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Journal d’un jeune diacre en vue du sacerdoce

Pourquoi serai-je ordonné prêtre en juin ?

Publié par jeunescathos le 12 mai 2016 - À la Une, Journal d’un jeune diacre

Cédric sera ordonné prêtre dans son diocèse à Nanterre le 18 juin prochain. Il nous partage sa joie et ses questions.

Ça y est, c’est officiel !

L’annonce en a été faite dans les médias de mon diocèse : le 18 juin prochain mon évêque ordonnera trois prêtres. C’est une grande joie pour l’Église, et ce devrait donc aussi être une grande joie pour chacun de nous !

Ordination de prêtres
Ordination de prêtres
La vocation, un appel

C’est une joie toute particulière pour moi qui serai ordonné, que je voudrais vous partager : joie immense, en même temps que teintée de gravité, et aussi d’un certain vertige.

Joie de constater que ce que je porte depuis des années au plus intime de mon cœur est reconnu par l’Église. Et par la médiation de celle-ci, j’y vois, comme c’est le cas pour toute vocation (mariage, vie religieuse, vie contemplative ou dans le monde, et même certains métiers !) la confirmation de l’appel authentique du Seigneur.

Joie du don de moi-même, qui participe de mon humanisation et donc construit mon bonheur.

Joie aussi, de constater que je ne suis pas le seul, que le Seigneur appelle donc encore largement et que certains se risquent – pour leur joie ! – à y répondre.

En même temps que cette grande joie, mon cœur est aussi habité par un sentiment de gravité : le don que le Seigneur va me faire en me consacrant comme prêtre, c’est un don du Seigneur qui est purement gratuit, et qui ne dépend en rien de mes qualités ou de mes mérites propres. Et penser à l’abîme qui existe entre l’immensité de ce don et ce que je suis pour le recevoir me remplit de gravité.

Le mystère du prêtre
À côté de cette gravité, il y a aussi un certain sentiment de vertige : À vrai dire, plus je médite sur le mystère du prêtre, plus je me rends compte que le seul Prêtre au sens plénier du terme, c’est le Christ. Tous les hommes que nous rencontrons et dont nous disons qu’ils sont prêtres, ne le sont que par participation du Christ et à sa suite, pour poursuivre sa mission (cf. Mt 28, 18-20). Et aucun d’entre eux ne pourra jamais prétendre avoir parfaitement saisi l’immensité du mystère dont il est porteur, et donc l’immensité de sa dignité en même temps que de sa charge. Et penser cela est pour moi vertigineux.

Oui, le Christ est le seul à être Prêtre au sens plein du terme : lui seul est le parfait Médiateur entre Dieu et les hommes, lui seul est véritablement le »pont » – le pontife – entre le monde de Dieu, le paradis, et notre monde, encore en attente de la joie parfaite. Lui seul peut nous ouvrir les portes du Royaume, que nous avons fermées du fait de notre péché.

Continuer la mission du Christ
Seulement voilà, après que le Christ s’en fut retourné d’où il venait, il fallait des moyens, des »outils » pour poursuivre sa mission, et il a décidé que cela se fasse par des hommes qu’il choisit lui-même et à qui il a donné une mission spécifique. Nous le voyons, par exemple dans la fin de l’Évangile selon saint Marc et au début des Actes.

C’est donc par Sa souveraine volonté que des hommes deviennent le moyen par lequel Dieu se donne au monde et le monde peut s’élever vers Dieu. Par ces hommes, un canal est ouvert, qui permet la diffusion, l’effusion, de la grâce des sacrements jusque dans les moindres recoins du monde !

Prêtres, au service de leurs frères
Savoir cela devrait être pour chacun de nous la source d’une joie incommensurable et d’une reconnaissance sans fin envers Dieu, et sa prodigalité à vouloir nous sauver et nous communiquer son amour. Et aux prêtres, ce ne peut être qu’une source de saisissement et de vertige que de se savoir vecteur de la grâce de Dieu pour le salut du monde en général et de chaque personne en particulier. Oui, les prêtres sont donc au service de leurs frères : avec eux, ils sont baptisés, et pour eux, ils sont prêtres. Et aussi pour toute personne, quand bien même elle ne serait pas chrétienne : on est prêtre pour la joie du monde, pour porter cette joie qui vient de Dieu, joie qui vient du débordement d’amour de Dieu.

