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Fédération des Associations Familiales Catholiques du 92

Réponses faites par la Fédération des Associations Familiales Catholiques du 92.

Ce document a été rédigé à la suite d’une réflexion engagée par les responsables des 16 associations AFC locales regroupant 3400 familles environ sur le diocèse de Nanterre. La rédaction a été confiée à un comité composé de 4 personnes, ce qu’expriment les différences de style dans les réponses.

Questions sur la Ière Partie
Le contexte socioculturel (nos 5-8)

Q 1. Quelles sont les initiatives en cours et celles qui sont prévues concernant les défis que les contradictions culturelles posent à la famille (cf. nos 6-7) ; celles visant au réveil de la présence de Dieu dans la vie des familles ; celles qui tendent à l’éducation et à l’établissement de relations interpersonnelles solides ; celles qui tendent à favoriser des politiques sociales et économiques utiles à la famille ; celles pour résoudre les difficultés liées à l’attention envers les enfants, les personnes âgées et les membres de la famille qui sont malades ; celles pour affronter le contexte culturel plus spécifique où l’Église locale est impliquée ?
Les contradictions culturelles dans notre société sont patentes ; on voit en effet que chez tous les jeunes et les jeunes adultes, la valeur « famille » est une de celle qui est mise le plus en exergue, mais la culture actuelle de l’immédiateté et de la jouissance engendre « la solitude et la fragilité des relations » notamment dans les familles. Cet état de fait est favorisé par les positions des ténors politiques et médiatiques qui ne considèrent plus du tout la famille comme une « école d’humanité » et la cellule de base de la société ; pour eux notre société n’est plus qu’une juxtaposition de consommateurs et les familles sont des groupes de personnes qui sont temporairement sous un même toit et qu’il faut aider socialement (d’où la réduction de la politique familiale à une simple politique sociale). De plus, la législation civile en France compromet le mariage et la famille (la loi de dénaturation du mariage en est l’exemple ; de même le faible intérêt de nos politiques pour la politique familiale) ; les conséquences sont illustrées par la chute extrêmement importante du nombre de mariages en France.
C’est le rapport entre famille et société dans son ensemble qui est en jeu. Il s’avère donc que la promotion des valeurs familiales est devenue un combat spirituel. Celui-ci a des ramifications diverses, car notre société subit d’une part une certaine violence rentrée et d’autre part une fragmentation de plus en plus importante affectant toutes les familles.
La violence rentrée est inéluctable à cause de la banalisation de l’avortement qui devient patente (c’est un sujet sur lequel les grands médias – même ceux qui ne sont pas favorables au gouvernement – observent une omerta absolue, voir question 44).
La fragmentation de la société est elle aussi prégnante avec la multiplication des divorces et la faiblesse du nombre des mariages. Cela génère une judiciarisation de plus en plus importante de la société dans le domaine de la famille (le nombre de contentieux devant les tribunaux aux affaires familiales explose).

Q 2. Quels instruments d’analyse emploie-t-on et quels sont les résultats les plus importants concernant les aspects (positifs ou non) du changement anthropologique et culturel ? (cf. n° 5) Dans les résultats perçoit-on la possibilité de trouver des éléments communs dans le pluralisme culturel ?
Dans la banlieue parisienne, « le pluralisme culturel » concernant la famille est actuellement caractérisé par une multipolarité entre le courant individualiste dominant évoqué plus haut, la conception judéo-chrétienne qui affirme que la société se doit en premier de protéger la famille et la conception musulmane avec le rôle exacerbé du chef de famille et du chef de clan.
Dans ce contexte, les chrétiens se doivent de convaincre leurs contemporains que la société ne se relèvera pas sans une prise en compte du rôle irremplaçable des familles. Les initiatives prises par les chrétiens qui s’engagent dans le monde associatif pour promouvoir une saine vision de la famille, des solidarités intergénérationnelles et des solidarités entre familles sont un gage d’espérance de renouveau (voir questions 3 et 5).

Q 3. Au-delà de l’annonce et de la dénonciation, quelles sont les modalités choisies pour être présents comme Église auprès des familles dans les situations extrêmes ? (cf. n° 8). Quelles stratégies éducatives employer pour les prévenir ? Que peut-on faire pour soutenir et renforcer les familles croyantes, fidèles au lien ?
Les difficultés évoquées plus haut peuvent assaillir nos propres familles [par exemple, dans une proportion grandissante, nos enfants se mettent en concubinage ou bien (après « un mariage stupide » disait-on autrefois) leurs couples se défont], cependant les laïcs catholiques doivent garder l’Espérance. Il faut être confiant dans le fait que nos enfants pourront grandir dans la joie et la foi même dans une société non totalement apaisée. Certes une sourde inquiétude et une fatigue peuvent venir perturber les chrétiens qui essayent de se battre pour le mariage et le soutien à la cellule familiale, mais grâce à la prière, à la solidarité à l’intérieur de nos communautés et au soutien de nos prêtres et évêques nous pouvons aller de l’avant ; et continuer à porter la bonne nouvelle du message de l’alliance qui va permettre de remettre la famille au centre de la vie sociale.
Des actions de soutien aux familles dans les conditions extrêmes seront détaillées aux questions 35 et 38, mais soulignons ici certaines actions montrant l’exemplarité de la conception chrétienne de la vie familiale. Il existe ainsi des associations telles « Le Rocher » qui permettent une présence de familles « normales » dans des quartiers complètement déstructurés : leur simple existence montre tout le bien pour la société de leur simple présence. C’est un message d’espoir pour des populations déboussolées. De même il existe plusieurs associations qui aident les jeunes femmes (et hommes) à sortir de la prostitution, d’autres qui montrent aux jeunes et au moins jeunes que l’addiction à la drogue, aux jeux, à l’alcool ne peuvent pas mener à une vie dans la paix. Par ailleurs, de nombreuses actions éducatives se font jour pour la formation au mariage et le soutien à la conjugalité.
Certaines associations œuvrent pour une éducation affective et sexuelle désormais entreprise dès le plus jeune âge : l’union de l’homme et de la femme est alors présentée comme une des beautés de la création qui conduit au mariage indissoluble – avec comme conséquence la nécessité de sa garder pur pour son futur conjoint. Le catéchisme doit engager une révolution et suivre cette voie (voir la question 5-a sur ce point).
Outre la formation au mariage, plusieurs associations organisent des ateliers ou des sessions pour le soutien à la conjugalité après quelques années de mariage ou après vingt ans, et les prêtres pourraient encourager la participation à ces activités en insistant dans leurs homélies sur l’importance pour les couples déjà anciens de « ressourcer » leur mariage (voir les questions 28 et 29).
Même si des difficultés se présentent, soyons dans l’Espérance : les grâces d’état reçues pour l’éducation de nos enfants nous soutiendront. Enfin on peut affirmer que l’existence même de groupes solides de familles qui restent unies « jusqu’au bout » au travers des difficultés et des tensions centrifuges sont le gage de la valeur irremplaçable du mariage chrétien.

Q 4. Comment l’action pastorale de l’Église réagit-elle à l’expansion du relativisme culturel dans la société sécularisée et au rejet qui en découle, de la part de beaucoup, du modèle de famille formé d’un homme et d’une femme unis par le lien conjugal et ouvert à la procréation ?
Les couples chrétiens, soutenus par leurs prêtres et leurs évêques se doivent de témoigner inlassablement le message de l’Évangile de la famille.
Leur action pastorale doit se baser sur la connaissance de ce message (qui bien sûr doit être vécu concrètement par les couples engagés). Comme le dit le magnifique enseignement de Jean Paul II (Familiaris Consortio qui éclaire et prolonge Humanae Vitae) l’homme et la femme s’accomplissent dans le lien sponsal. La complémentarité des sexes n’est pas une fatalité qui nous contraindrait à avoir besoin de l’autre : elle nous ordonne à l’amour, au don de soi (et donc à l’ouverture à la vie). Ce qui est essentiel dans l’union des sexes c’est l’amour échangé : l’alliance entre l’homme et la femme renvoie à l’alliance entre Dieu et son peuple. Ce point, constitutif de la foi judéo-chrétienne est enrichi dans l’enseignement de saint Paul : l’union de l’homme et de la femme est à l’image de l’amour entre le Christ et l’Église.
En témoignant que de l’union entre l’homme et la femme nait un nouvel enfant de Dieu, les familles sont conscientes d’être « procréateurs ». L’enfant ne leur appartient pas, il présente des caractéristiques singulières, différent de tous ceux qui l’ont précédé et radicalement irréductible à la projection des désirs de ses parents. L’amour conjugal et la complémentarité des sexes sont fondamentaux pour la reconnaissance de la singularité de l’enfant.
Cette doctrine est inséparable de l’affirmation que la sexualité n’est pas le tout de l’homme et que c’est la charité qui est première. Certes, les familles chrétiennes sont en décalage complet avec l’air du temps, mais il est indispensable qu’elles assument ce décalage (« Vous dans le monde mais vous n’êtes pas du monde »). Elles pourront le faire d’autant mieux qu’elles feront partie de groupes ou de paroisses dans les quelles ces vérités sont vécues.

