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Lorraine et Guillaume Cousin / Côte d’Ivoire - Rapport de mission

Chers parrains, donateurs, familles et amis,
Cela fait maintenant deux mois que nous sommes ici à Bonoua en Côte d’Ivoire ! Nous tenons dès les premières lignes de ce rapport à adresser de vifs remerciements à tous ceux et celles qui nous soutiennent et qui nous parrainent déjà car nous voyons déjà le fruit de vos dons !

Nous sommes donc arrivés samedi 2 septembre à l’aéroport d’Abidjan ! Après 1h30 d’attente pour récupérer nos valises nous avons eu la joie immense d’être accueillis par sœur Justine (Sœur supérieure). Elle nous attendait avec impatience devant l’aéroport accompagnée de deux prêtres de la congrégation Don Orione. Les enfants étaient épuisés ! Samuel dormait sur le chariot à valises ! Avec Soeur Justine à notre arrivée à l’aéroport d’Abidjan. Malgré la nuit, notre arrivée sur le sol africain nous a tout de suite saisis ! L’accueil, la chaleur, le monde, le bruit, la circulation, les klaxons, les baraques faites de tôles et de planches le long des routes ! Dès les premiers instants nous avons perdu nos repères.

Nous nous sommes donc laissés conduire jusqu’à la maison de Charité Don Orione à Bonoua où nous attendait toute la communauté des Petites Soeurs Missionnaires de la Charité. L’accueil fut simple, nous nous sentions un peu perdus mais nous avions une chose en tête : coucher nos enfants après cette longue journée de voyage. Les sœurs nous ont aidés à porter tous nos bagages dans les deux grandes chambres qu’elles nous avaient préparées avec beaucoup de délicatesse, puis elles nous ont vite laissés nous installer et nous reposer. La nuit allait être courte ! Il était tard et ici, les journées commencent tôt.

Le lendemain matin, Dimanche, dès le premier réveil, nous avons découvert : LA JOIE ! Tous les visages des enfants et des jeunes adultes handicapés avec lesquels nous allions partager nos journées ces deux prochaines années semblaient rayonner. Là aussi, cette première rencontre nous a frappés. Une joie immense débordait des yeux de tous ces enfants ! Dès les premiers instants, nous nous sommes vite aperçus qu’ils avaient aussi une très grande soif de relation, d’attention, et sans doute aussi une très grande soif d’Amour ! Nos enfants (Samuel, Raphaël et Zélie) ont tout de suite pris la mission en main en commençant à jouer et rire avec ceux qui vont sans aucun doute devenir leurs nouveaux compagnons de route.

Après quelques heures passées dans la maison de Charité Don Orione, nous nous sommes rendus à pied au sanctuaire Notre-Dame de la Garde (fondé par la famille Orioniste) pour participer à la messe dominicale. Ce fut là aussi une découverte colorée par toutes les tenues traditionnelles ! Une chorale d’une cinquantaine de personnes qui chantaient et dansaient tous en cœur. Une église débordante de vie et de monde. Nos enfants ont été vite repérés, surtout Zélie qui, du haut de ces 14 mois, a attiré vers elle tous les curieux qui n’avaient jamais vu de bébé blanc ! Les enfants la touchaient, lui écartaient les orteils, lui caressaient les cheveux ! Nos garçons se faisaient interpeller : le blanc, le blanc ! C’est assez déroutant !

Ensuite, dès le premier repas, les Sœurs, pleines d’attentions nous ont fait plonger avec douceur dans la culture locale en nous faisant découvrir de nouvelles saveurs. Nous voilà donc embarqués pour deux ans dans cette mission ! Il est encore un peu tôt pour vous raconter l’Afrique, mais nous pouvons dès à présent vous parler de ce que nous avons eu l’occasion de voir et de vivre ici en Côte d’Ivoire.

Ce pays grand comme la moitié de la France est situé dans l’Afrique de l’Ouest. Ici, la nuit tombe à 18h tous les jours de l’année, et le climat est plutôt tropical. En deux mots, il fait chaud et très humide. Ce qui fut difficile à supporter les premiers jours !

Pour l’instant, nous avons surtout découvert notre environnement immédiat. Nous sommes installés à quelques kilomètres de Bonoua, une petite ville à 40 km à l’Est d’Abidjan. Autour de chez nous, la végétation est dense, palmiers, bananiers poussent volontiers au milieu d’herbes hautes infranchissables, le paradis pour toute sorte de petites bêtes ! Un chemin de terre rouge bordé de cultures de manioc, d’hévéa et de maisons inachevées relie en cinq minutes de marche notre maison à celle des sœurs. De là, une route goudronnée, parsemée de trous nous mène à Bonoua en 10 petites minutes de voiture.
Aperçu du marché de Bonoua. Installées sous des parasols rendu imperméables grâce à des bâches pausé par-dessus, des femmes vendent leur marchandise.
Bonoua est une petite ville dans laquelle vivent beaucoup d’artisans et de petits commerçants. De nombreux « maquis » (ce sont des bars et/ou restaurants) et un marché, comme nous n’en avions jamais vus, animent la ville. Ici, on trouve (presque) de tout, mais par contre, il faut savoir s’orienter dans une foule qui sillonne des allées étroites telle des fourmis dans une fourmilière.