La vie fraternelle au séminaire

Publié par jeunescathos le 18 février 2016 - À la Une, Journal d’un jeune diacre, Vocations

Vous avez toujours voulu tout savoir sur la vie quotidienne d’un futur prêtre ? Suivez les chroniques de Cédric de la Serre ! À 29 ans, il a été ordonné diacre en juin 2015. Aujourd’hui, il partage avec nous la joie de la vie fraternelle au séminaire.
Quand on entre au séminaire, on ne choisit pas ceux avec qui l’on va vivre et être formé. On entre ainsi dans une communauté qui nous précède et qui est composée de pères formateurs et de séminaristes venant de différents lieux, chacun avec son parcours propre, sa vie et son histoire. C’est vraiment une communauté – et par elle une petite tranche de vie – que l’on reçoit et dans laquelle on peut deviner la providence de Dieu : le seul point commun entre tous, en effet, c’est de se reconnaître, de se croire appelé par le Christ à vivre pour lui comme prêtre et de s’y préparer. C’est beaucoup parce que c’est ce qui façonne et donne sens à tout le reste, mais à vue humaine, c’est peu !
Ainsi, quand je suis rentré au séminaire, il y a six ans, j’ai d’abord cru que face à la disparité des personnalités, des psychologies, et des modes de vie de chacun, la vie commune serait un fardeau, une épreuve à passer mais nécessaire pour devenir prêtre…
En fait, après 6 ans, je découvre que c’est une grâce et une merveille tout à fait uniques. Quel autre lieu m’aurait donné la chance de vivre une vie fraternelle si riche et si diverse ? Quelle institution m’aurait donné d’élargir mon horizon à des perspective inédites ? De nouer des amitiés profondes, de créer avec tel ou tel une relation authentiquement fraternelle alors qu’absolument rien dans le monde n’aurait permis que l’on ne se croise ?
J’ai ainsi vécu l’enrichissement du sens de la fraternité par la vie et la formation communes comme une chance pour le ministère de prêtre à laquelle je me prépare : en choisissant d’être célibataire, beaucoup, dans le monde, ne voient que le renoncement auquel je m’engage. Mais moi je vois aussi – et je le vis tous les jours ! – que le corollaire de ce célibat, c’est une capacité de fraternité universelle, possible uniquement par ma liberté : n’étant à personne, je peux être à tout le monde, n’ayant personne, je peux recevoir chacun comme quelqu’un d’unique. Je peux avoir une véritable disponibilité comme s’il n’y avait personne d’autre, parce que justement au moment même de la rencontre il n’y a personne d’autre, et mon cœur est tout disposé à aimer comme un frère le prochain qui passe sur ma route. Cette possibilité d’amour universel renvoie – certes de manière souvent un peu terne – à l’amour que Dieu a pour chaque homme, à l’amour dont le Christ a témoigné lors de sa vie terrestre. Chercher à imiter cet amour est une joie. C’est ma joie !

Cédric, 29 ans, diacre : entre les études et la paroisse

Publié par jeunescathos le 14 octobre 2015 - À la Une, Journal d’un jeune diacre, Vocations

Vous avez toujours voulu tout savoir sur la vie quotidienne d’un futur prêtre ? Suivez les chroniques de Cédric de la Serre ! À 29 ans, il a été ordonné diacre en juin dernier, ce qui lui permet déjà, avant de devenir prêtre dans un an, de célébrer des baptêmes, des enterrements, de proclamer des homélies à la messe … Voici quelques aspects de sa vie quotidienne !
L’organisation de mes journées, durant l’année que je passe comme diacre – entre mon ordination diaconale en juin dernier et mon ordination sacerdotale, qui pourrait être l’année prochaine – est partagée entre deux missions distinctes : l’essentiel de mon temps est consacré à des études universitaires, et la seconde moitié du temps va à un ministère de diacre en paroisse. Ce dernier est celui qui est le plus visible pour les paroissiens : prédications à la messe, baptêmes, préparations au mariage, enterrements, catéchèses…

