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Les fiches de l’équipe écologie du diocèse de Nanterre

Fiche N°1 - 2015 : une année à marquer d’une pierre blanche
« Comme une femme en travail, ce monde est secoué par les douleurs de l’enfantement… »

2015 restera dans les mémoires comme marqué d’une pierre blanche, tant sont nombreux les écrits et les événements qui nous sensibilisent aux défis de ce XXIème siècle.

Citons en quelques-uns :
• Le sommet des consciences en juillet organisée par Nicolas Hulot en vue de la Cop 21 (rencontre des instances religieuses et des responsables politiques),
• Les rencontres de l’Écologie Chrétienne, fin août à Saint-Étienne,
• Un nombre considérable de rencontres, d’articles, de prises de position…. Rarement (sinon jamais) la société n’aura été interpellée avec une telle force sur les enjeux auxquels doit faire face l’humanité en ce siècle.

Pour notre part, nous retenons trois événements :
• La révision des 8 Objectifs du Millénaire
Ces huit objectifs, forts d’un relatif succès, donnent lieu maintenant à 17 objectifs : les 8 précédents augmentés de 9 autres qui incluent entre autre la protection de l’environnement. Ces 17 objectifs qui courent jusqu’en 2030, deviennent ODD : Objectifs de Développement Durables.
• La Cop 21
La Cop 21, instance des nations engagées dans la lutte contre le réchauffement climatique sous l’égide du GIEC (Groupement International des Experts pour le Climat) se tiendra à Paris en décembre 2015. Cette réunion essaiera d’obtenir les conditions pour limiter la température moyenne du climat à 2 degrés à l’horizon de ce siècle.
À noter que la société civile souhaite faire entendre sa voix auprès des chefs d’états et jouera donc de ce fait un rôle significatif dans ce processus.
• Laudato Si
En juin 2015, le Pape François a émis une encyclique qui éclaire d’une lumière pénétrante, la véritable nature de l’enjeu et les vraies causes de ce dont souffre notre humanité aujourd’hui.
L’humanité est en vrai danger ; elle ne sortira de cette situation que si elle abandonne cette culture de mort qu’est
notre civilisation de jetable, de la croissance matérielle indéfinie.
Le Pape rappelle avec insistance la place des pauvres, ceux qui font partie des jetables !
C’est avec eux et eux seulement, que nous pourrons construire le monde de demain.
Le Pape en profite pour définir ce qu’est une véritable écologie, ce qu’il appelle l’écologie intégrale.

Questions
+ Certes devant l’abondance d’informations et événements, nous risquons de frôler l’over dose ! Mais n’allons-nous pas à l’inverse, ne pas nous saisir d’un texte (Laudato si) et d’un événement (la Cop 21) pour prendre conscience des enjeux considérables qui se jouent aujourd’hui ?
+ Ne sommes-nous pas inviter à réviser notre regard, notre mode de vie ? Loin d’être dominé par la peur, c’est à l’espérance active et vivifiante que nous sommes appelés !

- Télécharger la fiche n°1

Fiche N°2 : un mur qui croule fait plus de bruit qu’un arbre qui pousse

Nous avons vécu au sortir de la dernière guerre mondiale (39-45) le sentiment de vivre dans un monde aux ressources sans limites (« Les trente glorieuses »). Après les années de plomb il était bon de rêver, mais l’humanité fut rapidement rappelée à la réalité. Une étude au titre éloquent : « Halte à la croissance » dans les années 70, nous montrait que nous ne pouvions pas faire n’importe quoi avec notre planète bleue dont l’expédition Apollo en août 1969 nous donna des images d’une fulgurante beauté.
Alors ce fut la dure prise de conscience des défis auxquels l’humanité est aujourd’hui confrontée : à titre d’exemple nous découvrons que plus de la moitié des ressources
des océans ont été exploitées au cours des cinquante dernières années et que certaines espèces sont péchées au-delà de leur capacité de renouvellement naturel…. et nous pourrions continuer la litanie avec la surexploitation des forêts de Bornéo et en Amazonie… Ces constats sont vrais et très sérieux, mais ils ne doivent pas nous cacher le côté positif : la prise de conscience de l’humanité des défis auxquels elle est confrontée au cours de ce siècle. Les exemples fourmillent de réactions positives, par exemple, dans le domaine des énergies propres. La petite île de Sein passe l’énergie « tout diesel » au « tout vent et soleil ». Lorsqu’une idée passe le cap de la rentabilité industrielle, c’est la porte ouverte aux initiatives privées et publiques. Si nous faisons grand cas du vent et du soleil, l’énergie des volcans (géothermie) par exemple se répand abondamment dans la ceinture de feu du pacifique (Philippines, Indonésie..). Nous pourrions multiplier les initiatives qui vont dans le bon sens.

- Télécharger la fiche n°2

Fiche N°3 : vous avez dit ʺécologie intégrale ?ʺ

L’écologie nous savons tous plus ou moins ce que c’est ; Écologique : on l’est tous un peu, beaucoup, pas du tout ! Mais l’écologie intégrale telle que nous en parle notre pape François, de quoi s’agit-il au juste ? Cela a-t-il un rapport avec ce que nous appelons l’écologie profonde ?
Glossaire de l’édition de Laudato Si’ commenté par le CERAS, page 224 :
« …..L’expression s’inspire de celle de Paul VI dans Popularum Progressio de développement intégral : Le développement ne se réduit pas à la simple croissance économique. Pour être authentique, il doit être intégral, c’est à dire promouvoir tout homme et tout l’homme.
L’adjectif intégral ici vise à prendre en compte toute la complexité des enjeux. Il ne s’agit pas de l’écologie profonde qui risque de convertir au culte de la terre et de tout lui subordonner, mais d’un rappel que l’écologie touche en profondeur toutes les dimensions de notre vie, de notre civilisation, de nos modes d’agir et de penser. Il s’agit de se libérer du modèle technico-économique qui ordonne habituellement nos discours et les rend conforme à ses postulats pour tout résoudre. »

- Télécharger la fiche n°3

Fiche N°4 : comment la pensée sociale de l’Église dont fait parti Laudato Si’, est-elle perçue ?

