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Paroisses de Sèvres

SYNODE DES ÉVÊQUES


XIVème ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORDINAIRE
La vocation et la mission de la famille dans l’Église
et dans le monde contemporain Lineamenta
Contribution des paroisses de Sèvres

Coordination et synthèse : Père Philippe Blin et Alain Lagrange
Animateurs et rédacteurs : Blandine Verdon, Florence de Marignan, Florence Robic, Bernard Quentin, Philippe Delannoy

Avant-propos

Pour répondre à la demande du diocèse de Nanterre et de son évêque, l’EAP des deux paroisses de Saint-Romain et de Notre-Dame-des-Bruyères a proposé trois soirées de travail à l’ensemble des paroissiens les 4, 9 et 12 février en consacrant la deuxième et la troisième réunion à la seule partie III.

Une répartition par petits groupes a été préférée à un travail en format conférence afin que la parole soit la plus libre possible et que la réflexion soit ciblée sur les questions les plus en rapport avec les attentes de chacun.

Ces efforts ont permis d’avoir une participation allant de 45 à 65 personnes à chaque soirée représentant un peu moins de 10% de l’effectif global des paroissiens.
Si le taux de participation a été relativement élevé au regard des précédentes manifestations organisées par la paroisse, il a été noté un important déficit de la tranche d’âge 25/ 45 ans. L’âge moyen des participants semblait être de l’ordre de 60 ans.

Le taux de réponse aux 46 questions est de 43% dans ce document. Dans la réalité, il a été sur l’ensemble des parties supérieur à 50% et de l’ordre de 75% sur la seule troisième partie. Mais la volonté de synthétiser nos propos et surtout d’éviter les redondances ont amené les rédacteurs à ne conserver que les réponses les plus riches de propositions.

Ce document constitue la synthèse d’un travail par groupe (3 à 4 groupes par soirée avec un rapporteur formalisant les réponses aux questions) auquel nous avons associé trois contributions séparées, adressées par des paroissiens qui n’avaient pu se rendre aux réunions. La synthèse présentée tente d’être exhaustive des sensibilités qui se sont exprimées.

Trois remarques globales sont formulées :

Une très grande majorité des participants a estimé que les textes et les questions manquaient de clarté par défaut de simplicité, ce qui a découragé certains d’entre eux à venir partager le débat et irrité d’autres qui fustigeaient une Église incapable d’adopter un langage accessible.
Plusieurs personnes ont souligné qu’un véritable déficit de formation théologique chrétienne ne leur permettait pas de « creuser » suffisamment les questions.
Les groupes qui bénéficiaient d’un prêtre ou d’un laïc faisant autorité, ont été les plus productifs du fait d’une moindre perte de temps dans la compréhension des questions.

Ière Partie : L’écoute : le contexte et les défis concernant la famille

Question 1 : Quelles sont les initiatives en cours et celles qui sont prévues concernant les défis que les contradictions culturelles posent à la famille (cf. nos 6-7) ; celles visant au réveil de la présence de Dieu dans la vie des familles ; celles qui tendent à l’éducation et à l’établissement de relations interpersonnelles solides ; celles qui tendent à favoriser des politiques sociales et économiques utiles à la famille ; celles pour résoudre les difficultés liées à l’attention envers les enfants, les personnes âgées et les membres de la famille qui sont malades ; celles pour affronter le contexte culturel plus spécifique où l’Église locale est impliquée ?

Les initiatives en cours sont les suivantes :
- Dans le diocèse : « Maison Saint-François-de-Sales » à Boulogne-Billancourt et à Chaville, « les veilleurs de proximité ».
- À Sèvres, les initiatives envers les plus fragiles sont également nombreuses : Saint-Vincent-de-Paul, Secours Catholique (pause-café du vendredi, épicerie sociale et solidaire) et organisation de visites et de soutien aux familles.

