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Guide de lecture de l’Exhortation Apostolique Amoris Laetitia

La cellule d’accompagnement « Amoris Laetitia » constituée à la suite de l’exhortation apostolique du pape François a notamment reçu pour mission de rédiger des fiches de lecture et de travail pour aider les fidèles à entrer dans le corps du texte et pour aider à mettre en place des groupes de travail.

Introduction à « la joie de l’amour »

Une invitation adressée à tous
Le titre donné par le pape François à sa dernière exhortation « la Joie de l’Amour » se présente d’abord comme une invitation. Tout au long des chapitres, le Saint-Père nous invite à entrer dans cette joie promise par Dieu et donnée dans l’Esprit Saint. La joie est le premier fruit de la charité, c’est-à-dire
cet amour de Dieu auquel on s’associe en aimant nos frères (cf. CEC 1829). François invite à entrer dans un regard contemplatif qui reconnaît en toutes circonstances cet amour de Dieu pour l’homme.
Le Christ est mort et ressuscité pout tout homme. Chaque être humain bénéficie de cette grâce de salut. Faut-il encore le lui annoncer, le lui communiquer pour qu’il y consente. Telle est la joie du chrétien : annoncer l’Évangile. Cette joie de l’amour se vit de façon toute particulière au cœur de
nos familles. Jean-Paul II nous présentait la famille comme étant une « école d’humanité ».
N’est-ce pas, en effet, dans la famille que l’on découvre de façon toute particulière la faiblesse de l’homme, sa pauvreté, ses limites, mais aussi sa force, ses dons et ses richesses, sa joie d’aimer et de pardonner. Aimer l’autre de l’amour même de Dieu, c’est être pour lui porteur d’une bonne nouvelle : celle du salut qui le rejoint au cœur de sa faiblesse. Ce salut est source de joie pour l’Église.
C’est ainsi que nous comprenons la première phrase de l’exhortation : « La joie de l’Amour qui est vécue dans les familles est aussi la joie de l’Église » (AL 1).
La famille est appelée à vivre de cette joie de l’amour que l’Église lui transmet à travers les sacrements et la vie de communion, à travers le don que le Christ nous fait de Sa vie. La famille chrétienne est
une Église domestique, c’est-à-dire un lieu où cette Vie, ou ce Salut se communique par les relations. C’est pourquoi à la suite de Jean-Paul II (cf. FC n. 86), le pape François nous la présente comme
une bonne nouvelle (AL 1), nous invitant à nous mettre à l’écoute de « l’Évangile de la famille ».
Il s’agit de nous laisser évangéliser par elle, en découvrant la profondeur de cet amour qui l’anime.
Fort de la tradition ignacienne, le Saint-Père nous appelle à entrer dans l’esprit des Exercices Spirituels de saint Ignace : « La contemplation pour parvenir à l’amour » (ES 230-237, cf. AL 94).
Cette contemplation est ce qui caractérise au fond le regard chrétien, le sens du discernement.
À la suite du Christ, le chrétien apprend à recevoir toute chose comme venant « d’en haut »
c’est-à-dire dans l’Esprit Saint. Ou selon les mots même de Jésus adressés à Nicodème, il s’agit de vivre de notre baptême : « En vérité, en vérité, à moins de naître d’eau et d’Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Ce qui est chair est chair, ce qui est né de l’Esprit est esprit. Ne t’étonne pas,
si je t’ai dit : il vous faut naître d’en haut. Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix,
mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l’Esprit. » Nicodème lui répondit : « Comment cela peut-il se faire ? » Jésus lui dit : « Tu es maître en Israël, et ces choses-là, tu ne les saisis pas ? En vérité, en vérité, je te le dis, nous parlons de ce que nous savons et
nous attestons ce que nous avons vu ; mais vous n’accueillez pas notre témoignage » (Jn 3,5-11).
Pour renaître d’en haut, il faut accueillir le témoignage de Jésus, la parole de vérité qui rend libre (Jn 8,32). Sans cesse le Pape nous exhorte à entrer dans le regard de Jésus sur l’humanité, à faire nôtre son attitude, à nous configurer à sa personne. Le don que le Seigneur nous fait de Sa vie est
le lieu à partir duquel nous renaissons d’en haut, nous contemplons toutes choses comme venant d’en haut, c’est-à-dire à la lumière de l’amour de Dieu (cf. Col 3,1-4). C’est ainsi que la contemplation accroît le sens de la réalité, en particulier des réalités familiales, et que le discernement devient possible.
Dans le livret des Exercices Spirituels de saint Ignace, il est question d’un amour dont la seule cause est le Créateur et Seigneur de toutes choses (ES 184). Cet amour contemplé procure, selon saint Ignace, une consolation sans cause, dite « laetitia » (ES 316, version latine). Tout au long de l’exhortation,
le Pape décrit comment cet amour qu’est l’Esprit Saint (AL 11) anime la vie de famille. C’est pourquoi il faut apprendre à le reconnaître, pour le nommer et le choisir davantage.