Témoignage de l’équipe diocésaine de formation à la doctrine sociale de l’Église
• L’encyclique Laudato Si’ constitue le dernier chapitre remarquable de la doctrine sociale de l’Église. Elle l’actualise en fonction de l’évolution de la société et du monde dans lequel nous vivons et lui donne une impulsion très importante. Elle confirme l’extension du champ d’action de cette doctrine en y incluant pleinement l’écologie à
la suite du politique, de l’économique et du social.
• L’équipe diocésaine de formation à la doctrine sociale de l’Église, après avoir rencontré dans ce cadre 2 à 300 adultes et environ 2000 jeunes, se propose d’apporter un témoignage sur la manière dont est reçue, ressentie et vécue
la pensée sociale de l’Église dont cette encyclique fait partie. Elle espère que ce témoignage aidera à mieux promouvoir cette encyclique et mieux diffuser la pensée sociale de l’Église sur l’écologie humaine.
• L’existence de la doctrine sociale de l’Église est pour la plupart, jeunes ou adultes, à la fois une découverte,
un étonnement et une source d’intérêt.
- Une découverte, car il s’avère que peu de gens ont connaissance de cette doctrine. Les écrits du Magistère (Conciles, Encycliques, textes d’évêques etc…) sont peu connus, peu lus et peu étudiés par les personnes, même pratiquantes assidues. D’après le CERAS, centre d’études des jésuites dont l’une des taches est de promouvoir cette doctrine sociale, cette dernière est « un des secrets les mieux gardés de l’Église catholique » Aussi, même s’il nous semble que
cette encyclique devrait historiquement marquer son époque, il faut savoir qu’un effort particulier sera nécessaire si on veut que cette encyclique ne subisse pas le même sort que les précédentes.
- Un étonnement. C’est probablement là que réside la difficulté majeure rencontrée pour diffuser la pensée sociale et montrer l’intérêt de l’Église pour l’écologie. En effet, la question fondamentale que posent systématiquement les personnes qui suivent la formation est la suivante : Pourquoi l’Église a-t-elle ressentie le besoin de s’occuper de ces questions qui touchent au politique, à l’économique ou à l’écologie ? Pourquoi ne se contente-t-elle pas de rester dans le cadre des deux domaines, le caritatif et l’éducatif, domaines dans lesquels sa légitimité est généralement reconnue ? C’est ainsi que beaucoup s’étonnent qu’un évêque ait lancé une campagne sur le logement dans les Hauts-de-Seine ou que l’Église de France s’intéresse à la lutte contre les paradis fiscaux etc… Nous devons nous souvenir que les Papes, eux-mêmes, depuis l’origine (Léon XIII 1891) ont jugé utile de s’en expliquer dans le texte de leurs encycliques. Ils précisent presque toujours que l’Église n’est pas habilitée à apporter des solutions techniques aux questions posées, mais qu’elle s’exprime
« comme experte en humanité » (voir Paul VI Populorum Progressio) Le Pape François le redit dans Laudato Si’.
Dans nos réponses à ceux qui nous questionnent, nous faisons toujours référence aux Écritures, et plus particulièrement à la Bible, nous nous efforçons de montrer que non seulement il est normal que l’Église s’intéresse à ces sujets, mais aussi que la doctrine sociale de l’Église n’est pas une matière à option réservée à quelques spécialistes, ce que beaucoup de chrétiens croient.
L’exemple de l’encyclique Laudato Si’ qui invite à une relecture éclairée des récits bibliques de la Création aux premiers chapitres du Livre de la Genèse en est la plus parfaite illustration.
- Une source d’intérêt : cette doctrine et ces encycliques, que beaucoup de personnes découvrent, présentent pour eux, immédiatement, un vif intérêt ; intérêt dû probablement à l’aspect découverte mais, aussi et surtout, au fait que cette doctrine se situe dans le concret, parle de la vie, traite des problèmes d’aujourd’hui, justice sociale, solidarité internationale, avenir de la planète etc… C’est pour beaucoup une redécouverte de l’Écriture sous un angle
qu’ils n’avaient pas envisagé auparavant. Ce réel intérêt amène à regretter là aussi que cette pensée et les encycliques et textes qui la nourrissent soient autant méconnus.
• Mais le point le plus important n’est-il pas de montrer que cette encyclique, partie prenante de la doctrine sociale de l’Église, est une Bonne Nouvelle qui annonce le royaume de Dieu ?
On peut regretter que cette pensée sociale ne soit pas plus utilisée pour annoncer l’Évangile. La sortie de Laudato Si’ présente une opportunité intéressante car elle peut donner l’occasion de pratiquer une manière d’évangéliser peut être
un peu nouvelle. D’autant plus que la publication de cette encyclique intervient peu de temps après le synode convoqué par Benoit XVI sur « la nouvelle évangélisation »
D’une manière générale la doctrine sociale de l’Église est un levier puissant d’évangélisation, en particulier auprès
des jeunes, mais aussi des adultes, car elle apporte des repères irremplaçables pour éclairer les choix auxquels chacun, individuellement ou en groupe, est confronté dans la vie en société. Inscrite dans le souffle de Vatican II et puisant
ses sources dans l’Écriture, la doctrine sociale de l’Église, et particulièrement Laudato Si’, apporte aux chrétiens l’inspiration qui permet à leur foi de s’incarner dans le monde d’aujourd’hui.

Questions
La publication de Laudato Si va t-elle provoquer un changement :
+ Dans la manière de vivre ensemble ?
+ Dans la manière de vivre sa foi ?
+ Dans la manière d’évangéliser ?