L’importance de la vie affective (nos 9-10)

Q 5.a De quelles façons et avec quelles activités les familles chrétiennes sont-elles engagées à rendre témoignage de la progression de la maturation affective aux yeux des jeunes générations ? (cf. nos 9-10).
Depuis 40 ans, des éducateurs chrétiens, sous l’impulsion de prêtres visionnaires, ont perçu l’importance d’entreprendre une éducation affective et sexuelle auprès des jeunes générations. Ce mouvement pour témoigner du « plein engagement exigé dans le mariage chrétien » se développe de plus en plus sous l’impulsion de diverses associations (les A.F.C., le CLER, TeenSTAR, Amour et vérité, etc..). Bien sûr, ces éducateurs qui vivent de l’enseignement de l’Eglise en ce domaine laisseront transparaître naturellement dans leur discours la beauté de l’accomplissement de la sexualité dans l’amour. Cela étant dans la ligne du Paul VI qui rappelait (dans son discours de 1970 aux Équipes Notre-Dame) que le mariage, outre sa dimension procréative, avait une signification unitive, que l’amour humain est bon dès l’origine et que, s’il est déformé par le péché, il trouve sa rédemption dans le Christ. Cette culture de l’éducation affective et sexuelle autrefois diffusée seulement dans des camps de vacances et dans certaines écoles catholiques, il convient de la diffuser de façon beaucoup massive : il est urgent de passer à la vitesse supérieure et la diffusion de cette culture doit se faire dès le plus jeune âge ; en fonction de la maturité cela peut être dès 8 ou 9 ans au catéchisme (cela devient nécessaire à cause de l’exposition des petits aux images dégradantes de la sexualité véhiculées par internet et les médias). Pour cela une des meilleures approches consiste à parler de la beauté du mariage – celle du sacrement, mais aussi de la réalité de l’union charnelle. Il s’agit de suggérer aux élèves que la sexualité est belle, que l’union sexuelle elle-même est belle, car a été voulue par Dieu Créateur.
Pour que les éducateurs chrétiens et les catéchistes soient formés à cette nouvelle mission, ils pourront se réapproprier la lumineuse doctrine de la théologie du corps de Jean-Paul II. Le saint pape rappelle que l’homme est créé avec un corps sexué et un esprit, que face aux tensions, il est tenté soit de rejeter le corps, soit de rejeter l’esprit ; qu’un chrétien doit essayer de maintenir un équilibre – certes toujours précaire et inachevé – entre ces deux dimensions de son être. Malgré le péché originel, le plan de Dieu sur la sexualité reste présent dans le cœur de l’homme à la manière d’un écho lointain (et grâce à l’œuvre rédemptrice du Christ) l’acte sexuel des époux a une dimension mystique.
Dès que les enfants ont l’âge de 12 ou 13 ans, il convient de rappeler que l’union sexuelle ouvre sur la transcendance, au don de soi, au dépassement absolu, à la manifestation de la toute-puissance divine qui appelle à la procréation ; qu’il faut se garder pur pour son futur conjoint ; qui l’égale dignité de tous les enfants de Dieu implique une égale dignité de l’homme et de la femme qui ne se réduit pas à une égalité de type comptable ou réglementaire et que minimiser les différences entre homme/femme et leur complémentarité risque d’entrer dans une logique de rapport de force (il faut noter que la non-mixité des groupes d’élèves pour ces formations pourra être utile).

Q 5b. Comment pourrait-on aider la formation des ministres ordonnés sur tous ces thèmes ? Quelles figures d’agents pastoraux spécifiquement qualifiés apparaissent-elles les plus urgentes ?
Concernant la formation des séminaristes sur ce sujet, il semble important de les informer de la triste réalité de la culture actuelle concernant la famille. Et par ailleurs de pointer le lien existant avec les idéologies ambiantes : relativisme moral ; indifférenciation sexuelle (voir par exemple le document publié par l’Académie Catholique de France : « homme et femme , condition sexuée et liberté ») ; primat de la sexualité sur l’Amour.
Bien sûr, la formation exégétique reçue leur permettra de saisir toute la beauté de l’enseignement de l’Eglise sur la sexualité : un commentaire appropriée de la Genèse ouvre nécessairement sur un réflexion sur le mariage et doit permettre de remettre en cause les idéologies relativistes qui sévissent dans notre société ; de même l’enseignement de Saint Paul permet de parler de l’indissolubilité du mariage et doit permettre de répondre aux tentations de la remettre en question.
Il faudrait aussi qu’ils puissent écouter des laïcs qui proposent en France le développement des méthodes de régulation naturelle des naissances (sympto-thermique, glaire cervicale, etc.), des personnes qui sont en contact avec le drame de l’avortement et aussi des groupes qui proposent une éducation affective et sexuelle dès le plus jeune âge (de façon à pouvoir introduire celle-ci au catéchisme).

Le défi pour la pastorale (n° 11)

Q 6. Dans quelle proportion et à travers quels moyens la pastorale familiale ordinaire s’adresse-t-elle à ceux qui sont éloignés ? (cf. n° 11). Quelles sont les lignes d’action mises en œuvre pour susciter et mettre en valeur le « désir de famille » semé par le Créateur dans le cœur de toute personne et présente en particulier chez les jeunes, même chez ceux qui vivent des situations familiales qui ne correspondent pas à la vision chrétienne ? Quel retour effectif avons-nous de la mission accomplie auprès d’eux ? Parmi les non baptisés, la présence des mariages naturels est-elle consistante, par rapport également au désir, chez les jeunes, de fonder une famille ?
Dans un premier temps, il semble que les actions réussies de transmission et de mise en valeur d’un désir de famille se fassent par la relation interpersonnelle basée sur l’exemple et la confiance : soit directement dans un cadre familial, soit dans une relation d’amitié dans un cadre étudiant ou professionnel. Le rôle de la pastorale familiale paroissiale se place au second plan.
Parmi les non baptisés, la mise en ménage sans mariage civil est très répandue jusqu’à l’arrivée du premier enfant, laquelle n’intervient le plus souvent que lorsque le couple atteint une relative stabilité économique et résidentielle. Les notions de sécurité et d’autonomie priment sur la valeur de l’engagement dans la plupart des cas.
Peut-être faudrait-il réfléchir sur la façon de redonner le sens de l’engagement et de la foi en l’amour dans un monde suspect à l’égard de ces valeurs de la morale naturelle (qui sont aussi spirituelles). Le passage par des valeurs naturelles peut être le début d’un cheminement plus profond. Un travail plus concerté avec des associations de terrains, confessionnelles comme les AFC, ou non confessionnelles (logement etc.) est à organiser ou renforcer.

Questions sur la IIème Partie
Le regard sur le Christ : l’Évangile de la famille
Le regard sur Jésus et la pédagogie divine dans l’histoire du salut (nos 12-14)

Q 7. Le regard tourné vers le Christ ouvre de nouvelles possibilités. « En effet, chaque fois que nous revenons à la source de l’expérience chrétienne, de nouvelles routes et des possibilités impensables s’ouvrent » (n° 12). Comment est utilisé l’enseignement de l’Écriture Sainte dans l’action pastorale envers les familles ? Dans quelle mesure ce regard alimente une pastorale familiale courageuse et fidèle ?
La pastorale familiale est absente de notre diocèse depuis plusieurs années, mais peut-être est-ce au niveau des paroisses ou des groupes de paroisses que doit se développer la pastorale familiale avec une étude de la doctrine sociale de l’Église.

