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Éditos de la Lettre de l’Évêque 2017

Lettre n°43 - Mai/juin 2017
"Il est vraiment ressuscité !"
Si l’on prêche que le Christ est ressuscité des morts, comment certains parmi vous peuvent-ils dire qu’il n’y a pas de résurrection des morts ? S’il n’y a pas de résurrection des morts, le Christ lui non plus n’est pas ressuscité. Mais si le Christ n’est pas ressuscité, vide alors est notre message, vide aussi notre foi ». Cette affirmation péremptoire de saint Paul nous situe d’emblée face au plus grand mystère de la foi chrétienne : la résurrection. L’apôtre des nations, quand il écrit aux Grecs de Corinthe, sait que leur culture est totalement étrangère à l’idée même de résurrection. Déjà à Athènes, alors qu’il parle à l’Aréopage et qu’il évoque l’Anastasis qui signifie résurrection, les membres de cette éminente assemblée pensent qu’il s’agit d’une des compagnes de Jésus. Mais quand Paul affirme qu’Anastasis n’est pas une divinité mais la résurrection effective de Jésus-Christ, ils le chassent en se moquant de lui (Actes 17, 32). En effet, la philosophie de Platon qui imprègne les mentalités de ce temps, considère le corps comme méprisable et que seule l’âme est digne d’entrer dans les Champs Elysées du paradis. Il existe en Grèce un jeu de mot courant à cette époque entre le corps (soma) et le monument funéraire (sema). Cela signifie que le corps est une prison pour l’âme. Dans la foi primitive d’Israël, il n’y avait pas explicitement de résurrection des morts. On croyait en une survivance de l’homme après la mort dans le Schéol (séjour des morts). C’est un lieu de ténèbres, d’oubli, d’attente et d’isolement. Au commencement il semblait évident que la récompense des justes devait s’exercer au cours de la vie terrestre. Mais la réalité de nos existences dément cette foi. Ce que traduiront d’ailleurs les livres de Job, de l’Ecclésiaste et les psaumes. Dieu apparaîtra progressivement comme celui qui mettra fin à cette situation insupportable des défunts. La mort sera détruite : « le Seigneur Dieu a fait disparaître la mort à jamais. Il a essuyé les pleurs sur tous les visages » (Isaïe 25, 8). Le Dieu d’Israël est maître du Schéol. Il peut y faire descendre l’homme par la mort, mais il peut aussi le faire remonter et vivre (Deutéronome 32, 39 ; 1 Samuel 2, 6). C’est vraiment avec la persécution d’Antiochus Epiphane, un des lointains successeurs d’Alexandre le Grand, que s’achèvera l’évolution de la pensée juive sur la résurrection. Ce premier progrom de l’histoire entre 167 et 164 avant Jésus-Christ, impliquait la résurrection des corps de ceux qui sont morts martyrs en récompense de leur fidélité. C’est pourquoi au temps de Jésus, la résurrection individuelle physique appelée dans le Nouveau Testament « Anastasis » et dans les écrits rabbiniques « tehiyyat hammetîm » (reviviscence des morts), est considérée comme un dogme par les pharisiens. Pour décrire la résurrection de notre Seigneur Jésus, les auteurs du Nouveau Testament ont employé deux termes : l’exaltation (hypsosis) qui signifie l’entrée de Jésus dans l’intimité divine en même temps que sa domination universelle et la résurrection (anastasis) qui marqua l’identité personnelle et corporelle entre le Christ ressuscité et Jésus mort sur la croix. Sur le plan historique, la manière dont la résurrection est relatée montre clairement que le récit des disciples traduit davantage une description simple de ce qu’ils ont vu plutôt que les exagérations fantasmatiques de fanatiques qui ne se seraient pas résignés à la mort de leur maître. On sait maintenant que la profession de foi en la résurrection a été affirmée dans une forme de credo dans les communautés chrétiennes entre 36 et 39 soit moins de dix ans après la mort de Jésus. C’est pourquoi nous pouvons affirmer avec toujours autant de force et de conviction : « il est vraiment ressuscité ! ».