Diacre en paroisse
Ce sont de belles missions, que j’aime accomplir et que je trouve pleines de sens. J’ai une grande joie à annoncer l’amour de Dieu à mes paroissiens (parce que, pour résumer, c’est bien de cela qu’il s’agit, aussi bien dans les prédications, les préparations au mariage et les autres ministères qui me sont confiés : annoncer l’amour de Dieu), amour qui se manifeste sous des formes diverses à chacun et à chaque étape de la vie. C’est beau, je trouve, de consacrer l’essentiel de mon temps à parler de l’amour !
Voilà pour ce qui relève de mon ministère proprement diaconal. C’est divers et donc aucune journée de ressemble vraiment à une autre.

Des études originales
À côté de cela, ce qui structure l’essentiel de mes journées, durant la semaine, et qui constitue comme la face immergée d’un iceberg, ce sont les études. Il s’agit là d’un mode de vie tout à fait ordinaire pour un étudiant : je vais en cours à la fac, j’ai des TD en petit groupe et des cours magistraux en grand amphi, des examens à passer, un bulletin de notes et à la fin, normalement, un diplôme. Rien que de très banal ici – et tout les étudiants s’y retrouvent – si ce n’est que les matières étudiées sont un peu originales. Un exemple ? « D’Origène à Grégoire de Nysse, l’esprit grec au service de la foi chrétienne ? ». Un titre un peu barbare pour un sujet en fait très intéressant qui mêle l’histoire, la théologie et même un peu de grec.
Ce que j’aime, dans mes études, malgré une certaine sécheresse inhérente, et, parfois, le stress des examens (!), c’est que ce sont des études que je trouve pleines de sens, très riches : le fil rouge est de voir comment Dieu nous exprime son amour, comment nous nous y prenons pour y répondre (souvent bien maladroitement) et comment Dieu essaie toujours de ramasser les pots cassés. Étudier cela, passer des heures sur cela est en fait très touchant. Ce ne sont ainsi pas des études qui ne touchent ou ne structurent que l’intelligence, mais aussi, et peut-être surtout, le cœur et l’âme.

La prière quotidienne
D’ailleurs, en parlant de cœur et d’âme, le « troisième mi-temps » qui occupe mes journées, c’est la prière. Je la vis comme un cœur à cœur avec le Christ, un moment privilégié qui unifie tout le reste et lui donne son sens. Oui, la vie d’un diacre, quoi qu’il fasse, est pleine de sens ! Mais cela seulement si l’on saisit qu’elle est reliée par des liens d’amour avec le Seigneur. Ainsi, chacune de mes journées commence par un temps long dans l’église de ma paroisse, encore vide, dans laquelle raisonnent les bruits de la ville qui s’éveille. C’est vraiment un moment privilégié qui me demande parfois (souvent ?) un peu effort, mais est source d’une grande joie et d’une grande paix. Je le vis comme un moment d’immersion dans l’amour.
Après cela, mes journées sont ponctuées, structurées, par ce que l’on appelle la Liturgie des Heures, ou le bréviaire, ces ensembles de petites prières – surtout des psaumes – qui permettent de s’arrêter, au cœur des activités de la journée, pour me recentrer sur l’essentiel, pour me remettre face à ce qui donne sens à tout ce que je fais. C’est comme une respiration, une grande bouffée d’air frais.
Enfin, sommet de tout et moment le plus précieux, la messe quotidienne, soit à la paroisse soit ailleurs, mais toujours calme et très priante. La messe, finalement, résume bien ce qu’est ma vie : une recherche d’une vie intime avec le Seigneur, d’écoute de ce qu’il veut me dire, de communion avec lui et avec tout son peuple, et d’appel à l’annoncer au monde entier.
D’ailleurs, une de mes joies, c’est que c’est le diacre qui, à la fin de la messe, envoie toute l’assemblée.

