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Accueil > À la Une > L’Église et le Pape > Synode sur la famille > Retour des consultations en paroisses

Paroisse Notre-Dame de Boulogne-Billancourt

Question 1

Difficulté à joindre les personnes seules, si elles ne sont pas prêtes à vous recevoir.
Se faire inventif, créatif dans notre mode d’évangélisation, sortir à la rencontre....De nombreux jeunes fréquentent assidûment les terrasses de café du quartier, pourquoi ne pas afficher une présence pastorale sur ces lieux de rencontres ??? Une Église en sortie (§46 - Joie de l’Évangile).
Etre fidèle à la parole de l’évangile dans la façon de vivre notre foi : ayons confiance en l’Esprit Saint !

Question 6
Le Défi Pastoral

Nous nous référons à Evangelii Gaudium chapitre2 § 63 et 66. La cellule de base de notre société doit rester la Famille : La famille chrétienne par « la profondeur de son engagement puis par les époux qui acceptent d’entrer dans une union de vie totale » est capable de tenir le défi pastoral sous réserve que l’Église accepte d’être miséricordieuse envers ceux qui trébuchent.

Proposition

Ces derniers pourront s’appuyer sur des couples ou familles à leur écoute associés à nos pasteurs.
Il est certain » qu’en beaucoup d’endroits, il y a une prédominance de l’aspect administratif sur l’aspect pastoral, comme aussi une sacramentalisation sans autres formes d’évangélisation ».
Renforcer la préparation aux sacrements (communion,....) – Doit on se préoccuper du nombre d’enfants qui feront leur première communion, pour tout abandonner après leur confirmation, croyant leur carte d’identité de chrétien à jour pour reprendre une expression de notre pape ?
Prépa au mariage – marteler les piliers fondamentaux pour bâtir sur le roc plutôt que sur du sable.
Dimension d’accueil à préserver, ne pas avoir peur de jeter nos filets et de nous montrer des chrétiens joyeux (cf. « Il y a des chrétiens qui semblent avoir un air de Carême sans Pâques. »).

Question 30

Tant dans la préparation que dans l’accompagnement des premières années de vie conjugale, l’importante contribution du témoignage et du soutien que peuvent apporter les familles, les associations et les mouvements familiaux est-elle assez mise en relief ? Quelles expériences positives peut-on mentionner en ce domaine ?

Nous parlons ici de personnes mariées mais aussi ceux qui vivent en concubinage ou ont déjà des enfants et une vie commune.
Qu’est-ce qui leur manque dans l’Église pour s’y reconnaître = c’est la grande question !
S’ils se sont mariés de quoi ont-ils besoin après ? de lien, de se reconnaître, d’être accueilli, de se sentir en confiance, de trouver un lieu d’écoute, d’être en contacts avec des pairs et des aînés
On est revenus sur les soirées de préparation au mariage, il est apparu positif l’initiative d’une messe des fiancés sur la paroisse qui rassemble tous les fiancés de l’année, l’occasion d’accueillir ces fiancés et de leur faire sentir et expérimenter que la communauté paroissiale les accueille et prie pour eux, afin qu’ils prennent place au sein de cette communauté.
Première impression toujours importante, qui marque la mémoire, on se souvient effectivement très bien de cet accueil, un premier souvenir marquant, la première année est essentielle.

Question 31

La pastorale de l’accompagnement des couples durant les premières années de vie familiale – a-t-on fait observer pendant le débat synodal – a besoin d’un nouveau développement. Quelles initiatives plus significatives ont-elles déjà été réalisées ? Quels aspects faut-il renforcer au niveau paroissial, au niveau diocésain ou dans le cadre des associations et des mouvements ?

