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Le Scoutisme

Sommaire
1. Les fondamentaux du scoutisme
2. La place unique du jeune dans son éducation
3. Une pédagogie de la foi
4. Reconnaissances institutionnelles et ouverture à tous
5. Grandes dates
6. Groupes scouts sur le diocèse

Août 1907. Lord Baden-Powell emmène de jeunes garçons camper sur l’île de Brownsea, pour vivre une expérience originale d’éducation. De tempérament débrouillard et passionné par les multiples possibilités offertes par la nature, Robert Baden-Powell, Général en retraite, a déjà pu constater ce dont les jeunes sont capables, pour peu qu’on leur confie vraiment des responsabilités. C’est la base de son projet : le jeune garçon sera son propre éducateur et la nature sera son cadre de jeu. Avant d’être une théorie géniale, l’intuition du Scoutisme est le fruit d’une expérience, le fruit de l’observation des jeunes et de leurs caractères, de leurs capacités.

De la petite expérience de l’été 1907 naît très vite un engouement qui dépasse les frontières et fait fleurir le Scoutisme au-delà des mers. Un livre, « Scouting for boys », s’adresse directement aux jeunes garçons pour leur proposer de vivre cette expérience : le retentissement est immense ! Dès 1909, 100 000 membres ont déjà rejoint le mouvement ! Son intuition porte tellement de fruits pour les garçons que les filles en bénéficient aussi, portant le nom de « Guides », et confiées à la responsabilité d’Agnès, soeur de Robert, puis d’Olave, son épouse. Des institutions, des rassemblements réguliers se mettent en place pour coordonner ce formidable mouvement naissant. La Première Guerre mondiale viendra ajouter aux désirs de Baden-Powell que le Scoutisme et le Guidisme soient de vrais facteurs de Paix dans le monde.

Dans l’esprit même de Baden-Powell, anglican, l’être humain doit être honoré dans toutes ses composantes, y compris la dimension spirituelle. Celle-ci est prise en compte dans les différents mouvements qui apparaissent selon le génie et la culture propres aux peuples locaux.

En France, le Père Jacques Sevin (Jésuite) et le Chanoine Cornette, qui le relaiera par la suite, sauront vite voir les atouts d’une telle méthode éducative et l’enraciner dans l’expérience chrétienne de l’Évangile. Il ne leur sera pourtant pas facile de faire accepter la richesse que peut apporter aux jeunes chrétiens de vivre cette expérience en y intégrant, comme allant de soi, une manière de la vivre inspirée des gestes et des paroles de Jésus lui-même…

Aujourd’hui, de la souche originelle, sont nés de multiples mouvements. Réalités mondiales qui dépassent les frontières et rapprochent les hommes et les femmes de tous les pays, de toutes les cultures, le Scoutisme et le Guidisme gardent toute la force de leur actualité ! Portant d’abord leur regard sur l’être humain plutôt que sur son environnement changeant, ils aident aujourd’hui, comme hier et demain, des milliers de jeunes à devenir eux-mêmes au service des autres et, pour ceux qui le confessent, de Dieu.

Père Yves Morel


1. Les fondamentaux du Scoutisme

Le Scoutisme est fondé sur une « Méthode » avec sept fondamentaux qui visent à assurer le développement de chaque jeune pour qu’il soit, selon le désir de Baden-Powell, un citoyen heureux, actif, utile et artisan de paix. Ils sont déclinés différemment selon les âges et selon les mouvements de Scoutisme.
- Le jeu : il est le ressort de l’auto-éducation par l’action. C’est en jouant selon les « règles du jeu » scout que le jeune développe lui-même ses ressources personnelles.

