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Retour sur le jubilé de la catéchèse

Plus de 500 catéchistes (enfance, adolescence et catéchuménat) se sont retrouvés à la cathédrale Sainte-Geneviève de Nanterre dimanche 25 septembre, à l’invitation du pape François et en communion avec les catéchistes du monde entier pour vivre un temps d’échange, de communion fraternelle et de prière.

Enseignement de Mgr Aupetit

La joie d’annoncer le Christ au cœur de la catéchèse pour tous les âges de la vie, voici donc ce dont on m’a demandé de vous parler. Après avoir été un peu perplexe j’ai essayé de réfléchir à ce qui était le plus important dans l’énoncé du titre. La catéchèse ? Vous en êtes spécialistes et je risquerais d’être en deçà de ce que vous pouvez attendre. J’ai donc décidé de commencer par le premier mot que vous avez employé : la joie. Vous savez que c’est une constante de notre pape François. Il n’y a qu’à regarder les titres de ses exhortations apostoliques : « la Joie de l’Évangile », « la Joie de l’Amour ».
Dans la première, au numéro 9, il parle de « la douce et réconfortante de joie d’évangéliser. Le bien tend toujours à se communiquer ». C’est ainsi que l’on peut comprendre les phrases de saint Paul quand il écrit aux Corinthiens : « l’amour du Christ nous presse » (2 Co 5, 14). Et aussi « malheur à moi si je n’annonçais pas l’évangile » (1 Co 9, 16). Comment comprendre ces phrases un peu toniques ? Le pape François nous en dit le cœur au numéro 11 de son exhortation : « Dieu a manifesté son amour immense dans le Christ mort et ressuscité ». Il s’agit donc de partager une joie. Nous sommes chargés d’inviter le monde aux noces éternelles de l’agneau.

"La Joie de l’Évangile" est une joie missionnaire. Il suffit de prendre l’exemple des 70 disciples que Jésus avait envoyés pour annoncer l’évangile (Lc 10, 17) : « les 72 disciples revinrent tout joyeux » ce qui entraîne la joie profonde du Christ : « à l’heure même, Jésus exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint, il dit : « Père, Seigneur du Ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits ». Vous savez que le Pape nous demande de sortir de soi, de marcher, de semer toujours de nouveau et d’aller toujours plus loin, jusqu’aux périphéries. Ce qu’il nous propose c’est l’aventure de la joie.

Notre vocation est d’entrer dans la pleine union d’amour en Dieu. Puisque Dieu est la joie absolue, infinie et parfaite, la pleine union d’amour à Dieu donne la plénitude la joie. Ce que Dieu veut pour nous, c’est la joie, c’est nous donner la joie qu’il est lui-même. C’est ce que nous dit le Christ Jésus : « je vous ai dit cela afin que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite » (Jean, 15, 11). C’est une constante de la vie chrétienne que de trouver la joie profonde dans ce lien particulier à Dieu. On le trouvait déjà chez le prophète Isaïe : « je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu » auquel fait écho le Magnificat de Marie : « mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur ». Ce sera aussi une constante chez saint Paul : « soyez toujours dans la joie » (1 Th 5, 16) et aussi : « soyez joyeux et réjouissez-vous avec moi » (Ph 2, 18). De même saint Pierre « vous tressaillez d’une joie indicible » (1 P 1, 8).
De tout cela résulte la grande différence qu’il y a entre la joie ordinaire et la joie chrétienne. Habituellement on met sa joie dans les biens, les plaisirs et les succès du monde. Si ces biens, ces plaisirs et ces succès viennent à manquer, s’il arrive des privations, des échecs, des humiliations ou même de la souffrance, on tombe dans la tristesse en perdant la joie. Les chrétiens doivent trouver leur joie en Dieu qui seule est la source de la vraie joie. Cette joie trouve sa raison dans le triomphe pascal de Jésus sur le péché et sur la mort. Ce triomphe est déjà acquis une fois pour toutes et voilà pourquoi cette joie ne peut pas nous être retirée malgré les éventuelles privations, les échecs, les humiliations et même la souffrance. C’est ce qu’affirme le Christ : « personne ne vous ravira votre joie » (Jean 16, 22). EXEMPLE
Et cette joie qui se maintient à travers les échecs, les persécutions, a une grande valeur de témoignage apostolique. Si l’on voit quelqu’un à qui tout réussit dans ce monde personne ne s’étonne de ce qu’il soit dans la joie. En revanche, quand on constate la joie inaltérable et rayonnante de quelqu’un qui traverse la souffrance et l’échec, le monde ne comprend pas et s’interroge sur la source d’une joie aussi surprenante. Donc, la joie est missionnaire. On peut citer évidemment saint François de sales : « Un saint triste est un triste saint ». Mère Teresa, alors qu’elle éprouvait, comme beaucoup de mystiques, une nuit de la foi, a continué de rayonner de joie dont son célèbre sourire était le signe. C’est sa charité puisée dans l’amour de Dieu qui lui donnait une telle joie. L’âme joyeuse est apôtre. EXEMPLE (catéchuménat XIII).

La mission
C’est une constante dans la Bible.
Dieu ne cesse de dire : « je t’envoie ». Par rapport à cet appel les réponses sont différentes :
1/ Isaïe : « me voici, envoie moi » (Is 6, 8)
2/ Jérémie présente des objections (Jr 1, 6)
3/ Moïse réclame des signes (Ex 3, 11s) et refuse (Ex 4, 13)

Toutes les missions données par Dieu sont relatives au dessein de salut. Celui qui accomplit parfaitement le salut, c’est le Fils de Dieu, Jésus le Christ. C’est pourquoi Jésus est l’envoyé. Sa mission de salut accomplie, elle se perpétue dans son Église. Voilà pourquoi il envoie ses disciples en disant : « comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » (Jn 20, 21). Nous sommes donc envoyés pour perpétuer dans ce temps de l’histoire et dans le lieu où nous sommes, en raison de notre baptême, le salut opéré par le Christ. C’est ainsi qu’il faut comprendre ce que le concile Vatican II signifiait quand il a qualifié l’Église de « sacrement de salut ». Nous le savons bien, nous qui avons reçu la confirmation, c’est le Saint-Esprit qui rend témoins pour accomplir cette tâche de missionnaire.
Cette annonce de l’Évangile, il nous faut croire que c’est la plus belle œuvre de charité que nous puissions faire. Annoncer l’Évangile par la catéchèse, c’est être persuadé que nous apportons de la joie, du bonheur à ceux qui nous écouterons et qui seront capables de suivre le Christ au risque même, parfois, de changer de vie.

En sommes-nous persuadés et vivons-nous ce bonheur ? Le Christ a-t-il changé quelque chose dans ma vie pour que j’ai le désir profond de l’annoncer ? Suis-je persuadé que je fais du bien en le faisant ?

Pour terminer je citerai le pape François (E G 272) : « seul celui qui se sent porté à chercher le bien du prochain et désire le bonheur des autres, peut-être missionnaire ». Cette ouverture du cœur et la source du bonheur « car il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » (Ac 20, 35).

+ Mgr Michel Aupetit




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