Avec une pastorale familiale alimentée par le regard de Jésus (amour et tendresse, avec vérité, patience et miséricorde), les familles auront une référence claire, concrète, qui leur permettrait de construire leur couple, d’avancer sur le chemin de la vie avec des repères solides.
L’étude des textes bibliques est utilisée dans l’action pastorale des enfants, la catéchèse adressée aux enfants est donc fait par référence à la Bible. La façon de se repérer dans la Bible est abordée, au mieux, pendant une séance, mais la possibilité de leur laisser le temps de s’approprier cette pratique est limitée par la densité du programme.

Q 8. Quelles valeurs du mariage et de la famille les jeunes et les conjoints voient se réaliser dans leur vie ? Et sous quelle forme ? Certaines valeurs peuvent-elles être mises en lumière ? (cf. n° 13). Quelles sont les dimensions de péché à éviter et à surmonter ?
Pour les jeunes, les valeurs du mariage et de la famille apparaissent souvent comme des interdits pour les uns, comme une nébuleuse où l’amour prime pour les autres, mais ni l’équilibre affectif, ni la primauté de l’homme et de la femme l’un par rapport à l’autre, et encore moins « la pédagogie divine selon laquelle l’ordre de la création évolue dans celui de la rédemption à travers des étapes successives ». Pourtant, malgré une apparente contradiction, la fidélité leur paraît une nécessité, en particulier vis à vis des enfants.
La valeur ajoutée du mariage chrétien sur le mariage proposé par la société civile ne paraît pas évidente.
Les valeurs qui pourraient être mises en lumière sont la solidité du mariage chrétien par la force de l’Esprit, la stabilité soutenue par l’indissolubilité du mariage (si la règle est de rester uni, cela « balise » la route, et permet d’éviter de sortir du chemin), la maîtrise de soi (apprentissage qui devrait être valorisé dès le plus jeune âge), le don à l’autre (donner de son temps, de son énergie, de soi-même, aide à accepter les compromis de la vie avec le sourie, dans la paix et la sérénité).
Les dimensions de péché à éviter et à surmonter, doivent d’abord être définies, en insistant sur la différence entre l’importance de condamner l’acte (l’adultère), la nécessité de ne pas juger l’acteur (Jésus n’a pas condamné la femme adultère), et l’obligation de se donner la peine de progresser, de s’améliorer (« va et ne pêche plus »).

Q 9. En harmonie avec la pédagogie divine, quelle pédagogie humaine faut-il envisager pour mieux comprendre ce qui est requis de la pastorale de l’Église face à la maturation de la vie de couple, vers le futur mariage ? (cf. n° 13).
La pastorale de L’Église, pour être bien comprise, se doit, je crois d’être claire. Le couple, pour grandir dans la Foi, a besoin de se sentir accompagné. Lorsqu’un mur est monté, les pierres et le joint ne font qu’un. Avec le temps, le joint s’effrite, mais les pierres tiennent. Pour que le mur reste debout, il faut refaire le joint, ou juste boucher quelques trous… La pastorale de l’Église est ce joint qui permet au couple de mûrir, de construire leur mariage au jour le jour. Mais les matériaux pour faire les joints restent dans le sac, ou sont laissés à l’abandon, le mur se détériore et peut finir par s’écrouler.

Q 10. Que faire pour montrer la grandeur et la beauté du don de l’indissolubilité, da façon à susciter le désir de la vivre et de la construire toujours davantage ? (cf. n° 14).
Si, dans l’homélie de chaque célébration de mariage (quel que soit le degré de « pratique » des futurs mariés), le discours de l’Église est clair en présentant l’indissolubilité du mariage comme une conséquence certaine de l’engagement réciproque, la fidélité comme une nécessité, cela permettrait peut-être une prise de conscience par ceux qui s’éloignent de cette voie.
Nombre de divorces sont la conséquence de l’infidélité, ou de la lassitude de vivre ensemble, qui finit par créer un vide, de l’amertume, une absence de communication qui engendre des discordes et des violences verbales au moindre problème, ouvre la porte à l’infidélité, puis au divorce !
Quand vous traversez en dehors des passages piétons, ou alors que le feu est vert, vous savez que vous êtes en-dehors des clous… Cela ne vous empêche pas de le faire, mais cela permet d’être conscient de son erreur, d’être responsable de ses actes, de le faire en connaissant les risques. La connaissance permet d’agir librement, mais encore faut-il entendre un discours clair et direct !

Q 11. De quelle manière pourrait-on aider à comprendre que la relation avec Dieu permet de vaincre les fragilités qui sont inscrites aussi dans les relations conjugales ? (cf. n° 14). Comment témoigner que la bénédiction de Dieu accompagne tout mariage authentique ? Comment manifester que la grâce du sacrement soutient les époux tout au long du chemin de leur vie ?
En montrant que Dieu est amour et miséricordieux, conscient de la faiblesse de l’Homme auquel il a confié la Création et offert son alliance, en lui donnant des règles (Moïse) et surtout, le bien le plus précieux, l’Amour de son Fils. C’est cet Amour qui permet de transcender les petites tracasseries de la vie humaine quotidienne, mais ce sont aussi les règles qui permettent de marcher droit.
L’Espérance de l’Amour de Dieu, la conviction de la miséricorde de Dieu, et la Force de l’Esprit témoignent de la bénédiction de Dieu, et sont confortés par des règles simples qui permettent d’avancer.
L’apprentissage de la maîtrise de soi, la certitude de la confiance de Dieu en nous, qui est pour nous un Père et qui agit vis à vis de nous par amour et non par autorité, la conviction de la force du sacrement soutiennent les époux tout au long du chemin de leur vie.
Mais là aussi, il faut allier le concret au discours, la proximité du quotidien, aux aspects doctrinaux et spirituels.

La famille dans le dessein salvifique de Dieu (nos 15-16)

Q 12. Comment pourrait-on faire comprendre que le mariage chrétien correspond à la disposition originelle de Dieu et qu’il constitue donc une expérience de plénitude, et non pas une limite ? (cf. n° 13).
Par des formations qui apportent des témoignages concrets autour des quatre piliers du mariage et la théologie du couple (Sponsalité, théologie du corps, méthodes naturelles, écologie humaine. Des accès à ces formations via Internet des témoignages de couples.
Rappeler aux [futurs] mariés l’existence de Dieu créateur de tout l’univers et des êtres humains doués de liberté d’où le dessein de Dieu sur l’humanité : « Dieu les créa homme et femme … et ils ne feront plus qu’un ». Les cas d’exception ne remettent pas en cause ce dessein originel, même s’il connait des vicissitudes humaines - puisque les hommes sont libres.
Parmi les formes d’unions d’un homme et d’une femme, le mariage fondé sur l’engagement à la stabilité, à la fidélité et l’entraide mutuelle, est la forme la plus cohérente pour fonder une nouvelle famille, avoir des enfants et les éduquer, et s’épanouir l’un par l’autre. Le mariage, sacrement dont les ministres sont les époux, est aussi la figuration de l’union du Christ et de l’Église : l’époux doit être prêt à se livrer pour l’épouse qui se donne à l’époux.

Q 13. Comment concevoir la famille comme « Église domestique » (cf. LG 11), sujet et objet de l’action évangélisatrice au service du Royaume de Dieu ?
Il faut vraiment que les pères et mères de famille chrétienne soient capables de vivre, sans excès ni outrance, une authentique vie de prière et d’évangile. Y a-t-il un oratoire dans la maison ? Bénit-on la table, au moins le dimanche ? Le père de famille a qui revient ce devoir n’a pas à s’effacer obligatoirement devant un clerc présent, même si par courtoisie il peut le lui proposer.
Les paroisses proposent-elle des rencontres sur ce thème de la prière et de la spiritualité familiale ?
Comment la famille au sens large, marque-t-elle et partage-t-elle les événements liturgiques ? Pourquoi les pastorales familiales de diocèse ou de paroisses n’organisent-elles pas des échanges, partage ou et rencontres sur ces questions afin que les chrétiens se stimulent entre eux ?

Q 14. Comment promouvoir la conscience de l’engagement missionnaire de la famille ?
Cela pourrait être inclus dans la démarche de préparation au mariage, de façon pratique et concrète. Réflexion sur la prière commune du couple. Une réflexion sur les divers engagements chrétiens et humains du couple doit faire partie du parcours. Le couple s’engage l’un envers l’autre, mais il doit prendre conscience qu’il s’engage vis-à-vis de la communauté chrétienne comme missionnaire.
Un accompagnement des premières années de la vie du nouveau foyer doit être proposé (cf. question 30).