Un Synode et une Exhortation
Une exhortation est un appel, une admonestation ou une recommandation adressée aux fidèles.
« Amoris Laetitia » est une exhortation post-synodale. Il s’agit d’un texte du Pape inspiré entre autres des résolutions des Pères du synode exprimées dans la « relatio » qui conclut l’assemblée extraordinaire de 2014 intitulée « Les défis pastoraux de la famille dans le contexte de
l’évangélisation » (plus restreinte) et l’assemblée ordinaire de 2015 intitulée « La mission de la famille dans l’Église et dans le monde ». L’exhortation s’inspire de la tradition qui la précède tout en intégrant les nouvelles problématiques et questions. En ce qui concerne la famille, il y avait eu le synode de 1980 « La famille chrétienne », qui avait donné lieu à l’exhortation Familiaris Consortio, et ensuite
La lettre aux familles (1994), qui est une méditation plus personnelle de Jean-Paul II. Dans l’un et l’autre document, Jean-Paul II contemple et décrit ce mystère chrétien qu’est la famille.
La démarche du pape François s’inscrit dans cette perspective missionnaire et explicite la façon dont nous sommes tous appelés à reconnaître comment la famille est porteuse d’une bonne nouvelle. Quelles que soient ses difficultés, souffrances ou impasses, comment y discernons-nous la présence de Dieu ? Le document propose une « une pastorale positive, accueillante, qui rend possible
un approfondissement progressif des exigences de l’Évangile » à l’image de Jésus qui, « en même temps qu’il proposait un idéal exigeant, ne renonçait jamais à une proximité compatissante avec
les personnes fragiles » (AL 38).
C’est en ce sens que le pape François interpelle les moralistes : « L’enseignement de la théologie morale ne devrait pas cesser d’intégrer ces considérations, parce que s’il est vrai qu’il faut préserver l’intégralité de l’enseignement moral de l’Église, on doit toujours mettre un soin particulier à souligner et encourager les valeurs de l’Évangile, surtout la primauté de la charité comme réponse à l’initiative gratuite de l’amour de Dieu » (AL 311). Cet appel fait écho à celui adressé par Jean-Paul II
dans l’encyclique Veritatis Splendor et qui souligne la nécessité de mettre en lumière « l’aspect dynamique qui est celui de la réponse que l’homme doit faire à l’appel divin en progressant dans l’amour au sein d’une communauté de salut » (VS 111). Amoris Laetitia montre comment la morale ne se comprend et ne se vit qu’à la lumière de cette dynamique spirituelle de la Parole de Dieu entendue et reçue par un cœur libre.