Journal d’un jeune diacre : Comme un voyage de noces

Publié par jeunescathos le 25 août 2015 - À la Une, Journal d’un jeune diacre, Vocations

Deuxième épisode du Journal d’un jeune diacre : Cédric de la Serre, 29 ans, raconte son expérience vécue en Terre Sainte après son ordination diaconale le 20 juin.

Les choix de vacances que l’on pose, quelques jours après une ordination, ne sont jamais anodins. Un peu comme pour un mariage, ils disent quelque chose de ce que l’on a vécu, et de la perspective avec laquelle on souhaite inscrire dans le temps ordinaire ce bel événement.

Une expérience œcuménique
Ainsi, partir en Terre Sainte pour faire un mois d’études bibliques, quelques jours à peine après mon ordination diaconale, avait un bon goût de voyage de noces. Grâce à l’Association pour l’unité des chrétiens, j’ai eu la chance de recevoir une bourse d’études à l’institut Tantur de Jérusalem. Tantur est un institut international, de langue anglaise, fondé par le Pape Paul VI à la demande des observateurs des autres confessions chrétiennes invitées au concile le concile Vatican II. Ces théologiens avaient eu le sentiment d’avoir vécu une très belle expérience dont ils souhaitaient poursuivre la dynamique. La réponse du Pape s’est donc concrétisée par la création de ce lieu dédié aux études dans une perspective œcuménique et dont la tutelle a été confiée à l’université Notre-Dame (États-Unis).
C’est dans ce cadre que j’ai eu la joie de vivre et d’étudier durant un mois des matières bibliques, théologiques, archéologiques et historiques, dans un groupe interconfessionnel d’une douzaine de personnes issue de six pays différents. Pour qui prend au sérieux l’enseignement du Christ –« Qu’ils soient un, Père, comme nous sommes Un », il s’agit là d’un vrai défi en même temps qu’une belle opportunité ! (voir le blog écrit à quatre mains, avec les autres boursiers français, et qui en dit un peu plus sur ce que j’ai vécu : http://apuctantur.blogspot.fr/)

Marcher sur la terre de Jésus
Parti quelques jours à peine après mon ordination diaconale, j’avais, en visitant les lieux saints et les lieux où vécu Jésus, le sentiment d’approfondir l’intimité de ma relation au Seigneur. Je n’aime vraiment qu’en connaissant, et marcher sur la terre de Jésus, voir les mêmes paysages, sentir quelque chose de l’ambiance, du climat, de la géographie… fait ainsi mieux connaître l’homme Jésus et par là mieux l’aimer. Il y a des choses, dans la révélation que Dieu fait de lui-même, que l’on saisit plus intimement quand on les a vues, touchées, senties.

Loin des images d’Épinal
Un exemple est frappant : les images d’Épinal qui nourrissaient mon imaginaire, les illustrations parfois un peu niaises des cahiers de catéchisme et la peinture sulpicienne me faisaient trop souvent extrapoler l’idée Terre Promise à partir de mon regard, très français. Sans confrontation avec la réalité, je l’imaginais comme un ensemble de collines verdoyantes, aux hautes herbes grasses et irriguées par de rafraîchissantes rivières, dans lesquelles paissaient de grosses et belles vaches et de gentilles petites chèvres. D’ailleurs, le psalmiste le dit : « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien ; sur des prés d’herbe fraîche il me fait reposer. Il me conduit vers les eaux tranquilles et me fait revivre »….
Or, cette fameuse Terre Promise, ce n’est ni la Basse-Normandie, ni les vallons suisses. Et c’est là qu’une visite sur le terrain permet de faire un pas dans une relation plus profonde avec le Seigneur et ce qu’il nous dit de lui-même : le livre de Josué décrit, après les années d’errance dans le désert, l’entrée tant attendue dans la Terre Promise, cette terre donnée par Dieu à son peuple, réputée « terre fertile où coule le lait et le miel » (Ex 3,8). Or, ce pays, plutôt qu’un vallon suisse, ressemble à s’y méprendre à un désert. En l’occurrence, à Jéricho – lieu d’entrée dans la terre promise -, le désert de Juda… Comment alors comprendre le don magnifique que devrait représenter la Terre Promise ? Comment saisir que ces pages de la Bible nous parlent à nous, aujourd’hui, et peuvent être la source de toute notre joie ?