La famille dans les documents de l’Église (nos 17-20)

Q 15. La famille chrétienne vit sous le regard aimant du Seigneur et c’est dans le rapport avec Lui qu’elle grandit comme véritable communauté de vie et d’amour. Comment développer la spiritualité de la famille et comment aider les familles à être un lieu de vie nouvelle dans le Christ ? (cf. n° 21)
Il faut apprendre aux familles à organiser leur spiritualité familiale de façon simple et concrète : la mise en place d’un petit oratoire adapté à la famille, la bénédiction de la table, la prière du soir en commun, grands et petits en impliquant les enfants dans la préparation, l’Angélus aux grandes occasions, la bénédiction de la future maman, un pèlerinage annuel bien choisi. Peut-être faut-il réadapter les pratiques qui ont fait leur preuve à nos foyers modernes.

Q 16. Comment développer et promouvoir des initiatives de catéchèse qui fassent connaître et qui aident à vivre l’enseignement de l’Église sur la famille, en favorisant le dépassement de la distance éventuelle entre ce qui est vécu et ce qui est professé, et en proposant des chemins de conversion ?
Vis à vis des jeunes, en multipliant les initiatives du type camp ski-étude, des pèlerinages (qui demandent un effort physique, les obligeant à se dépasser, à persévérer et à être fier de ce qu’ils ont accomplis), des camps vélo ou sportifs pendant l’été, tout en y incluant, des temps de prière, de réflexion, d’échange.
Ces actions leur permettent de comprendre que l’on peut être jeune, catho et normal ! Montrer, d’une part, qu’il est possible d’inclure sa religion dans sa vie quotidienne, sans être complètement farfelus, et d’autre part, que ceux qui ont choisis de consacrer leur vie à Dieu (prêtres, moines ou religieuses) sont eux aussi, des gens normaux, qui savent rire, s’énerver, travailler, transpirer !

L’indissolubilité du mariage et la joie de vivre ensemble (nos 21-22)

Q 17. Quelles sont les initiatives qui pourraient aider à comprendre la valeur du mariage indissoluble et fécond comme voie de pleine réalisation personnelle ? (cf. n° 21).
La vertu de l’exemple !
Un couple, qui a su, avec la grâce de Dieu, traverser les épreuves de la vie (quelle qu’elles soient, rares ou nombreuses, légères ou lourdes) est un exemple pour chacun ! Leur témoignage est une richesse pour les autres. Les jubilés de 30, 40 ou 50 ans de mariage sont toujours une très grande source de joie et montre la fécondité incomparable du mariage indissoluble.

Q 18. Comment proposer la famille comme lieu unique, sous de nombreux aspects, pour réaliser la joie des êtres humains ?
L’amour vrai entre les époux diffuse par lui-même ; il remplit le réservoir affectif des enfants. L’existence même de couples ayant pris depuis longtemps un engagement définitif l’un envers l’autre est naturellement une source de joie pour tout leur entourage. Cette joie qui diffuse paisiblement sans ostentation est un facteur d’équilibre pour tout l’entourage. Ainsi dans les actions professionnelles et associatives, si une personne évoque discrètement la présence de son conjoints (en terme explicite mon mari, ma femme) cela peut contribuer à une ambiance de sérénité.

Q 19. Le Concile Vatican II a exprimé son appréciation pour le mariage naturel, renouvelant ainsi une antique tradition ecclésiale. Dans quelle mesure les pastorales diocésaines savent aussi mettre en valeur cette sagesse des peuples, fondamentale pour la culture et la société communes ? (cf. n° 22). NON RÉPONDU

Vérité et beauté de la famille et miséricorde envers les familles blessées et fragiles (nos 23-28)

Q 20. Comment aider à comprendre que personne n’est exclu de la miséricorde de Dieu et comment exprimer cette vérité dans l’action pastorale de l’Église envers les familles, en particulier celles qui sont blessées et fragiles ?
Faire la différence entre l’acte et l’acteur. Accueillir l’autre dans sa différence et sa vulnérabilité, mais sans gommer les différences sous couvert de tolérance.

Q 21. Comment les fidèles peuvent-ils montrer à l’égard des personnes qui ne sont pas encore parvenues à la pleine compréhension du don d’amour du Christ, une attitude d’accueil et d’accompagnement confiant, sans jamais renoncer à l’annonce des exigences de l’Évangile ? (cf. n° 24)

Être exigeant dans la Vérité mais sans juger.

Q 22. Qu’est-il possible de faire pour que dans les diverses formes d’union – où l’on peut trouver des valeurs humaines – l’homme et la femme ressentent le respect, la confiance et l’encouragement à grandir dans le bien de la part de l’Église et soient aidées à atteindre la plénitude du mariage chrétien ? (cf. n° 25)
Affirmer la sécurité, la confiance, la force de l’union bénie par Dieu tout en restant bienveillant sur le choix des autres. Respecter le choix des autres (chacun est libre de son choix), mais être fier de son propre choix, oser l’affirmer avec douceur mais fermeté, se sentir soutenu par l’institution qu’est l’Église dans les implications que comportent ce choix (discours clair et audible des autorités ecclésiales, par exemple, sur le concubinage installé ou sur la dénaturation du mariage). Sur la question des divorcés-remariés ou divorcés-concubins : ne pas juger leur choix, mais montrer qu’aux yeux de l’Église, vu que l’engagement réciproque antérieur des époux a été pris très au sérieux, le statut du divorcé-remarié est différent ; ce qui ne l’exclut pas de l’Église, mais lui donne un autre rôle (il peut bien sûr effectuer une communion de désir lors de chaque eucharistie).

En résumé, pour toutes ces questions, il est important d’allier l’exigence de la Vérité (« Je suis le chemin, la vérité et la vie », « la Vérité rend libre ») et un regard bienveillant sur notre prochain (celui qui est à côté de nous) : la fermeté et l’assurance de nos croyances, tout en restant humble, doit nous permettre de faire preuve de discernement tout en restant fidèle au message d’Amour Christ pour tous et surtout les pécheurs ; et cela sans concession aux formes excessives de la vague libertaire de notre société moderne.

Questions sur la IIIème Partie
La discussion : perspectives pastorales

Q 23. Dans la formation des prêtres et des autres agents pastoraux, comment la dimension familiale est-elle cultivée ? Les familles sont-elles directement impliquées dans cette formation ?
En ce qui concerne l’éducation affective et sexuelle, le soutien à la famille et au mariage ou l’emprise de l’industrie du sexe sur la société, il est clair qu’en France les problématiques sont très différentes maintenant par rapport à la dernière décennie du XX° siècle. Il est donc normal que la formation des prêtres sur ces sujets soit assez faible. Une certaine « formation permanente » pourrait être proposée qui porterait un regard sans concession sur les dérives actuelles et les voies pour promouvoir l’évangile de la famille. Comme cela a été mentionné dans la question 5-b) ces questions devraient évoqués aussi pour les séminaristes.
À l’instar des prêtres, il serait bon qu’ils puissent écouter des familles qui en France se battent pour la famille et que ces familles puissent témoigner de leur action, par exemple pour méthodes de régulation naturelle des naissances (cela permettrait de mettre sur pied une éducation affective et sexuelle dès le plus jeune âge au catéchisme).

Q 24. Est-on conscient que l’évolution rapide de notre société exige une attention constante au langage dans la communication pastorale ? Comment témoigner efficacement de la priorité de la grâce, de sorte que la vie familiale soit projetée et vécue comme accueil de l’Esprit Saint ?
Les évolutions de la Société sont rapides, mais très minoritaires. Par exemple en France il y a 16 millions de couples dont 75% sont mariés civilement. La communication pastorale devrait s’intéresser prioritairement à cette situation majoritaire, ce qui n’exclut pas la priorité de la grâce.
Osons être « fiers d’être chrétiens » : il faudrait créer au niveau européen et mondial des médias de communication qui font la promotion de la famille. Les familles catholiques en France devraient oser avoir des gestes et des signes qui témoignent de la grâce de la vie de famille. Elles doivent se donner la mission de montrer aux autres leur joie d’être en famille et de le partager avec les autres, tous les autres…
Créer, au sein de la vie des paroisses, des liens entre les couples, peut-être entre ceux qui sont plus en crise et ceux qui le sont moins : outils informatiques, réseaux sociaux par exemple (comme « Voisinage »), ou alors entre les couples mariés à l’Église et les couples mariés civilement qui le souhaitent.
Pour favoriser l’accueil de l’Esprit Saint, il serait bon que des signes visibles d’Église soit présents dans les lieux de rencontre et que par ailleurs des personnes à proximité prient pendant ce temps de rencontre entre des familles.