Pour approfondir :
Comment ces passages de l’Écriture (il faudra choisir) donnent-ils de mieux comprendre ?
o ce qu’est la joie de l’Amour ? Jr 33, 10-11 ; Ps 33 ; Lc 1, 26-38 ; Jn 15, 9-15 ; Rm 12, 9-13 ; 1 P 1, 3-9 ; Ga 5, 22
o ce qu’est une bonne nouvelle ? Is 52, 7 ; Lc 2, 10 ; Lc 4, 43 ; Mc 16, 15 ; Ac 20, 24 ; Col 1, 6
Comment comprenez-vous les objectifs de l’exhortation ?
1. « Chercher des solutions plus inculturées, attentives aux traditions et aux défis locaux ».
Car « les cultures sont très diverses entre elles et chaque principe général (…) a besoin d’être inculturé, s’il veut être observé et appliqué » (cf. AL 3).
Commenter ce rapport à la culture à la lumière de Gaudium et Spes 44, Familiaris
Consortio 10, Evangelii Gaudium n. 69 et n. 117
2. Valoriser les dons du mariage et de la famille, et à garder un amour fort et nourri de valeurs, telles que la générosité, l’engagement, la fidélité ou la patience (cf. AL 5).
3. Encourager chacun à être un signe de miséricorde et de proximité là où la vie familiale
ne se réalise pas parfaitement ou ne se déroule pas dans la paix et la joie (cf. AL 5).

Chapitre 1 : À la lumière de la Parole

En reprenant la parabole des deux maisons, l’une construite sur le sable, l’autre sur le roc (Mt 7, 24-27, AL 8), le pape convoque la liberté chrétienne : comment va-t-elle se situer ? La maison bâtie sur le roc signifie l’édification de l’homme avisé qui écoute la Parole et la met en pratique. Celle qui est bâtie sur le sable risque de s’écrouler. Elle représente l’homme insensé qui a entendu la Parole mais ne l’a pas mise en pratique. Dès le commencement de l’exhortation et tout au long du texte, l’évêque de Rome enracine sa démarche dans la Parole de Dieu. Le premier chapitre se présente ainsi comme « une ouverture inspirée par les Saintes Écritures qui donne un ton approprié. C’est, précise-t-il, « de là » qu’il convient de prendre « en considération la situation actuelle des familles en vue de garder les pieds sur terre » (AL 6). Comment comprendre cette affirmation ?
Comment reconnaître dans cet enracinement scripturaire « le lieu » à partir duquel il s’avère possible de considérer la situation actuelle des familles ? C’est notamment à partir du psaume 128 (commenté en AL 8, 14, 15, 23, 24) que François contemple la famille, celle que « la Parole de Dieu met entre les mains de l’homme, de la femme et des enfants » (AL 29). Ce qui caractérise cette prière, c’est qu’elle évoque l’expérience commune du peuple juif. Celle-ci se trouve exprimée dès le premier verset : « Heureux tous ceux qui craignent le Seigneur et marchent selon ses voies ! » (Ps 128,1). La béatitude dont il est question ici ne correspond pas à une visée lointaine. Elle est une promesse qui se réalise à travers l’histoire des générations,
dès le commencement de la création jusqu’à aujourd’hui (AL 9).

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Chapitre 2 : La réalité et les défis de la famille

Le second chapitre de l’exhortation Amoris Laetitia présente différentes situations familiales dans
le monde moderne et laisse apparaître la complexité et la diversité des situations conjugales et matrimoniales selon la géographie et les cultures.
« Le pape François perçoit la doctrine comme l’aujourd’hui de la parole de Dieu, Verbe incarné dans notre histoire, doctrine transmise en écoutant les questions qui se posent sur le chemin » . L’enseignement de l’Eglise sur le mariage et de la famille n’est pas un idéal abstrait (AL 36), il est une Parole qui nous éclaire, un Verbe qui se fait chair, qui rejoint les situations pour les éclairer. Reprenons quelques éléments de ce tableau dressé par François. Nous tâcherons ensuite de relever quelques principes de discernement. La famille a beaucoup évolué et connait des réalités très diverses selon les lieux où elle s’incarne. Il y a un certain nombre de défis à relever, entre autres celui du délitement de la vie et des liens familiaux (AL 50). Il se révèle par exemple dans la toxicomanie et la violence intra et extra familiale
(AL 51), alors qu’il est vital pour toute société de reposer sur des familles stables et pérennes (AL 50).