La question du suivi des jeunes couples s’avère importante car beaucoup de jeunes fiancés considèrent le mariage comme la fin d’un parcours de préparation, pour leur faire envisager qu’il ne s’agit que d’un début, il serait bon de réfléchir à se revoir entre mariés de l’année, reconstituer les groupes de préparation pour un temps informel, comme une sorte de point d’étape.
Un prêtre proposait aux couples qu’il avait mariés dans l’année un weekend de récollection, « service après-vente » du mariage pour leur permettre de faire le point et d’entretenir ou de renouer le lien avec la communauté.
Le lien principal est la participation à la vie de la paroisse, assemblées dominicales… mais bien souvent les jeunes ne reviennent pas, on les perd de vue
Maintenir donc un lien avec des jeunes couples « référents » qui vivent eux aussi la construction et les premières années de vie conjugale, comme pour s’entraider et multiplier les échanges.
Par capillarité, ces jeunes couples « missionnaires » participeraient à un tissu paroissial vers d’autres qui ne fréquentent plus l’église
Tous les ans en septembre pourrait être mis en place un accueil des jeunes ménages nouveaux venus sur la paroisse par des couples aînés et plus expérimentés
Pourquoi ne pas envisager une sorte de « catéchuménat » des jeunes couples en vue du mariage pour revenir sur les fondamentaux de la foi chrétienne qui sont bien souvent redécouverts à l’occasion du sacrement de mariage
On a évoqué la formation des séminaristes sur ce sujet de l’éducation et de l’accompagnement des jeunes couples.
Il nous a paru nécessaire aussi de souligner l’importance de la prière en couple mais bien difficile d’en parler à des jeunes éloignés si ce n’est en leur permettant d’expérimenter eux-mêmes.
Nous avons aussi effleuré le sujet de l’éducation religieuse des enfants dans une famille éloignée de l’église mais nous ne l’avons vraiment qu’effleuré…
On a évoqué les chantiers éducation des AFC et les équipes Notre Dame comme soutien de la vie conjugale à ses débuts et même par la suite, une pédagogie fine et qui a fait ses preuves. Pourquoi ne pas aller tracter à ce sujet à la sortie des écoles maternelles ?
Il faut insister aussi sur l’importance des retombées telles que les JMJ auprès des jeunes, révolution dans l’image qu’ont les jeunes de la religion, qui leur permet de se projeter dans l’avenir, combien de projets sont issus des JMJ !

Question 32

Quels critères faut-il considérer en vue d’un discernement pastoral correct des diverses situations, à la lumière des enseignements de l’Église, pour qui les éléments constitutifs du mariage sont l’unité, l’indissolubilité et l’ouverture à la procréation ?

Nous avons souligné que le mariage civil est le seul contrat associé à un sacrement, sa formulation est exemplaire.
Dans la catéchèse des enfants, le sacrement de mariage est très vite balayé, peut-être serait-il bon d’insister davantage sur ce sacrement pour les familiariser
Travailler aussi sur l’exemplarité à adopter pour soi, pour son noyau familial et ceci rayonne hors de nous, nous n’en mesurons pas les fruits mais ça peut commencer avec ses voisins.

Question 41 :

- Quelles sont les entreprises les plus significatives pour annoncer et promouvoir efficacement l’ouverture à la vie……. :

Un constat : l’écart entre ce que souhaite l’Église et ce que les personnes sont prêtes à entendre est très grand ; on se soucie peu de l’enseignement de l’église en matière de contraception ou plutôt de conception.
Nous avons davantage besoin d’une règle qui libère et non d’une règle qui contraint.
Le désir d’enfant est très grand, l’émerveillement devant une vie qui nait est réel et demande à être encore plus travailler.

- Comment promouvoir le dialogue avec les sciences et les technologies biomédicales ……. ?

L’Église est parfois dirigée par la peur des dérives, et peut-être à juste titre. Par exemple, lors de cas de stérilité dans un couple elle ne fait pas de différenciation, à propos des fécondations in vitro lorsqu’il s’agit des gamètes des 2 parents respectifs ou lorsque qu’elles proviennent d’un tiers.
De façon plus large pour répondre à cette question avec ses 2 sous questions nous sentons la nécessité de rechercher le sens de sa vie, de rechercher ses valeurs, de travailler la responsabilité, de promouvoir un plus grand dialogue avec les sciences biomédicales. Nous ressentons un besoin de formation pour que les chrétiens et toutes les personnes soient plus responsables ; nous observons une difficulté à faire coller le message du christ avec notre monde contemporain.

Question 42 :

La communauté chrétienne vit- elle une solidarité et une subsidiarité effective ? Comment…………. ?

