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Le pape François propose un défi au Sommet humanitaire d’Istanbul

« Changeons nos modes de vie, nos politiques, nos choix économiques, nos comportements et nos attitudes de supériorité culturelle » : tel est le « défi » lancé par le pape François à l’occasion du premier Sommet humanitaire mondial d’Istanbul.

Le pape François a en effet adressé un message au secrétaire général de l’ONU, M. M. Ban Ki-Moon, à l’occasion du premier « Sommet humanitaire mondial », qui se tient à Istanbul (Turquie) lundi 23 et mardi 24 mai.

Ce message a été lu lundi 23 mai, par le cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin, représentant du Saint-Siège à ce Sommet.

« Aujourd’hui, je propose un défi à ce Sommet : écoutons le cri des victimes et leurs souffrances. Permettons-leur de nous donner une leçon d’humanité. Changeons nos modes de vie, nos politiques, nos choix économiques, nos comportements et nos attitudes de supériorité culturelle », écrit notamment le pape qui insiste sur le respect de la « liberté » et de « l’identité sociale et culturelle des peuples »..

Il exprime ce voeu : « J’espère que vos efforts pourront contribuer réellement à alléger les souffrances de ces millions de personnes afin que les fruits de ce Sommet puissent être démontrés à travers une solidarité sincère et un respect vrai et profond des droits et de la dignité de ceux qui souffrent à cause des conflits, de la violence, de la persécution et des catastrophes naturelles ».

Le pape François a évoqué ce sommet après l’angélus de dimanche en demandant la prière des catholiques à cette intention : « Demain s’ouvrira à Istanbul, le premier sommet humanitaire mondial, dont le but est de réfléchir aux mesures à prendre pour faire face aux situations humanitaires dramatiques causées par les conflits, les problèmes d’environnement et l’extrême pauvreté. Accompagnons par la prière les participants cette rencontre afin qu’ils s’engagent pleinement à réaliser l’objectif humanitaire principal : sauver la vie de tout être humain, sans exclusion, en particulier les innocents et les plus vulnérables. Le Saint-Siège prendra part à ce sommet humanitaire, raison du départ aujourd’hui du Secrétaire d’Etat, le cardinal Pietro Parolin, qui le représentera.

Quant au cardinal Luis Antonio Tagle, président de Caritas Internationalis, il a souhaité que ce sommet soit l’occasion dune vraie réforme du « système » en proposant un renversement : partir de l’action locale.

Message du pape François

Je tiens à saluer toutes les personnes qui participent à ce premier Sommet humanitaire mondial, le président de la Turquie, ainsi que les organisateurs de cette rencontre et vous-même, Monsieur le secrétaire général, qui avez appelé à ce que cette occasion soit un tournant pour la vie de millions de personnes qui ont besoin de protection, de soins et d’assistance et qui cherchent un avenir plus digne.

J’espère que vos efforts pourront contribuer réellement à alléger les souffrances de ces millions de personnes afin que les fruits de ce Sommet puissent être démontrés à travers une solidarité sincère et un respect vrai et profond des droits et de la dignité de ceux qui souffrent à cause des conflits, de la violence, de la persécution et des catastrophes naturelles. Dans ce contexte, les victimes sont les personnes les plus vulnérables, celles qui vivent dans des conditions de misère et d’exploitation.

Nous ne pouvons pas nier que de nombreux intérêts aujourd’hui empêchent les solutions aux conflits et que les stratégies militaires, économiques et géopolitiques déplacent des personnes et des peuples et imposent le dieu de l’argent, le dieu du pouvoir. En même temps, les efforts humanitaires sont fréquemment conditionnés par des contraintes commerciales et idéologiques.

Pour cette raison, ce qui est nécessaire aujourd’hui est un engagement renouvelé à protéger toutes les personnes dans leur vie quotidienne et à protéger leur dignité et leurs droits humains, leur sécurité et leurs besoins fondamentaux. En même temps, il est nécessaire de préserver la liberté et l’identité sociale et culturelle des peuples ; sans que cela ne conduise à des instances d’isolement, cela devrait aussi favoriser la coopération, le dialogue et surtout la paix.

« Ne laisser personne en arrière » et « faire de son mieux » exigent que nous n’abandonnions pas et que nous assumions la responsabilité de nos décisions et de nos actions envers les victimes elles-mêmes. Avant tout, nous devons le faire d’une manière personnelle, et ensuite ensemble, coordonnant nos forces et nos initiatives, avec un respect mutuel pour nos différentes capacités et domaines d’expertise, sans discriminer mais en accueillant au contraire. En d’autres termes, il ne doit pas y avoir de famille sans une maison, pas de réfugié sans un accueil, pas de personne sans sa dignité, pas de personne blessée sans soins, pas d’enfant sans son enfance, pas de jeune homme ou de jeune femme sans un avenir, pas de personne âgée sans la dignité due à son âge.

Puisse cette occasion permettre aussi de reconnaître le travail de ceux qui servent leur prochain et qui contribuent à soulager les souffrances des victimes de la guerre et des calamités, des personnes déplacées et des réfugiés, et qui se soucient de la société, en particulier à travers des choix courageux en faveur de la paix, du respect, de la guérison et du pardon. C’est une façon de sauver des vies humaines.

On n’aime pas un concept, on n’aime pas une idée ; nous aimons des personnes. Le sacrifice de soi, le véritable don de soi, découle de l’amour de… visages d’hommes et de femmes, d’enfants et de personnes âgées, de peuples et de communautés, ces visages et ces noms qui remplissent notre cœur.

Aujourd’hui, je propose un défi à ce Sommet : écoutons le cri des victimes et leurs souffrances. Permettons-leur de nous donner une leçon d’humanité. Changeons nos modes de vie, nos politiques, nos choix économiques, nos comportements et nos attitudes de supériorité culturelle.

En apprenant des victimes et de ceux qui souffrent, nous serons capables de construire un monde plus humain.

Je vous assure de mes prières et j’invoque sur les personnes présentes les bénédictions divines de sagesse, de force et de paix.

© Traduction de Zenit, Constance Roques




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