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Fiche N°5 : le XXI° siècle sous le signe d’un kairos planétaire

Nous le savons, le XXI° siècle est un siècle singulier. Laudato Si’ dans son chapitre 1 nous rappelle la nature des défis que l’humanité doit affronter en ce siècle.
Surexploitation des ressources des océans, surexploitation des forêts dans certains pays, perte de la biodiversité, question de l’eau, inégalité planétaire…. Le réchauffement climatique apparaît dans ce contexte comme la fièvre qui ronge le corps malade de l’humanité.
Plusieurs attitudes se dessinent :
+ Le déni, c’est-à-dire le refus de voir en face la réalité de la situation
+ Le pessimisme : De toute façon c’est foutu alors profitons en un max !
+ L’église pour sa part développe une autre approche réaliste et fondée sur sa longue tradition chrétienne.
Ce défi auquel est aujourd’hui confrontée la communauté internationale peut être mis en résonance avec une figure majeure de la tradition chrétienne : le kairos. Cette notion grecque renvoie à une expérience particulière du temps, celle du « moment opportun ». Il s’agit d’un instant de grâce où tout peut basculer, mais cette ouverture au radicalement nouveau est toujours précédée d’un événement tragique.
On trouvera en annexe l’article de Mgr JL Brunin, évêque du Havre
Ni résolument pessimiste, ni naïvement optimiste, cette approche nous invite à croire « au possible » ; l’église (et donc l’humanité) n’est pas seule dans ce combat : le Christ est avec elle jusqu’à la fin des temps.
Texte de Mgr Brunin sur la notion de Kairos planétaire :
Ce défi auquel est aujourd’hui confrontée la communauté internationale peut être mis en résonance avec une figure majeure de la tradition chrétienne : le kairos. Cette notion grecque renvoie à une expérience particulière du temps, celle du
« moment opportun ». Il s’agit d’un instant de grâce où tout peut basculer, mais cette ouverture au radicalement nouveau est toujours précédée d’un événement tragique. Le kairos dit cette conjonction paradoxale entre la mort et la vie, entre
la perte et le nouveau possible. Les récits bibliques qui parlent du kairos illustrent bien ce paradoxe. Les évangiles utilisent ce mot au moment où Jésus sort de l’anonymat et commence sa vie publique. Un événement tragique est associé à ce début : la décapitation de Jean-Baptiste. Plus tard ce seront les disciples de Jésus qui partiront proclamer l’Évangile dans le monde entier, et encore une fois c’est la mort en croix de Jésus et l’expérience qu’ils font de sa résurrection qui en constitue l’événement déclencheur. Au moment où la réalité sombre dans le désespoir, le kairos désigne l’émergence d’un radicalement nouveau. Le dérèglement climatique pourrait être un kairos pour nos sociétés contemporaines.
Nous vivons en effet, la fin d’une époque et d’un modèle : le changement climatique en est le signe. Le modèle sur lequel les sociétés se sont développées est celui de la croissance économique et de la prospérité partagée. L’imaginaire de vie bonne de ce modèle de développement est fondé sur l’idée d’une production et d’une consommation en augmentation permanente. Or, ce modèle qui a permis une amélioration sans commune mesure des conditions de vie, notamment dans
les pays dits développés, se révèle aujourd’hui inviable à cause de l’épuisement et de la dégradation des ressources naturelles qu’il a provoqués. Les risques de mort associés au réchauffement climatique en sont la preuve. Serons-nous capables d’inventer une autre forme de développement et de dresser un autre imaginaire de la vie bonne ? Saurons-nous « choisir la vie » entre vie et mort, entre bénédiction et malédiction, comme nous y invite le livre du Deutéronome 1 ?

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Fiche N°6 : Migrations/réfugiés…une réalité à nos portes ?

Dans les années 70, un grand démographe français, Alfred Sauvy avait écrit un livre qui fit grand bruit à l’époque : « l’Europe submergée ». Près d’un demi-siècle plus tard ce pronostic est-il devenu réalité ?
Sommes-nous submergés ? Les quatre millions de Syriens, Irakiens ou afghans qui attendent (ou essaient de quitter les camps d’accueil) représentent moins de 1% de la population européenne ; peu de choses par rapport aux flux d’européens qui peuplèrent l’Amérique du Nord au 18/19éme siècle !
Pour autant, il serait dangereux de sous-estimer cette pression migratoire résultat
des guerres ou conséquences du réchauffement climatique et de la misère. Certes
c’est la responsabilité des autorités politiques d’agir, avec justice et respect, vis-à-vis de ces pressions migratoires qui continueront d’être le lot de ce siècle. Mais l’état ne peut pas tout faire.
À chacun d’entre nous d’ajuster son regard et ses actes, de mettre en œuvre son temps, ses moyens, sa compétence pour accueillir ceux qui, in fine, traversent les mailles du filet et arrivent dans notre ville, notre rue, notre escalier. Ils deviennent nos proches au vrai sens du terme.
C’est aujourd’hui, le moment de mettre en œuvre nos capacités d’accueil et d’entendre le message lancé en septembre 2015 par notre pape François (et aussitôt relayé par notre évêque et nos curés) de tout mettre en œuvre dans l’église pour recevoir dans la décence et dans la durée nos frères venus d’ailleurs.
C’est aussi le moment de se réapproprier les paroles de Jésus au jugement dernier :
Matthieu 25, 31- 46.
« …J’étais un étranger et vous m’avez accueilli… »

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Fiche N°7 : Relation entre la nature et la société qui l’habite

