ? Une Église en sortie (§46 Joie de l’Évangile). Être fidèle à la parole de l’évangile dans la façon de vivre notre foi : ayons confiance en l’Esprit Saint !

Question 3 : Au-delà de l’annonce et de la dénonciation, quelles sont les modalités choisies pour être présents comme Église auprès des familles dans les situations extrêmes ? (cf. n° 8). Quelles stratégies éducatives employer pour les prévenir ? Que peut-on faire pour soutenir et renforcer les familles croyantes, fidèles au lien ?

Un groupe a posé la question préliminaire : qu’est-ce qu’une famille en situation extrême ? Une famille (et cadre de vie) qui est divergent de ce que préconise l’Église (enfants hors mariage, divorce, enfants athées ou convertis à une autre religion, homosexualité). Enfants qui se détachent de la foi et la pratique religieuse, couples divorcés. Situation familiale dans laquelle la promesse familiale n’est pas tenue et produit l’inverse de cette promesse. Exemple : la famille doit être le lieu de la sécurité des personnes. Mais lorsqu’il y a violence dans le couple, non seulement la sécurité dans la famille n’est pas assurée, mais c’est la famille elle-même qui devient un lieu d’insécurité. Il y a ensuite des situations intermédiaires, graduées, qui peuvent conduire à des situations extrêmes. Une famille dans laquelle la confiance (sécurité, convivialité, proximité) n’est pas présente. Situations critiques = catégories visibles que beaucoup ont à l’esprit quand ils rencontrent les personnes concernées Divorcés/séparés ; enfants "seuls" dont les parents sont séparés ; familles sans foi ou sans pratique ; homosexualité.

Comment être présent ? Par l’écoute et la bienveillance tout d’abord. L’écoute ne s’improvise pas et une formation peut être proposée car des propos de compassion maladroits peuvent être blessants et ruiner une sincère empathie. L’Église pourrait promouvoir et relayer ces formations auprès des paroissiens.

L’accueil, la prière et un état d’esprit d’ouverture aux autres sont également des requis pour toucher les populations en situation extrême.
Pour soutenir et renforcer les familles croyantes, il ne faut pas hésiter à reprendre la connaissance des fondements du mariage chrétien. Une des difficultés réside dans le fait qu’un couple en difficulté ne cherche pas toujours à se faire aider à temps et ne trouve pas toujours dans l’Église les compétences attendues.

Accueil/accompagnement : groupes de femmes célibataires ; alfa couples ; pèlerinage des pères de familles ; prêtres disponibles ; préparation au mariage (nombreux messages sur le mariage et la vie en couple).

Célébrer plusieurs mariages ensemble pour sortir le mariage de son côté mondain et le faire rentrer à nouveau dans une démarche de foi et d’Église ; célébrer les anniversaires de mariage en communauté. Freins : organisation/logistique avec un rapport au temps qui est devenu compliqué ; bras baissés face à la pression sociale) ; peur de dévaloriser ceux qui échouent si on célèbre les familles stables ; activités pour les enfants sont difficiles à organiser à cause des familles éclatées. Célébrer les familles chrétiennes ne va pas, il faut célébrer toutes les familles (en général).

Fidéliser les familles présentes à l’église : par des activités pour toutes typologies de personnes, des loisirs hors église (vacances), liens entre les familles, la paroisse et la foi : abonnement à une revue religieuse, newsletter, vœux ?... L’Église/paroisse doit être le lieu de "ressourcement" pour aider (être modèle) les familles à remplir ce rôle. D’une certaine façon, la paroisse doit être une famille où l’on trouve cette confiance nécessaire aux familles. Il faudrait y retrouver "l’esprit de famille". Faire entrer d’autres familles au sein de l’Église : par des activités hors bâtiment d’Église, impliquant des laïcs. Faire connaître l’Église à l’extérieur (propositions même non spirituelles, pour tous types de personnes : affichage, tract…), proposer une responsabilité à des néo-chrétiens.

Groupes de partage ou prière (la prière est primordiale pour résoudre ses questions), activités. Changer notre regard (la société nous y aide aujourd’hui en nous imposant des situations que nous n’acceptions pas hier) ; Prier les uns pour les autres ; montrer (encore +) l’exemple et la voie du Christ. Dire les choses (prononcer le nom de Jésus). Soutenir les familles unies : en se réjouissant avec elles.

La paroisse doit être une famille où l’on trouve cette confiance nécessaire aux familles. Il faudrait y retrouver "l’esprit de famille". Proposer dans chaque paroisse des sessions spéciales « couples en crise » sur le modèle des CPM ou des parcours Alpha couples par exemple ; faites par un couple de laïcs formés ; ouvertes à tous les couples même non chrétiens ou athées ; ce serait un moyen de diffuser la vision chrétienne de la famille, et de replacer l’Église comme référent en terme de « sagesse de vie ».

Former les séminaristes et les prêtres (par des retraites spécifiques, par exemple) aux problématiques conjugales et familiales, notamment la régulation naturelle des naissances, l’ivg et l’accompagnement des femmes qui y ont eu recours, l’éducation des jeunes à la sexualité.

Proposer systématiquement dans les parcours d’aumônerie et les catéchèses préalables à la confirmation des adolescents et à leur profession de foi des séances d’éducation à la sexualité, sur le modèle Teen Star, Cyclo Show ou Amour et Vérité.

Diffuser en France auprès des ados l’idéal de la virginité avant le mariage, sur le modèle de ce qui se fait aux USA avec des « clubs » d’ados s’y engageant publiquement et portant une bague pour manifester cet engagement. Les jeunes ont soif d’héroïsme.

Créer un jeu vidéo en ligne de qualité professionnelle où il s’agisse, non de faire la guerre, mais de sauver des couples ou des familles en danger ! Au lieu de regagner une nouvelle vie, on irait se confesser ; et pour débloquer un niveau, il faudrait passer d’une demeure de l’âme à une autre… !!! et le promouvoir au maximum par tous les moyens de communication existant.

Question 4  : Comment l’action pastorale de l’Église réagit-elle à l’expansion du relativisme culturel dans la société sécularisée et au rejet qui en découle, de la part de beaucoup, du modèle de famille formé d’un homme et d’une femme unis par le lien conjugal et ouvert à la procréation ?

Le modèle familial, résumé par cette question, découle des deux versets fondateurs du 1er récit de la création (Genèse I v : 27 et 28) ; il est intégralement repris dans les textes récents du Magistère (Casti Connubi 1930) ; Humanae Vitae (1968) ; Familiaris Consortio (1981)…). Or l’énoncé d’une norme n’a pas que des effets positifs de clarification : il entraîne également un rejet de ceux qui sont « hors norme » ou de ceux qui refusent cette norme (c’est d’ailleurs ce que souligne la question). Il est douteux qu’une action pastorale suffise, seule, à régler la difficulté ; il parait illusoire de chercher à la reporter sur « le relativisme culturel dans la société sécularisée » : la seule piste, c’est la Foi dans le Christ qui transcende heureusement les normes, par la découverte des valeurs de chaque personne et de chaque couple, sous le regard de Dieu.
Il semble important de faire prendre conscience de l’expansion du relativisme moral ambiant et de mieux communiquer sur la richesse du lien conjugal et familial. L’Église a appris à écouter, à favoriser le dialogue et privilégie le plus souvent une réponse à « froid » et argumentée, à une réaction spontanée et motivée par l’actualité. Les prêtres ont généralement développé une qualité d’écoute éprouvée, forgée par leurs contacts avec des paroissiens fragilisés et dans des contextes sociétaux éloignés de la foi.

L’Église réagit mais cela ne se sait pas, car les medias ne relaient qu’une infime partie de son message, et ce d’une manière biaisée ! Et cela commence déjà en interne : dans les paroisses, les échanges sont souvent « contaminés » par des personnes de bonne volonté, mais mal formées et réagissant exclusivement en termes de compassionnel et non de vérité. Or amour et vérité se rencontrent… Il faut rétablir l’importance de la vérité, qui est trop mise sous le boisseau au motif d’une charité « compassionnelle » mal comprise (cf. Veritatis Splendor). Il faudrait que la forme des sermons évolue. C’est un temps privilégié de communication. Il faudrait que, à chaque homélie, le prêtre fasse une véritable catéchèse pour pallier le manque de connaissances spirituelles, liturgiques et théologique des fidèles, un modèle d’homélie en deux temps : homélie classique plus courte, spirituelle, sur les textes du jour ; temps de catéchèse (à ce moment ou à un autre de la messe, par ex au moment des annonces) sur un thème suivi durant plusieurs messes, et pas forcément en rapport avec les textes de chaque jour (mais en rapport si possible avec le temps liturgique) ; ce temps de catéchèse pourrait d’ailleurs être fait par un diacre, voire une religieuse ou un laïc ou une laïque (avantage : manifester le rôle des laïcs dans l’Église), après contrôle par le prêtre éventuellement. Thème : sens de gestes liturgiques (les symboles sont méconnus), mais aussi…. spiritualité de la famille.

L’Évêque doit encourager les prêtres à ne pas avoir peur de choquer : Jésus a choqué la société de son temps. Les chrétiens sont censés être du sel, pas du sucre. Les paroisses doivent être des signes de contradiction, pas des clubs du 3ème âge. L’approche du « levain dans la pâte » n’est plus la seule à adopter (contrairement au temps où l’Église apparaissait encore comme socialement puissante, voire étouffante) : il nous faut aussi être des lampes sur le lampadaire.

Pour un groupe, il leur apparaît que la bonne posture, pour l’Église et les chrétiens, n’est pas de dénoncer le phénomène ni d’expliquer par des arguments savants et construits les raisons qui fondent la proposition chrétienne du mariage. Il s’agit au contraire, dans un monde désenchanté qui laissent les individus seuls face à eux-mêmes, de donner envie et de faire naître un désir. Ce désir, il existe au cœur de chaque homme : c’est l’aspiration à l’amour, la joie, la paix, au bonheur. Il leur semble que pour lutter contre le relativisme culturel, il est bon de proclamer que le mariage chrétien est une voie d’accès au bonheur : on se marie d’abord pour être heureux ! Pour reprendre l’expression du pape François « la vie chrétienne est un projet de vie propre à fasciner nos cœurs ».
Dans cette perspective il faut présenter le mariage chrétien comme un projet de vie enthousiasmant ! Dans ce mariage chrétien nous sommes appelés au bonheur (de vivre à deux), à la grandeur (du dépassement de soi et du don de sa personne à l’autre) et à la beauté (de la correspondance de notre amour à celui de l’amour divin). Un plus, nous ne sommes pas seuls sur ce long chemin de découverte de l’amour véritable à deux. Dieu est là, qui a béni notre union, qui est vivant auprès de chacun, et qui prend soin de notre couple si nous le sollicitons. Le mariage chrétien nous offre, gratuitement, un super coach pour notre couple en la personne de Dieu avec toute une assistance professionnelle et expérimentée, proposée par l’Église à travers toutes ses propositions d’aide au discernement, à la préparation au mariage, au soutien des couples mariés. Il leur apparaît plus important pour faire réfléchir les jeunes sur le mariage d’apporter des témoignages, et qu’ils fassent des expériences de dialogues de qualité et en vérité, de pardon entre eux, de relecture de leur propre vie, plutôt que de faire des discours. Par ces expériences, ils se rendent compte par eux-mêmes de ce qui concourt au vrai bonheur et de ce qui donne du prix à leur vie. Ils prendront ainsi conscience de ce qu’est la grandeur de l’altérité et la pertinence de la proposition chrétienne du mariage.

Question 5 : De quelles façons et avec quelles activités les familles chrétiennes sont-elles engagées à rendre témoignage de la progression de la maturation affective aux yeux des jeunes générations ? (cf. n° 9-10).

Les aumôneries et les paroisses proposent l’accueil et l’accompagnement, la rencontre avec le Christ et l’apprentissage du respect d’une manière générale et particulièrement du respect de l’identité de chacun.
Concernant la maturité affective, nous pensons au rôle de formation de la famille à la dimension émotionnelle, affective et sexuelle des jeunes et à ce que les parents sont capables, ou pas de transmettre à leurs enfants et autres plus jeunes qu’eux. Accueil et accompagnement : Afin de les accompagner, nous pensons à des communautés de jeunes et/ou de familles à la paroisse.
Fidélisation des familles à l’Église : nous pensons aussi à la responsabilité qu’a l’Église afin que les familles lui restent fidèles. Cette idée nous vient du constat que nombre de couples viennent à l’Église pour se marier et baptiser leurs enfants et ne continuent pas à venir régulièrement ensuite. Nous pensons donc que l’Église pourrait mettre quelque chose en place pour que les couples lui restent fidèles, par exemple par la célébration des couples le jour de la saint Valentin, avec une messe qui leur serait dédiée et la possibilité de renouveler leurs vœux et leurs engagements.
Appropriation de sa propre foi par chaque individu : Pour les personnes de 18-30 ans, âge où les individus s’approprient leur propre foi, créer des communautés qui incitent à la rencontre, à l’échange afin de rester avec Dieu. Créer également des rassemblements pour les enfants dont les parents se séparent, divorcent, et qui grandissent dans des familles recomposées car un constat est fait que du fait de ces ruptures familiales, ils perdent plus facilement la foi.

Qu’est-ce qui nous freine, pour faire ou faire plus ? Des conditions de travail difficiles : horaires, déplacements, stress, pression sociale. La mobilité déracine et peut avoir pour conséquence d’affaiblir la fidélité à l’église. Précarité, chômage = dévalorisation de la personne, ce qui a un impact sur les enfants. Impact de la société de consommation et d’un monde de l’immédiateté de l’information, qui entraîne une perte des valeurs humaines et le culte de l’image de soi, de l’individualisme. L’église a une responsabilité dans l’accompagnement et la formation des personnes en humanité dans toutes ses dimensions : affectives, relationnelles et spirituelles.

Une mère de famille témoigne : c’est galère de transmettre le modèle de la famille aux jeunes, car le rouleau compresseur d’une société entière va en sens inverse (à commencer par l’Éducation Nationale).
Il faudrait déjà, dans un premier temps, aider les familles dont les enfants sont dans des écoles catholiques, en accordant du temps, dans la catéchèse, à la promotion du modèle chrétien du couple et de la famille, et ce dès le primaire (de manière adaptée bien sûr). Des enfants sont confrontés au divorce et aux familles recomposées. Ils ne savent comment se situer par rapport au modèle de l’Église, ne voulant pas désavouer leurs parents divorcés par exemple, mais attirés malgré tout par un idéal de fidélité. Il faut délivrer un message de miséricorde et de vérité, subtilement, dans la charité, mais en montrant que c’est un idéal possible.
Cela pourrait se faire au moyen de petites vidéos courtes de témoignage, ou ludiques, adaptées à l’âge de l’enfant, qui seraient mises à disposition des catéchistes sur Internet. Créer un site internet portail de vidéos de témoins recensant par thème, type de droits d’utilisation et durée toutes les vidéos de témoignages existantes, téléchargeables ou consultables en ligne, utilisables en catéchèse, retraites, CPM etc. : « comment j’ai suivi ma vocation sacerdotale, comment j’ai surmonté ma crise du milieu de vie, j’ai rompu mes fiançailles, j’ai été abandonné, je suis converti et personne de mon entourage ne me comprend, il m’a trompée et j’ai pardonné, elle m’a trompé et j’ai pardonné, j’ai quitté mon mari psychopathe mais je lui reste fidèle, ma femme me battait et je l’ai quittée, j’ai fait une fausse couche, j’ai avorté et Dieu m’en guérit, nous sommes divorcés remariés et piliers de notre paroisse, nous avons consulté un thérapeute de couple, je suis homosexuel et engagé dans l’Église, nous avons 50 ans de mariage », etc. Et diffuser largement sur YouTube, et tous les sites possibles ! Et y faire un appel à témoins, relayé là aussi dans d’autres supports. Avoir un site catho référençant les films et les jeux vidéo constructifs pour les jeunes, en termes d’innocuité, de tranche d’âge et d’aspect moralement et spirituellement éducatif.

Proposer sur le modèle des patronages des clubs « Mes racines chrétiennes » pour les enfants du primaire le mercredi : une heure où, sans faire de catéchèse, au motif de leur donner une culture générale chrétienne, on jouerait sur des thèmes bibliques ou chrétiens, on les initierait à l’art chrétien par des visites ou des jeux, sans visée catéchétique affirmée, on leur ferait connaitre l’histoire sainte… Cela pourrait être fait à domicile par des laïcs, payés par les parents au même titre que le judo ou la danse, mais pas en paroisse, pour préserver le côté « familial » bon enfant et pas « paroissial », qui peut faire peur.

À toutes les occasions de rencontre avec des ados (grands rassemblements, Frat, JMJ, retraites de profession de foi, aumônerie) proposer des témoignages de couples et de familles chrétiens sous forme de vidéo.

Promouvoir une série de fiction web TV de qualité professionnelle sur le modèle de « Famille d’accueil » par exemple, ou de « L’Instit », où on suivrait les hauts et les bas d’une famille chrétienne priante et spirituelle, mais ni versaillaise, ni baba-cool.

Former des thérapeutes de couple chrétiens, ou a minima créer un label « confiance catho » pour les thérapeutes de couples. Là aussi, lors d’un passage difficile nous avons eu du mal à trouver une thérapeute de couple de confiance dont nous avions la certitude qu’elle aurait une vision du couple respectant la nôtre, notamment en matière de sexualité.
Faire de la pub pour la théologie du corps de Jean-Paul II.
Proposer aux syndicats de psychologues et de thérapeutes de couples des vidéo conférences et des articles « clés en main » à diffuser à leurs membres sur la théologie du corps de Jean-Paul II et la vision chrétienne de la sexualité et du mariage.

Délivrer un message clair aux parents dont l’enfant manifeste des tendances homosexuelles : miséricorde, accompagnement, vérité, le tout dans la tendresse. Relayer davantage le message d’un Philippe Arino, par exemple. Avoir un interlocuteur identifié sur ce point dans chaque diocèse, dont les coordonnées soient affichées dans les églises.
Promouvoir un mouvement féministe chrétien pour expliquer qu’être femme, ce n’est pas être un homme en mieux.

Comment pourrait-on aider la formation des ministres ordonnés sur tous ces thèmes ?
Proposer aux prêtres des sessions de formations spécifiques régulières sur des thèmes touchant à la famille, à l’éducation, à l’identité sexuelle et au couple. Encourager les prêtres de paroisse à s’inviter eux-mêmes pour dîner ou déjeuner dans les familles : Jésus s’est invité chez Zachée ! Sinon ce sont toujours les mêmes familles qui invitent Mr le Curé, et celui-ci n’a qu’une vision tronquée de la réalité. Il doit aller dîner chez des gens qui n’oseront pas le lui refuser, des gens divorcés, des gens concubins, des gens qui viennent pour le baptême de leur enfant ou pour des obsèques de leur mère. Ce sont les malades qui ont besoin du médecin.