L’expérience de la Terre Promise
En chrétien, je prends au sérieux la Parole de Dieu, et, si je ne peux pas avoir une lecture fondamentaliste de l’Écriture, je ne peux pas pour autant passer au-dessus de tel ou tel passage au nom du fait qu’il me semblerait irrecevable ou incohérent avec le reste.
Il me semble, de ce fait, que la visite de la Palestine permet de toucher du doigt quelque chose de l’expérience qu’ont fait les hébreux et dont les récits bibliques rendent compte. Cette expérience, le psaume 23 la résume très bien. Ce n’est rien de moins que la possibilité de clamer en vérité – et même au milieu du désert – « je ne manque de rien, sur des prés d’herbe fraîche Il me fait reposer ; Il me conduit vers les eaux tranquilles et me fait revivre ». Crier cela dans un désert lui donne une force bien supérieure à nos rêves romantiques de pays d’Auge éternel ! Oui, au milieu d’un désert aride et hostile, l’expérience de l’entrée en Terre promise nous permet d’affirmer que l’on ne manque de rien !

Une expérience spirituelle …
Cette expérience forte, et à mon sens tout à fait bouleversante, il me semble que c’est celle de la présence et de la prévenance de Dieu : en remettant notre vie dans les mains de Dieu, en le laissant en être le maître et la conduire, alors on entre dans la Terre Promise. Ainsi, « entrer » n’est plus à entendre essentiellement selon une perspective géographique ou topologique, mais bien spirituelle. D’ailleurs, les découvertes archéologiques – ou plutôt l’absence de découvertes de traces de la prise de Jéricho – va dans ce sens : ce qui est décrit n’a ainsi pas tant l’ambition de rendre compte d’un événement historique que d’une expérience spirituelle. Celle-ci n’étant plus tellement inscrite ni dans le temps ni dans la géographie, devient alors accessible à chacun.

L’expérience de jeune diacre
Faire cette expérience au lendemain de mon ordination diaconale donne à celle-ci une saveur renouvelée et encore embellie : Celui qui me conduit à travers le désert – c’est-à-dire l’aridité de ma vie peccamineuse et limitée – vers cette Terre Promise, et qui est en même temps le lait et le miel qui y coule, l’oasis d’eau et d’ombre au milieu du désert, c’est le Christ. Lui seul est le vrai repos auquel tous nous aspirons et pour lequel j’ai l’ambition de donner ma vie : en faire l’expérience est le point de départ de toute vie chrétienne, c’est une expérience de renouvellement de ma vie intime avec Jésus Christ, très opportune quand on est jeune diacre !

Journal d’un jeune diacre : l’ordination, « une grande joie » !

Publié par jeunescathos le 8 juillet 2015 - Engagements, Journal d’un jeune diacre, Ordinations, Vie Consacrée, Vie de l’Église, Vocations

Ordination diaconale à la Cathédrale de Nanterre
Cédric de La Serre a 29 ans. Il vient du diocèse de Nanterre, où il a été ordonné diacre le 20 juin dernier par Mgr Michel Aupetit. Dans le premier épisode de son « journal », il nous explique le sens de cette cérémonie marquante… « Revenir sur mon ordination diaconale et témoigner de ce que j’y ai vécu ne m’est pas facile, parce que les sentiments que j’y ai éprouvés sont assez ineffables, donc mon témoignage resterait assez superficiel. Parcourir un album photo de la célébration en dirait autant, et, pour peu que le photographe soit un peu doué, il le dirait avec plus de poésie…
…Ce dont je peux témoigner en revanche, c’est du sens que je donne à ce que j’ai vécu, à l’engagement pris. Être ordonné diacre en vue du sacerdoce, être tout simplement diacre, n’est pas un état transitoire, passager, quelque chose de l’ordre d’une ultime mise à l’épreuve avant de devenir prêtre. Ce n’est pas non plus devenir un sous-prêtre ou un super-laïc.
Alors, qu’est-ce qu’être diacre ? L’exemple d’une fresque de Fra Angelico