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Chapitre 3 : Le regard posé sur Jésus : la vocation de la famille

« Ce bref chapitre recueille une synthèse de l’enseignement de l’Église sur le mariage et la famille » (AL 60). La famille est le lieu de l’enseignement du kérygme, de la première annonce (cf. AL, 58),
mais cet enseignement est un message d’amour et non une pure défense d’une doctrine froide et sans vie (cf. AL 59). La famille, lieu de l’enseignement du kérygme, est aussi un lieu théologique, objet du kérygme. Le pape François articule ce chapitre kérygmatique en cinq courts paragraphes que nous présentons succinctement en résumant le propos, et en soumettant quelques pistes de réflexions, au fil de la lecture.

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Chapitre 4 : L’amour dans le mariage

Pour le pape François, l’amour conjugal et familial perfectionné par la grâce du sacrement fonde la fidélité et s’exprime à travers le don des époux . Il faut donc en stimuler la croissance, la consolidation et l’approfondissement (AL 89). Pour ce faire, il convient dans un premier temps de redéfinir ce qu’est l’amour. C’est à la lumière de la Parole de Dieu, de la Révélation, que le mot « amour » se comprend en vérité. La lecture et le commentaire que le Saint-Père propose de l’hymne à la charité (cf. 1 Co 13) confère à l’amour conjugal et familial toute sa dimension apostolique. Le chapitre 4 nous propose de redécouvrir l’amour au quotidien (AL 90-119) jusqu’aux transformations qu’il propose, en passant par les dimensions de sa croissance (AL 120-141) telles qu’elles s’expriment à travers les sentiments et la sexualité (AL 142-162). Le Pape nous invite à réfléchir sur cette croissance à la lumière de la virginité.

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Chapitre 5 : L’amour qui devient fécond

Le Pape ouvre ce 5ème chapitre avec une citation de Familiaris Consortio (n. 14) de saint Jean-Paul II qui situe d’emblée le lien entre l’amour et la vie : l’amour donnant toujours la vie notamment à travers l’enfant, et la vie appelant l’amour, appelant à être accueillie, attendue, et vécue fraternellement dans un esprit d’ouverture du cœur toujours plus large.

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Chapitre 6 : Quelques perspectives pastorales

Dans le sixième chapitre, le Pape présente cinq principaux défis, identifiés lors du parcours synodal, auxquels se trouve confrontée la pastorale de la famille. Afin d’ « accompagner les familles sur le chemin d’un amour fort, solide, durable, capable de tout affronter » (AL 200), ces défis devront donner lieu à des « propositions pratiques et efficaces, qui prennent en compte aussi bien les enseignements de l’Église que les nécessités et les défis locaux » (AL 199), propositions auxquelles l’exhortation nous invite à réfléchir.

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Chapitre 7 : Renforcer l’éducation des enfants

Aujourd’hui, la mission d’éducation est devenue plus complexe avec d’importants défis. Amoris Laetitia la présente de façon concrète en donnant bon nombre de conseils. Il est question de « renforcer l’éducation », d’y porter davantage d’importance avec cet axe qui revient à chaque paragraphe qui est de promouvoir des libertés responsables : ainsi nos enfants seront aptes à faire des choix à la croisée des chemins, « ils sauront que leur vie et celle de leur communauté sont dans leurs mains et que cette liberté est un don immense » (AL 262). La famille est un lieu de protection, d’accompagnement, d’orientation nécessaire à l’enfant pour qu’il s’épanouisse en sécurité : les risques « d’invasion nuisible », d’agression en tous sens existent, et l’enfant aura toujours besoin de parents « parlant avec affection et simplicité des choses importantes ».