Pour un groupe, il parait évident que, compte tenu du socle que constitue la famille dans la communauté chrétienne mais aussi dans la communauté humaine universelle, les ministres ordonnés doivent être spécifiquement formés sur toutes les questions pratiques relatives à la vie des familles dans leur réalités les plus concrètes et les plus complexes. Dans cette perspective les ministres ordonnés pourront s’appuyer sur des couples chrétiens formés et aussi des spécialistes comme conseillers conjugaux. Nous proposons que les prêtres, en particulier les jeunes prêtres, soient mis en lien avec un groupe de familles référents dans les paroisses afin de les accompagner et de favoriser leur maturation sur toutes ces questions dans le dialogue et la prière partagés.

Quelles figures d’agents pastoraux spécifiquement qualifiés apparaissent-elles les plus urgentes ?
Un interlocuteur « couple, sexualité et famille » dans chaque paroisse ou chaque doyenné, dont les coordonnées soient indiquées à l’entrée de chaque église, qui puisse, dans un premier temps, accueillir les couples ou familles en difficulté pour être un lieu d’écoute et de dialogue, voire de prière, et leur donner un regard chrétien sur ce qu’ils vivent ; puis les orienter vers les réseaux professionnels sociaux ou payants existant.

Créer et faire connaître une « ligne azur » catho : sur le principe de SOS Chrétien à l’écoute, un n° d’écoute téléphonique national et gratuit pour les gens qui ont des questions vis-à-vis de la famille et de la sexualité. Il faudrait que ce ne soit pas trop « establishment » pour ne pas dissuader les gens qui ont peur d’un regard autoritaire et moralisateur de l’Église.

Un groupe souligne toute l’aide pour les familles de mouvements comme le scoutisme, le MEJ, le rôle des groupes d’aumônerie : apprendre la vie ensemble, la responsabilité, l’engagement, les jeunes au service des plus jeunes. En se posant la question du soutien aux parents dans leur mission éducative, comment l’Église mène cela, en dehors de l’enseignement catholique ? Quoi comme lieux d’accueil des parents, de soutien, « écoles de parents » ? Évocation de la vocation particulière des diacres permanents dans l’éducation des jeunes (la parole du prêtre, célibataire, est-elle reçue ? mise en doute ?) Nécessité que les familles reçoivent les prêtres, leur fassent connaitre de près ce qu’elles vivent, dans la confiance.

Pour un autre groupe, difficulté de parler de sexualité à ses propres enfants, mais nécessité que ce sujet ne soit pas tabou et que les enfants osent aborder ces questions avec sérénité. Il faut anticiper les questionnements des ados. Les mères peuvent avoir besoin d’aide pour répondre aux questions de leurs fils sur leur sexualité. Importance d’avoir leur vision de cet aspect de leur vie affective, objet de discussions avec les copains. Quelle image de la sexualité donne la société par rapport à celle renvoyée par la famille ? Les jeunes subissent une pression pour avoir un « copain (copine) ». Importance de répondre aux questions des jeunes pour leur faire respecter leur corps et celui de l’autre, qui ne sont pas des objets de consommation. Un enfant peut voir très jeune du porno sur Internet : qu’il puisse en parler car cela peut représenter un réel choc. Leur faire concevoir qu’il faut vivre une progression affective pour que ce soit beau. Leur révéler la beauté et la richesse de la sexualité et qu’ils n’en aient pas une vision dégradante. Rendre le témoignage personnel d’une sexualité engagée et rayonnante.

La sexualité est un élément d’un tout qui construit. Si on est embarrassé, qui peut être un intermédiaire aidant ? Un prêtre ? Un agent pastoral ? Ce doit être un chrétien !

Question 6 : Dans quelle proportion et à travers quels moyens la pastorale familiale ordinaire s’adresse-t-elle à ceux qui sont éloignés ? Quelles sont les lignes d’action mises en œuvre pour susciter et mettre en valeur le « désir de famille » semé par le Créateur dans le cœur de toute personne et présente en particulier chez les jeunes, même chez ceux qui vivent des situations familiales qui ne correspondent pas à la vision chrétienne ? Quel retour effectif avons-nous de la mission accomplie auprès d’eux ? Parmi les non baptisés, la présence des mariages naturels est-elle consistante, par rapport également au désir, chez les jeunes, de fonder une famille ?

Le chrétien a la difficile mission d’accueillir, d’écouter, de s’adapter tout en étant en mesure de dire ses convictions. Il doit donner envie d’être suivi et présenter une image attractive et non moralisante. Être chrétien c’est être exigeant surtout avec soi-même. Pour mieux accueillir les couples non hostiles au fait religieux et désireux de fonder une famille, il est préconisé « une stratégie douce » visant à les impliquer dans l’Église en veillant à : avoir un regard positif à l’encontre de ces foyers ; créer un lien social avec eux en étant à leur écoute, mais aussi en leur proposant des activités répondant à leurs préoccupations avec des couples d’âge assorti ; susciter, faire émerger un désir de spiritualité permettant de les faire cheminer vers le baptême et le mariage.

Un groupe souligne que la cellule de base de notre société doit rester la famille : La famille chrétienne par « la profondeur de son engagement puis par les époux qui acceptent d’entrer dans une union de vie totale » est capable de tenir le défi pastoral sous réserve que l’Église accepte d’être miséricordieuse envers ceux qui trébuchent. Ces derniers pourront s’appuyer sur des couples ou familles à leur écoute associée à nos pasteurs.
Il est certain qu’en beaucoup d’endroits, il y a une prédominance de l’aspect administratif sur l’aspect pastoral, comme aussi une sacramentalisation sans autres formes d’évangélisation ».Renforcer la préparation aux sacrements (communion,....) – Doit on se préoccuper du nombre d’enfants qui feront leur première communion, pour tout abandonner après leur confirmation, croyant leur carte d’identité de chrétien à jour pour reprendre une expression de notre pape ? Prépa au mariage – marteler les piliers fondamentaux pour bâtir sur le roc plutôt que sur du sable. Dimension d’accueil à préserver, ne pas avoir peur de jeter nos filets et de nous montrer des chrétiens joyeux (cf. « Il y a des chrétiens qui semblent avoir un air de Carême sans Pâques. »).

IIème Partie : Le regard sur le Christ : l’Évangile de la famille

Question 7  : Comment est utilisé l’enseignement de l’Écriture Sainte dans l’action pastorale envers les familles ? Dans quelle mesure ce regard alimente une pastorale familiale courageuse et fidèle ?

On discerne une soif de connaissances de ceux qui sont en dehors de l’Église et parallèlement une soif de consistance des chrétiens pratiquants. Il est important de rappeler l’importance de la pastorale familiale et de l’éducation chrétienne transmise par les parents. Dans les structures tels que le CPM, l’adhésion à l’histoire sainte de chaque couple (dont l’histoire personnelle, la culture, le niveau de connaissance religieuse sont très variables), s’avère un exercice difficile qui requiert des connaissances théologiques, une foi bien enracinée, une dose de psychologie et de la diplomatie.

Question 8 : Quelles valeurs du mariage et de la famille les jeunes et les conjoints voient se réaliser dans leur vie ? Et sous quelle forme ? Certaines valeurs peuvent-elles être mises en lumière ? Quelles sont les dimensions de péché à éviter et à surmonter ?

Plusieurs valeurs du mariage doivent être mises en avant : la confiance découlant de l’amour ; l’exemplarité que l’engagement solennel religieux requiert ; la nécessité du dialogue au sein de la famille ; le partage des loisirs, des vacances et des repas qui favorise de réels échanges ; le pardon en famille ; le don entre époux, le don de la vie aux enfants.
Le mariage s’apparente à un don qui libère. Il ne constitue pas un aboutissement mais l’Alliance entre deux personnes au travers du sacrement. Le mariage ne doit pas être idéalisé pour autant, il n’est que le fruit de deux êtres imparfaits qui doivent dialoguer pour durer harmonieusement, apprendre à se connaître et se reconnaître et se pardonner mutuellement !

Question 9 : En harmonie avec la pédagogie divine, quelle pédagogie humaine faut-il envisager pour mieux comprendre ce qui est requis de la pastorale de l’Église face à la maturation de la vie de couple, vers le futur mariage ? (cf. n° 13).

Il convient de saluer très positivement l’utilisation de cette notion de « pédagogie divine » qui approfondit celle de « gradualité » déjà proposée par le Pape Jean-Paul II. À ce stade, il s’agit d’un concept abstrait qu’il faudra expliquer et transposer dans le vécu de chacun des couples qui se rapprochent de l’Évangile et de l’Église. Celui qui nous semble le plus accessible est celui du « discernement » au regard de l’Évangile : il exige écoute, absence de jugement, accompagnement de l’autre vers sa liberté de conscience et de choix.
Deux remarques autour de cette notion : malgré le tropisme de l’ensemble du questionnaire (« aller vers le mariage (chrétien) », le respect de la liberté intrinsèque du couple n’exige pas que toute la démarche d’accompagnement soit sous-tendue par « un futur mariage » ; la formation actuelle des Prêtres est-elle adaptée à un telle perspective d’accompagnement, à « ce processus dynamique qui va peu à peu de l’avant, grâce à l’intégration progressive des dons de Dieu » ? (Familiaris Concertio 9) (cité dans le §13 de Relatio Synodi).

Commencer à former les enfants à ces approches dès le primaire, en leur décryptant la genèse, en leur faisant connaître des vies de saints mariés, en leur montrant des témoignages de personnes consacrées et de couples chrétiens ; et continuer tout au long de l’adolescence.
Faire une préparation au mariage beaucoup plus longue, sur une année ; pour dissuader les superficiels et diminuer le nombre de mariages nuls ; et pour donner l’occasion d’une vraie catéchèse sur le couple et la famille. Une vocation religieuse se mûrit durant plusieurs années ; il faudrait la même chose pour les fiancés.

Mettre en place des cérémonies d’étapes vers le mariage, sur le modèle des scrutins des catéchumènes. Cela permettrait de prendre en compte en Église les étapes du cheminement du couple, qui souvent vit déjà en concubinage, suivant l’hypothèse de la gradualité évoquée dans le synode ; cela donnerait du sens à la période de préparation et permettrait, au travers de rendez-vous réguliers, un accompagnement au long cours des fiancés. La dernière étape pourrait être, par exemple, la proposition de vivre l’abstinence le mois précédant le mariage pour ceux qui vivent déjà ensemble, afin de mieux « retrouver le sens » profond et spirituel de l’union conjugale.

Question 10 : Que faire pour montrer la grandeur et la beauté du don de l’indissolubilité, de façon à susciter le désir de la vivre et de la construire toujours davantage ? (cf. n° 14).

Mettre en avant des témoignages vécus de pardon après des infidélités et de divorcés non remariés. Expliciter le pourquoi en vulgarisant l’anthropologie chrétienne personnaliste de Jean-Paul II.

Revaloriser le sens de l’engagement ne peut être fait que par les parents, à base de petits gestes quotidiens, de petits efforts, de petites promesses tenues… => mettre en place des « écoles de parents chrétiens » accessibles, par exemple, via des applications smartphone : un conseil éducatif chaque jour ou chaque semaine ?

Pour un groupe, l’indissolubilité ne peut se comprendre que dans une perspective de foi : Dieu est avec nous, il s’est engagé avec nous et va tout faire pour nous soutenir. Il fait alliance avec le couple qui a reçu le sacrement de mariage. Il est bon de faire sentir à chaque couple qu’il repose sur cet élan vital qui fait partie du départ et du fondement de son histoire et qui sera toujours à revisiter et revivifier. Cependant la difficulté c’est de faire sentir aux jeunes qui s’interrogent, ou se préparent au mariage, en quoi cette alliance est une aide vivante et permanente à la construction de leur couple. Pour montrer en quoi cette alliance est une aide, le meilleur est de proposer aux couples de faire des expériences entre eux de paroles fortes échangées en vérité et en profondeur qui leur feront toucher du doigt l’importance de la parole au sens à la fois humain et divin du terme (« au commencement était le Verbe »).

Pardons demandés et reçus qui feront sentir combien ils restaurent la relation et renouvelle l’engagement du sacrement de mariage, combien il est bon de se sentir humble devant l’autre, ce qui est l’antidote à l’orgueil qui habite nos cœurs. Il serait bon que l’Église paroissiale réfléchisse à la mise en œuvre de soirées pour couples où le pardon à l’intérieur du couple serait proposé (ce qui n’est pas le sacrement de pardon).

Prière seul devant Dieu et en couple (par le moyen par exemple du dialogue contemplatif) qui fait réaliser que le Christ est une personne qui les rejoint là où ils en sont, sans les juger et qui les aide à voir plus clair dans leur vie et leur propose une issue quand ils butent sur une impasse.
Relecture de leur vie à la fois personnelle et en couple pour apercevoir dans celle-ci les traces de la présence et de l’action de Dieu. Mais la relecture demande d’être du moins au départ présentée et enseignée.

Les couples réalisent alors quelles sont les petites ou grandes décisions à prendre, à quoi il serait bon de renoncer pour choisir ce qui leur donnera plus de vie entre eux. Faut-il leur proposer un cadre pour que ces prises de conscience qui demandent dialogue, écoute, humilité, peut-être remise en question, se fassent le plus paisiblement possible ?

Ainsi l’indissolubilité se comprend comme un élément essentiel de l’alliance passée avec l’autre et avec Dieu : la bonne nouvelle c’est qu’en même temps qu’est posée cette exigence, Dieu nous offre son soutien permanent pour la vivre si nous le lui demandons (les grâces du sacrement de mariage existent que si nous nous en servons). À ce stade se pose la question des organisations à mettre en place pour proposer tous ces chemins d’expérience. La réalité est que dans l’Église d’aujourd’hui de multiples propositions existent. Les plus focalisés dans ce type d’approche sont celles qui proposent des cessions spéciales pour les couples, soit pendant un week-end, soit pendant plusieurs jours pouvant aller jusqu’à une semaine, afin que les couples disposent du temps nécessaire pour se concentrer vraiment sur eux-mêmes et faire l’expérience d’une véritable progression dans leur relation que seul le temps et un cadre adapté peut révéler. Chaque couple a besoin de prendre soin et même de travailler sa relation s’il veut durer ; c’est une nécessité. Il paraît important que des actions soient entreprises auprès des jeunes en âge scolaire , à partir de 13-14 ans pour les sensibiliser, les faire réfléchir, dans une perspective chrétienne, sur leur vie affective et tous les enjeux qui leur sont attachés à court et long terme ( leur identité d’homme, de femme, l’amitié, le respect de l’autre, l’altérité, une relation de qualité, le bonheur à deux…). L’important serait également quand ils traversent l’épreuve du divorce ou de mésentente de leurs parents, qu’ils puissent en parler et se sentir soutenus par des couples chrétiens.

Pour un groupe, il faudrait montrer que l’indissolubilité est, sauf cas particulier, de violence ou de perversité par exemple, le meilleur moyen d’être heureux dans sa vie, bien avant d’être un impératif moral ou religieux. En mettant bien en évidence l’importance du passage de la passion à l’amour véritable au fur et à mesure du temps. En faisant expliquer par des psychologues la nécessité, pour l’équilibre et le développement des enfants, de vivre dans un foyer uni, pas seulement en apparence, mais en profondeur.

Question 11 : De quelle manière pourrait-on aider à comprendre que la relation avec Dieu permet de vaincre les fragilités qui sont inscrites aussi dans les relations conjugales ? (cf. n° 14). Comment témoigner que la bénédiction de Dieu accompagne tout mariage authentique ? Comment manifester que la grâce du sacrement soutient les époux tout au long du chemin de leur vie ?
La relation avec Dieu n’est pas une “béquille” ni une “garantie” de succès dans le dépassement des difficultés conjugales : elle structure tout, irrigue toute la vie des époux, et en ce sens elle est le premier recours naturel et spontané des époux chrétiens en cas de crise, avant le psy ou le thérapeute pour couple, et aussi le recours le plus fondamental. Mais il est très difficile de le faire sentir à des personnes qui n’ont aucune notion de vie spirituelle, qui n’ont jamais expérimenté la relation à Dieu, et pour qui Dieu n’est qu’un postulat philosophique abstrait. La piste serait dans ce cas plutôt dans le témoignage de couples ayant surmonté des crises grâce à leur foi. Sur le plan psychologique, l’habitude de vivre l’alternance de consolation et de désolation dans la vie spirituelle a été pour une personne une excellente préparation à la vie conjugale (et de manière générale à toute vie relationnelle). Mais pour cela il faut savoir ce qu’est la vie spirituelle ! Or beaucoup de fiancés n’ont aucune relation à Dieu personnelle. Donc inciter les jeunes fiancés à vivre une petite retraite d’« école de prière », et leur expliquer qu’on leur offre ainsi une « boîte à outils » pour nourrir leur vie spirituelle, laquelle irriguera leur couple et les aidera à épanouir les grâces de leur sacrement de mariage. Une retraite, c’est ce qu’on fait avant la 1ère communion ou la profession de foi, ce serait logique d’en faire une avant de se marier.

La bénédiction de Dieu prend des formes multiples : dans le bonheur et le malheur. Aussi est-elle difficile à reconnaître en temps réel dans notre propre vie, souvent on ne la constate qu’a posteriori.?Par ailleurs Dieu bénit toute personne de bonne volonté, quelle que soit l’étape où elle en est dans son cheminement de couple, et même s’il ne s’agit pas d’un “mariage authentique”. Toutefois certaines situations de vie rendent plus difficile pour les personnes d’accueillir cette bénédiction de Dieu, parce qu’elles sont objectivement contraires au plan de Dieu sur l’être humain (ex : concubinage axé sur l’utilisation de l’autre plus que sur le don de soi).
Là encore, le témoignage est peut-être le plus à même de faire ressentir aux fiancés que la plénitude de la bénédiction de Dieu ne peut être profondément accueillie par les époux, sous ses formes de consolation comme de désolation, que dans le cadre d’un mariage “authentique” (mais que signifie ce terme ?)
On pourrait faire intervenir davantage de couples âgés dans les sessions de préparation au mariage, mais aussi leur donner plus de visibilité dans tous les supports de communication dont dispose l’Église.