Le pape François nous dit dans l’Encyclique Laudato Si’ : « Quand on parle d’« environnement », on désigne en particulier une relation, celle qui existe entre la nature et la société qui l’habite. Cela nous empêche de concevoir la nature comme séparée de nous ou comme un simple cadre de notre vie. Nous sommes inclus en elle, nous en sommes une partie, et nous sommes enchevêtrés avec elle. Les raisons pour lesquelles un endroit est pollué exigent une analyse du fonctionnement de la société, de son économie, de son comportement, de ses manières de comprendre la réalité. Étant donné l’ampleur des changements, il n’est plus possible de trouver une réponse spécifique et indépendante à chaque partie du problème. Il est fondamental de chercher des solutions intégrales qui prennent en compte les interactions des systèmes naturels entre eux et avec les systèmes sociaux. Il n’y a pas deux crises séparées, l’une environnementale et l’autre sociale,
mais une seule et complexe crise socio environnementale. Les possibilités de solution requièrent une approche intégrale pour combattre la pauvreté, pour rendre la dignité aux exclus et simultanément pour préserver la nature. » (Paragraphe 139)
Ainsi on ne peut pas préserver la nature si on ne combat pas simultanément la pauvreté.
Lutter contre la pauvreté, rendre la dignité aux exclus préserver la nature font partie du même combat.

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Fiche N°8 : Prochain immédiat-prochain lointain : tous les deux sont mon prochain

L’écologie n’a pas de frontières géographiques ou politiques, la pollution non plus. De même avec la mondialisation nous sommes tous liés comme nous le rappelle souvent le pape François dans Laudato Si’.
Dans ce cadre, posons-nous la question : qui est mon prochain ?
La parabole du Bon Samaritain nous donne la réponse : le prochain ce n’est pas moi qui le choisis mais c’est tout homme que Dieu met sur mon chemin.
Lorsque j’achète une chemise en coton, est ce que je pense que le coton de cette chemise a, peut-être, été récolté par un jeune malien de huit ans qui a travaillé douze heures par jour sous le soleil et que ce coton a été, ensuite, tissé par une thaïlandaise dans une cave insalubre de Bangkok ?
Dieu a-t-il mis sur mon chemin ce jeune malien et cette thaïlandaise ?
Le vêtement que je porte, la nourriture que je mange, l’instrument que j’utilise etc… sont souvent confectionnés par des personnes de pays lointains, pauvres ou en voie de développement. Suis-je aussi sensible au prochain lointain qu’au prochain immédiat ? L’option préférentielle pour les pauvres nous incite à prendre pour critère, non pas le degré d’éloignement de la personne mais son degré de pauvreté.

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Fiche N°9 : Vous avez dit ʺTaxe carboneʺ ?

Le principe de la taxe carbone est à la foi simple est complexe. Simple dans son principe, complexe dans sa mise en place.
Si je suis un industriel qui émet du gaz carbonique (CO²), je participe au réchauffement climatique mais comme ça ne me coûte rien, alors je ne fais rien non plus pour réduire mon émission de carbone. Si à l’inverse la tonne de CO², émise par mon activité industrielle, me coûte de l’argent à travers une taxe, alors je chercherai à réduire l’émission de CO² dont je suis responsable pour limiter l’émission de gaz et donc mes frais (et non par philanthropie).
Pour être vraiment efficace au niveau du réchauffement climatique, il faut :
+ que tout le monde joue le jeu
+ et que le niveau de taxation soit dissuasif sans être non plus trop pénalisant.
En 1999 le protocole de Kyoto (COP 3) a réussi au niveau européen à mettre en place un tel mécanisme avec un certain succès. À cette époque les Américains et les Chinois n’étaient pas prêts à jouer ce jeu qu’il considérait nuire à leurs intérêts.
Mais les esprits évoluent et il se peut que la Cop 21 à Paris mette en place les bases d’un accord opérationnel en 2016 à Marrakech (Cop 22). Les choses vont lentement mais dans le bon sens car tout le monde est d’accord maintenant sur le fait que le réchauffement climatique dû aux gaz à effet de serre pénalise gravement tout le monde sans exception.
NB : CO² : gaz carbonique : Gaz dit à Effet de Serre (GES) au même titre que le Méthane et qui donc participe au réchauffement climatique.

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Fiche N°10 : D’un ennemi, faisons un allié !

Une prise de conscience planétaire est à l’œuvre. Plus personne ne conteste sérieusement
le réchauffement climatique.
Les causes de ce réchauffement sont maintenant relativement bien connues mais les effets beaucoup moins. Les chercheurs travaillent déjà depuis longtemps sur des alternatives aux énergies fossiles. Certaines sont très anciennes comme l’hydraulique, d’autres relativement plus récentes comme l’énergie du vent et de la mer et évidement l’énergie du soleil.
Mais c’est au niveau de nos propres modes de vie que les transformations et les gains les plus importants sont sans doute à attendre : isolement de nos maisons, modes de déplacement plus doux et économes, petits gestes dits « écolos »…. ; bref un autre rapport au monde, plus respectueux est à attendre de chacun de nous.
Et si le réchauffement climatique donnait naissance à un tout autre rapport au monde ? D’un danger nous ferions alors un allié pour retrouver pleine confiance dans l’avenir et respecter « notre maison commune ». N’est-ce pas cet autre rapport au monde auquel nous invite le Pape François avec son l’encyclique : Laudato Si’ ?

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Fiche N°11 : S’intéresser aux structures de la société pour favoriser une écologie intégrale