Les prêtres et des laïcs visitent des chrétiens isolés et portent la communion. Les PCFF (Petite Communauté Fraternelle de Foi) mises en place par Mgr Daucourt fonctionnent bien.
À Sèvres, lors d’un deuil, les familles s’appuient sur une équipe spécialisée et bénéficient systématiquement d’un prêtre lors de la cérémonie des obsèques. Demeurent toujours des familles isolées : celles par exemple qui n’ont personne pour emmener leurs enfants de l’école au catéchisme.
Tous reconnaissent que le temps du deuil est un moment qui permet de toucher les familles ,avec la préparation des obsèques et la célébration religieuse.

Question 3 : Au-delà de l’annonce et de la dénonciation, quelles sont les modalités choisies pour être présents comme Église auprès des familles dans les situations extrêmes ? Quelles stratégies éducatives employer pour les prévenir ? Que peut-on faire pour soutenir et renforcer les familles croyantes, fidèles au lien ?

À la question « Comment être présent comme Église ? », il a été répondu par l’écoute et la bienveillance tout d’abord. Cependant, il a été rappelé que l’écoute ne s’improvisait pas et qu’une formation pourrait être proposée car des propos de compassion maladroits peuvent être blessants et ruiner une sincère empathie. L’Église pourrait promouvoir et relayer ces formations auprès des paroissiens.
L’accueil, la prière et un état d’esprit d’ouverture aux autres sont également des requis pour toucher les populations en situation extrême.
Pour soutenir et renforcer les familles croyantes, il ne faut pas hésiter à reprendre la connaissance des fondements du mariage chrétien. Une des difficultés réside dans le fait qu’un couple en difficulté ne cherche pas toujours à se faire aider à temps et ne trouve pas toujours dans l’Église les compétences attendues.

Question 4 : Comment l’action pastorale de l’Église réagit-elle à l’expansion du relativisme culturel dans la société sécularisée et au rejet qui en découle, de la part de beaucoup, du modèle de famille formé d’un homme et d’une femme unis par le lien conjugal et ouvert à la procréation.

Il semble important de faire prendre conscience de l’expansion du relativisme moral ambiant et de mieux communiquer sur la richesse du lien conjugal et familial.

L’Église a appris à écouter, à favoriser le dialogue et privilégie le plus souvent une réponse à « froid » et argumentée, à une réaction spontanée et motivée par l’actualité.
Les prêtres ont généralement développé une qualité d’écoute éprouvée, forgée par leurs contacts avec des paroissiens fragilisés et dans des contextes sociétaux éloignés de la foi.

Question 6 : Dans quelle proportion et à travers quels moyens la pastorale familiale ordinaire s’adresse-t-elle à ceux qui sont éloignés ? Quelles sont les lignes d’action mises en œuvre pour susciter et mettre en valeur le « désir de famille » semé par le Créateur dans le cœur de toute personne et présente en particulier chez les jeunes, même chez ceux qui vivent des situations familiales qui ne correspondent pas à la vision chrétienne ? Quel retour effectif avons-nous de la mission accomplie auprès d’eux ? Parmi les non baptisés, la présence des mariages naturels est-elle consistante, par rapport également au désir, chez les jeunes, de fonder une famille ?

Le chrétien a la difficile mission d’accueillir, d’écouter, s’adapter tout en étant en mesure de dire ses convictions. Il doit donner envie d’être suivi et présenter une image attractive et non moralisante. Être chrétien c’est être exigeant surtout avec soi-même.
Pour mieux accueillir les couples non hostiles au fait religieux et désireux de fonder une famille, il est préconisé « une stratégie douce » visant à les impliquer dans l’Église en veillant à :

- avoir un regard positif à l’encontre de ces foyers,
- créer un lien social avec eux en étant à leur écoute, mais aussi en leur proposant des activités répondant à leurs préoccupations avec des couples d’âge assorti.
- Susciter, faire émerger un désir de spiritualité permettant de les faire cheminer vers le baptême et le mariage.

Question 7 : Comment est utilisé l’enseignement de l’Ecriture sainte dans l’action pastorale envers les familles ? Dans quelle mesure ce regard alimente une pastorale familiale courageuse et fidèle ?