La maternité et la paternité généreuses ont besoin d’entraide, d’écoute, de subsidiarité c’est à dire de laisser à chacun sa juste autonomie et en même temps de stimuler chacun à faire son maximum.
La solution est toujours la formation et pourquoi ne pas utiliser davantage le coaching, téléphone, internet etc. ; mais nos communautés chrétiennes ne sont pas très visibles ni même très communautaires….Nous constatons que les personnes sont assez individualistes et ne sont pas prêtes à se dévoiler, à révéler leurs faiblesses.
Le premier témoignage à donner est surtout un témoignage de vie, de bonheur au sein de sa famille.

Comment faire en sorte que les enfants soient élevés avec attention et respect ?

Constats :

1. nous sommes un peu dans une civilisation de l’enfant-roi ce qui s’oppose presque à respect.

2. les médias, internet, téléphone ne rendent pas la tâche très faciles aux parents et demandent donc beaucoup d’attention.
Nous devons prendre conscience que la famille est le lieu de l’apprentissage de l’amour, conscience au sein des communautés paroissiales et à l’extérieur ce qui est encore plus difficile.

Question 43
Le chrétien vit- il la paternité/maternité comme réponse à une vocation………. ?

Pas vraiment car cela ne lui est pas souvent dit. Cela mériterait surement des parcours de formation qui ne se font plus beaucoup après les préparations au mariage. Il existe des écoles de parents mais les personnes qui y vont sont déjà très concernées et nous ne savons pas ouvrir aux personnes moins informées.

Échanges ont porté sur les questions 32 à 40 du Questionnaire pour la réception de la Relatio Synodi ; questions portant sur les numéros 41 à 43 du texte lui-même de la Relatio Synodi (R.S.)

Actuellement les gens qui formulent une demande de mariage à l’Église et suivent alors une préparation au mariage, sont quasiment toutes en situation de vie commune (« concubinage »). Il est clair que l’attitude fondamentale qui leur est due de la part des instances de l’Église relève d’un accueil positif, sans aucune arrière-pensée. Impossible de penser in petto de ces couples qu’ils sont « en état de péché », et a fortiori de le leur dire !...
Force est de constater que ce comportement pastoral impératif se trouve aujourd’hui en porte-à-faux avec la doctrine écrite dans les catéchismes.
Il est à noter que cette expression de « situation objective de péché » (n°52 de la R.S.) devrait être banni à l’avenir, et des textes, et des arrière-pensées ; c’est une expression infamante qui induit un jugement indu sur les personnes, jugement négatif, méprisant, culpabilisant.
L’attitude de base ne peut être que d’empathie pour toute personne, dans quelque situation où elle puisse se trouver.
Sur le « regard » porté sur les « personnes blessées » (divorcés, etc....), il est constaté que les chrétiens lambda ont souvent des réactions négatives et excluantes, vis-à-vis d’elles ; regard négatif plus fréquent chez les chrétiens que de la part des autres...
Ce regard ainsi qualifié s’enracine dans un long et lointain passé du discours chrétien et du discours social sur les divorcés, discours qui s’est construit à partir des règles strictes fixées par l’Église sur le mariage.
Pour que ce regard change réellement et concrètement, ne serait-il pas nécessaire que certaines règles elles-mêmes changent ? les divorcés ne doivent plus faire l’objet de rejet et, notamment, les divorcés remariés devraient ainsi pouvoir avoir accès aux sacrements.
Si ces règles sévères ne changent pas, le « regard différencié » prôné par Jean-Paul II (n°45 de la R.S.) ne peut que relever du double langage, d’une ambiguïté mensongère, voire de l’hypocrisie.