- La loi et la promesse : fondant l’engagement du jeune, elles expriment à la fois l’idéal poursuivi et la volonté d’y parvenir ! Si la Loi est un guide, un appel, la Promesse est un dynamisme : « faire de son mieux ».
- La symbolique : « vivre comme des scouts (éclaireurs militaires) » était l’imaginaire du camp de Brownsea. Le cadre symbolique est un des appuis du jeu. Il aide à sortir de soi-même, à prendre une juste distance pour grandir à travers réussites et échecs.
- La vie en équipe : l’équipe est la cellule de base du jeu scout. Elle est la petite cellule sociale où le jeune s’investit pour faire avancer le groupe, y prenant des responsabilités, en lien avec d’autres, dans le partage des tâches.
- La vie dans la nature : école d’humilité et d’émerveillement, la nature est le terrain de jeu privilégié. Espace extraordinaire de confrontation à soi et aux autres dans les activités, les contraintes de la vie simple, soumise aux éléments climatiques et aux lieux.
- La relation adulte-jeune : elle s’inscrit dans une relation éducative basée sur la confiance, le respect et l’exemplarité. L’aîné est là pour accompagner et aider le jeune à développer ses capacités et ses compétences. Cette relation suppose, de la part de l’adulte, compétence et humilité pour se mettre au service du jeune au rythme de sa croissance, mais aussi recherche de cohérence entre toute sa vie et le Scoutisme qu’il désire faire vivre aux enfants.
- La progression personnelle : elle vise à ce que l’éducation proposée prenne en compte la globalité de la personne. Cinq « axes de développement » aident le jeune à se situer dans ses différentes relations : relation à soi (formation du caractère), à son corps (santé et développement physique), au monde (créativité et sens du concret), aux autres (sens du service), à Dieu.


2. La place unique du jeune dans son éducation

La richesse de la Méthode Scoute est de mettre le jeune au cœur de son propre développement. Au sein de son équipe (ou sizaine ou patrouille) il assume une responsabilité au service des autres et de l’équipe : chef d’équipe, trésorier, animateur spirituel, responsable du matériel, etc… Il y découvre combien chacun est essentiel à la vie de l’équipe et de l’unité (l’ensemble des équipes de la Meute, de la Ronde, la Troupe, la Compagnie…). Il apprend ainsi à compter sur les autres comme on peut compter sur lui.

L’exercice de ces responsabilités conduit le jeune à valoriser ses compétences ou à en acquérir de nouvelles, pour les mettre au service de la collectivité. Chacun grandit ainsi en fonction de ce qu’il est, de ses attentes, de ses goûts, mais aussi à son rythme personnel.

La vie d’une unité Scoute ou Guide est également le lieu d’apprentissage de la parole et de la prise de décision. Une véritable expérience de dialogue est mise en œuvre pour associer les jeunes aux prises de décision concernant la vie de l’équipe, de l’unité, ou l’organisation des activités. Le jeune y découvre que sa parole aussi est importante et qu’il est acteur de sa vie.

C’est au cœur des jeux, des activités, et des démarches de progression personnelle que le jeune, par son entrain et son désir de les vivre, apprend à recevoir en donnant. L’atmosphère de jeu reste la clé de l’investissement de chacun !


3. Une pédagogie de la foi

La richesse du Scoutisme pour une pédagogie de la Foi a été très vite perçue par le Père Sevin et le Chanoine Cornette : vivre l’Évangile entre jeunes, dans la simplicité du quotidien. Le Scoutisme n’est pas le lieu d’un enseignement de la Foi mais de la découverte de celle-ci, présente en filigrane dans chaque activité, dans chaque journée… Partir, à la manière des Hébreux ou des disciples, parce qu’une parole nous a mis en route, en laissant le superflu. Camper sous la voûte du ciel, pour repartir ensuite, toujours en route vers un ailleurs où Dieu nous attend. Vivre dans la nature, y contemplant l’œuvre de Dieu, la respectant, la découvrant et en en tirant le nécessaire. Construire de ses mains une table, un autel et faire de toute chose une œuvre de création au service des autres, de la beauté ou de la louange…

C’est davantage encore dans les relations avec les autres que l’Évangile est vécu au quotidien : le regard sur le plus faible, la confiance les uns dans les autres, l’entraide et l’attention mutuelles sont autant d’occasions d’apprendre à aimer son prochain. La découverte de nouveaux pays, de leurs habitants, ouvre à la rencontre avec « l’étranger ». La relation de l’adulte envers le jeune peut devenir image de la relation de Dieu avec chacun de ses enfants : appel à devenir soi-même, dans la vérité de sa vie et le service du frère… Devenir les uns pour les autres, au sein de l’équipe comme au sein de l’unité, puis de la société, signe et serviteur du Christ présent à nos côtés. L’équipe et l’unité scoutes ou guides sont, avec les familles, les premières cellules dans lesquelles les enfants font l’expérience de la vie en Église.

