Diocèse de Nanterre

newsletter
Notre diocèse
À la Une
Enfants / Jeunes
Prier et Célébrer
S’informer / Se former
Aimer et Servir
Contact Plan d'accès Recrutement Intranet

Homélie de Mgr Didier Berthet, pour l’ordination de David Antao Martins

Homélie de l’ordination de David Antao Martins

Nanterre, le 23 juin 2018

« Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles, parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger. »

Frères et sœurs, l’Évangile que nous venons d’entendre fait partie de ces moments très particuliers et émouvants où il nous est donné de partager comme « en direct » et en profondeur ce qui habite le cœur de Jésus. Comme le petit cercle des disciples qui l’entourent, nous sommes admis à vibrer au diapason de l’Humanité sensible et spontanée de Jésus, saisi de compassion pour une foule qu’il voit en déshérence. Comme à ses disciples, le Christ veut nous fait partager l’amour et la profondeur de son regard, ce regard qui vient rejoindre chacun des membres de cette foule dans sa soif d’Amour, de vérité et de plénitude de Vie, en un mot : dans son besoin et sa soif de SALUT.

Ce regard de Jésus, les disciples l’ont déjà rencontré, lorsqu’il s’est posé sur eux-mêmes. Ils n’ont pas pu y résister : la douce insistance de ce regard plein d’amour leur a fait quitter leur occupation et leur cercle familier pour accompagner le Seigneur en partageant sa vie sur les routes de sa mission. Sur les routes de Galilée, de Samarie et de Judée, les disciples à leur tour ont longuement REGARDÉ Jésus. Ils ont contemplé le rayonnement de sa personne, ils ont écouté attentivement sa prédication du Royaume de Dieu, ils ont vu les gestes de salut qu’il accomplissait. Ils ont progressivement reconnu (en écho une parole d’Isaïe que nous venons d’entendre) que l’Esprit du Seigneur était sur Lui, et qu’il fût bien possible qu’il soit ce Messie promis par les prophètes, venu annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres et guérir les cœurs brisés.

Mais dans « le moment évangélique » que nous venons d’entendre, Jésus oriente le regard de ses disciples vers la foule et vers le monde : il leur fait partager son regard plein de tendresse et de compassion, un regard qui vient des profondeurs du cœur de notre Dieu et qui passe, comme je l’ai dit, dans la sensibilité et le cœur humain de Jésus. Et cela se passe juste avant que Jésus appelle à nouveau, au nombre de douze, pour être ses envoyés, ses Apôtres.

Frères et Sœurs, ce moment évangélique, cette Parole de Dieu, nous concerne tous, tous qui que nous soyons, car c’est à tous que Jésus veut partager et son ONCTION et son REGARD. Dans quelques instants je chanterai pour vous la préface eucharistique pour une ORDINATION. Elle nous rappelle, je lis la prière de l’Église :
« C’est Lui (Jésus) (le seul Prêtre), c’est Lui qui donne à tous, à chacun d’entre nous, la dignité du Sacerdoce Royal… C’est Lui, encore, qui donne son Amour fraternel, choisit ceux qui auront part à son ministère en recevant l’imposition des mains. »

Il faut toujours le rappeler : tous les baptisés ont reçu l’onction qui les fait réellement prêtres. Ce sacerdoce qui nous est commun est une vraie participation à celui du Christ. Il nous habilite, il nous envoie, il nous oblige même à porter à nos frères la lumière de l’Évangile, à aller à la rencontre de nos frères en attente de dignité, d’amour, de Vie. Nous participons tous à cet envoi, en sachant aussi que nous sommes aussi ces pauvres qui ont besoin de la Bonne Nouvelle, du Salut et de la guérison de nos cœurs blessés et brisés.

Nous sommes tous appelés à partager le regard aimant du Christ sur le monde, à vivre au plus profond de nous-même, les sentiments qui sont dans le Christ Jésus, à faire en Lui de notre Vie une vivante offrande à la gloire du Père. C’est cela, frères et sœurs, notre sacerdoce commun.