Des « choix pastoraux courageux » (n° 45 RS) sont en effet nécessaires, mais au niveau des règles formelles pour que les divorcés se sentent en vérité, et sans arrière-pensée, intégrés dans la communauté des baptisés, croyant en Dieu, à égalité avec tout autre baptisé. À tout péché, miséricorde : y a-t-il toujours un péché exécrable et impardonnable à la racine d’un divorce, péché qui lui colle définitivement à la peau si l’intéressé se remarie … ??
Un contre-exemple d’accueil positif a été cité. Ce cas mérite d’être rapporté et parle de lui-même :
Une personne divorcée d’un premier mariage s’est engagée dans le projet d’un second mariage.* Voulant sans doute bien faire, elle a sollicité de suivre à l’instar d’autres fiancés, une « préparation au mariage », sans doute avec l’intention de « réussir » cette future union et de lui donner un sens chrétien, même si la règle lui interdisait un second mariage à l’Église. Cette demande lui a été refusée. « La porte a été fermée ».
Pourquoi, dans un tel cas, éteindre la mèche qui a envie de se rallumer ? Quelle image de l’Église, cette personne a-t-elle du ressentir ?
Ce récit illustre la non pertinence de « règles » strictes dont la mise en oeuvre logique aboutit à des comportements qui semblent peu évangéliques...

Est considéré par le groupe comme inadmissible l’interdiction faite aux divorcés remariés d’accéder aux sacrements : ni réconciliation, ni eucharistie, ni onction des malades. Alors ?? C’est donc une situation d’enfermement définitif ? Impossible de sortir du piège : c’est « l’enfer » assuré, comme promis par la « situation objective de pêché grave » ?
Une autre remarque a été entendu :
« C’est assez perfide : pour qu’un divorcé remarié puisse aller communier il lui faut attendre la mort du premier mari...! »
Constat relayé par une autre remarque : « je n’ai qu’à tuer mon ex- conjoint, aller me confesser, et je pourrai aller communier », allègrement, libéré ! (et de l’ex, et du poids de la faute grave...)
Ces raccourcis, d’une logique imperturbable, en disent long sur la pertinence et la sévérité des « règles » actuelles, culpabilisantes à l’excès, qui ne sont plus ni comprises ni admises...


*Dans une interview du 8 août 2012, un an avant sa mort, le cardinal Martini évoque la situation d’une femme, abandonnée par son mari, qui trouve un nouveau compagnon... « Ce second amour réussit. Si cette famille est discriminée, on se coupe non seulement de la mère, mais aussi de ses enfants. Si les parents se sentent hors de l’Église ou s’ils ne se sentent pas soutenus par elle, l’Église perdra les générations futures... La question de l’accès à la communion des divorcés devrait être posée. »
Le cardinal Martini reconnaît la possibilité de la réussite d’un « second amour » : cette femme serait-elle quand même en « état de péché » ? Quand on « aime » vraiment, est-on encore en état de péché ? Voir l’Évangile... Marie-Madeleine...

De par l’influence des médias depuis de bien longues années, l’Église est ressentie par l’opinion comme ne diffusant sur les questions de couple et de mariage que des interdits (contraception...etc..). À ce sujet sont évoqués les propos du cardinal Martini (2009) : « Cette encyclique (Humanae Vitae) est en partie responsable du fait que beaucoup ne prennent plus du tout au sérieux l’Église comme partenaire d’un dialogue ou comme enseignante... La jeunesse de nos pays occidentaux ne songe plus guère à s’adresser à des représentants de l’Église pour des questions de liens avec le planning familial ou la sexualité.... Beaucoup de gens se sont éloignés de l’Église, et l’Église s’est éloignée d’eux. Il y a eu de gros dégâts... Une période de 40 ans pourrait nous permettre de porter un regard nouveau sur ces questions... »

Précisément, le groupe s’est interrogé sur les moyens que l’Église peut engager pour entrer en contact avec ces personnes en situations diverses dont on parle. Il y a des gens non mariés qui viennent solliciter le baptême de leur enfant : à cette occasion, ils posent des questions sur eux-mêmes et leur situation ; un dialogue constructif peut alors être engagé. Il y a aussi des événements déclencheurs qui peuvent mettre les personnes en route : épreuves de santé …
Il a été noté aussi que les procédures de nullité du mariage sont largement ignorées et dans leur contenu et dans leur forme ; il serait souhaitable qu’un effort soit fait au niveau des paroisses ou des doyennés pour informer les personnes concernées sur ces procédures qui ne sont en rien comparables aux procédures de divorce et excluent toute « confrontation » entre des ex-époux.
Est longuement traitée la difficulté des générations actuelles à s’engager dans la durée. « Pourquoi je ne me marie pas ? Parce que je ne peux pas savoir si je pourrais rester marié jusqu’à ma mort. » Raisonnement récurrent, argument très répandu : c’est là une réalité sociologique fortement prégnante : les couples désunis, les parents divorcés, les familles recomposées, font partis d’une vie quotidienne dont tout le monde est témoin et entend parler. Le climat général d’instabilité, et d’insécurité psychologique, est un frein puissant qui rend difficile non seulement la décision, mais l’idée d’un engagement définitif, tant les échecs sont nombreux. D’une certaine façon, les jeunes sont « réalistes ».
Cet environnement social est fragilisant pour tous, et il ne peut qu’en être tenu compte dans la détermination des règles de l’Église, détermination qui doit être conditionnée par un objectif pastoral dans l’esprit même de Vatican II et d’Evangelii Gaudium. L’Église, en effet, à la suite du Christ est là d’abord pour soutenir et aider les faibles, et non pas pour les rejeter pour cause de fragilité...