Un groupe a souligné l’importance de la préparation au mariage, surtout en constatant que l’individualisme prédomine sur la communauté, que le respect de l’autre peut être absent et que la sexualité est quelques fois conçue comme un bien de consommation. Pourrait-on imaginer que des couples mariés témoignent au cours d’une messe ? Il paraît difficile de profiter des grâces du sacrement du mariage si on ne vit pas quotidiennement une vie chrétienne. Promouvoir des possibilités de rencontres à l’Église après le mariage : repas de la Saint-Valentin, Alpha-Couples, équipes Tandem...Profiter aussi du catéchisme des enfants pour proposer à leurs parents une catéchèse pour adultes ; par ex le dimanche, en parallèle du catéchisme des enfants, avec un repas commun après la messe.

Question 12 : Comment pourrait-on faire comprendre que le mariage chrétien correspond à la disposition originelle de Dieu et qu’il constitue donc une expérience de plénitude, et non pas une limite ? (cf. n° 13).
Passer du temps à expliciter la Genèse et en partant des textes développer les bases de l’anthropologie chrétienne pour montrer que le mariage chrétien est le seul qui soit pleinement en phase avec ce qu’est profondément la nature humaine. S’appuyer davantage sur la théologie du corps de Jean Paul II (cf. “Amour et Responsabilité”) qui analyse de manière fulgurante et éblouissante les risques d’une relation de couple biaisée (utilitarisme...) et met en lumière a contrario le splendide équilibre de la doctrine chrétienne du mariage (alliance gratuite des personnes jusque dans leur corps, et non pas contrat renégociable basé sur l’espoir de bénéfices affectifs et sexuels mutuels).

Proposer le message de l’Église sur le couple et la famille, non avec une vision de « permis défendu » moralisatrice mais comme des « conseils pour faire les choix les plus productifs afin de vivre heureux en couple et en famille ». Il faut à toutes forces contrer l’approche autoritariste, qui a été celle de toute la société (y compris l’Église) du 19e à 1968, et à laquelle toute la société est désormais allergique ; sachant que l’Église reste engluée dans une image d’autoritarisme parce qu’elle est dans son essence hiérarchique et théocratique, non démocratique. Que ce point soit systématiquement rappelé à chaque intervention sur le couple.

Question 13 : Comment concevoir la famille comme « Église domestique » (cf. LG 11), sujet et objet de l’action évangélisatrice au service du Royaume de Dieu ?

Concevoir et répandre au niveau de l’Église universelle une liturgie domestique de prière du soir, variée, adaptable à la présence d’enfants de divers âges, qu’on pourrait se procurer en lien avec le temps liturgique dans des supports tels que Magnificat. Le rôle de chaque parent et des enfants y serait clairement identifié pour marquer la différence de vocation des sexes (le père ayant une autorité de « célébrant », la mère allumant les bougies par analogie avec le rituel du Shabbat, par exemple…).
Suggérer aux familles chrétiennes qui le souhaitent de proposer à leurs voisins proches (et même non croyants) des temps de prière réguliers (une fois par mois ?), en laissant une invitation dans les boites à lettres. Temps de prière qui seraient structurés simplement sur l’office par exemple. Suffisamment léger, cadré et court pour être gérable et durable.

Pour un groupe, Famille, partage à table le soir, relecture de vie. Famille, lieu d’éducation mutuelle. On y vit l’amour, le respect, le pardon. Certains ressentent « de la perte en ligne » dans la transmission de la foi en famille, un certain éloignement entre vie familiale et vie chrétienne ; d’autres ont le sentiment de vivre en famille les trois « pôles » de l’Église, lieu d’annonce du Christ et de partage de sa parole, lieu de prière avec sa propre liturgie, lieu pour apprendre les sacrements en particulier le pardon. Certains soulignent l’église domestique vécue par les grands parents avec les petits enfants. « Église » donc lieu où le Christ est présent ; nous pensons au témoignage de cette présence que nous voyons aussi dans les familles connues de nous, non chrétiennes.

Question 14 : Comment promouvoir la conscience de l’engagement missionnaire de la famille ?

Rendre plus explicite dans les préparations au mariage l’appel des familles à s’investir dans l’Église et la société. Proposer des actions caritatives à faire en famille, parents et enfants ensemble : collecte de banque alimentaire, petit déjeuner aux SDF, visites à des personnes âgées…
De telles actions caritatives ne sont pas faciles à exercer en famille, enfants et parents ensemble, car elles sont souvent accessibles dans le cadre d’un engagement hebdomadaire, trop lourd. Et pourtant ce sont des moments forts et constructifs, où les parents témoignent concrètement à leurs enfants ce qu’est la charité. Que les organismes caritatifs catholiques en aient conscience et fassent plus explicitement appel aux familles en tant que telles de manière adaptée à leurs possibilités concrètes (ex : en permettant un engagement bimestriel ou trimestriel et non hebdomadaire, trop lourd et donc dissuasif).
Remettre à l’honneur le principe de la « place du pauvre » à la table familiale, au moins en période de Noël, pour les personnes isolées.

Question 15 : La famille chrétienne vit sous le regard aimant du Seigneur et c’est dans le rapport avec Lui qu’elle grandit comme véritable communauté de vie et d’amour. Comment développer la spiritualité de la famille et comment aider les familles à être un lieu de vie nouvelle dans le Christ ? (cf. n° 21).

Comment expliquer qu’au sein même d’une fratrie, certains enfants ont ou n’ont pas la foi ? Ce sont les éléments constitutifs de la personnalité qui placent l’enfant devant son chemin de liberté en fonction de son histoire de vie, sa sensibilité et sa maturité affective. Le rôle des parents est primordial dans l’éveil à la foi et pas seulement au travers d’une pratique plus ou moins régulière mais dans une foi vraie qui s’inscrit comme élément essentiel de leur cheminement de vie : engagement d’Église ou engagement de partage vers le monde (dans un amour ouvert sur le monde).
C’est aux parents de trouver la ressource dans la prière et leur chemin spirituel pour exprimer à leurs enfants l’émerveillement quotidien de vivre dans l’amour du Christ ou du moins de le rechercher... Dans les jours difficiles, leur rappeler qu’il faut se remémorer les sources de l’amour afin de construire dans la durée : qu’est ce qui fait que j’ai aimé celui que j’ai choisi pour mari (celle que j’ai choisie pour femme).
L’Évangile doit se vivre tous les jours par la pratique de la prière. Trop de gens sont sans doute perdus de ne pas savoir s’adresser à Dieu et de ne pas comprendre que Dieu leur parle. Les parents doivent apprendre aux enfants comment avancer avec confiance et espérance et s’adapter en fonction de ce que Dieu nous enverra. La foi n’est jamais acquise. Elle est une lente ascension vers un sommet. Il faut revenir sur des métaphores et des paraboles qui parleront aux enfants / adolescents (comme le Christ utilisait lui-même des paraboles).
Pour que la foi se répande largement dans les familles, il faut s’adresser avec des mots simples. Moins d’intellectualité et plus de simplicité pour permettre aux jeunes de se mettre debout et de commencer à cheminer.

Question 16 : Comment développer et promouvoir des initiatives de catéchèse qui fassent connaître et qui aident à vivre l’enseignement de l’Église sur la famille, en favorisant le dépassement de la distance éventuelle entre ce qui est vécu et ce qui est professé, et en proposant des chemins de conversion ?

Il existe déjà beaucoup de propositions de retraites, sessions… destinées aux familles. Le problème est qu’elles ne touchent et n’intéressent que les plus convaincus. L’Église a une carte importante à jouer en faisant du « buzz » sur sa vision de la sexualité, de manière complètement décomplexée. La sexualité est un « produit d’appel » qui attire les journalistes et intrigue le commun des mortels.

Le travail sur la guérison post IVG est essentiel, car l’Église est vécue comme moralisatrice sur le sujet (y compris et surtout par les femmes catholiques qui ont eu recours à l’ivg), or cela concerne près d’une femme sur trois en âge de procréer… Promouvoir officiellement les sessions Stabat, la vigne de Rachel, Mère de miséricorde et Agapa : montrer que l’Église est maternelle et consolatrice sur le sujet. Ce serait un véritable chemin de conversion pour les femmes concernées qui, à partir d’une guérison psycho-spirituelle, peuvent entamer une conversion plus profonde.
Former les prêtres sur l’accueil post ivg. En effet certains ont une réponse théorique déconnectée des drames vécus par ces femmes ; d’autres sont tellement dans l’empathie qu’ils cautionnent l’ivg…

Dans les paroisses, de manière régulière, des ateliers, conférences, groupes de parole, soutiens thérapeutiques ou parcours « survivre au divorce » pour là encore démystifier et dédramatiser le discours de l’Église sur le sujet : pour que les personnes divorcées ou en cours de divorce trouvent un espace de parole et un soutien psychologique et spirituel, là où elles en sont. La pastorale sur ces sujets est fondamentale : montrer que l’Église n’est pas sur le mode de sanction que l’on croit. Et à partir de là, convertir le regard. Groupes de parole à faire encadrer par un psychologue qui pourrait se financer par une libre participation aux frais.
Dans les paroisses ou les diocèses, de manière régulière, des ateliers, groupes de parole plus ponctuels « spécial familles recomposées ou monoparentales », ne jugeant pas, mais donnant des clés pour se positionner vis-à-vis des enfants du conjoint et/ou des ex époux... Et, à partir de l’aspect pratique, ouvrir vers la perspective chrétienne de la famille, toujours sans juger les parcours, mais en montrant que Jésus appelle « à plus grand ».
Dans l’optique de la gradualité, un cheminement vers le mariage avec des « scrutins » intermédiaires, donnant le temps de « creuser » la vision chrétienne de la famille et du couple, mais aussi d’inscrire ce cheminement des fiancés dans la vie de la communauté paroissiale et les familiariser avec les célébrations liturgiques.

Question 17 : Quelles sont les initiatives qui pourraient aider à comprendre la valeur du mariage indissoluble et fécond comme voie de pleine réalisation personnelle ? (cf. n° 21).
La question de l’indissolubilité se pose pour toute personne divorcée (et pas seulement divorcée remariée) et la période de solitude et de reconstruction personnelle après le divorce a permis un cheminement de réflexion et de réconciliation y compris sacramentelle sur cette question. Ce temps a permis également d’expérimenter et de continuer à vivre certains aspects de l’indissolubilité de la première union notamment dans l’éducation des enfants, l’entraide juste à l’ex conjoint pouvant aller pour certains à une présence et prise en charge dans les épreuves et la maladie.

Nombre d’équipiers Reliance qui ont bien sûr connu cette période de solitude l’ont vécu comme une période mortifère jusqu’au moment où ils ont pu croire de nouveau à l’amour, à la confiance redonnée et à une relation interpersonnelle qui fait grandir. Ils sont très sensibles à l’analyse de Mgr Vesco qui met bien en évidence que les personnes remariées après un divorce sont engagées dans une nouvelle indissolubilité de fait (communauté de vie et d’amour et bien des conjoints). Il est difficile aux équipiers Reliance de comprendre que l’on évoque une nouvelle fois une transgression de l’indissolubilité, alors qu’elle a fait l’objet d’un chemin de discernement et de réconciliation, que l’indissolubilité du premier lien est vécue dans la limite du possible (en particulier dans la pacification des relations avec l’ex conjoint tendant vers le pardon) et que l’engagement dans la durée est au cœur de la nouvelle union. Par contre les Équipes Reliance reconnaissent que l’engagement de fonder une nouvelle union porte atteinte à l’unicité du mariage.
C’est donc dans la valorisation de l’engagement dans la durée à construire une communauté de vie et d’amour après un premier échec, qu’une solution paraît à rechercher, plutôt que dans le maintien d’un lien total qui devient une fiction juridique ou une recherche à tout prix de la nullité du consentement initial qui est un déni de la relation conjugale interpersonnelle effectivement vécue (en particulier si des enfants en sont nés) et qui n’encourage pas à vivre ce qui est possible des conséquences du lien initial indissoluble.
Proposer peut-être dans les paroisses d’entendre le témoignage de couples chrétiens qui ont été confrontés à de grandes difficultés et qui se sont appuyés sur Dieu pour les surmonter. Face aux problèmes de couple, il y a d’autres réponses à apporter que la rupture. Un couple qui pourrait montrer qu’il n’y a pas de « méthode » infaillible pour durer, pour surmonter à coup sûr les difficultés.
Un couple qui mette en valeur que l’ennemi numéro un du couple c’est l’oubli de Dieu, bien plus que les soucis, les épreuves, la routine. Par la grâce de Dieu donné par le sacrement du mariage, l’amour des époux est sanctifié et renouvelé sans cesse : les époux deviennent capables de se pardonner mutuellement ; la source de leur amour est ainsi puisée dans le cœur de Dieu et de sa miséricorde. Face aux impasses, aux difficultés, c’est en tournant leurs cœurs vers Dieu, en lui demandant son aide que les époux pourront surmonter les épreuves : c’est en accueillant la grâce de Dieu qui se donne. Les difficultés rencontrées par le couple chrétien deviennent ainsi chemin de sainteté, chemin vers Dieu.

Question 18 : Comment proposer la famille comme lieu unique, sous de nombreux aspects, pour réaliser la joie des êtres humains ?
Nous avons tous forcément une famille : un père, une mère et à ce titre la famille est le lieu unique où grandit tout être humain "Il n’est pas bon que l’homme soit seul" dit la Genèse.?La famille est le lieu par excellence de l’apprentissage du don, et le don est source de joie. la famille est le lieu où entouré de l’amour de ses proches, l’enfant peut grandir, d’où l’importance de tout faire pour préserver cette unité familiale. Montrer, témoigner, dire que la famille et le couple sont sources de joie et de plénitude dans la durée. Dans le discours sur la famille, contrer l’approche « permis/défendu » et adopter l’approche « productif/contre-productif pour le bonheur ».
Question 19 Le Concile Vatican II a exprimé son appréciation pour le mariage naturel, renouvelant ainsi une antique tradition ecclésiale. Dans quelle mesure les pastorales diocésaines savent aussi mettre en valeur cette sagesse des peuples, fondamentale pour la culture et la société communes ? (cf. n° 22).

Le numéro 22 du Relatio Synodi pourrait être l’occasion de préciser que l’Église porte sur le « mariage naturel » une appréciation positive (« semences du Verbe ») sans pour autant aller jusqu’à lui attribuer un caractère indissoluble que le couple lui-même ne lui accordait pas forcément (il n’y a pas eu d’engagement librement consenti à une union indissoluble).
Une personne pense que soutenir le mariage civil est une erreur stratégique, surtout à l’heure du mariage pour tous… Le mariage civil autrefois avait les mêmes caractères que le mariage chrétien ; maintenant il n’est plus qu’un contrat aisément résiliable au gré du ressenti d’une des parties, et dont on n’est pas tenu de respecter les dispositions (cf. les sites de rencontres extra conjugales). Il faut faire sentir aux gens que le seul « vrai » mariage est le mariage chrétien ; que le mariage civil n’a plus aucune autre valeur que vis-à-vis de l’inspecteur des impôts et du notaire. Proposer un signe distinctif pour le mariage chrétien : par ex, que les alliances en cas de mariage sacramentel à l’église soient gravées d’une petite croix, visible à l’extérieur ou cachée à l’intérieur (comme on marque les murs d’une église consacrée…). Il y aura ainsi une conscience plus aiguë de la spécificité radicale du mariage chrétien.

Question 20 : Comment aider à comprendre que personne n’est exclu de la miséricorde de Dieu et comment exprimer cette vérité dans l’action pastorale de l’Église envers les familles, en particulier celles qui sont blessées et fragiles ? (cf. n° 28).

Réactiver la formation des accueillants. Oser s’appuyer sur un groupe – prier ensemble. Savoir faire une relecture des actions posées : groupe des femmes chefs de famille, groupe des nouveaux couples ; partager à l’ensemble de la paroisse ce qui est fait et en donner le sens, faire un témoignage porteur pour la communauté.
Accueil des personnes blessées : freins : difficultés à accepter ceux qui ne sont pas dans « le droit chemin », crispations devant certaines personnes : homosexuels, divorcés, … Accueillir aussi ceux qui prendraient leur distance par rapport à eux. Accueillir : s’ouvrir à l’amour de Dieu pour accueillir tout homme avec un cœur miséricordieux.

Pour une personne, les divorcés remariés se sentent exclus. Il faut rétablir dans la conscience de tous les chrétiens la conscience que l’accès à la communion n’est ni un dû, ni un droit, mais une grâce et un appel ; et de rappeler à temps et à contretemps que, certes, les divorcés remariés ne peuvent communier ; mais que c’est aussi le cas de ceux qui ne se sont pas confessés depuis vingt ans ; de ceux qui ne vont jamais à la messe ; et même… de ceux qui vivent en concubinage.
On gagnerait donc à rappeler clairement et régulièrement les dispositions à avoir pour communier… jusqu’à parler du jeune préalable d’une heure, de l’attitude extérieure, etc.

Ce faisant, les divorcés remariés ne seraient plus les seuls à se sentir exclus, et comprendraient mieux les raisons profondes de cette disposition qui, à l’heure actuelle, peut être ressentie comme scandaleuse. Il y a en effet une cohérence forte entre le mariage et l’eucharistie (dimension de l’incarnation) : il faut faire « toucher » la dimension également sacrée des deux.

Permettre l’accès à la communion des personnes divorcées remariées civilement : si elles ont été abandonnées par leur premier conjoint, si elles vivent une vie maritale digne et stable depuis plusieurs années, si elles ont tenté de faire reconnaitre nul le premier mariage sans succès, après un parcours pénitentiel de quelques années suivi par un accompagnateur religieux ou laïc « certifié » par l’officialité ou le diocèse, mais sans célébrer de nouveau mariage sacramentel ni même de bénédiction, pour éviter de brouiller le message sur l’indissolubilité.

Cette question nous renvoie aux paraboles où Jésus accueille : c’est cette attitude d’accueil inconditionnel que nous devons avoir individuellement et en Église. Peut-être pouvons-nous créer des groupes en fonction des situations personnelles mais il ne faut pas multiplier les structures, qui, outre une question de moyens, risqueraient de mettre les personnes dans des cases. Être vigilants à ne pas rester entre "bien-pensants" qui se retrouvent parce qu’ils ont les mêmes idées, mais bien faire l’effort d’aller au-devant de ceux qui sentent exclus, pas dignes (les « périphéries » du Pape François) : certaines personnes ne connaissant pas bien l’Église s’en excluent elles-mêmes.

Pour un groupe, cette question est pour l’ensemble du groupe une évidence : elle est la base de notre foi en un Dieu miséricordieux, un Dieu d’amour et de pardon. C’est notre foi mise en témoignage qui pourra soit nous aider, soit aider cet autre, qui même lui, n’est pas exclu de la miséricorde de Dieu quelque soit ses fautes. En pastorale en France beaucoup de catholiques et la plupart des prêtres ont une approche miséricordieuse. Tout en connaissant la situation matrimoniale de cette personne, très souvent les prêtres lui donnent les sacrements. Le droit canonique devrait être modifié et devrait avaliser la pastorale pour sortir de l’hypocrisie de l’écart entre le droit et la pastorale.