Pourquoi l’Église a-t-elle ressenti le besoin d’avoir une pensée sociale et de participer aux débats concernant l’écologie ou concernant la politique ou l’économie ? Pourquoi l’encyclique Laudato Si’
a-t-elle été écrite ? Pourquoi l’Église ne se contente-t-elle pas d’agir dans les deux domaines, le caritatif et l’éducatif, domaines dans lesquels elle a acquis une certaine légitimité ?
Pour répondre à ces questions il faut sans doute revenir à la Genèse, comme le fait le pape François dans Laudato Si. « Dieu a créé l’homme à son image ». Mais avons-nous pensé aux conséquences sur nos vies de cette phrase extraordinaire ? Vous et moi avons été créés à l’image de Dieu !
Nous devons, nous aussi, être créateur, c’est-à-dire poursuivre la création pour qu’émerge un monde meilleur plus conforme à l’évangile, un monde qui va vers le Royaume.
Il faut alors bien se rendre compte que l’homme a deux facettes : l’homme est à la fois un individu et il doit observer une morale individuelle, mais il est aussi un être de relation comme Dieu l’est lui-même (Dieu en trois personnes) inscrit dans une société et il doit œuvrer pour que les structures de cette société soient, elles aussi, morales.
Sommes-nous conscients que notre foi nous demande d’aller au-delà de la morale individuelle pour agir sur les structures de la société dans laquelle nous vivons ?
Les riches débats actuels concernant l’écologie et la publication de l’encyclique Laudato Si’ ne sont-ils pas des opportunités pour opérer une certaine conversion et dépasser le stade de l’individuel ?
Comment pouvons-nous agir dans nos entreprises, nos communes, nos associations mais aussi nos paroisses pour modifier des structures politiques, économiques, commerciales ou sociales pour qu’elles favorisent une écologie intégrale comme nous le demande le pape François ?

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Fiche N°12 : Vous avez dit ODD ?

Peut-être dans le bruit médiatique de cette année, nous avons perdu de vue la révision des objectifs du millénaire, que l’on appelle les OMD (Objectifs du Millénaire pour le Développement).
Brièvement rappelons-nous qu’en l’an 2000, l’ONU a interpelé quelques 190 nations, soient quelques 7 milliards d’habitants, pour agir conjointement dans le but d’éliminer l’extrême pauvreté (1,25 dollar par jour et par personne), éradiquer les grandes pandémies, lutter contre l’illettrisme, rendre aux femmes leur dignité (égalité de droits)…. Ces objectifs étaient au nombre de huit. Une clause indiquait qu’il fallait les évaluer en 2015, soit 15 ans après leur promulgation.
Même si les objectifs n’ont pas tous été atteints, louons les efforts et les résultats significatifs qui ont résulté de cette politique mondiale.
Forts de ces résultats, l’ONU persiste et signe en se donnant un nouvel horizon (2016/2030), caractérisé par 17 objectifs, dits ODD (Objectifs de Développement Durable).
Ces 17 objectifs intègrent les précédents et ajoutent des objectifs de développement durable (lutte contre le réchauffement climatique, protection de l’environnement…) qui seront officialisés en septembre à New-York. Le pape François honorera de sa présence et de sa parole cette rencontre à l’ONU. Il ne faut pas que la COP 21 occulte cet événement important.

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Fiche N°13 : Le climat : où allons-nous ?

L’évolution du climat mondial est problème de physique, appliquant les lois de la mécanique et de la thermodynamique, dont les données sont, d’un côté, les paramètres du climat (température, hygrométrie, pression, courants, concentration en gaz à effet de serre (GES), etc.), théoriquement connus en tout point de la planète, mais en fait en un nombre limité (3000 environ) de points de mesure ; et d’un autre côté des hypothèses sur l’évolution des émissions de GES (CO2, méthane, etc.) résultant des activités humaines.
Il est établi que le réchauffement climatique est causé par les émissions humaines de GES, provenant surtout de l’utilisation des combustibles fossiles, mais aussi des activités agricoles, de la production de ciment, des solvants, etc. Les grandes lignes sont les suivantes, à l’horizon 2100 :
Une augmentation de la température moyenne de la planète, atteignant 2 à 5°C, et variable selon les endroits : plus forte sur les terres que sur les océans, plus fortes vers les pôles que vers les régions équatoriales. Dans de nombreuses régions, les canicules et les incendies de forêt seront plus fréquents.
Une augmentation du niveau moyen des océans, de 40 cm à 1,20 m, due à la fusion de certains glaciers continentaux et polaires, et à la dilatation des eaux océaniques. La banquise du pôle nord verra son extension et son épaisseur fortement réduites.
Le régime des pluies sera perturbé, donnant lieu à des inondations hivernales (dans les régions tempérées) et à des sécheresses estivales en régions sèches.
Les événements extrêmes (ouragans, typhons) seront plus violents. Etc.
Si la température s’élève de 2°, les conséquences pour les humains seront graves mais supportables. À +5°, la situation sera hors de contrôle.
La perturbation du climat sera durable, même si les émissions de GES sont réduites. Cela tient au long temps de séjour du CO2 dans l’atmosphère, de l’ordre du siècle, et au fait que 93% de la chaleur gagnée par la planète est stockée dans les océans, où les phénomènes se déroulent souvent à l’échelle du siècle, voire du millénaire.

- Télécharger la fiche n°13

Fiche N°14 : Comment aborder un sujet scientifique complexe comme le climat ?

Le changement climatique est une question très complexe sur laquelle une personne, qu’elle soit scientifique ou pas, ne peut pas avoir par elle-même une opinion sérieuse. La connaissance progresse grâce aux apports complémentaires d’un grand nombre de spécialistes. L’apport de chacun se concrétise par des publications dans des journaux scientifiques dits "à comité de lecture" : le travail est publié après avoir été examiné et accepté par des experts indépendants qui connaissent le domaine. Sans garantir entièrement la validité du travail, cela permet la constitution progressive d’un corpus scientifique solide.
Plusieurs dizaines de milliers de chercheurs et d’ingénieurs travaillent sur les changements climatiques. La complexité est particulièrement grande : nombre de disciplines scientifiques concernées, quantité de données à recueillir sur toute la surface du globe, traitement quantitatif des données, modélisation. Les résultats sont ensuite évalués et ceux qui franchissent la barrière de l’expertise sont publiés. C’est cet ensemble d’informations publiées qui sont examinées par un organisme international, le GIEC, qui publie périodiquement des rapports de synthèse. Le GIEC ne dispose pas de laboratoire propre, mais il s’appuie sur les publications validées provenant d’un grand nombre de laboratoires de par le monde. Il s’intéresse particulièrement aux scénarios climatiques qui sont le fruit de différents modèles et qui convergent dans leurs grandes lignes. Les rapports du GIEC sont pris au sérieux par pratiquement tous les états de la planète. Les seuls qui les contestent sont les groupes américains ultra-conservateurs, soutenus par les industriels du pétrole et du charbon. Ces groupes sont généralement anti-scientifiques.
Nous avons tous rencontré des personnes qui contestaient certains aspects des analyses du GIEC.
Ces attitudes critiques ne sont pas illégitimes en soi, mais elles doivent être traitées comme l’est ce problème scientifique complexe : s’il y a des arguments, il faut les envoyer au GIEC qui les traitera comme un apport éventuel aux progrès des connaissances. Ils seront soumis à l’évaluation contradictoire de scientifiques compétents.
À lire :
Climat : le vrai et le faux (V. Masson-Delmotte, Le Pommier, 2011)