Nous qui vivions il y a encore quelques semaines tout proche de Paris, nous sommes heureux d’habiter ici, un peu à l’écart de l’agitation de la ville. Nous avons donc été accueillis et logés par les soeurs pendant un mois et demi en attendant que les travaux de réhabilitation de notre maison soient terminés. Cela nous a permis de partager leur quotidien et de les rencontrer vraiment. Cela n’a pas toujours été évident ! Partager notre vie de famille avec 26 personnes demande beaucoup de patience, d’exigence et d’humilité ! Nous avons été bien fatigués car pendant ce mois et demi nous n’avons eu qu’une demi-journée de vrai repos en famille ! Nous sommes maintenant heureux d’avoir pu emménager chez nous. Nous allons pouvoir trouver notre vrai rythme de famille missionnaire !

Les Petites Soeurs Missionnaires de la Charité sont ici une petite communauté qui vit essentiellement de la providence. Les soeurs sont au nombre de huit : Soeur Justine la supérieure ; Soeur Armande, Soeur Jeannette et soeur Pauline sont des jeunes soeurs qui n’ont pas encore fait leurs voeux perpétuels ; soeur Ruth la novice ; et soeur Viviane, soeur Ariette, soeur Vanessa les postulantes. Cette congrégation fait partie de la famille Orioniste. Ici à Bonoua il y a aussi une communauté de pères et de frères Orioniste.

Les soeurs ont donc fondé la Maison de Charité Don Orione qui accueille pour le moment 19 enfants et jeunes adultes handicapés âgés de 6 ans à environ 30 ans. C’est dans ce lieu que nous sommes invités à nous investir tout au long de notre mission. Les soeurs gèrent aussi une pouponnière destinée à accueillir 50 enfants (c’est là que notre petite Zélie passe une partie de ses journées).

Les pères ont créé le sanctuaire Notre-Dame de la Garde qui est un lieu de pèlerinage. Ils ont aussi en charge la paroisse Saint Pierre Claver, c’est là que vont nos enfants Samuel et Raphaël à l’école (l’école Saint Laurent dépend de cette paroisse).

Les pères et les frères ont aussi fondé un grand centre de rééducation qui permet de prendre en charge les soins de nombreux enfants et adultes handicapés de toute la région. On y trouve beaucoup de médecins spécialistes et aussi une petite école pour enfants handicapés.

La « devise » des Orioniste que l’on retrouve inscrite en gros sur les murs d’enceinte des différents lieux de la congrégation est la suivante : « Seule la charité sauvera le monde ». Tout un programme !

Vous le voyez, nous avons donc été accueillis par les Soeurs, mais c’est en réalité toute la famille Orioniste qui nous accueille ici à Bonoua. Côté mission, nous faisons petit à petit connaissance avec les enfants handicapés accueillis ici par les sœurs. Nous découvrons l’organisation du centre, le rôle de chacun. Nous observons et nous commençons à percevoir les besoins des enfants handicapés.

À notre arrivée, ils étaient tous au sol sur des tapis. Entraînés par nos enfants qui n’ont commencé l’école que le 25 septembre, nous avons vite proposé des activités au groupe. Rien que notre vie de famille occupait les personnes qui étaient ravies de voir courir nos enfants partout ! Une complicité s’est vite installée entre nos enfants et ceux du centre. Cela fut une vrai grâce et un bel encouragement pour nous !

Les enfants ont des handicaps psychomoteurs lourds et très différents les uns des autres. Ce qui rend notre mission plus difficile car nous devons prendre en compte la grande hétérogénéité du groupe. D’autant plus que nous ne disposons que de 5 fauteuils roulant (qui ne passent plus le contrôle technique depuis longtemps !) pour une quinzaine d’enfants qui en auraient besoin. Nous faisons donc du covoiturage !

Ils ont donc chacun développé des techniques pour se déplacer : sauter ou avancer sur les genoux, avancer sur les fesses, faire du quatre pattes, ramper, se jeter en avant et tirer sur ses bras, c’est assez impressionnant !
Nous nous posons parfois une question : combien d’entre eux marcheraient s’ils avaient eu dès la petite enfance une prise en charge, une rééducation et un appareillage de qualité ?

Les journées sont donc rythmées par des activités et des sorties que nous mettons en place avec les sœurs. 3 enfants vont à l’école spécialisée 4 matins par semaine grâce à une expatriée française qui leur finance la scolarisation. Sans elle ils ne pourraient pas y aller ! Les autres sont avec nous. Peinture, dessin, musique, jeux, sport, lecture, promenade, adoration, nous sommes obligés ne nous surpasser !

Balade avec Marius et Raphaël
Croyez-nous, faires des activités n’étaient pas vraiment notre spécialité en France ! La providence veille et l’Esprit Saint nous éclaire. Nous voyons dans leurs sourires le fruit de notre mission.