Une équipe souligne une incompréhension : pourquoi refuser l’accès au sacrement de la réconciliation à une personne divorcée remariée ? Justement, n’est-ce pas LE sacrement dont cette personne a le plus besoin ? Pourquoi l’assassin a-t-il « le droit » de se confesser et pas la personne qui divorce ? Cela ne nous parait pas compréhensible. Et donc impossible à dire… (personne n’est exclu de la miséricorde de Dieu … !)

Pourtant nous comprenons aussi que l’on ne peut pas faire comme si rien ne s’était passé. De ce point de vue, aller vers la facilitation de l’annulation du mariage est une solution pas ressentie comme juste dans certaines situations, par exemple vis-à-vis des enfants nés de cette première union : annuler, ce serait comme tout effacer, pas normal. Et de même pour la communion eucharistique ; nous évoquons le cas de ces personnes qui ont découvert à l’occasion des émissions sur le synode qu’en tant que divorcés remariés, ils ne pouvaient pas communier alors qu’ils le faisaient très naturellement jusque-là…Besoin de mieux comprendre le lien entre le mariage et tous les autres sacrements : pourquoi rupture du mariage fait exclure de tous les autres ? pas compris, du coup les personnes concernées pratiquent quand même, par exemple la communion.

Besoin aussi de clarifier/mieux comprendre position de l’Église face à des situations complexes, de mariages civils ou vie de couple antérieurs aux demandes de mariage religieux… besoin d’être cohérents et compréhensibles ! Creuser la voie d’un chemin de réconciliation/pardon, retour, pour les personnes dans cette situation. Encourager aussi tout ce qui aide à vivre pleinement le sacrement de mariage, initiatives comme « alpha couple » ou mouvements comme équipes Notre-Dame… Dans la pastorale, penser à proposer des moments dans lesquels les femmes ou hommes seuls en charge de famille ne se sentiraient pas exclus, moments pour femmes (cf. le pèlerinage des femmes au Plessis) ou pour hommes, pas seulement pastorale « pour les familles ».

Question 21 : Comment les fidèles peuvent-ils montrer à l’égard des personnes qui ne sont pas encore parvenues à la pleine compréhension du don d’amour du Christ, une attitude d’accueil et d’accompagnement confiant, sans jamais renoncer à l’annonce des exigences de l’Évangile ? (cf. n° 24)
En nous présentant nous-mêmes comme ayant besoin de la miséricorde de Dieu, en montrant nos fragilités, ce qui demande beaucoup d’humilité, et en vivant nous-mêmes des exigences de l’Évangile. En se convertissant et en se souvenant de la paille, de la poutre, du pharisien et du publicain…

L’exemple du curé de paroisse peut être fondateur de quelque chose. Par exemple, il peut tout à fait appeler des fidèles notoirement divorcés remariés à faire une lecture à la messe, en expliquant au préalable pourquoi il fait ce choix en connaissance de cause, ou en appeler à s’investir dans des groupes paroissiaux, du moment que les choses sont claires et que les personnes concernées s’abstiennent de communier (dans l’état actuel des règles pastorales en la matière).

Question 22 : Qu’est-il possible de faire pour que dans les diverses formes d’union – où l’on peut trouver des valeurs humaines – l’homme et la femme ressentent le respect, la confiance et l’encouragement à grandir dans le bien de la part de l’Église et soient aidées à atteindre la plénitude du mariage chrétien ? (cf. n° 25)

Les couples mariés doivent témoigner, être ouverts, par exemple en accueillant les amis de leurs enfants, surtout quand ils sont adolescents. Généraliser une préparation au mariage à deux vitesses : une pour les cathos très pratiquants et voulant la dimension spirituelle avant tout ; une pour les cathos plus de surface ne connaissant pas bien les tenants et aboutissants du sacrement, et vivant maritalement. Il faut aussi lutter contre une vision « romantique » du mariage chrétien selon laquelle, grâce au pouvoir des alliances et des paroles magiques du prêtre, on s’aimerait sans aucune crise. Montrer à travers tous les vecteurs de communication et de catéchèse de l’Église que l’amour sponsal n’est pas facile mais est un chemin de croissance, de combats et d’offrande de soi.

IIIème Partie : La discussion : perspectives pastorales

Question 23 : Dans la formation des prêtres et des autres agents pastoraux, comment la dimension familiale est-elle cultivée ? Les familles sont-elles directement impliquées dans cette formation ?

La question est étonnamment posée car les prêtres sont issus de familles et bénéficient, sauf cas particulier, d’un apprentissage issu de leur milieu personnel. La formation reçue par les prêtres est perçue comme peu concrète alors que nous évoluons dans un monde multiforme où notre entourage, comme nos enfants, aspire à des réponses exactes et pratiques. Les futurs prêtres doivent être dotés de pragmatisme et disposés d’une formation intellectuelle riche et adaptée. Les prêtres font désormais office de conseillers conjugaux et connaissent mieux le quotidien des familles. Pour parfaire cette « formation-terrain » des invitations fréquentes au domicile des paroissiens sont préconisées afin qu’ils mesurent et partagent les joies et les difficultés des familles, de la naissance jusqu’au décès. L’appréhension de la problématique familiale par les prêtres est perçue comme se faisant également par le biais des mouvements comme les Équipes Notre Dame ou les équipes dévolues à la préparation aux baptêmes. Enfin, les prêtres, par leur concours dans les hôpitaux, maisons de retraite, associations humanitaires, accèdent à des familles fragilisées, parfois éloignées de l’Église.

Question 24 : Est-on conscient que l’évolution rapide de notre société exige une attention constante au langage dans la communication pastorale ? Comment témoigner efficacement de la priorité de la grâce, de sorte que la vie familiale soit projetée et vécue comme accueil de l’Esprit Saint ?

Le langage de l’Église n’est pas toujours compris par certains chrétiens lesquels soulignent la nécessité d’utiliser davantage de mots du quotidien courant afin que la difficulté de forme ne soit plus un obstacle à la compréhension du fond. Les termes de « grâce », voire de « famille chrétienne », ont été cités en exemple comme des expressions difficiles à appréhender, voire dont la nature ayant suffisamment évolué dans notre société au cours des siècles qu’ils deviennent difficiles à définir.

Il y a d’énormes efforts de communication à faire sur les points les plus simples et basiques. Autrefois les gens avaient de bonnes connaissances, maintenant il faut partir du principe que le chrétien pratiquant connait à peine la différence entre la Pentecôte et l’Ascension. Donc il faut rappeler sans cesse les bases, faire de la catéchèse à temps et à contretemps, ne pas se contenter de paraphraser l’Évangile et de faire des opérations bol de riz et des tableaux en couleur avec des étoiles au catéchisme. Il y a un déficit abyssal de connaissances doctrinales, et on ne peut aimer ce qu’on ne connaît pas.

En même temps, Jésus n’avait pas de dico… Halte à la langue de buis et à la surenchère de supports de communication coûteux pour propager du bon sentiment lénifiant. Il faut mieux communiquer, pas multiplier les supports. Le langage propre de l’Église, c’est la liturgie. Or plus personne n’y comprend rien. Retrouvons le sens de la liturgie en expliquant et décodant ses symboles. Soigner la liturgie, retrouver le goût des beaux ornements et des gestes lents. Que les prêtres intériorisent leurs messes.

Question 25 : Dans l’annonce de l’Évangile de la famille, comment peut-on créer les conditions permettant à chaque famille d’être telle que Dieu la veut et d’être socialement reconnue dans sa dignité et dans sa mission ?

Une personne souhaite que les évêques montent au créneau sur l’interdiction du travail dominical, sur la nécessité d’horaires décents pour les cadres, sur le salaire du parent au foyer pour permettre à ceux et celles qui le veulent d’élever leurs enfants sans travailler. Car il faut tout faire pour rendre à ceux qui le souhaitent, et notamment aux femmes de jeunes enfants, la possibilité financière de s’arrêter de travailler.
L’éducation par les parents dans la petite enfance est irremplaçable pour la transmission, à commencer par la transmission de la foi et du patrimoine moral et historique de la famille. Que l’Église s’exprime avec plus de véhémence sur la diminution des allocations familiales, et le raccourcissement récent du congé parental, passé dans l’indifférence générale, ce qui suppose de scolariser les petits dès 2 ans dans de nombreux cas en raison de l’absence de crèche ; c’est une disposition scandaleuse et un énorme recul sur la politique familiale sans doute destiné à arracher les enfants à leurs déterminismes familiaux.
L’Église doit faire entendre sa voix. Un phénomène grave entache nombre d’écoles catholiques : la transformation en boites à bac. Il est profondément choquant, lorsqu’on fait le choix d’une école privée malgré des moyens limités de voir son enfant viré de l’école au motif qu’il n’a pas le niveau.
La première exigence d’une école qui se veut catholique, c’est de ne pas être élitiste mais de faire grandir d’abord spirituellement, moralement et affectivement, ensuite intellectuellement, tous les enfants qui lui sont confiés.

Question 26 : La collaboration, au service de la famille, avec les institutions sociales et politiques est-elle considérée dans toute son importance ? Comment est-elle concrètement mise en œuvre ? De quels critères s’inspire-t-on pour cela ? Quel rôle peuvent jouer en ce sens les associations familiales ? Comment cette collaboration peut-elle être également soutenue par une franche dénonciation des processus culturels, économiques et politiques qui minent la réalité familiale ?

Le mariage civil a toute sa place dans la société. Celui-ci est un contrat qui implique des droits et des devoirs même après le divorce. Les Associations Familiales Catholiques ont un rôle primordial dans la reconnaissance de nos convictions familiales dans le monde politique du fait de leur représentation au sein de l’UNAF (Union Nationale des Associations Familiales). Elles collaborent régulièrement avec les institutions sociales et politiques et sont des partenaires respectés. Pour améliorer le dialogue avec les pouvoirs publics, les personnes de ces associations doivent être mieux formées pour que leur concours à défendre l’institution familiale soit écouté, partagé et rendu plus efficace. Pour bénéficier d’une meilleure écoute de la part des institutions sociales et politiques, il est suggéré un rapprochement avec les autres associations chrétiennes.

Un groupe est convaincu qu’il faut redonner un certain prestige aux célébrations de mariage à la Mairie. Beaucoup de couples, sans réelles convictions religieuses, se tournent vers l’Église parce que la célébration est plus belle. Inviter les chrétiens à participer et peut-être à s’engager pour que les mariages à la mairie soient plus festifs et plus représentatifs de l’attente des couples.

Question 28 : Comment les itinéraires de préparation au mariage sont-ils proposés de façon à mettre en évidence la vocation et la mission de la famille selon la foi au Christ ? Sont-ils effectués comme proposition d’une expérience ecclésiale authentique ? Comment les rénover et les améliorer ?

Il semble important de promouvoir une image heureuse du mariage et ne pas focaliser les débats sur les taux d’échecs ou les crises. Pour que le mariage reste une belle aventure humaine et spirituelle, certains réclament que les futurs mariés aient des bases théologiques plus solides en travaillant ou méditant les enseignements de Jean-Paul II sur la théologie du corps.
Dans ce contexte de préparation, il est rappelé que les préparations au mariage sont essentielles mais leur concept ne doit pas s’arrêter à l’issue de la célébration. Un suivi après le mariage serait nécessaire lequel pourrait faire appel à des psychologues catholiques ! Un parrainage par un couple de la paroisse solide et expérimenté pourrait être proposé.

D’autres recommandations ont été formulées : modifier le nom du parcours CPM en rajoutant « chrétien » : « Centre de préparation au mariage chrétien ». Insister sur le vocabulaire et le choix des mots. Parler de chemin, d’engagement, de fidélité, d’accueil, d’amour, de liberté de don, de bien, de volonté d’aimer … Compléter le dîner des jeunes couples par une messe. Célébrer en public les messes des anniversaires de mariage 10 ans, 20 ans, 30 ans… Promouvoir dans les paroisses les parcours Alpha couples, les Équipes Notre-Dame etc….. Favoriser la proximité en allant rencontrer les familles à leur domicile ou en les accueillant. Créer du lien amical afin d’anticiper et partager les difficultés lorsqu’elles surviennent.
Susciter des cellules de fraternité où les couples peuvent échanger sur des sujets de leur choix. Il ne faut pas oublier les événements familiaux festifs qui cadencent les vies de couples et qui rappellent à tous les liens solides créés par le mariage. Les grands-parents ont des témoignages précieux et vrais à partager sur la vie de couple. Il faut encourager ces relations trans-générationnelles.

La préparation au mariage pourrait prendre la forme d’un parcours plus approfondi et plus étalé dans le temps pour aider les couples à cheminer vers Dieu (une dizaine de séances + un week-end ou une journée de retraite » ?) La préparation pourrait être plus ancrée en Dieu, mettre davantage en valeur la spécificité du mariage catholique (le mariage comme chemin de sanctification des époux, la grâce sanctifiante du sacrement...) : ne pas craindre de parler de Dieu (son projet d’amour pour chacun d’entre nous, les chemins qu’Il nous invite à prendre, présenter les piliers du mariage chrétien mais en les axant davantage sur le Christ), de la grâce donnée lors du sacrement de mariage, le fait que Dieu s’engage avec le couple lors du sacrement (ce qui est très important pour durer et surmonter les difficultés).
Un groupe propose que les itinéraires de préparation au mariage soient utilement complétés par une proposition d’étude psychologique des caractères des fiancés, qui permettent aux futurs époux de mieux comprendre leurs les qualités et leurs défauts, les pôles d’intérêt de chacun, et leurs attentes mutuelles, de façon à bien anticiper les difficultés à venir.

Question 30 : Tant dans la préparation que dans l’accompagnement des premières années de vie conjugale, l’importante contribution du témoignage et du soutien que peuvent apporter les familles, les associations et les mouvements familiaux est-elle assez mise en relief ? Quelles expériences positives peut-on mentionner en ce domaine ?
Un groupe parle de personnes mariées mais aussi ceux qui vivent en concubinage ou ont déjà des enfants et une vie commune. Qu’est-ce qui leur manque dans l’Église pour s’y reconnaître = c’est la grande question ! S’ils se sont mariés de quoi ont-ils besoin après ? de lien, de se reconnaître, d’être accueilli, de se sentir en confiance, de trouver un lieu d’écoute, d’être en contacts avec des pairs et des ainés. On est revenu sur les soirées de préparation au mariage, il est apparu positif l’initiative d’une messe des fiancés sur la paroisse qui rassemble tous les fiancés de l’année, l’occasion d’accueillir ces fiancés et de leur faire sentir et expérimenter que la communauté paroissiale les accueille et prie pour eux, afin qu’ils prennent place au sein de cette communauté. Première impression toujours importante, qui marque la mémoire, on se souvient effectivement très bien de cet accueil, un premier souvenir marquant, la première année est essentielle.

Question 31 : La pastorale de l’accompagnement des couples durant les premières années de vie familiale – a-t-on fait observer pendant le débat synodal – a besoin d’un nouveau développement. Quelles initiatives plus significatives ont-elles déjà été réalisées ? Quels aspects faut-il renforcer au niveau paroissial, au niveau diocésain ou dans le cadre des associations et des mouvements ?

Dans un premier temps, l’existence d’accompagnement des couples et des familles par l’Église ne semble pas évidente. En y réfléchissant, on évoque cependant plusieurs mouvements : Cana, Alpha couples, Équipes Notre-Dame, le CLER, Vivre et Lumière. On dira également que des mouvements tels que ACO et ACI offrent la Révision de vie en équipe qui peut être un soutien.

On souligne l’importance des témoignages de vie plutôt que l’intervention de spécialistes. Un participant à la discussion signale que chez les évangéliques existe un accompagnement, une sorte de parrainage des jeunes couples par des couples légèrement plus anciens. De même ils organisent des rassemblements autour d’un repas, pour la saint Valentin par exemple, pour permettre aux couples d’échanger.

On pense aussi que l’accompagnement ne devrait pas être pensé que pour les jeunes couples, mais étendu au long de la vie. Après tout, dans la vie professionnelle il y a la formation continue, pourquoi pas l’équivalent pour les couples avec une session tous les 5 ans par exemple ? La publicité par affiche ne marche pas : il faut un contact personnel avec les intéressés.

Par ailleurs il est estimé que les laïcs devraient se renseigner d’eux-mêmes sur ce qui existe, pour eux et pour informer les autres. On distingue plusieurs périodes avec deux principaux passages dans une vie de couple : passage du couple à la famille avec l’arrivée des enfants ; passage du départ des enfants. On évoque alors un besoin d’accompagnement non seulement des jeunes couples, mais aussi de la vie de parents quand les enfants arrivent.

Les 1ères années, on peut passer à côté de choses. Aujourd’hui, chez les jeunes, les deux travaillent. Cela n’induit-il pas un certain rapport de force sur qui fait quoi et l’égalité dans les tâches ? Alors qu’aujourd’hui on semble aller vers la suppression de la différence homme-femme, on évoque un besoin de montrer la différence entre l’homme et la femme avec certaines tâches dévolues spécifiquement à l’un et d’autres, différentes, à l’autre. On se demande quelle réflexion « théologique » existe sur la vie de couple ? Et comment permettre aux couples d’approfondir la réalité spirituelle du mariage au fil des ans ? Ceci étant dit, on souligne la très grande importance de la préparation au mariage.

Les anciens, avec leur expérience de parents, ont pu observer plusieurs cas de figure avec le mariage de leurs enfants : le divorce prévisible dès le mariage et qui arrive ; le divorce imprévisible au départ ; un mariage qui tient alors que l’on n’y croyait pas au départ. L’accompagnement des enfants par les parents est mentionné comme important. On évoque aussi l’expérience vécue : enthousiasme pendant environ 5 ans, puis une maturité qui n’est pas incompatible avec l’enthousiasme des premières années. On mentionne aussi que de plus en plus de couples divorcés-remariés, qui se sentent rejetés au sein de l’Église catholique, vont chercher un accompagnement chez les protestants.

Un groupe a toujours appelé de ses vœux ce « service après-vente » du mariage où les jeunes époux sont soutenus dans les équipes de jeunes foyers puis sont incités à rejoindre les équipes Notre-Dame ou d’autres associations publiques de fidèles pour suivre le christ de plus près (Chemin Neuf, communauté de vie chrétienne, etc.) ou à vivre en couple un engagement en église (Centre de préparation au mariage, préparation au baptême, etc.). Beaucoup trop de couples chrétiens ignorent qu’ils peuvent se faire aider par des conseillers conjugaux lorsqu’ils rencontrent des difficultés. Les paroisses devraient mieux faire connaître toutes ces aides précieuses. Des messes spécialement dédiées aux anniversaires de mariages pourraient aussi permettre aux jeunes parents concernés de se rencontrer et d’affermir leur foi ensemble.