- Télécharger la fiche n°14

Fiche N°15 : La transition énergétique : un fardeau ou une chance ?

Dans le cas de la France, et en se limitant aux gaz à effet de serre provenant de l’énergie, la trajectoire +2° impose de diviser par un facteur 4, d’ici 2050, nos émissions de CO2.
Comme notre électricité est presque entièrement non carbonée, il faudra agir sur les secteurs suivants : les transports (produits pétroliers), les locaux (gaz et fioul), l’industrie et l’agriculture (gaz et charbon). Il faudra faire des efforts importants en matière de sobriété (par exemple se déplacer moins, avoir 19° au lieu de 21°), d’efficacité énergétique (mieux isoler les logements, prendre le train plutôt que la voiture). Il faudra remplacer presque partout pétrole, gaz et charbon par de l’électricité et par des énergies renouvelables thermiques (bois, biocarburants, géothermie, etc…).
Ces changements ont un nom : la transition énergétique.
Cela va coûter cher en investissements, et il faudra sacrifier quelques aspects de notre confort.
Mais il y aura des contreparties. Citons-en quelques-unes, dans le secteur des déplacements.
- Bouger moins permettra d’être plus présent, suivant le titre très judicieux de la brochure 2007 de Justice et Paix.
- En remplaçant le plus possible les voitures, motos, camions et avions par la marche à pied, le vélo, le métro ou le train, l’atmosphère sera moins polluée. Ce sera un plus énorme en matière de santé, sans compter que chacun fera plus d’exercice physique, et que nous serons moins agressés par le bruit.
- Vitesse réduite sur toutes les routes, ce sera autant de morts en moins.
- Covoiturage et autopartage seront des occasions de rencontres, qui pourraient être conviviales.
Par ailleurs, l’effort d’efficacité énergétique fait porter l’attention sur les victimes de précarité énergétique, qui devraient être aidées par les collectivités.
Et de même à l’échelle mondiale : les conférences sur le climat sont l’objet de marchandages qui semblent déplacés, mais elles sont aussi l’occasion d’aborder publiquement la question des peuples défavorisés, et peut-être de résoudre une part de leurs problèmes.

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Fiche N°16 : Pourquoi parler de justice climatique ?

Le réchauffement climatique se fait sentir sur toute la planète : tous les humains sont donc solidaires, tant au niveau des causes (émissions de gaz à effet de serre (GES) partout sur la planète) que des conséquences (nous allons tous en subir les effets). Mais nous ne sommes pas tous égaux :
il y a ce qu’on appelle une responsabilité "commune mais différenciée".
• Les GES actuellement dans l’atmosphère, qui vont y rester encore environ un siècle, sont essentiellement le fruit du niveau de vie des pays riches depuis quelques décennies. Les pays exportateurs de pétrole, surtout au Moyen-Orient, en ont aussi largement profité. A contrario, les pays pauvres en ont très peu émis.

• L’élévation de température, les sécheresses, les événements climatiques extrêmes et les effets de l’élévation des océans seront aussi très variables. Ce sont les pays pauvres qui souffriront le plus, et ce sont aussi leurs habitants qui ont le moins de moyens pour se protéger. Comparons par exemple les Pays-Bas et les îles du Pacifique dans leur capacité à se protéger contre l’élévation des océans.

La justice climatique, au niveau des négociations internationales, c’est ce qui permettrait de corriger ces inégalités. Il faut d’abord que le concept soit reconnu par les pays développés et par les exportateurs de pétrole. Les outils suivants pourront être utilisés :
- La répartition du produit de la taxe carbone (fonds vert en particulier). Ce produit devrait être affecté aux pays en fonction de leurs besoins : population, besoins de développement, intensité des dommages causés par le réchauffement. Reste un problème délicat : qui va payer, selon quels critères ?
- L’accueil des "réfugiés climatiques" car des migrations internationales de grande ampleur seront inéluctables. À titre d’exemple, les pays du pourtour méditerranéen vont voir leur production agricole chuter, alors que ceux du nord de l’Europe devraient bénéficier de conditions nettement plus favorables.
- Des mécanismes de transfert de technologie et de compétences en matière d’efficacité énergétique et d’énergies renouvelables.
Un autre aspect de la justice climatique, c’est d’accepter de faire des efforts pour que les générations futures ne souffrent pas trop et qu’elles disposent d’énergie pour répondre à leurs besoins.