Q 25. Dans l’annonce de l’Évangile de la famille, comment peut-on créer les conditions permettant à chaque famille d’être telle que Dieu la veut et d’être socialement reconnue dans sa dignité et dans sa mission ? Quelle « conversion pastorale » et quels approfondissements ultérieurs doivent être mis en œuvre dans cette direction ?
La subsidiarité ne permet pas à qui que ce soit (Etat, Collectivité…) d’intervenir dans l’intimité de la famille sauf défaillance notoire. Il appartient donc à chaque famille de répondre à l’appel de Dieu pour elle, et notamment d’être la première éducatrice de ses enfants.
Favoriser le développement des associations familiales qui font référence à la dignité et à la mission de la famille, car elles sont un réseau d’engagement et d’entraide puissant - 20 000 représentants familiaux dans les institutions nationales, régionales, départementales, locales - pour arriver à une réelle reconnaissance sociale des familles. Elles proposent également des temps de formation des familles (Conférences, Films etc.).

Q 26. La collaboration, au service de la famille, avec les institutions sociales et politiques est-elle considérée dans toute son importance ? Comment est-elle concrètement mise en œuvre ? De quels critères s’inspire-t-on pour cela ? Quel rôle peuvent jouer en ce sens les associations familiales ? Comment cette collaboration peut-elle être également soutenue par une franche dénonciation des processus culturels, économiques et politiques qui minent la réalité familiale ?
a) Soulignons d’abord deux points d’entrée principaux : l’enseignement catholique et les associations familiales.
L’enseignement catholique a un rôle primordial à jouer pour « l’annonce de l’Évangile de la famille ». En particulier, les établissement catholiques sont tout à fait légitimes –de par leur caractère propre – à proposer à tous leurs élèves, de famille croyantes ou non, une éducation affective et sexuelle respectueuse du plan de Dieu sur la famille et de la morale naturelle. Cela pourra être fait dans des cours suivis par tous (ceux de culture religieuse par exemple) en invitant des intervenants extérieurs qui promeuvent la retenue dans les rapports garçons/filles et le respect de la personne humaine dès la conception.
Bien sûr, il convient que les parents soient informés de ces formations et qu’ils soient prévenus de leurs contenus de façon à ce qu’ils puissent en discuter ensuite avec leurs enfants.
Les associations familiales sont indispensables pour que les laïcs chrétiens se regroupent pour faire entendre la bonne nouvelle sur la famille et le mariage. En effet on ne peut plus agir seul face à la culture hédoniste prééminente ; même dans nos familles nous sommes confrontées à des ruptures et des drames ; pour garder l’espérance, il faut que nous nous soutenions les uns les autres. Ces associations sont des lieux privilégiés de ressourcement, de soutien mutuel et de regroupement en vue d’actions pour la famille.
Avec quelques autres associations, les Associations Familiales Catholiques ont d’ailleurs été la cheville ouvrière de l’organisation du mouvement, inédit en Europe, de contestation de la loi de dénaturation du mariage.

b) Dans le contexte français, la « collaboration entre les institutions politiques » et les mouvements chrétiens promouvant la famille est très spéciale. Il s’agit surtout de faire face aux actions déstabilisantes des pouvoirs publics et de voir comment on peut les contourner en s’appuyant sur des élus lucides.
Avec les « institutions sociales », il est heureusement possible de faire entendre notre voix (par exemple les Associations Familiales Catholiques sont présentes au sein de la structure officielle que constitue l’UNAF (Union Nationale des Associations Familiales) et bien sûr collaborent avec les Unions Départementales des Associations Familiales (UDAF). La présence incontournable de l’enseignement catholique en France et l’action de terrain des Associations Familiales Catholiques en lien avec tous les autres mouvements de promotion de la famille permettent de limiter les dégâts causés par le relativisme ambiant.

Q 27. Comment favoriser une relation entre famille, société et politique au profit de la famille ? Comment encourager le soutien de la famille par la communauté internationale et les États ?
Concernant un éventuel « soutien de la famille par la communauté internationale », il faut surtout mentionner l’action extrêmement négative du parlement européen qui ne cessent de vouloir s’immiscer dans la vie des Etats membres pour instiller un vision destructrice avec la promotion d’une santé sexuelle et génésique qui est en fait celle de la contraception et de l’avortement (voir le rapport Estrela accepté en commission en 2013 et repoussé à quelques voix près seulement et le rapport Panzeri récemment adopté qui vient de reprendre les mêmes thèmes).
Quant à « favoriser une relation entre familles, société et politiques » pour la défense de la famille, ainsi qu’il a été dit, il convient surtout, en France, de sensibiliser les élus à la nécessité de soutenir les familles et le mariage. Le travail des familles pour les solidarités qu’elles mettent en œuvre, l’action des associations familiales soutenues par les évêques pourraient être valorisés auprès du grand public par certains médias notamment la presse écrite (en particulier celle d’inspiration chrétienne). Peut-être aussi par l’intermédiaire de l’enseignement catholique qui est des seuls moyens que nous avons de toucher une bonne partie de la population en échappant au prisme déformant d’un audio-visuel commercial ou étatique ; ce levier est sans doute une des meilleures portes pour l’annonce de « l’évangile de la famille ».

Guider les futurs époux sur le chemin de la préparation au mariage (nos 39-40)

Q 28. Comment les itinéraires de préparation au mariage sont-ils proposés de façon à mettre en évidence la vocation et la mission de la famille selon la foi au Christ ? Sont-ils effectués comme proposition d’une expérience ecclésiale authentique ? Comment les rénover et les améliorer ?
1/ L’Italie et les États-Unis ont institué des parcours conséquents de préparation au mariage, par exemple : 1 réunion par mois pendant 12 mois, avec 2 journées complètes et une retraite de 2 jours, avec une présence fréquente du prêtre. En France, ces parcours sont insuffisants, ils sont souvent plus une collection de témoignages qu’une présentation de la vocation et de la mission de la famille ; les prêtres n’y interviennent que deux ou trois fois ; enfin les exigences du mariage chrétien ne sont pas toutes explicitées.
Pour les rénover et les améliorer, il faut une « révolution pastorale », en particulier dégager du temps pour les prêtres pour accompagner les futurs époux individuellement, autant de fois que nécessaire, car le mariage est le moment privilégié dans la vie où un jeune peut se poser des questions existentielles et les recentrer sur la proposition et la compréhension du mariage ; pour cela on pourra s’appuyer sur la théologie du corps de sainr Jean-Paul II.
En Italie, les parcours de préparation sont très fournis : ainsi des personnes non pratiquantes peuvent découvrir la plénitude du mariage chrétien et commencer un retour vers la pratique religieuse.

2/ Afin de contribuer à un bon discernement avant le mariage, on peut insister sur le « librement et sans contrainte » pour faire réfléchir les futurs époux sur les conditions de l’authenticité de leur union.

3/ Lors des séances de catéchèse pour les enfants, on pourrait faire témoigner des familles qui pourront dire ce qu’est pour eux le sacrement du mariage et parler du dessein de Dieu sur la famille ; les associations représentatives des familles pourront être des intermédiaires utiles. De même, le parcours de catéchuménat une formation doit être proposée très tôt sur les 4 piliers du mariage.