Mais pourtant, comme nous le rappellent la foi et la prière de l’Église : « C’est Lui, Jésus, qui, dans son Amour fraternel choisit ceux qui auront part à son ministère en recevant l’Imposition des mains. »

Il y a donc ces quelques-uns, qui sont ici bien représentés et que je salue encore si fraternellement. Il y a donc ces quelques-uns choisis, comme David, pour le Sacerdoce apostolique. Ils ne sont pas choisis selon leurs mérites ou non pas en raison leurs qualifications spéciales, mais ils sont choisis par l’Amour du Seigneur (l’Amour du Seigneur pour son peuple d’abord et l’Amour du Seigneur pour eux). Et pour que cet Amour soit attesté, visible, communiqué au milieu des hommes, avec l’Autorité même du Seigneur.

Bien cher David, dans le chemin libre et patient qui t’a amené jusqu’à ce jour, tu as grandi dans le désir d’avoir part à un titre particulier au ministère du Christ et des Apôtres, comme prêtre. Comme les plus proches amis du Seigneur dans l’Évangile, tu as laissé son regard aimant se poser sur toi. Ce regard t’a permis de grandir en confiance et de répondre à son appel. Dans la prière, dans l’écoute de la Parole, dans ces longues années de formation, tu n’as cessé de regarder, de contempler le Christ et son Mystère, et d’y trouver la Vérité, le Chemin et la Vie, et pour tes frères.

Progressivement, aussi, le Seigneur a décentré et orienté ton regard vers le monde et vers l’Humanité tels qu’ils sont beaux et douloureux à la fois. Jésus t’a permis de regarder avec estime et amour tes frères et sœurs en humanité, il t’a permis de voir leur dignité, la noblesse de tout ce qui fait une vie d’homme en ce monde. Il t’a aussi montré la beauté fragile de notre Église ; il t’a fait rencontrer la dignité et la générosité de beaucoup de fidèles et de pasteurs dans le service du Christ.

Enfin, le Seigneur, dans son amour fraternel, dans son amour de prédilection pour toi, t’a permis d’embrasser son REGARD plein de compassion pour ses brebis en attente de Pasteurs qui les conduisent aux sources de la Vie. Ayant fait tien ce REGARD du Seigneur, tu vas maintenant recevoir son ONCTION au creux de tes mains ouvertes.

Oui, avec les mains vides et ouvertes, tu vas accueillir la grâce et la responsabilité d’annoncer l’Évangile avec autorité pour la joie de ceux qui entendront la Parole du Seigneur en entendant ta propre parole.
Tu auras la grâce immense de sanctifier la Parole de Dieu par l’Eucharistie et les autres sacrements, et le Seigneur guérira les cœurs brisés et les esprits abattus par ton ministère de la miséricorde.

Enfin, le Seigneur, à partir de cette onction que tu vas recevoir, te permettra de rassembler tes frères et sœurs dans la communion fraternelle de l’Église. Et tu la feras dans cette charité pastorale qui a déjà commencé de germer en toi, et qui est cet amour particulier, spécifique, que Jésus donne en partage à ceux qui ont part à son ministère, jour après jour, fidèlement.

Et cela sera ta joie et ta part d’héritage, chaque jour. Et cette joie, personne ne pourra te la ravir, comme l’a promis le Seigneur à tous ceux qui s’attachent à Lui et le servent fidèlement. Et cette joie, nous la partageons tous aujourd’hui avec toi, et elle est pour moi très intense et profonde, et je rends grâce au Seigneur : Parce que c’est Lui qui, dans son amour fraternel, t’a choisi pour avoir part à son ministère en recevant l’imposition de mes mains.

- Homélie de Mgr Didier Berthet, évêque de Saint-Dié


Bandeau pied de page

Évêché de Nanterre
85 rue de Suresnes - 92022 Nanterre cedex - Tél: 01 41 38 12 30



Mentions légales Plan du site