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Fiche N°17 : Prendre soin de notre maison commune avec Laudato Si’

La dernière lettre encyclique du pape François, Lautato Si’, traite de « la sauvegarde de la maison commune ».
Notre « maison commune » dit encore plus que « famille humaine », expression déjà utilisée par des prédécesseurs du pape François : une maison commune, on est forcé d’y habiter ; c’est un foyer qui nous permet de vivre à l’abri, de s’y poser, de se retrouver. Et il y a un art d’habiter la maison, c’est l’éthique. La terre est l’habitat de l’homme et non pas un simple ensemble de ressources ou de biens de consommation à sa disposition. La maison est le lieu de la rencontre inévitable avec les autres – si elle est commune – et de l’accueil mutuel si cela doit être vivable… C’est le lieu
d’une solidarité qui s’impose. C’est un don reçu de Dieu et que nous partageons, si nous nous situons comme croyants.
Parler de « sauvegarde de la maison commune », cela signifie pour le pape la volonté de s’adresser à « chaque personne qui habite cette planète » (Laudato Si’ n° 3), sans exception, pour relever un défi qui appelle une réponse urgente.
Plutôt que le mot « sauvegarde » retenu pour la traduction française on aurait pu préférer l’expression « prendre soin » pour signifier ce souci que nous devons avoir de la maison commune. Prendre soin, faire preuve de sollicitude, comme auprès des malades, comme vis-à-vis de tous ceux qui souffrent ; or la terre est malade et les pauvres sont les premiers à en souffrir.
Pour méditer, échanger :
+ Qu’est-ce qui me fait le plus image quand j’essaye de réaliser que nous habitons effectivement une maison commune ?
+ Comment pouvons-nous rejoindre, comme chrétiens, tous les hommes sans exception pour relever le défi de la construction de l’avenir de notre planète (cf. Laudato si n° 14) ?
+ Quel lien personnel je fais entre la perspective de prendre soin des plus pauvres et celle de prendre soin de la planète ?

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Fiche N°18 : Changer notre regard sur l’homme dans le monde Laudato Si’

L’encyclique Laudato Si’ voit, au premier plan, dans les racines de la crise écologique une façon déviée d’envisager l’homme et toutes les capacités qui sont les siennes dans notre monde.
Le pape François ne remet certes pas en cause l’enseignement biblique traditionnel selon lequel l’homme occupe une place bien particulière au sein de la création, lui qui est créé « à l’image et à la ressemblance de Dieu ». Ce qu’il souligne, ce sont les déviances qui font que l’homme profite d’une position privilégiée – que l’Église a toujours reconnue et continue de reconnaître – pour agir comme un despote ne considérant toute chose et tout être qu’en les réduisant à son seul intérêt.
Et ce, alors même que l’homme a, du fait de la place qui est la sienne, la responsabilité de servir la création (de prendre soin de la maison commune ou tout n’est pas parfait, achevé) selon le plan de Dieu.
Car, comme il est écrit dans la Lettre aux Romains, « La création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu […] elle garde l’espérance, car elle aussi sera libérée de l’esclavage, de la corruption » (Rm 8, 19-21).
Pour expliquer les formes les plus modernes de ces déviances, le pape parle de « paradigme technocratique » (ou techno-économique). Il s’agit d’une posture de sujet dominant et voulant posséder tout objet, tout être, comme s’il n’existait pas par lui-même, sa réalité étant réduite à « quelque chose d’informe, totalement disponible pour sa manipulation ». Là se trouve, pour François, la racine de toute la crise que l’on connait aujourd’hui : « l’être humain et les choses ont cessé de se tendre amicalement la main pour entrer en opposition » (106).
Le paradigme techno-économique et ses pouvoirs dérivés sont à l’évidence un point clé selon François pour comprendre la crise et regretter « la faiblesse de la réaction politique » voire même « la soumission de
la politique à la technologie », l’intérêt économique – au service d’intérêts particuliers – en venant à prévaloir sur le bien commun (54). Il est donc vital de l’abandonner pour changer notre regard sur le monde et retrouver le sens d’un service véritable de la création.
Pour méditer, échanger :
+ Comment est-ce que je comprends la place de l’homme dans la création à partir de ces versets : Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme. Dieu les bénit et leur dit :
« Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la… » (Gn 1, 27-28) ?
+ Quel regard est-ce que porte sur la technique ? Sur les rapports de la technique, de l’économie et du pouvoir ? TSVP
Est-ce que le « paradigme technocratique » évoqué dans l’encyclique me parle ? Quelles illustrations j’en donnerai dans ce que je peux voir, entendre, rencontrer ou expérimenter dans ma propre vie ?

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Fiche N°19 : Une conversion : se bouger avec Laudato Si’

Malgré un constat sans concession de la situation, le pape ne désespère pas de la capacité des hommes à se ressaisir et à s’engager dans l’action pour la sauvegarde de la maison commune. Pour cela, il estime qu’il faut entrer dans une véritable « conversion écologique ». Et c’est d’ailleurs vers une telle conversion que converge l’encyclique au dernier chapitre (cf. n° 216-221).
La conviction de François est que, pour que les choses changent vraiment, « nous ne pouvons pas penser que les projets politiques et la force de la loi seront suffisants pour que soient évités les comportements qui affectent l’environnement » (123). L’enjeu étant intégral (celui d’une « écologie intégrale »), c’est à
une « conversion intégrale » que nous sommes appelés afin de retrouver « une relation saine avec la création » dont le modèle est donné par saint François d’Assise. Il s’agit d’une conversion qui, comme pour
toute conversion, « implique de reconnaître ses propres erreurs, péchés, vices ou négligences, et de se repentir de tout cœur, de changer intérieurement » (218).
Notons que cette conversion spirituelle est envisagée dans l’encyclique non seulement au plan individuel comme une conversion intérieure nécessaire pour l’action de chacun – notamment pour certains chrétiens qui « ont l’habitude de se moquer des préoccupation pour l’environnement » –, mais aussi comme une conversion à envisager au plan communautaire sachant qu’« on répond aux problèmes sociaux par des réseaux communautaires, non par la simple somme de biens individuels » (219).
Nous convertir sous le regard de Dieu pour nous bouger, c’est sans doute d’abord entrer dans un « mouvement de décentrement », ne plus se sentir comme le centre du monde (cf. fiche « Changer notre regard sur l’homme dans le monde ») pour réapprendre à faire alliance avec toute chose, avec tout être. Telle est la proposition du pape : « J’invite tous les chrétiens à expliciter cette dimension de leur conversion, en permettant que la force et la lumière de la grâce reçue s’étendent aussi à leur relation avec les autres créatures ainsi qu’avec le monde qui les entoure, et suscitent cette fraternité sublime avec toute la création, que saint François d’Assise a vécue d’une manière si lumineuse » (221).
Pour méditer, échanger :
+ Comment est-ce que j’expliciterais, personnellement », cette dimension de la conversion à laquelle je peux me sentir appelé (dans mon style de vie, mes attitudes face à la nature, aux autres, à Dieu) ?
+ En quoi je peux être soutenu dans ma vie de foi pour entrer dans cette conversion, me mettre en mouvement ?
+ Comment pouvons-nous nous aider les uns les autres et déjà en Église ?