Ici, nous avons un combat à mener. En effet, des croyances persistent en Côte d’Ivoire, beaucoup d’enfants sont abandonnés à cause de leur handicap car ils sont vus comme des « enfants serpent ». Soeur Justine nous racontait l’histoire d’un enfant attaché dans un jardin sans abri ni nourriture. Ou encore l’arrivée du premier enfant avant que la pouponnière n’ouvre : 9 mois, 4 kilos, abandonné dehors parce qu’il avait un handicap. Les soeurs l’ont accueilli chez elles dans leur chambre, se sont relayées la nuit pour le nourrir et le bercer (c’était il y a un an).

Nos enfants : ils ont commencé l’école le 25 septembre. Ils sont dans une école catholique tenue par des religieuses dans le centre de Bonoua. Comme tout bon parent nous attendions la rentrée avec impatience ! Enfin le repos ! Les uniformes étaient prêts malgré quelques frayeurs de timing avec le couturier (le temps, les horaires : vaste programme en Afrique !) Après un mois d’école, nous pouvons dire qu’ils se sont adaptés !

Samuel, est rentré en grande section ! Il apprend à écrire avec une craie sur des ardoises assis sur des nattes. Sa maîtresse Edwige est très délicate et accueillante avec lui ! Elle lui répète ce que disent les autres enfants le temps qu’il s’habitue à la prononciation à l’Africaine !

Avec les personnes handicapées il pose énormément de questions et n’hésite pas à les aider sans que personne ne lui demande ! Il aime énormément faire des courses avec les soeurs, ou leur demander de lui faire des frites ou de l’aloco (banane plantin frit), ses plats préférés ici !

Il râle quand on l’appelle le blanc ! Comme il le dit si bien : « je le sais que je suis blanc, pas la peine de me le dire 50 fois ! Moi mon prénom c’est Samuel ! »

Raphaël, est en petite section avec maîtresse Caroline qui gère 55 élèves ! Ce fut le plus dur pour nous ! Laisser notre Raphaël dans une classe de 30 mètres carrés avec au centre 3 paillasses et quelques jeux. La pauvre maîtresse enceinte de surcroît portait sur son dos un enfant et des dizaines d’autres qui pleuraient autour d’elle !

Raphaël est heureux d’être ici, il est très taquin avec les enfants handicapés et n’hésite à monter sur leur dos pour faire du cheval ! Il adore aller à l’école en taxi car il n’y a pas de ceinture et que quand il pleut la route est inondée !
Zélie ! Notre petite princesse va donc à la pouponnière quelques heures par jour, le temps de s’habituer à la collectivité, à la séparation avec sa maman et le temps de s’acclimater aux petites maladies qu’amène souvent l’entrée d’un enfant en collectivité.

À la pouponnière ils sont 18 enfants entre 4 et 22 mois. Les espaces sont exigus et ils manquent de jeux. Notre Zélie qui est si indépendante et qui aime se promener partout a un peu de mal à se retrouver coincée entre les murs ! Quand elle en a marre d’être à la pouponnière elle descend chez le gardien qui la ramène chez les soeurs. Nous ne sommes plus surpris de retrouver notre Zélie dans un pagne sur le dos des soeurs ! Zélie est très affective avec les enfants handicapés, elle n’hésite pas à leur faire des câlins et des caresses !

Pour nous, l’acclimatation se passe bien malgré des « besoin de sieste » de temps en temps. Être sur la même mission apporte son lot de joies et de découvertes mais aussi son lot de petites difficultés à dépasser. Nous le savions bien, même si nous nous en doutions, nous sommes en effet foncièrement différents ! Il nous suffit d’apprendre à nous ajuster et de renoncer à vouloir tout contrôler et ça ira !

Aujourd’hui, alors que nous écrivons notre premier rapport, nous fêtons nos 6 ans de mariage ! Il y a déjà 8 ans que ce projet missionnaire grandit en nous, et sans vous il n’en serait rien ! Sans votre soutien cette mission n’aurait pas pu être ouverte. Vous êtes nombreux à nous avoir donné vos adresses lors de rencontres informelles ; vous faites partie de notre entourage ou de notre famille ; vous êtes des amis ; des amis d’amis ; des amis de nos parents ou de nos frères et soeurs ; des anciens collègues, des paroissiens de Clamart et d’ailleurs... Chacun autant que vous êtes, vous êtes avec nous en mission, et nous vous remercions !

Dans le prochain rapport de mission nous aurons la joie de vous raconter comment nous réussissons à travailler ensemble, de quelle façon extraordinaire nous découvrons la générosité de personnes qui n’ont rien. Nous évoquerons aussi quelques anecdotes de notre vie familiale, ainsi que notre environnement pour vous faire découvrir un peu de l’Afrique et ses richesses !

Très fraternellement !

Guillaume, Lorraine, Samuel, Raphaël et Zélie

- Télécharger le rapport de Guillaume et Lorraine


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