La grâce du sacrement a été évoquée, mais non développée, si ce n’est pour dire qu’il est difficile d’en parler efficacement avec des candidats dont la culture proprement chrétienne est bien fruste...Elle n’en reste pas moins d’une importance capitale.

Conclusion

Au travers de toutes les remarques, constatations, récits et appréciations de tous les participants à ce groupe de travail, il s’est dégagé un consensus général autour des opinions suivantes :

- La position des candidats au mariage au regard de l’engagement a complètement changé au sein de la société actuelle.

- Le rejet des personnes en situation non conforme aux règles actuelles en vigueur n’est plus accepté. Leur accueil et leur intégration à égalité de tous les autres baptisés dans la communauté ecclésiale passe par une modification des règles discriminantes.

- Personne ne remet en question pour autant le principe évangélique de l’indissolubilité du mariage.

- La grâce offerte par le sacrement et une vie de foi entretenue restent bien sûr la force et le sens du mariage chrétien.

Nombre de participants du groupe ont suivi les discussions des membres du Synode à travers le journal La Croix ; ils ont particulièrement apprécié l’article de Mgr Vesco dans le numéro du 2 mars 2015.

********

Note complémentaire aux échanges du groupe lors de la réunion du 4 mars 2015 (par un participant).

Les modifications des règles disciplinaires dans le domaine du mariage chrétien sont donc éminemment souhaitables. Le principe évangélique de l’indissolubilité du mariage reste néanmoins fondamental, mais il doit faire l’objet d’une interprétation – herméneutique – au regard de l’anthropologie de notre siècle.
Cette question, très technique, n’a pas fait l’objet d’une discussion quelconque dans le groupe. Or des changements de règles éventuelles sont liés inévitablement à une doctrine ou une théologie du mariage. Donc, en amont, il y a lieu de penser ce principe de l’indissolubilité et ainsi d’éviter des contre-sens : ce ne peut pas être la corde au cou, ni un lien métaphysique, « sacré », extérieur à l’histoire concrète de deux personnes (un lien sacré existe-il encore quand le lien est mort : où est-il passé ?)

Je me permets de renvoyer sur ce point fondamental à la lecture d’un article très approfondie sur la question :

Dans la revue Recherches de science religieuse, juillet – septembre 2014, tome 102/3, p.449-461 :
Indissolubilité du lien conjugal et échec du mariage. Pour une théorie de l’ « indisponibilité » du lien par Andrea Grillo, professeur de théologie sacramentaire au Pontificio Ateneo S. Anselmo à Rome sur Internet : www.revue-rsr.com : article en intégralité exceptionnellement.

En amont donc de toute réforme disciplinaire envisagée, c’est une autre vision du mariage chrétien qu’il faut reconstruire, une vision fondamentalement élaborée à partir de l’esprit de Vatican II et de l’anthropologie moderne, vision fondée sur « le bien des époux ».
Cette vision renouvelée demande d’opérer une conversion intellectuelle courageuse, ainsi que le dit le cardinal Kasper après le cardinal Martini, conversion sans doute difficile pour des gens qui ont pensé, écrit et enseigné pendant des années la « doctrine » de l’Église qu’on leur avait appris et qu’ils estiment gravée dans le marbre comme les tables de la loi...inamovible, intouchable..
On ne peut que rappeler que toute doctrine s’inscrit dans un moment historique et que son expression se « traduit » différemment de siècle en siècle...La doctrine est faite pour les hommes et non les hommes pour la doctrine.