Par ailleurs, du fait de la mobilité professionnelle, des jeunes coupent vite les liens avec les paroisses ou avec les groupes qui les ont accompagnés au mariage ou arrivent dans des paroisses inconnues. La qualité de l’accueil paroissial est primordiale. De même le lien dans la durée avec le prêtre qui a célébré le mariage est important (contacts directs, internet, « service après-vente »).

La question du suivi des jeunes couples s’avère importante car beaucoup de jeunes fiancés considèrent le mariage comme la fin d’un parcours de préparation, pour leur faire envisager qu’il ne s’agit que d’un début, il serait bon de réfléchir à se revoir entre mariés de l’année, reconstituer les groupes de préparation pour un temps informel, comme une sorte de point d’étape. Un prêtre proposait aux couples qu’il avait mariés dans l’année un week-end de récollection, « service après-vente » du mariage pour leur permettre de faire le point et d’entretenir ou de renouer le lien avec la communauté.

Le lien principal est la participation à la vie de la paroisse, assemblées dominicales… mais bien souvent les jeunes ne reviennent pas, on les perd de vue. Maintenir donc un lien avec des jeunes couples « référents » qui vivent eux aussi la construction et les premières années de vie conjugale, comme pour s’entraider et multiplier les échanges. Par capillarité, ces jeunes couples « missionnaires » participeraient à un tissu paroissial vers d’autres qui ne fréquentent plus l’église. Tous les ans en septembre pourrait être mis en place un accueil des jeunes ménages nouveaux venus sur la paroisse par des couples ainés et plus expérimentés.

Pourquoi ne pas envisager une sorte de « catéchuménat » des jeunes couples en vue du mariage pour revenir sur les fondamentaux de la foi chrétienne qui sont bien souvent redécouverts à l’occasion du sacrement de mariage. Il est évoqué la formation des séminaristes sur ce sujet de l’éducation et de l’accompagnement des jeunes couples. Il parait nécessaire aussi de souligner l’importance de la prière en couple mais bien difficile d’en parler à des jeunes éloignés si ce n’est en leur permettant d’expérimenter eux-mêmes.

Nous avons aussi effleuré le sujet de l’éducation religieuse des enfants dans une famille éloignée de l’église mais nous ne l’avons vraiment qu’effleuré… Les chantiers éducation des AFC et les équipes Notre-Dame comme soutien de la vie conjugale à ses débuts et même par la suite, une pédagogie fine et qui a fait ses preuves. Pourquoi ne pas aller tracter à ce sujet à la sortie des écoles maternelles ? Il faut insister aussi sur l’importance des retombées telles que les JMJ auprès des jeunes, révolution dans l’image qu’ont les jeunes de la religion, qui leur permet de se projeter dans l’avenir, combien de projets sont issus des JMJ !

Question 32 : Quels critères faut-il considérer en vue d’un discernement pastoral correct des diverses situations, à la lumière des enseignements de l’Église, pour qui les éléments constitutifs du mariage sont l’unité, l’indissolubilité et l’ouverture à la procréation ?

Une réponse souligne que le mariage civil est le seul contrat associé à un sacrement, sa formulation est exemplaire. Dans la catéchèse des enfants, le sacrement de mariage est très vite balayé, peut-être serait-il bon d’insister davantage sur ce sacrement pour les familiariser. Travailler aussi sur l’exemplarité à adopter pour soi, pour son noyau familial et ceci rayonne hors de nous, nous n’en mesurons pas les fruits mais ça peut commencer avec ses voisins.

Question 33 : La communauté chrétienne est-elle en mesure d’être pastoralement impliquée dans ces situations ? Comment aide-t-elle à discerner les éléments positifs de ceux négatifs de la vie de personnes unies par des mariages civils, de façon à les orienter et à les soutenir au long du chemin de croissance et de conversion vers le sacrement du mariage ? Comment aider ceux qui vivent en concubinage à opter pour le mariage ?

Il faut revenir à la source ! Et la source ce sont les Écritures, les textes conciliaires et pontificaux. Eux seuls permettront de bien connaître la position de l’Église sur les sujets de société. Plus concrètement, il est proposé de saisir toutes les occasions données par la liturgie (baptême, mariage, funérailles) pour en faire des instants d’évangélisation en veillant à la qualité de l’homélie et à son adaptation au public.
Pour promouvoir une image positive du mariage, des réponses sont apportées : donner envie en valorisant une image généreuse du couple. Être heureux et le montrer. Éduquer les enfants en leur apprenant à résister aux tentations et à ne jamais renoncer à son engagement même en cas de difficultés majeures. Rassurer les couples sur leur légitimité à être de vrais époux au sens exprimé par la Parole de Dieu. Cela n’a rien d’insurmontable !

Montrer enfin que l’amour peut durer, voire s’accroître, et que la fidélité à long terme à son conjoint ne constitue pas une prouesse. Les causes d’échec du mariage ne sont pas toutes dues aux seuls mariés et des événements comme une maladie, la perte d’emploi, des relations familiales difficiles contribuent à dénouer le lien entre époux presque à leur insu. Cependant, dans la majorité des cas, les causes sont à imputer aux mariés, qu’il s’agisse de la baisse de la tolérance, d’un refus de pardonner et d’une insuffisance de dialogue.

La première attitude de l’Église doit être celle de l’écoute, sans jugement des personnes. Nous devons témoigner, sans être des donneurs de leçons, que la Foi dans le Christ nous a aidés à surmonter des crises dans notre couple. Nous n’avons pas à juger des choix des couples, par exemple dans des domaines aussi intimes que le choix de méthodes contraceptives : toutes traduisent leur liberté de conscience pleinement assumée et c’est chacun des couples qui en sont responsables.

Ceci va nécessiter un renouveau de l’accompagnement spirituel, au besoin par des laïcs : « il faut accompagner avec patience les étapes possibles de croissance des personnes qui se construisent jour après jour. Un petit pas, au milieu de grandes limites humaines, peut être plus apprécié de Dieu que la vie extérieurement correcte de celui qui passe ses jours sans avoir à affronter d’importantes difficultés ». (Relatio Synodi. 24).

Plusieurs § du document de synthèse relatio Synodi, en particulier le § 27 soulignent les valeurs d’unions stables caractérisée par « une affection profonde » et des responsabilités assumées à l’égard des enfants…Lucidement le texte admet que « très souvent, en revanche, le concubinage s’établit non pas en vue d’un futur mariage, mais sans aucune intention d’établir un rapport institutionnel ».

Pour un pays comme la France, où plus de la moitié des naissances sont enregistrées « hors mariage », l’Église doit là aussi être accueillante et disponible. Cet accompagnement des couples peut revêtir plusieurs aspects : rappeler qu’en cas de concubinage ou de PACS, il n’y a pas d’engagement d’assistance mutuelle ni de fidélité ; il y a risque de séparation unilatérale générant un foyer monoparental sans pension alimentaire ; risque d’enfant non reconnu par le père. Contre le vagabondage sexuel, l’Église pourrait rappeler le concile de Trente : « Chercher dans le mariage un remède contre les désirs de la chair, qui se révolte contre l’esprit et la raison, depuis la perte de la justice dans laquelle l’homme avait été créé ».

L’Église ne devrait pas exiger la séparation de corps des jeunes concubins demandant à sceller leur union par le sacrement de mariage. Il faudrait alors revenir sur l’article 2390 du Catéchisme de l’Église Catholique qui interdit la communion à tous les coupables d’un rapport sexuel hors mariage.

Cette rigueur ne touche pas seulement les couples en « union libre » : des mères célibataires isolées, privées d’une union conjugale, ont pu se voir refuser le baptême de leurs enfants par des clercs, ceux- là même que le Pape François a traités « d’hypocrites »…

Question 35 : La communauté chrétienne est-elle prête à prendre soin des familles blessées pour leur faire vivre l’expérience de la miséricorde du Père ? Comment s’engager pour éliminer les facteurs sociaux et économiques qui souvent les déterminent ? Qu’a-t-il été fait et que faut-il encore faire pour accroître cette action et la conscience missionnaire qui la soutient ?

Un groupe a d’abord défini qu’est-ce qu’une famille blessée ? famille monoparentale ; famille dont le projet de vie est modifié ; déstabilisation des membres de la famille ; rupture sentimentale, culturelle ; souffrance des enfants ; famille tiraillée (visible chez les émigrés).
Qu’est-ce qui est déjà en place ? rencontres de femmes seules, accueil paroissial tous les jours, un foyer d’accueil, Secours Catholique, soutien humain, soutien scolaire, aumônerie à l’hôpital, à domicile et en maison de retraite, Conférence Saint Vincent de Paul : visites à domicile de personnes seules, équipes de partage ouvertes à tous et à des gens blessés, repas paroissial à l’occasion des grandes fêtes pour les gens isolés, une messe par jour où l’on peut rencontrer des gens.

Comment aller plus loin ? créer des liens avec des partenaires sociaux ou caritatifs pour offrir des structures d’hébergement, organiser des rencontres interreligieuses.
Comment s’engager pour éliminer les facteurs sociaux et économiques qui souvent les déterminent ? qu’il y ai plus d’accompagnateurs pour l’aumônerie des jeunes, toucher les jeunes, aller à leur rencontre, rencontrer leur famille, créer un patronage, accueil des enfants, leur faire découvrir autre chose que ce qu’ils vivent, faire des activités avec eux, témoigner aux enfants qu’il existe des couples qui fonctionnent, rencontrer d’autres familles, actions auprès des jeunes mais sans enseignement catholique, offrir des lieux de rencontres pour les familles, leurs proposer des loisirs, des lieux de partage, aller avec eux à des événements culturels, organiser des pique-nique, l’Église pourrait avoir une parole importante dans la ville si on réunissait toutes les personnes engagées dans différentes actions de l’église pour donner du poids à la paroisse.
Qu’a-t-il été fait et que faut-il encore faire pour accroître cette action et la conscience missionnaire qui la soutient ? Instaurer régulièrement la prière pour les familles.

La première préoccupation qui ressort sur le thème de la famille provient des difficultés rencontrées par beaucoup de couples qui les conduisent trop souvent à des séparations douloureuses ; elle est la source d’une image négative de l’Église vis-à-vis de ceux qui se considèrent alors comme jugés et rejetés de cette communion qui se dit « chrétienne »… Cette question s’élargit au manque de soutien ressenti devant les souffrances de familles frappées par des violences parentales, des fragilités psychologiques, la délinquance ou le suicide d’un membre, et l’interrogation des parents qui découvrent l’homosexualité d’un de leurs enfants.

Alors que l’Église est reconnue comme très impliquée et efficace face à de nombreuses situations sociales, telles que la pauvreté, l’éducation des plus faibles, les maux de santé de toutes sortes et le respect de la personne dans la vie civique, elle apparaît aujourd’hui comme dépassée et crispée par les mutations sociales en cours qu’elle ne sait comment accompagner. Au-delà des souffrances propres aux personnes impliquées, les regards des chrétiens, de la communauté paroissiale et de l’Église sont trop souvent perçus comme l’expression d’un jugement, le plus souvent négatif. L’accueil et l’écoute sont trop rares.

Les enfants de couples en graves difficultés ou des nouveaux couples qui se forment apparaissent la plupart du temps comme les victimes de ces événements ; ils sont très rarement accueillis et entendus comme des personnes autonomes et capables de se libérer de l’histoire de leurs parents. Comment assurer un baptême serein pour les enfants nés ou à naître ? Quelles questions ou conditions sont posées par l’Église ? L’opprobre sociale ou ecclésiale peut encore les marquer. Leur histoire déjà difficile à vivre rejaillit sur le déroulement de l’ensemble de leur vie chrétienne.

De plus, les dédales de l’analyse de l’Église concernant les différentes situations évoquées peuvent apparaître bien loin de la réalité quotidienne vécue sur le terrain. La rigueur de l’Église, dans ses institutions et ses pratiques, crée de nombreux exclus en leur refusant des sacrements, s’agissant de la réconciliation, de l’eucharistie et encore du sacrement des malades. Même l’approche de la mort et les funérailles peuvent encore être des occasions de conditions et de souffrances supplémentaires.

Comment nos paroisses et plus largement l’Église pourraient-elles accueillir de façon ouverte et non moralisante toutes ces personnes blessées, qui ne se sentent pas accueillies dans ce qui convient d’appeler leurs propres échecs ? La demande primordiale adressée à l’Église, en tant que communauté, mais aussi et d’abord en tant qu’institution, est d’être capable de mettre en priorité la miséricorde à la racine et à la source de son action et de ses attitudes vers les personnes blessées. Et que soit reconnu que ceux qui peuvent être amenés à intervenir ne portent aucun jugement sur quiconque, dans une attitude fondamentale de bienveillance !

Les principales demandes entendues dans un groupe sont les suivantes :
Donner la possibilité d’assouplir l’accès au sacrement des divorcés remariés et sans provoquer une admission trop large des nullités de mariage. Comment favoriser une approche décentralisée, sans la lourdeur des procédures actuelles, plus proche des réalités, moins inquisitrice, des relectures de l’histoire du couple lorsqu’il y a une il y a une demande de procédure en nullité de mariage. Reste à reconnaître l’immaturité de jeunes qui se sont mariés sans en mesurer les enjeux et la responsabilité qui en découle. Un remariage est-il envisageable dans des cas particuliers ?

Quelles conditions faut-il remplir pour pouvoir accéder aux sacrements ? Pour tous ceux qui sont concernés par des situations familiales hors de l’Église, comment témoigner dans notre diocèse de la priorité de la miséricorde de Dieu dans l’accueil, dans la possibilité d’accès au sacrement ?

Ceci est vrai tant pour l’eucharistie où la pratique actuelle est d’abord une pratique de conditions posées et en fait de refus aux divorcés-remariés, mais également pour le sacrement de réconciliation réservé à ceux qui sont en règle avec les doctrines de l’Église. Comment assurer, dans notre paroisse et dans notre diocèse, des groupes de parole, des groupes de prière, ou la proposition d’accompagnement individuel discret, pour accueillir, partager, réconforter et aider toutes familles blessées ? Dans ces conditions difficiles, comment assurer un baptême serein pour les enfants nés ou à naître ? Quelles questions ou conditions sont posées par l’Église ? Comment ouvrir la possibilité d’une bénédiction pour une deuxième union matrimoniale qui reconnaisse la valeur d’un engagement de couple pour les partenaires qui voudraient le vivre sous le regard de Dieu ?
Heureusement, de nombreuses actions ont cependant été initiées, parmi lesquelles nous pouvons citer : les sessions CPM ou de centres spirituels pour la préparation au mariage ; les relectures de vie en couple après plusieurs années, telles que les parcours Alpha-couples.
Et de façon dispersée, plus ou moins en marge de la norme romaine, des rencontres pour les personnes séparées ou pour les familles recomposées, de même que l’accueil de personnes ou de couples homosexuels au niveau diocésain. La question de l’accueil d’enfants vivant au sein de couples homosexuels, demandant le baptême, ou suivant les activités de la paroisse, suscite aussi une préparation spécifique.

La proximité de communautés chrétiennes protestantes et orthodoxes devrait nous permettre de nous ouvrir à une meilleure connaissance de leur approche : Comment les protestants accueillent ces familles blessées, couples recomposés, couples homosexuels ? Comment les communautés orthodoxes vivent la réalité d’un parcours pénitentiel pour les divorcés en vue d’un nouvel engagement. L’Église romaine pourrait bénéficier de la connaissance mutuelle de leurs pratiques, leurs questions, leurs difficultés et leurs espoirs.

Un groupe pense que l’Église a déjà parlé, trop parlé, mal parlé. Les « dégâts » d’Humanae vitae, juillet 1968. Les Lettres pastorales d’évêques ont voulu nuancer, faire appel à la conscience. L’Église est faite pour les pécheurs, à accueillir, Pas de jugement. Montrer une Église qui tienne compte des réalités d’aujourd’hui. En appeler à la Miséricorde et refuser le moralisme. L’Évangile n’est pas une morale, l’expliquer. Distinguer les Sacrements et la pastorale. Distinguer Dogme et morale. L’image de l’Église se réduit encore trop aux « curés », célibataires, pas les mieux placés pour parler de ces questions de couples.

Les blessures, les souffrances, de tous ordres. Le divorce est un trauma. Quelle attitude pastorale montrant la miséricorde de Dieu ? Il y a des remariages réussis. Des divorcées seules avec enfants. Ne pas oublier les célibataires qui font partie du Peuple de Dieu.
« L’Église en sortie », tel est le mot d’ordre du pape François. Éduquer la conscience, le devoir de conscience est à rappeler fortement, à temps et à contre temps. Le mariage civil est à honorer et à préparer. « Sortir pour cheminer avec ». L’accompagnement est nécessaire. L’organiser. Amener les voisins divorcés à une réunion... « Invitation ciblée ». Pas de parole unique. Susciter des groupes de paroles pour que s’expriment les souffrances, blessures, mais aussi les fidélités. Mettre en valeur des maisons sur « la famille ».

Question 36 : Comment encourager la définition de lignes pastorales communes au niveau de l’Église particulière ? Comment développer à cet égard le dialogue entre les diverses Églises particulières « cum Petro et sub Petro » ?

Chaque diocèse doit être capable de définir ses orientations pastorales, quand ce n’est pas déjà le cas. Le dialogue entre les diocèses doit se faire au niveau de la province ecclésiastique et de la conférence épiscopale nationale.
Les lignes pastorales doivent être homogènes sur un territoire plus large qu’un diocèse, compte tenu de la mobilité des personnes et de la similitude de la problématique au niveau d’une province ou d’une nation.

Question 37 : Comment rendre plus accessibles et souples, si possible gratuites, les procédures de reconnaissance des cas de nullité ?

Des participants s’inquiètent de cette reconnaissance de nullité facilitée qui se ferait au détriment de l’équilibre et du bien-être des enfants issus de cette union, et qui tendrait à banaliser l’institution du mariage. Certains participants souhaitent que l’on identifie une alternative à cette reconnaissance de nullité et que l’on propose une autre voie aux divorcés remariés chrétiens pratiquants. En cas de grave difficulté, une procédure d’alerte serait déclenchée par les époux eux-mêmes ou leur prêtre ou leurs témoins de mariage. Suivrait, une tentative de conciliation préalable qui associerait des conseillers matrimoniaux, préconiserait des retraites en couple et des retraites de guérison intérieure. Parallèlement, il pourrait être demandé aux prêtres d’être plus vigilants lors de la préparation des mariages et d’être en mesure de discerner si les couples ont une réelle motivation à se marier chrétiennement. Cependant, dans certaines circonstances extrêmes, des paroissiens plaident que si l’un des conjoints subit la situation de séparation, la reconnaissance de nullité soit favorisée.