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Chapitre 8 : Accompagner, discerner et intégrer la fragilité

L’exhortation Familiaris Consortio (1981) affirme que « l’être humain connaît, aime et accomplit le bien moral en suivant les étapes d’une croissance » (FC 34). Ce n’est pas une « gradualité de la loi » mais une gradualité dans l’accomplissement prudent des actes libres qui se vit grâce à « l’intégration progressive des dons de Dieu et des exigences de son amour définitif et absolu dans toute la vie personnelle et sociale de l’homme » (FC 9).

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Chapitre 9 : Spiritualité matrimoniale et familiale

Ce 9ème et dernier chapitre traite de la spiritualité propre à l’état de vie conjugal et familial. Cette spiritualité est fondée sur l’inhabitation divine au sein du couple et de la famille : la Trinité est présente dans le temple de la communion matrimoniale, tout comme elle habite dans les louanges de son peuple (cf. Ps 22, 4) (AL 314), et l’amour de Dieu trouve « une expression significative dans l’alliance nuptiale réalisée entre l’homme et la femme » (AL 321).
C’est donc une profonde expérience spirituelle de contempler chaque proche avec les yeux de Dieu et de reconnaître le Christ en lui (AL 323). Il s’agit une alliance matrimoniale et une spiritualité spécifique à vivre comme « Église domestique », pour être cellule vitale transformante du monde par sa dimension sociale (325).