Q 29. Comment la catéchèse d’initiation chrétienne présente-t-elle l’ouverture à la vocation et à la mission de la famille ? Quelles avancées en ce domaine sont considérées comme plus urgentes ? Comment proposer le rapport entre le baptême, l’eucharistie et le mariage ? De quelle façon peut-on mettre en évidence le caractère de catéchuménat et de mystagogie que revêtent souvent les itinéraires de préparation au mariage ? Comment faire participer la communauté à cette préparation ?
La catéchèse des enfants dans nos paroisses est une très faible initiation chrétienne, à l’issue de laquelle les enfants n’ont pas appris grand-chose, pas plus sur Jésus que sur les sacrements ou que sur la prière. Et il n’y a pas de patronage pour compléter. Et il n’y a pratiquement pas de présence de prêtre pour parler aux enfants.
Une appropriation de l’enseignement sur Dieu-Créateur et la beauté de la Création peut être efficacement fait en se basant sur la Genèse ; il débouchera naturellement sur une éducation affective et sexuelle De même, l’enseignement sur la personne du Christ Jésus qui est miséricordieux mais affirme qu’il ne faut succomber aux tentations du malin (cf. les nombreux textes de l’Évangile sur le sujet) permettra de parler de la faiblesse humaine et du péché en montrant aux enfants que malgré le péché (cf. la femme adultère) Dieu nous aime et ne désire que notre conversion. L’explication de l’Eucharistie et du mariage à partir des textes du nouveau testament permettra de comprendre pourquoi les sacrements sont importants pour notre vie et la vie de famille (grâces d’État données aux parents lors du mariage).
Les diocèses et paroisses devraient vraiment se « servir » de la Journée mondiale de la famille pour organiser des temps spirituels et de convivialité pour les familles.

Accompagner les premières années de la vie conjugale (n° 40)

Q 30. Tant dans la préparation que dans l’accompagnement des premières années de vie conjugale, l’importante contribution du témoignage et du soutien que peuvent apporter les familles, les associations et les mouvements familiaux est-elle assez mise en relief ? Quelles expériences positives peut-on mentionner en ce domaine ?
Dans notre diocèse, certaines actions se sont développées pour soutenir les couples après quelques années de mariage, mais aussi les couples ayant 10 ou 15 ans de mariage, car ce cap est quelquefois difficile à passer (lassitude, routine, envie d’aller voir ailleurs) et c’est souvent un début de délitement qui s’opère à ce stade. Il s’agit principalement des séances du type « Alpha couple » (officiellement non confessionnel, mais en fait organisés dans le 92 par des membres des AFC le plus souvent) : il s’agit d’une série de 8 séances environ sur l’année où le mari et la femme se retrouvent face à face pour un dîner au cours duquel ils écoutent quelques enseignement et surtout discutent de celui-ci (pour faire le point) ; on y insiste sur la « nécessité de prendre soin de son couple ».
D’autres groupes de partage visant à maintenir le lien au sein du couple existent, par exemple les Équipes Notre-Dame Jeunes couples ; ils devraient se démultiplier et peut-être évoluer pour s’adapter à un public plus jeune.
Par ailleurs, pour soutenir les familles dans leur rôle éducatif, il existe en France un réseau de Chantiers Éducation (mis en place par les AFC) qui sont des lieux d’expérience positive et d’aide aux familles : ils permettent des échanges au sein d’un groupe d’une dizaine de mères sur les difficultés éducatives (voir question 45). De plus, dans notre diocèse, de nombreuses actions tournées vers « l’Éducation affective et sexuelle », soit une simple conférence, soit une série de 2 ou 3 conférences pour les parents soit même une journée complète (comme celle qui en 2013 a regroupé plus de 50 personnes avec des personnes de tous âges).

Autres propositions :
* À la fin de la messe : un mini-enseignement facultatif rapide sur un sujet en lien avec la famille qui serait posté ensuite sur internet, des vidéos de formation mises à disposition pour se former.
* Pendant que les parents attendent leurs enfants qui suivent le catéchisme, les prêtres pourraient profiter de ce temps pour les former/échanger avec eux.
* En Italie, le Mouvement « Amore Familiare » suit les jeunes mariés et représente une expérience positive qui pourrait être reprise en France.

Q 31. La pastorale de l’accompagnement des couples durant les premières années de vie familiale – a-t-on fait observer pendant le débat synodal – a besoin d’un nouveau développement. Quelles initiatives plus significatives ont-elles déjà été réalisées ? Quels aspects faut-il renforcer au niveau paroissial, au niveau diocésain ou dans le cadre des associations et des mouvements ?
On entend très peu dans nos paroisses parler de l’accompagnement des couples jeunes ou des couples plus anciens, alors qu’il faudrait promouvoir les dispositifs du type « Alpha Couple » (qui rencontrent un succès très important).

De même, il pourrait être utile de faire mieux connaître les chantiers éducation.

Prendre soin des familles blessées (séparés, divorcés non remariés, divorcés remariés, familles monoparentales) (nos 44-54).

La pastorale des personnes qui vivent en union civile ou en concubinage (nos 41-43)

Q 32. Quels critères faut-il considérer en vue d’un discernement pastoral correct des diverses situations, à la lumière des enseignements de l’Église, pour qui les éléments constitutifs du mariage sont l’unité, l’indissolubilité et l’ouverture à la procréation ?
Le premier critère semble être la sincérité réciproque de la relation, critère obligatoire et dirimant dans le mariage religieux lui-même.
Le second critère peut être la fidélité et l’unité de la relation qui peut permettre de comprendre puis d’intégrer la notion d’indissolubilité, laquelle sera renforcée par « la notion d’intérêt de l’enfant » encore très présente dans notre droit républicain.
Le troisième critère sera la fécondité de l’union, qui peut être volontaire ou involontaire, voire forcée, laquelle doit être regardée parallèlement à la qualité de l’accueil des enfants.

Q 33. La communauté chrétienne est-elle en mesure d’être pastoralement impliquée dans ces situations ? Comment aide-t-elle à discerner les éléments positifs de ceux négatifs de la vie de personnes unies par des mariages civils, de façon à les orienter et à les soutenir au long du chemin de croissance et de conversion vers le sacrement du mariage ? Comment aider ceux qui vivent en concubinage à opter pour le mariage ?
Il s’agit en majorité de baptisés non pratiquants, donc ayant peu de lien avec les paroisses. Comme pour la question 6, c’est principalement par les liens interpersonnels familiaux, d’amitiés, ou professionnels. C’est donc par l’exemple de vie familiale, le témoignage et la confiance que peut se communiquer la grandeur du mariage chrétien.

34. En particulier, quelles réponses donner aux problématiques soulevées par l’enracinement des formes traditionnelles de mariages par étapes ou arrangé par les familles ? NON RÉPONDU

Prendre soin des familles blessées (séparés, divorcés non remariés, divorcés remariés, familles monoparentales) (nos 44-54).

Q 35. La communauté chrétienne est-elle prête à prendre soin des familles blessées pour leur faire vivre l’expérience de la miséricorde du Père ? Comment s’engager pour éliminer les facteurs sociaux et économiques qui souvent les déterminent ? Qu’a-t-il été fait et que faut-il encore faire pour accroître cette action et la conscience missionnaire qui la soutient ?
Ce ne sont pas les facteurs sociaux et économiques qui créent les familles monoparentales. C’est l’inverse : la cause de leur précarité économique et sociale vient surtout de la séparation, qu’aucun dispositif institutionnel n’essaie d’éviter : en France, le Conseil conjugal existe bien mais n’est pas soutenu financièrement par le réseau des Caisses d’Allocs Familiales (CAF) qui elles privilégient la médiation familiale après le prononcé du divorce.
Accueillir les familles monoparentales, les aider à faire valoir leurs droits oui, sans restriction. Elles bénéficient déjà majoritairement de l’action sociale des CAF.
Les mouvements d’Eglise pourraient aider à mettre en place une médiation familiale longtemps avant le prononcé du divorce (le CLER a essayé de le faire par exemple, mais il y a une difficulté de faire connaître cette médiation familiale en anticipation).

Q 36. Comment encourager la définition de lignes pastorales communes au niveau de l’Église particulière ? Comment développer à cet égard le dialogue entre les diverses Églises particulières « cum Petro e sub Petro » ?
Ce qui compte c’est le Catéchisme de l’Eglise Catholique qui rappelle la doctrine sociale de l’Eglise, Humanae Vitae, Familiaris Consortio, etc.

Q 37. Comment rendre plus accessibles et souples, si possible gratuites, les procédures de reconnaissance des cas de nullité ? (n° 48).
Pour les rendre plus accessibles, il faudrait peut-être publier, par exemple sur le site du diocèse, un point d’information. Les procédures sont en général trop longues pour des raisons de manque de connaissances de la part des demandeurs, manque de rigueur et de professionnalisme dans le traitement de dossiers, incomplètement transmis ou qui se heurtent à la question de la langue (italien). Certain dossiers peuvent rester dix ans sans réponses ni demande d’information complémentaires.
Donner à certains évêques référents plus de pouvoir et de compétences permettrait peut-être d’améliorer la procédure.