Certes ces propositions, réalistes, doivent être mises en œuvre sous la responsabilité des évêques diocésains, mais les problèmes juridiques sont-ils vraiment l’essentiel ? L’Église croit-elle possible et vraisemblable d’effacer, par des procédures, des pans de vie entiers, avec le meilleur et avec le pire, avec un amour vécu puis délaissé, avec des enfants désorientés (y compris, par cette procédure d’annulation) ?

Là aussi, le cheminement positif ou négatif du couple est un élément essentiel de son accompagnement : nous pensons que certaines recherches de nullité pourraient être évitées si l’Église reconnaissait l’extinction du lien du mariage lorsque la vie commune devient impossible, préjudiciable aux enfants, parce que l’amour s’est transformé en haine et destruction réciproque. Ne peut-on considérer alors, dans l’esprit de la morale thomiste, que « le mariage est fait pour l’homme et non l’homme pour le mariage » ?

Vis-à-vis des couples qui se trouvent dans une situation telle que la séparation est inévitable, certains pensent que l’annulation de leur mariage dans le seul but de ne pas porter atteinte aux règles du droit canon, est une solution inadaptée, à moins qu’ils ne le demandent expressément. L’absurdité de cette solution est particulièrement évidente lorsque le couple a des enfants, car ceux-ci sont bien nés d’un couple marié. Personne ne peut leur dénier cette vérité qui est la leur : ils sont nés de l’amour de leur père et de leur mère qui étaient mariés. « L’Homme n’est pas fait pour la Loi. C’est la Loi qui est faite pour l’Homme. »

Un groupe pense que la priorité, avant d’assouplir les procédures de nullité, est d’assurer la bonne prévention dans la préparation au mariage ; il s’agira de vérifier la maturité de l’un et de l’autre, leur liberté, l’un vis-à-vis de l’autre, et vis-à-vis des parents, et certains écueils dus à des pathologies parfois masquées : vérifier si le mariage chrétien a véritablement un sens pour ceux qui se disent vouloir se marier à l’Église, et si ce n’est le cas, différer le mariage religieux après avoir fait une démarche de catéchèse et donc de réflexion et cela en étant accompagné. Il est utile d’assouplir la procédure de nullité, en prenant en considération l’intérêt de tous, en particulier des enfants nés de cette union, et pas seulement celui des époux.

Question 38 : La pastorale sacramentelle à l’égard des divorcés remariés a besoin d’un approfondissement ultérieur, en évaluant la pratique orthodoxe et en tenant compte de « la distinction entre situation objective de péché et circonstances atténuantes ». Quelles sont les perspectives au sein desquelles se situer ? Quelles avancées sont possibles ? Quelles suggestions pour remédier à des formes d’empêchement non dues ou non nécessaires ?

Dans un groupe, la question des sacrements génère un sentiment d’injustice sur les règles d’accès à l’eucharistie ou au sacrement de réconciliation ou du baptême lorsque l’un des conjoints n’est pas baptisé. Certains ne comprennent pas l’impossibilité pour les divorcés-remariés d’accéder au sacrement de réconciliation alors qu’ils en ressentent le besoin. Un souhait majoritairement exprimé consisterait à permettre l’accès avec discernement à l’eucharistie. Il s’agit là de l’expression d’une demande d’évolution pastorale afin de permettre aux couples concernés d’entamer une nouvelle vie spirituelle.
À l’inverse, d’autres participants estiment que la règle est structurante et permet de vivre un chemin de rédemption et que le principe de ne recevoir ce sacrement, qu’à partir du moment où l’on prend la ferme résolution de sortir de l’état de péché, est justifié. Ces mêmes chrétiens craignent que l’Église, en cherchant à s’adapter à l’évolution des mœurs de la société, ne perde le sens du message du Christ venu sur terre.

N’oublions pas de soutenir les séparés-divorcés-fidèles qui acceptent dans la souffrance de respecter ce que recommande l’Église et qui ont accès à l’ensemble des sacrements de l’Église.

Une demande a été formulée de bénéficier pour les mariages mixtes de plus de souplesse dans les dispenses, un peu à l’image de ce qui est pratiqué dans les communautés protestantes.
Un chemin de pénitence pourrait également ouvrir l’accès aux sacrements (et aussi l’accès à un remariage non sacramentel) à l’image de ce qui se pratique chez les orthodoxes.

L’Église gagnerait à développer un dialogue plus clair car elle est souvent mal comprise par les personnes fragilisées ou au seuil de l’Église. Des participants demandent des éclaircissements sur l’indissolubilité du mariage, même si certains la voient comme un chemin escarpé sur une ligne de crête.
La perspective d’une approche au cas par cas ouverte par la dernière phrase du numéro 52 du Relatio Synodi paraît judicieuse (voir Annexe, Question 4 e). Cette appréciation de « l’imputabilité et la responsabilité d’une action » est d’autant plus justifiée en matière matrimoniale que les décisions résultent de l’attitude de deux personnes et non d’une seule. Les fidèles catholiques n’arrivent pas à comprendre qu’un prêtre « réduit à l’état laïc » ait accès aux sacrements de la Pénitence et de L’Eucharistie et même à celui du mariage, et pas le laïc remarié ! (Le sacrement de l’Ordre reste indissoluble, mais ce prêtre n’a plus le droit d’exercer son Ministère !)
Un groupe soutient la proposition du cardinal Kasper d’accès aux sacrements de Pénitence et Eucharistie. Les 6 conditions émises sont tellement exigeantes que, de leur point de vue, elles doivent s’accompagner d’une bénédiction par l’Église du nouvel engagement du couple. Car pourquoi, dans de tels cas, refuser les sacrements à ceux qui en ont le plus besoin, alors que le Seigneur donne l’exemple de partager ses repas avec les publicains et les pécheurs ? Et n’est-ce pas en Lui que se réalise l’unité de l’Église ?

Une réponse souligne que le texte proposé par le Lineamenta, fait bien le tour de la question. Au-delà de la souffrance du couple et des enfants, il y a aussi le regard extérieur. Les amis choisissent leur camp…vis à vis de l’Église, une double peine s’applique avec le non-accès à l’eucharistie. Pourquoi priver les personnes de communion au moment où ils se sentent petits et faibles ? Comment ne pas traiter différemment celui qui n’a pas choisi de rompre l’union ?

Comment faire pour qu’il y ait moins de divorces…faut-il mieux structurer la préparation au mariage ? Les jeunes se marient-ils seulement pour la tradition et le décorum ? Il ne semble pas, mais la société qui valorise la personne en tant qu’individu, n’aide pas les couples en se résignant au fait que un couple sur deux n’ira pas au bout…Car le divorce est aussi une catastrophe économique qui fait deux pauvres. L’un des deux doit chercher un logement, l’un des deux versera une pension alimentaire et l’un des deux, en cas de garde partagée des enfants, va racheter en double vêtements et mobilier. Les couples ont donc une responsabilité vis-à-vis du Bien commun, compris vis-à-vis de la famille au sens large, questionnée dans son chagrin, mais aussi bien souvent actrice dans l’assistance économique au couple séparé.

Car le divorce est une souffrance et le pardon entre époux blessés ne veut pas dire qu’ils sont prêts à reprendre une vie commune. Donc pas de remariage possible et si remariage pas d’accès à l’eucharistie et à la réconciliation. Comment l’accès aux sacrements – car le problème est le même pour la réconciliation, ce qui représente une double peine – finit-il par ne dépendre que de circonstances extérieures à vous-même ? Pourquoi ne pouvoir compter que sur la Providence ! (votre ex décède ; ou bien vous rencontrez un prêtre compréhensif) ; pourquoi l’Église refuse-t-elle de soutenir les prêtres les plus sensibles à la détresse des couples ?

Un dernier aspect évoqué concerne la longueur de la vie. Le contrat du mariage dure de plus en plus longtemps. Il reste encore trente ans de vie après l’éducation des enfants… Et comment faire intégrer à ces enfants qu’ils ne sont pas les fruits d’un échec, mais d’un amour légitime et partagé qui s’est changé depuis en estime mutuelle, même s’il est hors de question de vivre ensemble… Et comment faire pour que les enfants voyant leurs parents écartés des sacrements, déçus ne s’éloignent pas eux-mêmes de l’Église, même si certains ont vécu leur séparation comme une sortie d’Égypte !

Un groupe a relevé le besoin d’étudier prudemment la pastorale sacramentelle sur les pratiques orthodoxes, prenant en compte la pratique du divorce et remariage. En tant que membre de l’Église, oser dire à l’un des futurs mariés « vous allez dire/échanger une parole que vous avez déjà dite à une autre personne, comment le vivez-vous ? », ajouter ce sujet-là dans la préparation au mariage. Dans la paroisse il y a différentes équipes qui travaillent sur le baptême, éveil à la foi, mariage, s’assurer que ces équipes puissent échanger afin que si l’un d’entre nous n’a pas la compétence pour « oser parler », que nous puissions savoir vers qui orienter les personnes demandeuses. Savoir entendre la souffrance des divorcés : proposer un accompagnement pénitentiel sur plusieurs années tout autant que nous accompagnons les catéchumènes sur plusieurs années. Pouvoir donner encore plus de matière dans les préparations au mariage en osant parler du divorce.

Une équipe résume les échanges vécus : Que l’Église affirme que les sacrements sont pour les hommes et non les hommes pour les sacrements (mariage, réconciliation, eucharistie en particulier pour le sujet qui nous intéresse) ; qu’elle fasse savoir que les divorcés ont vocation à être accueillis par leurs frères chrétiens en un chemin de discernement, pour choisir la vie malgré leurs difficultés propres, et un chemin d’intégration dans la communauté.
Que l’Église affirme enfin que Dieu lui-même nous accueille, nous enveloppe de son amour, nous prend dans ses bras et nous aide à progresser, quel que soit l’état de vie !

Une paroisse rapporte que le fait de ne pas pouvoir s’approcher des sacrements est ressenti douloureusement par ceux des divorcés remariés qui mènent une vie de foi. Ils se sentent marginalisés, paroissiens de moindre acabit. Ils ont du mal à transmettre leur foi à leurs enfants, ceux du premier ou du deuxième mariage. S’abstenir de relations sexuelles pour accéder aux sacrements, c’est oublier qu’une relation conjugale harmonieuse implique une vie sexuelle épanouie. Deux préconisations sont clairement sorties des débats en ateliers : utiliser davantage la procédure de reconnaissance de nullité du mariage. Cette procédure est mal connue et peu utilisée en France. C’est regrettable, parce qu’elle permet de constater qu’en dépit des apparences, la réalité sacramentelle n’était pas là lors de l’échange des consentements. La reconnaissance de nullité du sacrement rouvre alors l’accès aux sacrements et apaise ainsi les souffrances des divorcés remariés.

Tous les cas de figure ne se prêtant évidemment pas à cette solution, il serait souhaitable que le Magistère fasse preuve de miséricorde en autorisant les divorcés remariés qui mènent une vie de foi à s’approcher régulièrement des sacrements (Réconciliation et Eucharistie pour l’essentiel). Il ne s’agit pas de demander une mesure aveugle pour tous les divorcés remariés sans prendre en considération leur mode de vie. Il s’agirait d’accueillir au cas par cas les demandes individuelles, de les instruire en s’informant des motivations de chacun, et de ne répondre favorablement qu’au terme d’un cheminement, le tout d’une manière organisée, par délégation de l’évêque, dans chaque paroisse.

En dehors de ces deux préconisations prioritaires, d’autres prises de position méritent d’être rapportées.

Le souhait de renforcer la formation des fiancés. Beaucoup sont ignorants de ce qu’implique tout sacrement, le sacrement de mariage en particulier.
Et que faire des couples qui, dûment informés, rechignent au sacrement ? Leur proposer une célébration avec prière d’action de grâce et Lectures c’est à dire une liturgie de mariage non sacramentelle de sorte que le mariage sacramentel ne soit plus demandé que par les couples désireux d’attester que leur union est le symbole de l’union du Christ et de son Église ? Proposer un accompagnement long par des couples pour tenter de vaincre leur réticence de départ ? On pourrait imaginer que des couples ayant demandé au départ une liturgie non sacramentelle demandent plus tard une liturgie sacramentelle comme un couronnement de leur union réussie.

Pour un autre groupe, il sera bon de témoigner de la priorité de la miséricorde de Dieu dans l’accueil de chacun. Dans cet esprit, il sera opportun de susciter des groupes de paroles, des groupes de prière, ou la proposition d’accompagnements individuels discrets pour accueillir, partager, réconforter et aider toutes familles blessées. Il serait bon aussi de réfléchir à une possibilité de bénédiction pour une deuxième union matrimoniale qui reconnaisse la valeur d’un engagement de couple pour ceux qui voudraient le vivre sous le regard de Dieu.
La proximité de communautés chrétiennes protestantes et orthodoxes devrait nous permettre de nous ouvrir à une meilleure connaissance de leur approche : comment les protestants accueillent des familles blessées, couples recomposés, comment les communautés orthodoxes vivent la réalité d’un parcours pénitentiel pour les divorcés en vue d’un nouvel engagement. L’Église catholique romaine pourrait bénéficier de la connaissance mutuelle de leurs pratiques, leurs questions, leurs difficultés et leurs espoirs.

Des Équipes Reliance du diocèse ont apporté leur contribution. Elles constatent que malgré les claires déclarations des papes Jean-Paul II et Benoit XVI affirmant que les personnes divorcées et divorcées remariées faisaient bien partie de l’Église elles font toujours l’objet d’exclusions diverses souvent dépendante de l’attitude des pasteurs et des communautés.. Elles sont telles que les personnes divorcées (et non remariées) elles-mêmes se sentent rejetées et quittent l’Église. C’est un des fruits négatifs de la discipline actuelle. Il s’agit donc d’une conversion de toute la communauté et de ses pasteurs. Le § 51 n’apporte pas de nouveauté par rapport aux exhortations des papes précédents. Il y a donc urgence à corriger la formation des clercs et à développer l’enseignement des communautés. Certaines interdictions sont apparues comme incohérentes : le parrain, le confirmé, qui divorce et se remarie reste malgré tout parrain ou confirmé : c’est sa foi et sa vie chrétienne qui importent.
Ces Équipes Reliance, dont le souci est l’accompagnement de la construction de la vie spirituelle des couples vivant une nouvelle union et de leur famille recomposée, affirment l’urgence d’une solution positive pour l’accès aux sacrements et également une incompréhension de la discipline actuelle. La question de la reconnaissance de la nouvelle union doit s’examiner indépendamment. La première urgence se situe dans l’éducation chrétienne des enfants des familles recomposées : le témoignage de vie est prépondérant et « dire » sans « faire » soi-même en cohérence est tout simplement rejeté. Il y a là une conséquence objectivement injuste et discriminatoire de la discipline à l’égard des enfants des familles recomposées qui est tout simplement inacceptable et non évangélique (Mc 10, 13-16). La deuxième urgence est d’effacer certaines incohérences des paroles de l’Église qui peuvent nuire à sa crédibilité. Peut-on parler de chemin de sainteté pour les fidèles, où les « biens spirituels » sont la Parole mais pas les sacrements ?

Cette approche « protestante » crée une certaine incompréhension. La première source d’incompréhension est au sein de la célébration eucharistique. Peut-on garder foi dans les paroles liturgiques : « Prenez, et mangez-en tous ; ceci est mon corps livré pour vous » ?

La deuxième source d’incompréhension se situe à la lecture des très beaux textes de Jean-Paul II et de Benoît XVI sur l’Eucharistie : Ecclesia de Eucharistia 22 et Sacramentum Caritatis 8, 13, 15. Ayant ainsi compris le sens de la communion eucharistique, comment comprendre de poser au sein même de la célébration eucharistique un signe de division du Corps mystique du Christ ? Si, de plus, la communion spirituelle est équivalente quel sens donner à l’interdiction discriminatoire de poser un geste, ce qui contribue à donner un sens erroné de « perfection » au sacrement.

La troisième source d’incompréhension se situe dans le refus du sacrement de réconciliation sur plusieurs plans : la rupture de l’indissolubilité vécue au moment du divorce, a déjà fait l’objet d’un chemin de pénitence et de contrition, voire même de pardon avec l’ex conjoint et a reçu l’absolution sacramentelle pendant la période de reconstruction personnelle. La faute de ne pas respecter l’unicité, même si ses incidences sont permanentes, reste ponctuelle (cf. Mgr Vesco, La Vie 24/09/2014). Comment comprendre que ce péché-là ne serait pas pardonnable ? Comment trouver une cohérence dans le chemin de pardon avec l’ex-conjoint (proposition forte des Équipes Reliance) si l’Église elle-même ne pardonne pas ? Comment comprendre la discipline qui fait que « l’état de péché permanent objectif » n’est plus un obstacle à l’accès aux sacrements en cas de continence sexuelle alors que la situation objective de vie conjugale commune et de relation affective demeure ? Les accompagnateurs équipiers Notre-Dame sont choqués par cet aspect de la discipline qui fait injure à la dignité du sacrement de mariage en réduisant l’état conjugal à une question de relations sexuelles.

L’expérience des Équipes Reliance montre que la situation de vie chrétienne, de vie spirituelle et de maturité dans le vécu de famille recomposée peut être très différente d’un couple vivant une nouvelle union à un autre. Les propositions doivent donc être adaptées et ajustées aux personnes, sinon on risque de tomber dans le piège de substituer à une loi une autre loi fondée sur la défense d’un concept au lieu d’être au service de la croissance et du salut des âmes. De ce qui précède, la notion de « chemin pénitentiel » ne paraît pas souhaitable. Il conviendrait de lui substituer celle de « chemin de discernement et d’intégration dans la communauté ».

Les couples vivant une nouvelle union ont déjà parcouru un chemin, certains après avoir éclairé leur conscience, ont repris le chemin de l’Eucharistie, d’autres n’attendent qu’une parole de l’Église. Il s’agit donc de les rejoindre sur ce chemin, là où ils en sont, comme le Christ rejoint les deux disciples sur le chemin d’Emmaüs. C’est pourquoi il est nécessaire de proposer des cheminements différents et adaptés aux situations personnelles de chaque couple. Il s’agit donc d’un chemin de discernement pour choisir la vie.