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Conclusion
À plusieurs reprises, le pape François rappelle l’importance d’enraciner le discernement dans le témoignage de Jésus, dans l’Évangile, l’engagement pastoral se vivant dans une dynamique « d’approfondissement du kérygme » (cf. AL 58, 207), ce kérygme qu’il faut, selon ses mots, « faire retentir, à temps et à contretemps, afin qu’il éclaire le chemin », car « l’amour du Père qui nous soutient et nous promeut, manifesté dans le don total de Jésus-Christ, vivant parmi nous… nous rend capables d’affronter ensemble toutes les tempêtes et toutes les étapes de la vie » (AL 290). Dans l’encyclique Veritatis Splendor, Jean-Paul II décrivait déjà la façon dont nous pouvons, jusque dans les moments les plus obscurs de notre histoire, contempler la vérité et témoigner à travers nos actes libres de « la splendeur de la vérité ». La vérité dont il est question ne correspond ni à une certitude intellectuelle, ni à un système de valeurs qui proposerait des repères clairs, mais à l’offrande que Jésus fait de lui-même au Père (cf. VS 85-89) : « Le Christ crucifié révèle le sens authentique de la liberté, il le vit en plénitude par le don total de lui-même et il appelle ses disciples à participer à sa liberté même » (VS 85). Dans la même perspective, François explicite comment c’est en s’associant à cette action de grâce, à la mort et à la résurrection du Christ, dans le discernement et l’action pastorale, que les chrétiens s’ouvrent à de nouveaux espaces de liberté : « L’Église fait sienne l’attitude du Seigneur Jésus qui, dans un amour sans limite, s’est offert pour chaque personne sans exceptions » (AL 250). Si les situations difficiles nous donnent d’éprouver une forme d’impuissance, n’est-ce pas en effet pour qu’en Jésus nous puissions nous tourner vers Celui qui est à l’origine de tout bien ? Le Saint-Père insiste sur le fait qu’il ne suffit pas de se référer à la doctrine mais qu’il s’agit plus encore de la transmettre en acte, c’est-à-dire en nous associant à la mort et à la résurrection du Christ. Le kérygme se vit en termes d’intercession et d’action de grâces (AL 57). Je rends grâce au Père qui me donne « de reconnaître le Christ » à travers les personnes que je rencontre. « Cela demande, précise François, une disponibilité gratuite qui permette de valoriser » la dignité de toute personne. « On peut être pleinement présent à l’autre si l’on se donne, sans justification, en oubliant tout ce qu’il y a autour de soi ». Cette mort à soi nous tourne vers l’autre pour qui le Christ a donné sa vie. « Ainsi, l’être aimé mérite toute l’attention ». Nous pouvons alors nous référer à cette parole de Jésus : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » (AL 323). C’est dans cet Esprit qu’Amoris Laetitia reprend la parole de Saint Ignace de Loyola introduisant à la « Contemplatio ad amorem » : « l’amour doit se mettre plus dans les œuvres que dans les paroles » (ES 230, AL 94). L’acte de foi n’implique pas seulement le fait de se souvenir de ce que l’on croit. Plus profondément, il s’agit d’adhérer à la personne du Christ. C’est ainsi qu’il nous est donné de voir comment cet homme, cette femme, cet enfant, dans telle situation, se laisse assumer ici et maintenant par le Christ mort et ressuscité pour lui. Être témoin de la Vie qui se donne tout au fond des abîmes suppose que nous nous tournions vers Celui qui est source et maître de la vie. Il n’y a qu’à la lumière de son salut, de sa miséricorde, qu’il s’avère possible de se situer en vérité par rapport au bien. Ainsi est-ce « dans la famille humaine », alors réunie par le Christ, qu’est restituée « l’image et la ressemblance » de la Sainte Trinité (cf. Gn 1,26), mystère d’où jaillit tout amour véritable. Par l’Église, le mariage et la famille reçoivent du Christ la grâce de l’Esprit Saint, pour témoigner de l’Évangile de l’amour de Dieu » (AL 71). Lorsque l’exhortation dénonce « un idéal théologique trop abstrait » (AL 36), c’est pour nous rappeler à quel point il n’est pas juste d’aborder le mystère comme un idéal, puisqu’il n’y a pas de réalités plus profondes, plus hautes, plus larges, plus longues que le don que le Christ nous fait de sa vie, que l’amour de Dieu pour nous. « Le mystère de la famille chrétienne ne peut pas se comprendre pleinement si ce n’est à la lumière de l’amour infini du Père manifesté dans le Christ qui s’est donné jusqu’au bout et qui est vivant parmi nous » (AL 59). La doctrine morale est salutaire dans la mesure où elle témoigne de cette grâce à travers les réalités concrètes. Car c’est alors qu’elle devient éducative et missionnaire (AL 57), qu’elle ouvre un espace de vie et de cheminement, « un parcours dynamique de développement et d’épanouissement » (AL 37). Ainsi comprend-on comment le pape François commente la loi de l’amour (1 Co 13, AL 90-119), en mettant en lumière le sens de l’accomplissement et de l’intégration de l’existence dans le mystère pascal (AL 48), ce « lieu théologal où l’on peut faire l’expérience de la présence mystique du Seigneur ressuscité » (AL 317) : « c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25).

Prière à la sainte famille

Jésus, Marie et Joseph en vous, nous contemplons la splendeur de l’amour vrai, en toute confiance nous nous adressons à vous.
Sainte Famille de Nazareth, fais aussi de nos familles un lieu de communion et un cénacle de prière, d’authentiques écoles de l’Évangile et de petites Églises domestiques.
Sainte Famille de Nazareth, que plus jamais il n’y ait dans les familles des scènes de violence, d’isolement et de division ; que celui qui a été blessé ou scandalisé soit, bientôt, consolé et guéri.
Sainte Famille de Nazareth, fais prendre conscience à tous du caractère sacré et inviolable de la famille, de sa beauté dans le projet de Dieu.
Jésus, Marie et Joseph, Écoutez, exaucez notre prière Amen !

- Télécharger le guide de lecture Amoris Laetitia




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