Q 38. La pastorale sacramentelle à l’égard des divorcés remariés a besoin d’un approfondissement ultérieur, en évaluant la pratique orthodoxe et en tenant compte de « la distinction entre situation objective de péché et circonstances atténuantes » (n° 52). Quelles sont les perspectives au sein desquelles se situer ? Quelles avancées sont possibles ? Quelles suggestions pour remédier à des formes d’empêchement non dues ou non nécessaires ?
Il semble chez les orthodoxes, il y a une tolérance sur le divorce parce qu’ils se basent sur la phrase de l’évangile « Quiconque répudie sa femme, si ce n’est pour infidélité, et en épouse une autre, commet un adultère », ce qui autoriserait à divorcer en cas d’infidélité de la part d’un des conjoints, et à se remarier après un temps de réflexion.
Concernant l’église catholique, l’indissolubilité du mariage est justifiée entre autres par la phrase du Christ « Ce que Dieu a uni, l’homme ne doit pas le séparer ». Pour les associations familiales catholiques, il faut donc surtout promouvoir l’unité des familles et la fidélité du couple.
Cependant, la procédure d’annulation existant, le plus sage serait peut-être de l’assouplir en la rendant plus rapide (il faut noter qu’on divorce plus facilement aujourd’hui parce que la femme est plus autonome financièrement, que la justice lui est très souvent extrêmement favorable et que les allocations diverses et variées lui permettent de suppléer à l’absence des revenus du père). Mais, Les divorcés, non remariés, sont membre de l’église, comme les chrétiens célibataires ou mariés. Quand aux divorcés remariés (ou vivant en concubinage), s’il est important qu’ils se sentent inclus dans la communauté de l’église, il semble tout aussi important de souligner la raison de la différence d’attitude vis à vis des sacrements légués par le Christ : cela ne vient pas de l’Église, mais de leur choix, à eux, de rompre leur engagement.
L’une des grandes difficultés de la demande d’annulation pour le demandant, étant la patience : attendre d’avoir la réponse du tribunal ecclésiastique avant de se remarier.
D’un point de vue pratique, il est des cas d’annulation le mariage où l’un des conjoints ne le demande pas, ou ne se conforme pas au délai ou aux règles ; mais dans ce cas, celui-ci tient-il vraiment à rester dans l’Église ? Il semble que la difficulté est pour celui qui n’est pas à l’initiative du divorce, mais qui le subit. Même s’il a souvent une part de responsabilité dans la rupture de son couple, lorsqu’il est face à l’infidélité de son conjoint, celui qui est « délaissé » doit non seulement faire face à toutes les questions matérielles, aux difficultés relationelles, mais aussi faire face à l’aspect spirituel. Là aussi, le regard que l’on porte sur l’autre soit doit d’être bienveillant, sans juger, mais sans nier non plus la différence et la rupture.
Si le Christ a bien sûr pardonné à la femme adultère, Il lui a dit « va ET ne pêche plus ». Il y a donc, normalement, volonté de ne pas recommencer, de s’éloigner du pêché. C’est là toute la difficulté, pour nous pêcheurs. Et la difficulté pour l’Église d’être accueillante, de ne pas juger, mais de rester le chemin enseigné par le Christ.

Q 39. Les normes en vigueur actuellement permettent-elles d’apporter des réponses valables aux défis posés par les mariages mixtes et par les mariages interconfessionnels ? Faut-il tenir compte d’autres éléments ? NON RÉPONDU

L’attention pastorale envers les personnes ayant une tendance homosexuelle (nos 55-56)

Q 40. Comment la communauté chrétienne accorde-t-elle son attention pastorale aux familles dont certaines personnes en leur sein ont une tendance homosexuelle ? En évitant toute discrimination injuste, de quelle façon est-il possible de s’occuper des personnes dans ces situations à la lumière de l’Évangile ? Comment leur proposer les exigences de la volonté de Dieu sur leur situation ?
Les parents qui découvrent qu’un de leurs enfants entretient une relation homosexuelle ressentent une détresse immense (cela arrive en général lors du passage à la majorité ou un peu après) d’autant plus grande qu’ils ont souvent un sentiment de culpabilité (qu’ai-je fait ou pas fait pour que ce malheur arrive ?). Ils ne savent pas à qui en parler car bien sûr les amis ne peuvent comprendre leur souffrance.
Les prêtres auxquels les parents viennent se confier sont forcement désemparés. En effet ces sujets sont très complexes (en effet il faut distinguer orientation homosexuelle, tendance homosexuelle, pratique homosexuelle ; distinguer homosexualité féminine et masculine -celle-ci étant liée à une violence en général implicite- ; évoquer une possible chasteté, etc…). Cela relève de la psychologie spécialisée ; le livre de référence écrit par un théologien moraliste sur la question est celui Xavier Thévenot écrit en 1985, réédité en 2006 et traduit dans de très nombreuses langues (mais il ne traite que de l’homosexualité masculine).
L’attention pastorale doit porter sur les parents qu’il faut soutenir dans leur épreuve.
La pastorale des personnes directement concernées est un sujet complexe qui n’a de rapport avec la pastorale du mariage et de la famille.

La transmission de la vie et le défi de la dénatalité (nos 57-59)

Q 41. Quelles sont les initiatives les plus significatives qui ont été prises pour annoncer et promouvoir efficacement l’ouverture à la vie, ainsi que la beauté et la dignité humaines de devenir mère ou père, à la lumière par exemple de l’Encyclique Humanae Vitae du Bienheureux Paul VI ? Comment promouvoir le dialogue avec les sciences et les technologies biomédicales de façon à ce que soit respectée l’écologie humaine de l’engendrement ?

Le dialogue avec les technologies médicales pourrait se fonder sur le rappel que le rôle de la médecine est, initialement, celui de soigner, de palier une incapacité physique, et non pas une aide technique pour améliorer son confort. Par ailleurs, la dimension écologique des méthodes de régulation naturelle des naissances permet de favoriser le respect de la personne tout en ne déréglant pas les équilibres hormonaux de la femme. L’importance est de souligner qu’elles taux d’efficacité équivalent à celui des méthodes de contraception chimiques : bien appliquées, les résultats sont les mêmes (réussite et « loupé »). Ces méthodes ont été testées dans certains essais cliniques : elles ont donc une « valeur » scientifique réelle même si le milieu médical français veut les ignorer.

42. Une maternité/paternité généreuse a besoin de structures et d’instruments. La communauté chrétienne vit-elle une solidarité et une subsidiarité effective ? Comment ? Propose-t-elle aussi courageusement des solutions valides au niveau sociopolitique ? Comment encourager l’adoption et la garde des enfants comme signe très élevé d’une générosité féconde ? Comment faire en sorte que les enfants soient élevés avec attention et respect ?
1/ Il semble, que les notions de famille nombreuse et d’ouverture à la vie, ne sont plus considérées par rapport à la richesse humaine qu’elles représentent, mais par rapport au coût financier qu’elles génèrent (les familles nombreuses qui ont la chance d’avoir 4, 5 ou 6 enfants bénéficient encore heureusement des aides venant de la politique familiale mise en place dans les années 50’). Lorsque des propositions redistributives sont faites, il est important qu’elles prennent en compte tout ceux que cela concerne : les familles avec enfants, mais aussi les familles sans enfants ou les célibataires. Aux familles avec enfant de ne pas exiger le même niveau de vie, que celui des familles sans enfants et aux personnes sans enfants de mesurer l’apport, la richesse de la présence des enfants des autres.

2/ Alors qu’il y a un grand nombre de couples qui ne peuvent pas avoir d’enfant, la situation de l’adoption en France devient catastrophique (cette année, il y a 20 000 familles environ ayant un agrément en vue de l’adoption en cours de validité, le nombre « d’adoptions nationales » est d’environ 800 par an (dont 500 pour les enfants nés sous X) et l’ordre de grandeur du nombre d’adoptions internationales sera sans doute de 1000 à cause de la fermeture des frontières suite à la loi Taubira de 2013 (et peut-être aussi l’affaire de l’Arche de Zoé)). Il conviendrait de tirer les leçons de cet état de fait. Outre le vote d’une loi abrogeant les dispositions de la loi Taubira, il faudrait revenir sur l’anomalie que constitue la possibilité légale de l’adoption pleinière par un célibataire.