Je souhaite vivement que les responsables de l’Église – penseurs et décideurs- lisent attentivement ce texte, y trouvent précisément une trace des « signes des temps », et une compréhension renouvelée dans l’Esprit Saint de ce principe fondamental de l’indissolubilité et de ses implications concrètes. L’action de l’Esprit Saint couvre tous les domaines de la pensée... et de l’anthropologie moderne ! On peut, je crois, lui faire l’honneur d’apporter encore des Bonnes Nouvelles...Lui que l’on dit Amour inconditionnel et absolu, Miséricorde infinie pour tous et pour toutes.

Parmi les articles et livres sans doute très nombreux sur ces sujets, il y a lieu de mentionner dans les mêmes orientations :

Études, septembre 2014, pp. 61-72
Patrick Goujon, Bonne(s) nouvelles(s) pour les familles : les propositions du Cardinal Kasper
et surtout : Cardinal Walter Kasper, L’Evangile de la famille, Cerf, 2014

Et au risque de fatiguer mon lecteur, je rajoute ci-après des extraits d’un article du père Joseph Moingt, paru dans les Recherches de Science religieuse en 1968. Cet article peut être consulté en intégralité sur le site déjà cité www.revue-rsr.com sous le titre SPÉCIAL SYNODE : Le divorce « pour motif d’impudicité » (Matthieu 5,32 ; 19,9), pp. 337-384. Il s’agit d’une étude très longue et très fouillée sur le sens et l’implication pratique de cette incise de Matthieu. Quelques extraits de la conclusion apportent de l’eau au moulin de nos réflexions :
« ….Sans avoir à se déjuger, l’Église pourrait envisager de redonner vigueur à son ancienne discipline, en la renouvelant, car c’est le propre des disciplines sacramentelles de s’adapter aux changements des temps, pour rester toujours « utiles aux hommes », conformément à la volonté du Christ. Elle n’a pas de pouvoir sur les lois que son Fondateur lui a données, mais elle a autorité sur l’application aux situations personnelles, de même que sur l’administration des sacrements......elle pourrait, sans abus d’autorité, juger, en fonction de chaque cas personnel si l’union contractée après divorce est ou n’est pas coupable d’adultère.....
Il lui faudrait déterminer au préalable ce qui correspond aujourd’hui, compte tenu de l’évolution des mœurs, des lois civiles et de la théologie elle-même, à l’ancien
« motif de fornication ». En d’autres termes, il lui reviendrait d’apprécier quelles situations concrètes survenues avant même le divorce légal, peut produire entre les époux une séparation profonde, une « mort spirituelle » de leur union, qui leur rend désormais impossible, non seulement la cohabitation, sans oublier le bien des enfants, mais encore et surtout la poursuite des fins spirituelles pour lesquelles l’institution du mariage a été élevée par le Christ à la dignité sacramentelle. Il s’agirait ensuite, le cas examiné, de porter un jugement au for interne des consciences déclarant par exemple, que tel conjoint, n’étant pas coupable d’avoir détruit sa première union par un acte de sa volonté mauvaise, ne l’est pas non plus d’avoir contracté une seconde union ni son nouveau conjoint ; et de porter aussi un autre jugement au for externe, décidant que ces nouveaux époux ne seront pas exclus de la communion ecclésiastique ni des sacrements.
...certes il serait regrettable, et il faudrait éviter que cette indulgence apparaisse comme un encouragement au péché, ainsi que les anciens Pères le disaient à propos de la Pénitence. Mais plus redoutable encore est le risque que ces chrétiens, estimant que l’Église, retranchée derrière son juridisme, est insensible à la situation douloureuse où ils se débattent, en viennent à ne même plus ressentir la souffrance d’en être séparés.
L’Église ferait fausse route, si elle cherchait à accommoder sa discipline à l’esprit d’un monde qui a perdu le sens de l’Évangile, mais elle ne risque pas de se tromper quand elle se met à l’école de la « philanthropie » de son Maître. »

pp. 383-384




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