Lettre n°42 - Mars/avril 2017

"La culpabilité"
Le temps du carême est un temps de pénitence et de conversion dans la tradition de l’Église. Mais pour se convertir, c’est-à-dire changer de direction, il faut encore reconnaître que l’on s’est trompé de route. C’est le temps de « battre sa coulpe », comme disaient les anciens. C’est la même origine étymologique que cette fameuse « culpabilité » si mal perçue aujourd’hui. Dans les années 70, on a accusé l’Église d’enfermer les gens dans la culpabilité. Sous l’influence forte de la psychanalyse, on dénonçait les dérives pathologiques d’une « pastorale de la peur » suivant la célèbre expression de l’historien Jean Delumeau. Ce dernier distinguait une culpabilité normale qui correspond à la prise de conscience du péché et une culpabilité anormale, morbide, malsaine. Il se référait aussi à Freud, qui, dans son livre « le moi et le ça », affirmait que : « le sentiment de culpabilité oppose à la guérison les plus solides obstacles ». Combien de fois entend-on aujourd’hui : « vous avez fini de nous culpabiliser ? ». Et pourtant, il me semble que c’est la culpabilité qui nous permet de grandir humainement. Elle va de pair avec la responsabilité. Or la responsabilité est au coeur de notre humanité. En effet, toutes les sociétés humaines ont inventé des tribunaux en quête de la justice. Les juges doivent discerner la responsabilité de celui qui est présenté comme coupable. Dans un contexte de déculpabilisation générale, la responsabilité personnelle disparaît pour aboutir à une totale « déresponsabilisation de l’action » comme le souligne Paul Ricoeur. Dans le procès d’Eichmann auquel elle assistait à Jérusalem, Hannah Arendt souligne le contraste entre l’absence de sentiment de culpabilité du bourreau nazi et l’excès de sentiment de culpabilité des jeunes allemands. Ces derniers ressentaient une responsabilité collective pendant que le bourreau nazi ne se sentait coupable de rien. Elle écrivait : « il est presque aussi mal de se sentir coupable quand on n’a rien fait de précis, que de se sentir innocent quand on est réellement coupable ». Celui qui n’est pas conscient de la gravité de ses actes est véritablement dangereux. L’amoindrissement de la culpabilité décharge de toute responsabilité et entraîne à la récidive comme on le voit avec les terroristes dont le cerveau est suffisamment lavé pour ne plus être capable de juger de leurs propres actes. La sagesse biblique peut nous éclairer. À la quête de la justice habituellement rendue par un procès au tribunal (mispat) où le coupable est toujours condamné, le Seigneur établit une autre forme de justice qui naît d’une controverse bilatérale (rîb) où se manifestent le désir de faire revenir l’injuste de sa conduite mauvaise. C’est une procédure qui passe à travers le pardon, lequel permet de renouer la relation blessée par le mal : « Allons ! Discutons ! Quand vos péchés seraient comme l’écarlate, comme neige, ils blanchiront ; quand ils seraient rouges comme la pourpre, comme laine, ils deviendront » (Isaïe 1, 18). La culpabilité chrétienne n’enferme pas le pécheur dans sa faute et ne l’identifie pas à celle-ci. Dieu ne veut pas qu’on lui livre le coupable mais qu’on lui permette de déployer sa miséricorde pour la joie du pécheur réconcilié. C’est le sens même de la venue du Christ Jésus : « heureuse faute qui nous valut un tel rédempteur ! ».

Lettre n°41 - Janvier/février 2017

"On ira tous au paradis"
Au-delà de ses déboires actuels, le chanteur Michel Polnareff, icône provocatrice des années 1970, chantait gaillardement le salut bon marché pour tous. Les foules chantaient à sa suite : « on ira tous au paradis, même moi, qu’on croie en Dieu ou qu’on n’y croie pas, on ira ». Cette affirmation goguenarde a accompagné une paresse dans la recherche spirituelle et sur le chemin qui nous élève jusqu’à Dieu. On s’est contenté pendant longtemps d’une spiritualité bon marché et sur mesure, puisée avec plus ou moins de bonheur et d’intelligence dans toutes les religions et philosophies ancestrales et exotiques. C’était l’époque de la rédaction d’ouvrages dans le genre : « la religion pour les nuls », « Dieu, et moi et moi et moi », tous promis à un succès de librairie mais assez peu fondateurs de vie intérieure authentique, épanouissante et pour tout dire véritablement humaine. Voilà pourquoi cette génération est désarçonnée par les revendications religieuses des terroristes qui menacent notre pays. Radicalisés, bien sûr, fanatisés, sans doute, ils répandent la mort en méprisant leur propre vie au nom d’un salut qui leur serait promis dans un paradis qui semble n’être qu’un fantasme des désirs humains inassouvis. Dans la nuit de Noël, l’Ange du Seigneur, accompagné de la troupe céleste, vint annoncer aux bergers de Bethléem : « un Sauveur vous est né ». Il s’agit bien de salut. Mais de quoi devons-nous être sauvés ? De la mort. C’est exactement l’inverse que font ceux qui sèment la mort au nom de Dieu. Par qui devons-nous être sauvés ? Par Dieu. Dès le commencement de la Bible, dans le livre de la Genèse, Joseph, fils de Jacob, dit à ses frères : « c’est pour préserver vos vies que Dieu m’a envoyé en avant de vous ». De même, David dans le livre de Samuel affirme : « le Seigneur est mon roc, ma forteresse et mon libérateur. Les flots de la mort m’enveloppaient ».
Et le psalmiste affirme en s’adressant à Dieu : « tu ne peux m’abandonner à la mort, ni laisser ton ami voir la corruption ». Comment devons-nous être sauvé ? Par l’alliance de Dieu avec l’humanité. C’est par amour pour son peuple que Dieu le délivre. C’est par sa fidélité qu’il intervient dans l’histoire humaine. C’est par son alliance qu’il s’attache à son peuple. C’est le Christ, vrai Dieu et vrai homme, qui réalise parfaitement cette alliance. Le mystère du salut est essentiellement un mystère d’amour qui nous relie à la Vie divine puisque « Dieu est amour » (1 Jean 4, 8). C’est l’amour du Père dont parle saint Paul quand il écrit aux Romains (5, 8) : « la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs ». C’est l’amour du Fils qui « les aima jusqu’à la fin » (Jean 13, 1). C’est l’amour de l’Esprit dont l’effusion vient de la source ouverte du côté du Christ : « l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit-Saint qui nous a été donné » (Romains 5, 5). Puisqu’il n’y a pas d’autre Nom qui nous sauve que celui de Jésus, le chemin du paradis est encore plus facile que celui de Polnareff et bien moins fou que celui des terroristes islamistes. Écoutons encore saint Paul : « Frère, si, de ta bouche tu affirmes que Jésus est Seigneur, si, dans ton coeur tu crois que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, alors tu seras sauvé » (Romains 10, 9).


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