L’ordination de Saint Laurent comme diacre, Fra Angelico
Être diacre, selon moi, c’est faire – par l’intermédiaire du ministère de l’évêque -, un pas supplémentaire dans un chemin de vie pour la gloire du Seigneur et de son Église. Ce n’est donc pas d’abord une fonction ou un ensemble de choses à faire, de libertés perdues ou de pouvoirs nouveaux par rapport à la vie antérieure de laïc ; c’est un état, c’est-à-dire que cela transforme mon être en profondeur, quelle que soit ma manière de le mettre en œuvre et de le déployer.
Cet état, je le comprends de la même façon que Fra Angelico quand il a représenté saint Laurent dans la chapelle Nicoline du Vatican : Laurent reçoit sa mission de son évêque, Sixte, montrant par-là que le service rendu au peuple de Dieu et à l’Église par le ministère du diacre s’enracine et se vérifie dans la relation à son évêque.
Sur la même fresque, Laurent exerce ensuite sa mission au seuil d’une basilique, c’est-à-dire proprement là où l’Église s’ouvre sur le monde. D’ailleurs, dans les évangiles, le terme qui nous donne le mot diacre renvoie initialement au langage du repas et de l’hospitalité, ce qui met en avant la relation d’accueil fraternel entre le diacre et ceux qui profitent de son aide. « Diacre » est ainsi un terme de la vie quotidienne qui a un terrain d’application théoriquement presque illimité, ouvert à tous les besoins des hommes.
Diacre, « pour la gloire du Seigneur et le salut du monde »
Une troisième facette du ministère diaconal qui me séduit se retrouve dans l’Ancien Testament : L’Ancienne Alliance voyait dans le fait d’être esclave d’un grand personnage une forme d’anoblissement, d’un rang enviable dans la société (ainsi, tel le prophète Abdias, était-ce un titre de gloire que de se nommer ‘serviteur du Seigneur’). Je crois profondément qu’il n’y a pas de plus grande gloire ni de meilleur antidote à la vaine gloriole que de se faire librement serviteur de Dieu et de son peuple : comme saint Paul, j’ai l’ambition de mettre tout mon orgueil dans le Seigneur !
En recevant l’ordination diaconale par le ministère de mon évêque, je me suis ainsi mis à son service « pour la gloire de Dieu et le salut du monde ». La liturgie de l’ordination le montre de manière forte et très belle : l’engagement à se mettre au service de l’évêque se fait en mettant mes mains dans les siennes et en promettant d’obéir « à lui et à ses successeurs ». En mettant mes mains dans les siennes, c’est ma vie et ma volonté propre que je lui soumets.
Un autre geste fort, que l’on retient souvent, est le geste de la prostration : après que toute l’assemblée a invoqué l’Esprit Saint, l’ordinant se couche franchement à terre, en même temps que l’assemblée se met à genoux pour supplier Dieu et tous les saints du paradis d’intercéder et d’agir pour lui. Ces rites préparent les gestes qui vont justement faire de l’ordinant un ordonné : l’imposition des mains de la part de l’évêque, qui donne le Saint-Esprit, et la prière consécratoire qui, une fois encore, supplie Dieu avec insistance pour qu’il envoie le don de sa grâce : « Sois avec nous, Dieu tout-puissant, nous T’en prions, sois avec nous ».
Cette ordination fut donc une grande joie : celle de voir qu’à ceux qui se donnent, Dieu n’enlève rien mais enseigne à donner. Une grande joie ! »




Évêché de Nanterre
85 rue de Suresnes - 92022 Nanterre cedex - Tél: 01 41 38 12 30



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