La place formelle de la prière varie selon les mouvements mais elle vise toujours à faire ce lien entre le quotidien et les pages de l’Évangile, pour en écrire celles d’aujourd’hui. Chaque guide, chaque scout, quel que soit son âge, est invité à se mettre en route avec Jésus. Les engagements ou promesses des jeunes comme des adultes sont autant d’occasions de demander aussi l’aide de Dieu pour avancer, en recevant une bénédiction ou en liant la célébration à un temps de prière.

D’inspiration Jésuite, la proposition de la « relecture » permet, en reprenant ce qui a été vécu dans la journée ou une activité, d’en faire émerger la dimension spirituelle : derrière un jeu de ballon, « le concours de cuisine », « les olympiades » ou « l’exploration », derrière des joies partagées ou des difficultés traversées ensemble, se joue quelque chose de notre relation à Dieu dans nos relations à soi, aux autres, au monde, au concret… La dimension spirituelle est intimement liée aux quatre autres relations fondamentales du Scoutisme. Baden-Powell, s’il n’a pas créé un scoutisme Chrétien, réfute un scoutisme qui n’honorerait pas la dimension spirituelle de l’homme. Au sein des mouvements chrétiens, cette dimension spirituelle de l’être humain est prise en compte et vécue selon l’Évangile et la foi chrétienne.

Pour certains enfants ou jeunes, le Scoutisme est véritablement le lieu de la découverte de Dieu, qui peut conduire à poser des demandes sacramentelles (baptême, communion ou confirmation), ou qui peut faire découvrir le sens profond de démarches déjà posées… Et si, pour la plupart des jeunes adultes passés par le Scoutisme ou le Guidisme, ils y ont acquis des valeurs à vivre dans leur vie d’adultes de femmes ou d’hommes mariés, parents, engagés dans la société, d’autres y ressentent l’appel à se donner totalement à Dieu et aux autres, dans des vocations sacerdotales ou religieuses.


4. Un dynamisme et des adaptations

En France, de la racine a jailli plusieurs branches. Les Scouts de France (1920) et les Guides de France (1923) sont les premiers mouvements catholiques. En 1962, se crée l’Association des Guides et Scouts d’Europe, affiliée à l’Union Internationale des Guides et Scouts d’Europe. Dans le souci d’adapter la proposition aux jeunes dans leur époque, les Scouts de France avaient eu, au lendemain de la Guerre, des initiatives fortes pour dynamiser les jeunes ! En 1964, une nouvelle réforme des Scouts de France, suivie en 1966 par les Guides de France, sépare les 12-14 ans des 14-17 ans et inscrit les jeunes dans des démarches de « projets » ou « chantiers », plus citadines et plus techniques. En 1971, préférant conserver notamment l’unité de la tranche d’âge des 12-17 ans, une vingtaine de groupes s’associent pour créer les « Scouts Unitaires de France » (SUF), vite rejoints par des groupes Guides. En 2004, issu des deux anciens mouvements, naît le mouvement des Scouts et Guides de France.

Le Scoutisme proposé aux garçons s’est très vite étendu aux filles. Selon des modalités variées, les grands mouvements de Scoutisme en France proposent cette grande aventure aux garçons comme aux filles. Les Scouts et Guides de France ont choisi de les regrouper dans la même unité, tout en gardant des propositions spécifiques aux garçons ou aux filles. Les Scouts Unitaires de France et les Guides et Scouts d’Europe ont préféré conserver la séparation en unités homogènes.

Soucieux de s’adapter aux jeunes et au monde, chaque mouvement développe ses propres initiatives, pour répondre aux changements et aux besoins actuels : des propositions aux personnes handicapées à celles en direction des jeunes de milieux sociaux défavorisés, en passant par les adaptations aux plus jeunes.


5. Reconnaissances institutionnelles et ouverture à tous

Encadrées par des bénévoles qui ne comptent pas leur générosité en temps, les activités sont soumises à la réglementation de l’État. Celui-ci reconnaît, par la Loi, les spécificités du Scoutisme et de la formations des « chefs ».