De cette diversité de situations les groupes Reliance ont fait émerger plusieurs cheminements possibles, par contre, en réponse au pape François qui nous demande d’avoir un regard de proximité en Église (Evangelii Gaudium 169), l’accompagnement doit se faire en Église, c’est-à-dire avec une petite communauté de chrétiens et pas seulement avec une seule personne, fut-elle un prêtre, car ce serait dommage de ne pas proposer cette expérience qui est un chemin de conversion pour tous et qui nous interroge tous sur notre relation aux sacrements. Tout cheminement doit débuter par un temps de relecture en vérité procédant par étapes (comme une démarche catéchuménale), avec par exemple une réflexion sur : Où en suis-je de ma relation avec mon ex-conjoint ? Suis-je au clair avec les responsabilités ? Suis-je en paix, un pardon a-t-il été donné ? Où en suis-je avec mes enfants ? Où en suis-je dans ma foi ? ... Dès lors que cette démarche de vérité sur soi a été faite, comme pour la Samaritaine en face de Jésus, il n’y a plus d’obstacle à recevoir le don de la grâce, l’eau vive source jaillissant pour la vie éternelle (Jn 4, 14) et tous les chemins envisagés doivent se conclure par une parole officielle d’Église dans des formes appropriées, afin que ce « retour » puisse être fêté en communauté d’Église (cf. Lc 15, 22-24).

Par exemple : en paroisse mise en place d’un petit groupe de paroissiens autours d’un couple ou de plusieurs couples divorcés-remariés pour revisiter ensemble les sacrements (expérience catéchétique riche pour tous) aboutissant à une messe paroissiale de ré-accueil aux sacrements. Pour un couple divorcé-remarié membre actif au sein d’une paroisse depuis plusieurs années, proposition de la communauté paroissiale à son évêque sa ré-intégration complète.
Pour les couples divorcés-remariés qui n’ont pas encore vécu de temps de prière à l’occasion de leur nouvelle union, préparation à cette nouvelle vie sur une année, se terminant par ce temps de prière et une Eucharistie de fête où ils seraient à nouveau conviés. Reconnaissance des mouvements qui proposent des cheminements spécifiques pour couples chrétiens divorcés-remariés (comme les Équipes Reliance par exemple) pour juger de la vie chrétienne de leurs membres et proposer à leur évêque leur ré-intégration complète. Pour les couples divorcés-remariés qui se seraient depuis longtemps éloignés de l’Église, des parcours type « parcours alpha » spécialisés (chemin catéchuménal vers le sacrement de réconciliation). Dans les lieux habituels de retraite (monastères et foyers de charité), retraite spirituelle ou session à itinéraire spécifique aboutissant à une cérémonie de réadmission aux sacrements.

D’une manière générale, pour les équipiers Reliance, le sacrement de Réconciliation est le premier sacrement à retrouver et il ferait partie de toute façon de la « cérémonie de pleine communion ». Les pastorales familiales devraient être à même d’orienter les couples demandeurs vers les parcours les plus adaptés.

Pour un groupe, l’Église doit accueillir les couples divorcés remariés et dans la rencontre, y reconnaître la présence du Christ. Proposer un discernement, une réflexion à la lumière de l’accueil du Christ et de l’Évangile. Dans la mesure où une réflexion profonde sur le 1° mariage et les conséquences de la rupture aurait lieu, il serait possible d’admettre aux sacrements... Importance de redonner de l’humanité avec vigilance et discernement. Comme le Christ a toujours accueilli les malades sans les condamner, nous demandons à l’Église ce même esprit d’accueil pour tous ceux qui sont à la marge, les pas dans « les clous », pour leur permettre de rester dans l’Église et de progresser dans la connaissance du Christ. La position actuelle favorise l’hypocrisie : certains divorcés vivent en concubinage mais ne se remarient pas pour rester en règle avec l’Église et pouvoir communier... Comment ne pas tenir compte de la différence morale entre le conjoint abandonné et celui qui abandonne ? Jésus n’arrête pas d’aller à la rencontre de pécheurs. Lors de l’institution de la communion, à la dernière cène, Jésus offre l’eucharistie à Judas dont il est dit qu’il avait déjà décidé de le livrer. Mais interdire aux divorcés remariés l’accès aux sacrements c’est aussi dire à une personne abandonnée par son conjoint (souvent une femme seule avec des enfants), qu’elle n’a pas le droit de retrouver un conjoint pour l’aider dans la tâche difficile d’élever ses enfants. Dans le cas du mariage la préparation dure quelques mois, l’Église ne se donne pratiquement pas la possibilité de refuser de marier un couple qui ne paraitrait pas profondément chrétien, et ensuite elle refuse la communion à ceux qui n’arrivent pas à tenir leurs engagements.

Dans le cas de l’ordination la préparation dure de longues années, l’Église se donne la possibilité de refuser ceux qui ne semblent pas avoir une véritable vocation, et si malheureusement plus tard la personne, homme ou femme, n’arrive plus à tenir ses engagements, elle est réduite à l’état laïc, mais peut toujours accéder à la communion. Bien sûr le célibat sacerdotal est une discipline imposée par l‘Église et n’est pas lié au sacrement de l’ordination, alors que l’indissolubilité du mariage est une condition fondamentale de ce sacrement. Mais il semble quand même qu’il y a là une grande différence de précautions avant et de traitement après des échecs qui peuvent advenir dans toute vocation.

Question 39 : Les normes en vigueur actuellement permettent-elles d’apporter des réponses valables aux défis posés par les mariages mixtes et par les mariages interconfessionnels ? Faut-il tenir compte d’autres éléments ?

Pour les mariages mixtes (entre baptisés appartenant à des confessions chrétiennes différentes), il faudrait éviter que, dans les cas difficiles à résoudre par l’Église catholique, les intéressés soient tentés de s’adresser à une autre confession qui traiterait ces cas de manière plus souple, au risque pour le baptisé catholique de changer de confession.

Dans un autre groupe, les échanges partent des expériences. Besoin de prendre en compte la volonté du couple dans son choix et projet de vie commune. Il est nécessaire de prendre en compte des facteurs externes : ma sœur était une enfant soumise et est soumise à son mari. Ce sont des mariages « risqués », il est nécessaire de prendre en compte l’état psychologique de chacun.

Question 40 : Comment la communauté chrétienne accorde-t-elle son attention pastorale aux familles dont certaines personnes en leur sein ont une tendance homosexuelle ? En évitant toute discrimination injuste, de quelle façon est-il possible de s’occuper des personnes dans ces situations à la lumière de l’Évangile ? Comment leur proposer les exigences de la volonté de Dieu sur leur situation ?

Si l’orientation générale de l’Église est rappelée avec netteté, en ce qui concerne l’accès au mariage chrétien (§ 55 de Relatio Synodi), il est regrettable que le Synode ne reconnaisse plus « les éléments constructifs de ces unions de fait ». Nous ne sommes pas enclins à reconnaître le rôle mystérieux des homosexuels dans l’humanité. Certes, des pas importants ont été franchis : ainsi l’Église admet que « sa genèse psychique reste largement inexpliquée » (catéchisme 1992 §2357 et 2358) ; on ne parle plus de mal ou de maladie, comme le pensent encore de nombreux fidèles ; ce n’est plus une abomination (Lévitique 18 v 22). Les homosexuels ne sont plus mis à mort comme dans certains Pays wahhabites… Pourtant la réponse actuelle « chasteté » et « compassion » est totalement décalée par rapport au vécu de ces couples, encore plus pour ceux qui cherchent, loyalement et dans le respect de l’autre, « le chemin, la vérité, la vie » dans la personne du Christ…

Les manifestations engendrées par le projet de loi prônant « le mariage pour tous » ont permis une réelle prise de conscience sur des situations individuelles douloureuses et un travail constructif de l’Église exempt de toutes condamnations.
Sur le principe, tous reconnaissent que les personnes homosexuelles doivent trouver leur place dans la communauté chrétienne pour pouvoir faire leur chemin de sainteté, lequel sera facilité par la présence, dans les rituels, de textes sacramentaux adaptés. Cependant la vie des chrétiens dans l’Église ne se réduit pas aux seules messes du dimanche.

L’Église propose des espaces de dialogue pour les homosexuels et leur famille qu’il faudrait peut-être mieux faire connaître. Devant le refus de certaines paroisses de baptiser des personnes homosexuelles adultes, une clarification est demandée sur l’usage des sacrements.
Face à la souffrance que ressentent les homosexuels, il est important que les chrétiens soient formés afin de faire passer un message clair et exigeant avec beaucoup de bienveillance.

Dans une autre réponse, les exigences de l’Église ne sont plus comprises vis-à-vis des personnes homosexuelles, parce que ses exigences ne sont plus comprises ni connues concernant les baptisés « classiques ». Par exemple, « interdire » aux homosexuels d’avoir des rapports sexuels deviendrait beaucoup moins stigmatisant si on rappelait à tous que, pour tout baptisé, hétéro comme homo, les rapports sexuels hors mariage sont « interdits » ! Combien de jeunes cathos pratiquants vivent ensemble avant les fiançailles en toute bonne foi sans savoir que, ce faisant, ils commettent un réel péché ?

Rappeler que le mariage est une vocation, non un dû ni un droit, rappeler que la chasteté dans le célibat non voulu est le lot des baptisés hétéros comme des homos, et que le « sort » malheureux auquel l’Église « condamne » les homos, « interdits de rapports sexuels », est le même que celui des hétéros célibataires auxquels elle « interdit » de même tout rapport sexuel ! Afficher dans les églises, sur les façades des églises, dans les feuilles paroissiales, dans les aumôneries de collèges et de lycées, le message : Vous avez des inclinations homosexuelles ? Comme tout baptisé, Dieu vous appelle à la sainteté ! Vous avez une place irremplaçable dans la communauté chrétienne. Vous pouvez accéder à la communion aux mêmes conditions que tout baptisé (les rappeler).Vivre le combat de la chasteté est beau et difficile : l’Église vous propose des soutiens dans cette voie exigeante : contacter Untel (le prêtre ou un laïc formé sur ce point dans la paroisse).

Un groupe, s’interroge, la communauté chrétienne est-elle prête à admettre que c’est la nature, et non pas un choix malsain, qui détermine une orientation sexuelle ? À ne plus restreindre l’homosexuel à ce seul élément de personnalité, et à le considérer comme une personne complexe, ni plus ni moins qu’un hétérosexuel ? À inviter cette personne complexe à prendre sa place, toute sa place nonobstant son orientation, dans la communauté des disciples du Christ ? Un homosexuel qui, sans faire de prosélytisme, ne cache pas son orientation, peut-il être catéchiste et prendre part à l’ensemble des activités pastorales ?

Le couple homosexuel. Sans prétendre qu’il s’agit d’un mariage, deux homosexuels peuvent-ils vivre une union dont le Seigneur se réjouisse ? Fidélité, assistance mutuelle, amour profond, durable, paisible, attention portée aux prochains, tout cela ne permet-il pas à ce couple de cheminer vers le Royaume ?

La famille homosexuelle. Il n’est bien entendu pas question de refuser le baptême et l’accès au catéchisme à des enfants de familles homosexuelles. Comment aider la communauté à accueillir les couples homosexuels et leurs enfants sans aucune discrimination ?

Un groupe s’interroge : pourquoi mettre les personnes homosexuelles à part dans les textes du synode ? Qui penserait à stigmatiser ainsi les personnes de couleur, etc. Il rappelle son attachement à ce que l’Église (et ses membres ...) ne stigmatise personne, et, en toutes circonstances et sur tous sujets, porte une seule et bonne nouvelle : l’alliance de Dieu avec les hommes et son amour indéfectible. ?Une conviction du groupe : les réflexions de l’Église, comme son discours (c’est lui que connaissent les médias) doivent évoluer ... y compris pour que, de même, certaines mentalités au sein du peuple de Dieu, évoluent vers davantage de respect, ?aussi bien concernant les personnes qui découvrent leur homosexualité (aujourd’hui elles ont souvent une vision de l’Église qui les rejette et, en conséquence, ne s’en approchent pas, évitent même les sacrements auxquels ils pourraient ?recourir !) sur les unions homosexuelles. Le texte actuel du Synode – qui en fait l’impasse – doit évoluer. Il y a là aussi une urgence ressentie fortement par une partie du groupe. Une certitude : Le couple homosexuel est un couple à part entière, qui comme les autres couples, se développe comme une image de l’amour de Dieu pour les hommes avec les même exigences des époux, l’un vis à vis de l’autre, que dans les couples hétérosexuels. Reconnaître le dessein de Dieu dans les unions homosexuelles, quelle que soit la forme de la famille ainsi constituée, est un impératif lorsqu’on prend au pied de la lettre la certitude de Foi que là où il y a de l’amour, là Dieu est rencontré. ?Des enfants vivent dans certaines de ces familles. Parfois ces enfants sont catéchisés. Que l’Église leur confirme l’amour que Jésus-Christ porte à leur famille, telle qu’elle est, famille qui les a désirés et dans laquelle ils reçoivent soins et amour. ?Tous pensent que les couples concernés doivent bénéficier, autant qu’ils le souhaitent, de l’ensemble des sacrements. En ce qui concerne le sacrement du mariage vécu dans la foi catholique, certains pensent qu’il est un engagement réservé aux couples Homme/Femme ; ils souhaiteraient vivement toutefois qu’une bénédiction soit donnée à la place d’un sacrement de mariage aux couples homosexuels qui en feraient la démarche. À ce sujet, l’une des personnes du groupe s’exprime ainsi : « autant l’accueil et le respect dû aux personnes est évident, autant envisager une union sacramentelle parait contraire au projet de Dieu sur l’homme, la famille et le sens du mariage. » Dans le même temps, une autre position s’exprime, qui, certes, ne fait pas consensus, mais qui implique réflexion : que le mariage, sacrement que les époux se donnent l’un à l’autre, correspond également à l’engagement que vivent les couples homosexuels et que l’Église se doit d’en être, comme pour les autres couples, "témoin". Les couples homosexuels peuvent-ils être reconnus comme aspirant à donner la vie, comme répondant à ce titre aux exigences du mariage ?chrétien ? Le débat est loin d’être consensuel : une position minoritaire est exprimée : tout comme certains couples hétérosexuels souffrent de ne pas le pouvoir, les couples homosexuels sont empêchés de réaliser ce don de vie, malgré les enfants que parfois ils peuvent accueillir. En revanche, participent- ils à l’œuvre de création ? À coup sûr, est-t-il dit, beaucoup des couples homosexuels y excellent et vivent en conscience cet aspect-là de leur couple.

Un groupe résume : les homosexuels sont mieux acceptés maintenant. Mais sont-ils, pour autant, intégrés dans l’Église ? En tant que personne, certainement, mais pas en tant que couple qui s’affiche.

Question 41 : Quelles sont les initiatives les plus significatives qui ont été prises pour annoncer et promouvoir efficacement l’ouverture à la vie, ainsi que la beauté et la dignité humaines de devenir mère ou père, à la lumière par exemple de l’Encyclique Humanae Vitae du Bienheureux Paul VI ? Comment promouvoir le dialogue avec les sciences et les technologies biomédicales de façon à ce que soit respectée l’écologie humaine de l’engendrement ?

Dans un lieu, le débat qui a suivi autour de la question sous-jacente de la licéité de la contraception a confirmé que ce sujet était toujours polémique et créait un clivage parmi les chrétiens. Il est relevé la grande sensibilité de certains paroissiens à la théologie du corps et au respect de la vie sous toutes ses formes. En particulier, de jeunes couples montrent une appétence particulière à l’écologie humaine de l’engendrement, mais conviennent que le choix des méthodes pour réguler leur fertilité ne doit reposer que sur des décisions en conscience et à la responsabilité individuelle selon son chemin de vie. Le recours à la contraception devrait alors être « dédiabolisé » par l’Église.

D’autres recommandent l’usage de méthodes de régulation naturelles des naissances pour être en conformité avec les encycliques des papes et vivent sans frustration cette exigence. Les méthodes de régulation naturelles des naissances ont fait beaucoup de progrès depuis la méthode Ogino et ont démontré leur efficacité.
Leur utilisation non seulement respecte la création divine dans sa totalité en ne séparant pas l’union et la procréation mais favorise aussi le principe très actuel d’écologie humaine évoquée au paragraphe précédent qui n’occulte pas le lien fragile entre la féminité et la fécondité de la femme.
Certains enfin, s’interrogent pour savoir si la capacité d’arrêter avec précision le nombre d’enfants confère aux couples de meilleures dispositions à les élever, les aimer et leur apporter des valeurs humaines et spirituelles.

Le numéro 58 du Relatio Synodi ne considère que les méthodes naturelles de procréation responsable. « Le besoin de respecter la dignité de la personne dans l’évaluation morale des méthodes de régulation des naissances » pourrait tout aussi bien déboucher sur la primauté de la loi d’amour (entre les époux), sommet de la pédagogie divine, sur la loi naturelle retenue par Humanae Vitae. Qu’est-ce que cela veut dire ? Qu’est-ce que « l’écologie humaine de l’engendrement » ? On sait tout le tort qu’a fait l’encyclique Humanae Vitae à l’Église catholique, au point que son discours en la matière est devenu totalement inaudible. C’est comme s’il n’existait pas. Il est plus que temps de savoir dépasser Humanae Vitae : quels problèmes cela pose-t-il que les couples utilisent des méthodes contraceptives non naturelles ? Dans tous les domaines, c’est une des grandeurs des humains de ne pas être limités à des méthodes naturelles. L’Église accepte-t-elle ou non la contraception ? Il faut à ce sujet un discours clair et honnête. L’interdiction (plus ou moins assumée : qui ose parler d’interdiction ?) de la contraception est un réel obstacle à une vie chrétienne normale. Ainsi pour la confession. Les couples vont continuer à utiliser des méthodes contraceptives, c’est évident. Comment pourraient-ils se confesser de ce grave "péché" en sachant pertinemment que le lendemain ils vont recommencer ? On choisit la solution la plus simple : ne plus se confesser.

L’Église peine à remettre en question ses écrits du passé. Pour un groupe, il n’est pas possible d’adhérer à plusieurs aspects d’Humanae Vitae (1968) : l’assimilation de la contraception (non abortive) à l’avortement et à la stérilisation nous semble un contresens grave (§14). Il permet de rejeter, « ad vitam aeternam », tous les apports scientifiques respectueux de la vie et de l’intégrité des couples (pour lequel il est recherché par ailleurs une paternité responsable) (§ 10) (Le Synode aurait pu souligner, 30 ans plus tard, l’importance de la parentalité responsable-homme et femme). Dans un but pastoral, plusieurs souhaiteraient que l’Église réaffirme, au-delà de la régulation naturelle qui, seule, semble-t-il, avoir grâce à ses yeux, en dépit des multiples échecs rencontrés : la responsabilité ultime de la décision en conscience des époux et des couples pour le choix de la méthode contraceptive qu’ils utilisent ; la mise en place d’un dialogue avec la recherche scientifique, suivi d’évaluations expérimentales contrôlées, pour toutes les pratiques de contraception non abortive ; la légitimité du choix du « moindre mal », en cas de conflits de devoirs, dont l’application est explicitée dans la Note Pastorale de l’Episcopat français sur Humanae Vitae du 8 novembre 1968.