3/ On peut aider à élever les enfants avec attention et respect en rappelant les règles élémentaires de respect, d’écoute, de don de soi, de maîtrise de soi, qui s’opposent à celles de « moi d’abord » et à « ma consommation en première priorité ».

Q 43. Le chrétien vit la maternité/paternité comme réponse à une vocation. Dans la catéchèse, cette vocation est-elle suffisamment soulignée ? Quels parcours de formation sont proposés pour qu’elle guide effectivement les consciences des époux ? A-t-on conscience des graves conséquences des changements démographiques ?
Dans la catéchèse, cette vocation à être parent n’est peut-être pas assez soulignée, car souvent présentée comme une évidence. Les parcours de formation pourraient peut-être inclure une véritable formation sur la contraception : ce qu’elle signifie, ce qu’elle est (chimiquement et naturellement). Il semble important d’insister sur la différence entre contraception et régulation des naissances, sur les aspects positifs (ou considérés comme tels) de la contraception, mais aussi sur les effets néfastes (effets secondaires, effet psychique, déresponsabilisation).
Informer, former, pour permettre d’agir en connaissance, en étant responsable de ses actes et en en assumant les conséquences ! mais une telle attitude est difficile : elle n’est pas dans l’air du temps.
L’implosion démographique de l’Europe semble n’émouvoir personne alors que s’il n’y a pas de réveil, les conséquences seront dramatiques notamment sur le plan culturel et social (par exemple l’Allemagne n’aura plus que 63 Millions d’habitants dont un tiers de plus de 65 ans).

44. Comment l’Église combat-elle la plaie de l’avortement en favorisant une culture de la vie qui soit efficace ?

En France et dans notre diocèse, plusieurs associations viennent en aide aux femmes tentées par l’avortement (dont le nombre en France ne cesse d’augmenter). Des associations ont mis en place des maisons d’accueil pour les femmes rejetées par leur famille parce qu’elles sont enceintes (exemple Maison El Paso dans notre diocèse). Par ailleurs plusieurs groupes de laïcs ont pris des initiatives de monter des centres d’écoute téléphonique dans toute la France pour permettre d’écouter la détresse de femmes déboussolées. Par exemple dans notre diocèse, certains participent à l’action nationale du site internet « ivg.net » qui renvoie directement sur un numéro vert dans lequel les écoutantes bénévoles se relayent tout au long de la semaine. Ces contacts permettent le dialogue, l’information des conséquences graves de l’avortement et l’aide concrète à travers des personnes-relais implantées localement, l’envoi d’une aide financière d’urgence ou la mise en contact avec des maisons d’accueil évoquées ci-dessus (sur un an et pour la France, cette action a permis de dissuader de l’avortement plus de 1.000 femmes).
Les chrétiens de France sont en fait les seuls à agir, dans la plus grande discrétion, face à « la plaie de l’avortement » qui est banalisée par les pouvoirs publics et que notre société refuse absolument de voir. Cette action où l’on ressent de grandes détresses et de multiples tensions, ne pourrait pas être poursuivie s’ils ne pouvaient bénéficier de l’aide et des conseils spirituels de plusieurs prêtres.

L’Église met en valeur la richesse de la vie en insistant sur l’importance de ces femmes délaissées ! Beaucoup de campagnes caritatives concernent ceux qui sont vivent dans ses situations de grande pauvreté matérielle au loin, mais s’occupe-t-on de la pauvreté morale et de la solitude humaine de ces femmes qui sont si proches ?

Le défi de l’éducation et le rôle de la famille dans l’évangélisation (nos 60-61)

Q 45. Accomplir leur mission éducatrice n’est pas toujours aisé pour les parents : trouvent-ils solidarité et soutien dans la communauté chrétienne ? Quels parcours de formation peut-on suggérer ? Qu’est-ce qui peut être fait pour que la tâche éducative des parents soit reconnue aussi au niveau sociopolitique ?
Les parents ne trouvent pas suffisamment de soutien dans la communauté chrétienne : de nombreuses écoles catholiques ne se sentent pas suffisamment concernés par l’accompagnement chrétien des enfants qui leur sont confiés. Elles devraient profiter de leur succès pour être capable d’assurer une transmission nourrissante du patrimoine culturel et intellectuel immense dont nous disposons, de la foi, et aider les parents à former des hommes unifiés et engagés soucieux du bien commun et non pas de simples agents de la société de consommation.
De plus, le rôle éducatif premier des parents est déconsidéré par les responsables socio-politiques ; une saine conception de la laïcité devrait permettre de financer de nombreuses activités éducatives.

En fait, il existe dans le milieu catholique beaucoup d’actions d’aide à l’éducation (même si elles ne touchent pas assez les périphéries et les publics peu christianisés et en difficulté). Il existe beaucoup de conférences éparses organisées par différentes associations (ex : Alpha parent, le CLER, groupes formant à l’écoute active, aux discernements des différents types d’intelligence, etc.). De plus, afin que les problèmes liés à la transmission et à l’éducation ne soient découverts trop tardivement par les parents, les Associations Familiales Catholiques ont développé depuis 25 ans des Chantiers-Education qui sont des lieux d’écoute, d’échange et de partage entre parents sur les questions d’éducation (il sont ouvert à toutes les personnes qui acceptent le cadre de références proposé dans le respect de la diversité des situations ; chaque chantier regroupe une dizaine de mères de famille se rencontrant une fois par mois autour d’un thème choisi par elles). Plutôt que des lieux d’apprentissage, ce sont des « chantiers » où l’on construit ensemble. Les chantiers-éducation des AFC sont de bons exemples d’initiatives efficaces qui seraient à généraliser.

Dans ces conférences/ateliers, il s’agit de conforter les parents dans leur mission éducative sur les bases d’une anthropologie chrétienne capable de répondre aux défis immenses de la société imprégnée par les idéologies de l’indifférenciation sexuelle, déboussolée par le relativisme, l’individualisme et le consumérisme.

Le manque de patronage est criant notamment pour toutes les familles dont les mères travaillent, ou sont seules, les familles nombreuses avec des moyens modestes ; de même les structures d’accueil périscolaires sont trop sécularisées (et avancer au maximum l’âge de l’entrée à l’école n’est pas une solution). Que les chrétiens s’engagent bien davantage à tous les échelons de la vie politique qui ne devrait pas être réservé aux « gens du métier ». Il faut qu’elles osent rappeler que ceux elles les « premières éducatrices de leur enfants (cf. Gaudium et Spes) et doivent faire valoir par exemple les parents doivent avoir le choix de l’École de leurs enfants (l’idéologie court dans certains milieux politiques que les parents éduquent par délégation de l’État !)

En conclusion, nous devons rappeler aux élus les valeurs universelles de la loi naturelle concernant la famille et son importance capitale pour l’équilibre de la société toute entière. Et faire comprendre qu’il n’y pas de meilleur investissement pour la société que de favoriser la famille au lieu de favoriser son éclatement par le divorce.

Q 46. Comment stimuler chez les parents et dans la famille chrétienne la conscience du devoir de transmission de la foi comme dimension intrinsèque à l’identité chrétienne ?
C’est bien le rôle prioritairement des paroisses que d’animer des rencontres de parents sur ce thème. Cela se fait déjà à travers les contacts établis à l’occasion du catéchisme ou des préparations aux premiers sacrements, mais de façon insuffisante. Il pourrait être utile d’organiser des catéchèses pour les familles à l’occasion du catéchisme des enfants (et pourquoi pas inciter à la prière en famille).

On peut rappeler aux personnes qui demandent le baptême pour leurs enfants que cela engage à une transmission du contenu de la foi, que les enfants sont des êtres qui leur sont confiées par Dieu. Ils doivent manifester la paternité et la charité divine. Il faut les encourager à une unité de vie, et leur dire qu’ils sont l’Église, qu’ils ont reçu le sacerdoce baptismal les appelant à évangéliser
De même, on peut rappeler aux parents inscrivant les enfants au caté que la foi se transmet par le témoignage vécu et qu’un chrétien qui ne fait pas vivre le christ en lui ne peut le transmettre ; et qu’ils sont les premiers éducateurs de leurs enfants (développer les dîner-caté en paroisse, les soirées spectacle rassemblant parents et enfants, les messes des familles, etc.)

À l’occasion de la célébration des mariages (où beaucoup de personnes éloignées de l’Église participent) il serait bien de proposer des enseignements sur la vie sacramentelle de l’Église (car les gens n’en saisissent pas la profondeur).




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