La Conférence des Évêques de France reconnaît également les grands mouvements de Scoutisme catholique en France. Ceux-ci manifestent leur enracinement dans la vie de l’Église par la participation à certaines instances de réflexion pastorale comme aux activités paroissiales, diocésaines ou aux grands rassemblements type « JMJ ». Les Conférences Internationales Catholiques du Scoutisme (CICS) et du Guidisme (CICG), reconnues par le Saint-Siège, sont des lieux d’échange, de rencontre et de partage dans le domaine de la pédagogie religieuse et de la vie en Église.

L’Organisation Mondiale du Mouvement Scout (OMMS) et l’Association Mondiale des Guides et Éclaireuses(AMGE), chargés d’assurer le dynamisme du Scoutisme et du Guidisme et leur fidélité aux origines, reconnaissent une organisation scoute par pays. Pour la France, c’est le « Scoutisme Français », qui regroupe les Éclaireurs et Éclaireuses de France (laïcs), les Éclaireuses et Éclaireurs Israélites de France, les Éclaireuses et Éclaireurs Unionistes de France (Protestants), les Scouts Musulmans de France et les Scouts et Guides de France. La dimension internationale est présente de manière constitutive au sein de l’Union Internationale des Guides et Scouts d’Europe (15 pays actuellement).

Toutes ces instances sont des lieux de rencontre et d’ouverture à la dimension universelle, dans l’accueil de la différence et de la richesse de l’autre, dans des perspectives œcuméniques ou interreligieuses.

Père Yves Morel


6. Grandes dates
- 1857 - 1941 : Robert Baden-Powell.
- 1900 : siège de Mafeking, victoire obtenue grâce à de jeunes « éclaireurs » (« scouts »).
- 1907 : camp sur l’île de Brownsea.
- 1908 : publication de ‘Scouting for boys’
- 1909 : rassemblement de 30 000 jeunes au Crystal Palace de Londres.
- 1911 : premiers scouts catholiques à Nice.
- 1914-1916 : création des Louveteaux (8-12 ans) avec Véra Barclay.
- 1918 : création de la Route pour les plus de 17 ans
- 1920 : 1er Jamborée, rassemblement scout international.
- 1923 : création des Guides de France par Albertine Duhamel et Renée de Montmort.
- 1947 : Jamborée à Moisson, en France.
- 1958 : création de l’Association Française des Scouts d’Europe.
- 1963 : création de l’Union Internationale des Guides et Scouts d’Europe.
- 1971 : création des Scouts Unitaires de France.
- 1984 : 1er Eurojam (UIGSE).
- 2004 : création des Scouts et Guides de France.


7. Groupes scouts sur le diocèse :

Scouts et guides de France
- Scouts et Guides de France
Effectif : 3300
Contacts :
Paul Andreo
Email
site internet
Henri Segond
Email
Site internet
Site internet des scouts et guides de France








- Guides et Scouts d’Europe
Effectif : 1600
Contact : Élodie Vaucelle
Tél. : 06.67.91.78.40
Email
site internet





- Scouts Unitaires de France
Effectif : 1700
Contact : Nicolas de Watteville
Tél. : 01 41 90 19 19.
Email
Site internet






Lexique

- Farandole ou Sarabande : 6/8 ans (SGDF).
- Meute, Ronde, ou Clairière : 8/12 ans (SGDF).
- Troupe ou Compagnie : 12/14 ans (SGDF) ou 12/17 ans (AGSE et SUF) .
- Poste ou Caravelle : 14-17 ans (SGDF).
- Route ou Feu : les aînés (AGSE et SUF).
- Jeunes En Marche ou Compagnons : les aînés (SGDF).
- Sizaine : équipe de 6 à 8 enfants de 8 à 12 ans.
- Patrouille : équipe de 6 à 8 jeunes de la Troupe ou de la Compagnie (SUF et AGSE).
- Équipe : équipe de 6 à 8 jeunes de la Compagnie (SGDF et SUF).
- Maîtrise : les chefs et cheftaines (18-30 ans), cadres.




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