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La miséricorde dans le judaïsme et dans l’islam

Dans la tradition biblique juive, où s’enracine la tradition chrétienne, la notion de miséricorde est à la fois d’une grande richesse et difficile à définir car elle déborde du sens strict du mot « miséricorde » qui, traduit
du latin, évoque la misère, la compassion et le pardon. Deux mots hébreux sont utilisés. Le premier est celui de RaHaMîn qui vient de la racine RHM (rehem) qui signifie utérus, l’organe qui donne la vie. Il évoque les entrailles, le coeur, l’instinct d’amour, de tendresse et de compassion que l’on éprouve pour l’être à qui
on donne la vie. Le second terme hébreu, Hesed, signifie la fidélité, la générosité. Ainsi dans le judaïsme, le premier acte de miséricorde est de transmettre et protéger la vie, mais un grand nombre d’actes témoignent de la réalité de la miséricorde : pitié, compassion, tendresse, amour, fidélité, grâce… Dieu se révèle progressivement avec son visage de miséricorde ; il prend le péché au sérieux mais sa patience est infinie. Dans la Torah il se présente à Moïse sur le Sinaï comme : « Éternel, Dieu clément, miséricordieux, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité, qui conserve son amour jusqu’à la millième génération, qui pardonne la faute, la rébellion et le péché, mais qui ne tient pas le coupable pour innocent, il se souvient de la faute des pères sur les fils, et sur les petits-fils jusqu’à la troisième et la quatrième génération » (Ex 34, 6s). Tout le travail de l’homme, sa créature, est de s’inspirer pour sa vie de ces treize attributs divins de la miséricorde. Dans l’islam, la miséricorde est très présente, aussi bien dans le Coran que dans la sunna. Elle fait partie des « Très Beaux Noms de Dieu ». Le musulman se confie en sa miséricorde et est invité lui-même à se montrer miséricordieux. Les cent quatorze sourates commencent toutes par « Au nom d’Allah le Tout Miséricordieux (al Rahim), le Très miséricordieux (al Rahman) ». La racine RHM est présente trois cent trente-neuf fois.
Comme le terme hébreu Rahum, il a une connotation féminine et renvoie aux entrailles maternelles. On distingue parmi les noms de Dieu ceux qui désignent des qualités d’essence comme al Rahman et ceux qui désignent des qualités d’action de Dieu comme al Rahim. Ainsi on a deux acceptions, l’une renvoie à l’être même de Dieu et l’autre à son agir. Le musulman doit vivre de cette miséricorde envers ses proches, parents, enfants, époux et envers toutes les créatures, y compris les animaux, en faisant preuve de compassion et envers les pécheurs en étant indulgent. Plutôt que de creuser le fossé des différences, juifs, chrétiens et musulmans peuvent contempler le mystère qui les unit : celui de la Miséricorde de Dieu, et en témoigner. Christian de Chergé faisait remarquer que « Le monde serait moins désert si nous pouvions nous reconnaître une vocation commune, celle de multiplier au passage les fontaines de miséricorde ».

Bénédicte RANCHON en collaboration avec Père Maurice AUTANÉ, Anne VIRY, Judith RUMANI et le Portail de la Liturgie Catholique


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