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Fiche n°20 : Prière avec toute la création

« Pour la tradition judéo-chrétienne dire « création » c’est signifier plus que « nature » parce qu’il y a un rapport avec un projet de l’amour de Dieu dans lequel chaque créature a une valeur et une signification.
La nature s’entend d’habitude comme un système qui s’analyse, se comprend et se gère, mais la création peut seulement être comprise comme un don qui surgit de la main ouverte du Père de tous, comme une réalité illuminée par l’amour qui nous appelle à une communion universelle ». Laudato Si’ n°76
« Dans l’eucharistie, la création trouve sa plus grande élévation. La grâce qui tend à se manifester d’une manière sensible atteint une expression extraordinaire quand Dieu fait homme se fait nourriture pour sa créature. Le Seigneur au sommet du mystère de l’Incarnation, a voulu rejoindre notre intimité à travers un fragment de matière […]. L’Eucharistie unit le ciel et la terre, elle embrasse et pénètre toute la création.
Le monde qui est issu des mains de Dieu, retourne à lui dans une joyeuse et pleine adoration […].
C’est pourquoi l’Eucharistie est aussi source de lumière et de motivation pour nos préoccupations concernant l’environnement, et elle nous invite à être gardien de toute la création ». Laudato Si’ n°236

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Fiche N°21 : Avoir 20 ans et l’écologie aujourd’hui

C’est être né avec un fait avéré
Nos activités détruisent la création et menace la vie des plus fragiles.
C’est s’interroger
Pourquoi plus de 40 ans d’alerte du monde scientifique, philosophique avant que le monde se réveille ?
Pourquoi encore maintenant la course au profit et le courtermiste au détriment du respect de l’environnement ? Du prochain ? De la vie ?
Avoir 20 ans et l’écologie aujourd’hui c’est
Cette sensation d’endosser une responsabilité lourde qui aurait dû être partagée par les générations précédentes et qui ne l’a pas été.
Refuser de baisser les bras pour au contraire se lever et agir dans les gestes quotidiens et dans des engagements plus forts.
Ne pas se savoir des saints et reconnaître les dépendances que nous avons : aux outils technologiques, aux transports motorisés, à une nourriture industrielle...
Avoir fait l’expérience d’une sobriété heureuse, de nouvelles formes d’échange, de consommation et savoir que l’homme s’épanouit dans cette générosité, cette gratuité, ce vivre ensemble.
Croire en la bonté des hommes, ne pas douter du bonheur qu’ils éprouvent à partager
Et
Savoir qu’un monde plus juste et plus beau passera par le respect de la création.

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Fiche N°22 : Faire de l’écologie mon métier

La transition écologique implique la création de nouveaux métiers et la modification d’autres dans les domaines :
De l’énergie : où l’efficacité, la sobriété et les énergies renouvelables doivent être les maîtres mots.
Du transport : Premier contributeur de gaz à effet de serre, il nous faut développer les transports collectifs, améliorer les transports individuels et développer d’autres modèles d’aménagement du territoire.
De l’éducation : Pour éduquer au respect de la création et de son prochain.
De l’agriculture : à la croisée des mondes entre acteur du réchauffement climatique et faisant partie de la solution, il nous faut développer les modèles résilients (agroécologie, agroforesterie, permacultures) qui contribuent à limiter
le réchauffement climatique.
De la Finance : Pour qu’elle soit au service de l’économie réelle et des projets en faveur de la transition écologique.
Au-delà de cette approche par secteur la transition écologique implique une approche interdisciplinaire, un nouveau regard sur l’aménagement du territoire et sur ce qui constitue la richesse réelle.
Pour aller plus loin
- Quel est aujourd’hui mon métier ? Demande-t-il à être transformé ?
- Comment par ces nouveaux métiers, ce nouveau regard porté sur la création puis-je rendre le monde plus équitable ?

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Fiche n°23 : Responsabilité sociale et environnementale des institutions auxquelles nous appartenons Entreprises, communes, paroisses, associations

Depuis quelques années les grandes entreprises ont l’obligation de publier annuellement un rapport dans lequel elles indiquent les actions réalisées d’ordre social et environnemental. Ce rapport traduit la manière dont chaque entreprise assure sa Responsabilité Sociale et Environnementale (RSE).
Cette pratique a un double intérêt, celui d’obliger à agir dans le domaine de l’écologie et celui de sensibiliser les personnes, dirigeants et salariés, à cette question.
Les papes Benoît XVI et François insistent dans leurs encycliques sur l’intérêt de
cette pratique et surtout sa généralisation.
Comment œuvrer, alors, pour favoriser la publication de tels rapports dans l’entreprise où nous travaillons mais aussi dans d’autres instances auxquelles nous appartenons,
car ce rapport pourrait être aussi réalisé par le Conseil Municipal de notre commune,
par des associations, par le diocèse ou par les paroisses etc…
Essayons d’imaginer quel pourrait être le contenu de tel rapport dans chacun des cas.
Cet exercice permettrait de mieux réfléchir aux responsabilités que ces institutions doivent assumer dans le domaine de l’environnement et ensuite de convaincre ces dernières de réaliser et publier un tel document.

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