Parents et grands-parents de nombreux enfants et petits-enfants, constatent que l’enseignement de l’Église sur les méthodes de contraception résultant de l’encyclique Humanae vitae, est ignoré ou rejeté comme inadéquat. L’ouverture à la vie doit-elle conduire à des naissances non désirées qui peuvent gravement perturber la vie familiale, l’harmonie et le rayonnement du couple ? Le respect de la loi dite naturelle permet à certains couples d’avoir une fécondité parfaitement maîtrisée. Mais pour d’autres, elle peut aboutir à de nombreuses naissances non désirées que le couple est dans l’incapacité d’assumer.
Ne convient-il pas de s’adapter avec souplesse à la diversité des situations ? La liberté de consentement requise dans le mariage indissoluble ne doit-elle pas pouvoir se manifester aussi dans la transmission de la vie, l’utilisation de moyens contraceptifs non naturels permettant une fécondité plus responsable et une vie conjugale, sociale et spirituelle plus harmonieuse et bénéfique aux enfants et à l’ouverture aux autres ?

Autre, une réponse rappelle que de multiples actions existent pour défendre l’accueil de la vie, mais elles me paraissent anormalement peu relayées par la hiérarchie de l’Église : marche pour la vie, associations de soutiens aux futures mères, promotion de la naprotechnologie et des méthodes naturelles… Un biais intéressant serait de promouvoir la dimension « écolo » de la naprotechnologie : faire relayer cette approche auprès des instances médicales et de tous les médecins chrétiens en proposant des articles, des conférences clés en main, des vidéos… Les médecins chrétiens sont-ils suffisamment soutenus ? Et ne pourraient-ils s’organiser en réseau, au moins via Facebook ? Par ex pour un mouvement pro-vie il est très difficile de trouver un gynéco pro-vie à conseiller à une jeune femme tentée par l’ivg. Créer une congrégation religieuse dont la raison d’être serait la défense de la vie et l’accueil des futures mères tentées par l’ivg. Aider à davantage travailler ensemble en réseau tous les mouvements cathos pro vie qui s’éparpillent.

Un autre groupe résume leurs échanges : Que l’Église se réjouisse publiquement pour tout ce qui permet de faire grandir l’amour conjugal et familial (éducation, soutiens sociaux, médecine y-compris certaines technologies biomédicales). Qu’elle affirme que tout ce qui permet à un individu de progresser dans le sens de l’ouverture à la vie conforte notre foi en un devenir auprès de Dieu.

Un groupe a d’abord recherché, sans succès, les bases théologiques sous-tendant les positions de « Gaudium et spes » et « Humanae vitae ». Certains participants se sont montrés soulagés que « Gaudium et Spes » de Vatican II ait enfin reconnu aux époux chrétiens la possibilité de choisir le nombre d’enfants qu’ils souhaitaient accueillir dans leur foyer. L’échange de vues a porté sur les méthodes de contraception. Deux points de vue se sont exprimés avec toute la modération souhaitable, mais aussi avec la plus grande fermeté. Certains sont très attachés aux méthodes dites naturelles, les seules que « Humanae Vitae » autorisent aux couples catholiques. Ils les trouvent efficaces, simples à mettre en œuvre, enrichissantes en ce qu’elles reposent sur une certaine maîtrise de soi (« le don de soi au-delà de ses désirs »), respectueuses de la femme et de la nature (respect des cycles naturels). D’autres regrettent que l’Église se préoccupe à ce point de ce qui se passe dans les chambres à coucher. Ils trouvent les méthodes naturelles ni suffisamment efficaces, ni suffisamment simples. Ils souhaitent que l’Église s’en remette aux couples pour choisir la méthode de régulation des naissances sans exclure les méthodes dites non naturelles. Enfin, certains ont relevé la relative hypocrisie de la distinction entre méthodes naturelles et contraception non naturelle, l’objectif étant rigoureusement le même : ne pas associer l’acte sexuel et la procréation.

Un groupe a constaté que l’écart entre ce que souhaite l’Église et ce que les personnes sont prêtes à entendre est très grand ; on se soucie peu de l’enseignement de l’église en matière de contraception ou plutôt de conception. Davantage besoin d’une règle qui libère et non d’une règle qui contraint. Le désir d’enfant est très grand, l’émerveillement devant une vie qui naît est réel et demande à être encore plus travailler.

L’Église est parfois dirigée par la peur des dérives, et peut-être à juste titre. Par exemple, lors de cas de stérilité dans un couple elle ne fait pas de différenciation, à propos des fécondations in vitro lorsqu’il s’agit des gamètes des 2 parents respectifs ou lorsque qu’elles proviennent d’un tiers.
De façon plus large pour répondre à cette question avec ses 2 sous questions nous sentons la nécessité de rechercher le sens de sa vie, de rechercher ses valeurs, de travailler la responsabilité, de promouvoir un plus grand dialogue avec les sciences biomédicales. Nous ressentons un besoin de formation pour que les chrétiens et toutes les personnes soient plus responsables ; nous observons une difficulté à faire coller le message du christ avec notre monde contemporain.

Une autre réponse rappelle qu’il est bien évident que l’ouverture à la vie est essentielle. Mais dans une matière aussi importante il est particulièrement nécessaire d’agir avec prudence et de ne pas se charger d’un fardeau trop lourd à porter. Or les recommandations de cette encyclique, en ce qui concerne les méthodes de contraception, peuvent faire prendre des risques graves à des couples qui les appliqueraient aveuglément, parce qu’ils ne seraient pas conscients de leurs limites. La vie actuelle ne facilite pas l’usage des méthodes naturelles : quand le conjoint est souvent en déplacement professionnel, il est délicat pour l’équilibre du couple qu’il tienne compte en plus des rythmes féminins. Cependant, les méthodes de régulation naturelle sont expliquées aux fiancés lors de la préparation au mariage et on constate de l’intérêt, en particulier chez les jeunes femmes, pour cette écologie humaine et le nécessaire dialogue conjugal qui en résulte.

Question 42 : Une maternité/paternité généreuse a besoin de structures et d’instruments. La communauté chrétienne vit-elle une solidarité et une subsidiarité effective ? Comment ? Propose-t-elle aussi courageusement des solutions valides au niveau sociopolitique ? Comment encourager l’adoption et la garde des enfants comme signe très élevé d’une générosité féconde ?

Il existe de multiples associations et structures et énormément de générosités, mais beaucoup avancent masquées sans se dire vraiment catho (le coup du levain dans la pâte), soit elles sont « contaminées » par un esprit d’ONG humanitaire. Rien ne vaut les communautés religieuses pour revitaliser tout ça, hélas sur nos terres beaucoup sont moribondes…

L’Église propose depuis Léon XIII, mais les médias disposent… En France en outre les chrétiens engagés en entreprise et en politique sont gênés aux entournures par la pression de la laïcité. Rares sont les grands patrons qui se disent cathos et essaient de mettre en place concrètement la subsidiarité, par exemple… Existe-t-il au Medef un expert de la doctrine sociale de l’Église ? Serait-il possible d’en instituer un comme « référent » qui interviendrait lors de toutes les universités d’été du Medef pour donner un peu de doctrine sociale de l’Église aux patrons ? Les évêques pourraient soutenir les courants politiques qui se réclament de la doctrine sociale (il n’y en a pas tant ! PCD, Sens commun, Poissons roses, et je crois bien que c’est tout) et que la doctrine sociale soit mise en avant de manière plus intense. Existe-t-il un Think Tank des patrons et économistes chrétiens ? Ou fédérer ceux qui existent ? Pourquoi la CFTC n’est-elle pas plus vendue par l’Église ? Le syndicalisme est vital pour contrebalancer la pression ultralibérale, or en France il est moribond. Il faut stimuler un vrai syndicalisme chrétien inspiré de la doctrine sociale. Promouvoir davantage les méthodes naturelles de régulation des naissances (Billings, sympto thermique).

Il faudrait aussi mettre en avant qu’il est moins grave moralement « d’abandonner » son enfant en le confiant à l’adoption, que de le tuer, et favoriser l’accouchement sous X comme un acte d’amour « donnez-lui la chance de vivre ». Promouvoir dans les associations d’adoption de mouvance chrétienne l’idée que la femme confiant son bébé à l’adoption peut en avoir des nouvelles régulières de manière anonyme, et laisse une lettre non identifiante à son bébé pour l’aider à se structurer plus tard.

Question 43 : Le chrétien vit la maternité/paternité comme réponse à une vocation. Dans la catéchèse, cette vocation est-elle suffisamment soulignée ?

Si le Synode rompt avec la seule optique juridique et légaliste de la Loi, si il reconnaît le rôle responsable des couples (mariés ou non) dans la maîtrise de leur fécondité, s’il met en place un cheminement pastoral permettant une découverte (ou une redécouverte) du Christ sauveur, le dialogue transformera en profondeur les rapports conflictuels ou indifférents entre l’Église et les familles. Beaucoup se sont éloignés sur la pointe des pieds… Il y a là un enjeu collectif pour l’Église et nous sommes mobilisés pour cette aventure dans laquelle nous a engagés le Pape François.

A-t-on conscience des graves conséquences des changements démographiques ? Là où Relatio Synodi parle de défi de la dénatalité en s’inquiétant de la forte baisse de la natalité (c’est le cas de nombreux pays européens, à l’exception de la France et de l’Irlande), le questionnaire pointe les changements démographiques. Certes, il faut lutter contre les politiques nationales de stérilisation et l’usage de l’avortement comme moyen contraceptif. Mais une politique universelle de l’Église pour la croissance de la natalité nous paraît, aujourd’hui, irresponsable. « Soyez féconds et multipliez, emplissez la terre et soumettez là », c’est le message divin reçu dans la Genèse, à une époque où se forma le peuple d’Israël, il y a 3000 ans.

La population humaine s’élevait alors à 150 millions de personnes environ (dont 50 à 60 millions en Chine) ; avec 7,5 milliards de personnes (9 milliards en 2050), l’espèce humaine se détruit et détruit la planète… L’Église ne peut y être indifférente…

La question ne doit-elle pas être traitée par les conférences épiscopales : situations de dénatalité en Europe, de surnatalité aux Philippines ? Il faut également promouvoir une gestion mondiale des flux migratoires mais aussi de solidarité entre les peuples si inégaux devant la faim, la pauvreté ou les risques environnementaux.

Sans le préciser, le texte veut dire : les graves conséquences d’une trop faible natalité. Alors que le vrai problème, c’est de parvenir à limiter la natalité mondiale. Il serait dommage de limiter notre vision à l’Europe, où la natalité a peut-être trop diminué (mais cela lui permettra – ou l’obligera ? – d’accueillir des migrants de pays défavorisés, réfugiés climatiques par exemple). Mais si l’on regarde la planète, on voit que le maintien de la natalité actuelle conduit à 10 milliards d’humains en 2050 et 15 milliards de 2100.

Les estimations assez sérieuses tablent sur 12 milliards en 2100, mais c’est en supposant que la contraception va se généraliser et que la transition démographique va se répandre presque partout. L’Église condamne la contraception mais elle compte sur le contrôle des naissances pratiqué dans de grands pays comme la Chine, et sur la transition démographique qui tend à se généraliser. Sans quoi les 20 milliards d’humains seraient rapidement dépassés, et il n’y a aucune raison pour que l’augmentation ne continue pas. Il ne faut pas se voiler la face, cela serait tout à fait insupportable. Combien de morts à attendre dans des luttes pour les terres cultivables, pour l’eau, et pour beaucoup de ressources (engrais, poissons, pétrole, etc.) dans un contexte où le réchauffement climatique va accroître les difficultés des pays du Sud ? Il est urgent que l’Église cesse son attitude hypocrite en la matière, et son discours moralisateur sur la « culture de la vie », qui n’a aucun sens, et sur la beauté de la famille.

Question 44 : Comment l’Église combat-elle la plaie de l’avortement en favorisant une culture de la vie qui soit efficace ?
L’Église de France devrait d’une part informer plus largement de l’existence des associations qui viennent en aide aux femmes en difficulté et accueillent la mère et l’enfant et d’autre part inciter à faire des démarches auprès des instances publiques pour informer et défendre la vie. L’aide et la promotion de ces associations devraient être une priorité de l’État. Elle pourrait combattre de façon plus crédible l’avortement si sa position sur la contraception ne la disqualifiait pas aux yeux de beaucoup.

Une réponse constate que l’Église ne la combat pas. Alors qu’un plaidoyer vigoureux pour la contraception serait la meilleure façon d’éviter une bonne part des avortements. Certainement pas tous, mais il y a peu de femmes qui acceptent l’avortement d’un cœur léger. La contraception ne doit plus relever du non-dit honteux. L’Église peut beaucoup à cet égard, pour toute la société, pour que la contraception soit utilisée largement, en plaidant pour la diffusion des méthodes, les recherches sur de nouvelles méthodes, la prise en charge pour les couples qui n’ont pas les moyens, etc.

Sur le plan doctrinal elle dit juste mais son message est, soi non relayé, soit relayé de manière moralisatrice et donc pas entendable par les femmes tentées par l’ivg. En parler à temps et à contre temps dans les collèges et les lycées, et faire en sorte que les garçons soient responsabilisés aussi
Il y a une vraie piste à creuser du côté du scandale de santé publique causé par les séquelles psychoaffectives des IVG sur les femmes, notamment celles qui avortent sous pression ou sans avoir eu le temps de réfléchir il y a une énorme omerta sur le sujet, et l’Église pourrait être celle qui tire la sonnette d’alarme. Il faudrait dans chaque paroisse/diocèse et dans chaque hôpital catholique une personne relais (une femme qui ait été mère) qui soit à contacter en cas de tentation de l’ivg ou difficultés psychos affectives suite à une IVG, et puisse mettre la jeune femme en relation avec un psy ou un centre d’hébergement, surtout si elle subit des pressions pour avorter. Former les prêtres sur l’accompagnement pré et post ivg.

Question 45 : Accomplir leur mission éducatrice n’est pas toujours aisé pour les parents : trouvent-ils solidarité et soutien dans la communauté chrétienne ? Quels parcours de formation peut-on suggérer ? Qu’est-ce qui peut être fait pour que la tâche éducative des parents soit reconnue aussi au niveau sociopolitique ?

L’éducation des enfants est strictement du ressort des parents qui doivent pouvoir trouver des appuis dans la communauté chrétienne et dans la société civile.

Pour certains, les parents sont souvent démunis et c’est effectivement la communauté chrétienne qui doit les aider ; le succès de l’enseignement catholique sous et hors contrat en est une preuve.

La société n’apportant plus le soutien escompté, il revient aux familles d’identifier des structures adaptées à leurs convictions pour transmettre leurs valeurs éducatives. En dehors des écoles, l’éducation des enfants peut se forger par le scoutisme, les aumôneries, les mouvements d’étudiants.

L’autorité des parents dans leur rôle d’éducateurs doit être renforcée en leur rappelant leurs responsabilités et éventuellement en les accompagnant. Si besoin est, des conférences, des cycles d’approfondissement de la foi, voire des formations de base, des cours de catéchisme pour adultes doivent être proposés. Les réunions de préparation au mariage ou au baptême peuvent être une bonne occasion pour faire connaître ce qui se fait sur la paroisse ou à proximité. Pour mémoire, il existe le Cler, Teen-star, les chantiers éducation des Associations Familiales Catholiques, etc.

Importance de l’éducation des parents pour qu’ils témoignent par leur vie (et non des discours) leurs valeurs, leurs choix, leur vie dans le Christ sans avoir peur et sans être dépassés par la réalité d’aujourd’hui.

Donc besoin d’avoir (ou de favoriser) des lieux de rencontre entre familles dans l’Église pour pouvoir se confronter lors d’une épreuve difficile, ou de se former par des prêtres ou laïcs eux même formés, compétents.

Ces lieux sont des occasions pour entrer en profondeur dans la foi chrétienne, de mûrir avec l’aide de la communauté.

Question 46 : Comment stimuler chez les parents et dans la famille chrétienne la conscience du devoir de transmission de la foi comme dimension intrinsèque à l’identité chrétienne ?

Dans une société où l’organisation et le rôle de la famille sont en permanence remis en cause, la tâche éducative des parents chrétiens reste, entre autres, la transmission de la foi. On sème par l’éducation, la foi, les valeurs, mais on ne connaît pas à l’avance la qualité de la récolte au temps de la moisson.

Pour semer en respectant la liberté des enfants, des paroissiens suggèrent de communiquer principalement sur la joie de l’évangile !
Nous devons particulièrement insister, au moment des baptêmes, sur ce devoir de transmission auprès des parents et parrains-marraines et engranger le plus de soutien possible afin de faire partager cette responsabilité.
Il faut continuer à les inviter et les impliquer dans l’éveil à la foi et la préparation aux sacrements de leurs enfants, qui sont aussi des occasions de cheminement pour eux.

Constituer dans chaque paroisse un fichier contact des fiancés et des parents de baptisés pour les « relancer » quelques années plus tard sur la catéchèse de leur enfant. Insister sur ce point durant la préparation au mariage. Encourager la prière des mères et les pèlerinages de pères ou mères de famille. La visite impromptue du prêtre de la paroisse suivant le principe du « dîner chez Zachée » pourrait constituer aussi un beau coup de pouce, et stimuler les parents. Idée de clubs pour enfant « racines chrétiennes ».

En conclusion d’une réponse reçue : Pleins d’Espérance, nous prions l’Esprit Saint d’inspirer à notre Saint Père et aux Pères synodaux lors du prochain Synode des Évêques, des initiatives et des solutions permettant de partager sans restrictions et dans l’amour fraternel la joie de l’Évangile avec les couples et les familles évoqués dans notre contribution.

Ou encore un groupe conclut en citant le pape François : "Je préfère une Église accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu’une Église malade de la fermeture et du confort de s’accrocher à ses propres sécurités. Je ne veux pas une Église préoccupée d’être le centre et qui finit renfermée dans un enchevêtrement de fixations et de procédures.

Si quelque chose doit saintement nous préoccuper et inquiéter notre conscience, c’est que tant de nos frères vivent sans la force, la lumière et la consolation de l’amitié de Jésus Christ, sans une communauté de foi qui les accueille, sans un horizon de sens et de vie" (exhortation apostolique Evangilii gaudium du Pape François, novembre 2013).


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