On discerne une soif de connaissances de ceux qui sont en dehors de l’Église et parallèlement une soif de consistance des chrétiens pratiquants.

Il est important de rappeler l’importance de la pastorale familiale et de l’éducation chrétienne transmise par les parents.
Dans les structures tels que le CPM, l’adhésion à l’histoire sainte de chaque couple (dont l’histoire personnelle, la culture, le niveau de connaissance religieuse sont très variables), s’avère un exercice difficile qui requiert des connaissances théologiques, une foi bien enracinée, une dose de psychologie et de la diplomatie.

IIème Partie : Le regard sur le Christ : l’Évangile de la famille

Question 8 : Quelles valeurs du mariage et de la famille les jeunes et les conjoints voient se réaliser dans leur vie ? Et sous quelle forme ? Certaines valeurs peuvent-elles être mises en lumière ? Quelles sont les dimensions de péché à éviter et à surmonter ?

Plusieurs valeurs du mariage doivent être mises en avant :
- La confiance découlant de l’amour
- L’exemplarité que l’engagement solennel religieux requiert
- La nécessité du dialogue au sein de la famille
- Le partage des loisirs, des vacances et des repas qui favorise de réels échanges
- Le pardon en famille
- Le don entre époux, le don de la vie aux enfants

Le mariage s’apparente à un don qui libère. Il ne constitue pas un aboutissement mais l’Alliance entre deux personnes au travers du sacrement. Le mariage ne doit pas être idéalisé pour autant, il n’est que le fruit de deux êtres imparfaits qui doivent dialoguer pour durer harmonieusement, apprendre à se connaître et se reconnaître et se pardonner mutuellement !

IIIème Partie : La discussion : perspectives pastorales

Question 23 : Dans la formation des prêtres et des autres agents pastoraux, comment la dimension familiale est-elle cultivée ? Les familles sont-elles directement impliquées dans cette formation ?

La question est étonnamment posée remarque un participant, car les prêtres sont issus de familles et bénéficient, sauf cas particulier, d’un apprentissage issu de leur milieu personnel.

La formation reçue par les prêtres est perçue comme peu concrète alors que nous évoluons dans un monde multiforme où notre entourage, comme nos enfants, aspire à des réponses exactes et pratiques. Les futurs prêtres doivent être dotés de pragmatisme et disposés d’une formation intellectuelle riche et adaptée. Les prêtres font désormais office de conseillers conjugaux et connaissent mieux le quotidien des familles. Pour parfaire cette « formation-terrain » des invitations fréquentes au domicile des paroissiens sont préconisées afin qu’ils mesurent et partagent les joies et les difficultés des familles, de la naissance jusqu’au décès.
L’appréhension de la problématique familiale par les prêtres est perçue comme se faisant également par le biais des mouvements comme les Équipes Notre Dame ou les équipes dévolues à la préparation aux baptêmes.
Enfin, les prêtres, par leur concours dans les hôpitaux, maisons de retraite, associations humanitaires…, accèdent à des familles fragilisées, parfois éloignées de l’Église.

Question 24 : Est-on conscient que l’évolution rapide de notre société exige une attention constante au langage dans la communication pastorale ? Comment témoigner efficacement de la priorité de la grâce, de sorte que la vie familiale soit projetée et vécue comme accueil de l’Esprit Saint ?

Le langage de l’Église n’est pas toujours compris par certains chrétiens lesquels soulignent la nécessité d’utiliser davantage de mots du quotidien courant afin que la difficulté de forme ne soit plus un obstacle à la compréhension du fond.
Les termes de « grâce », voire de « famille chrétienne », ont été cités en exemple comme des expressions difficiles à appréhender, voire dont la nature ayant suffisamment évolué dans notre société au cours des siècles qu’ils deviennent difficiles à définir.

Question 26 : La collaboration, au service de la famille, avec les institutions sociales et politiques est-elle considérée dans toute son importance ? Comment est-elle concrètement mise en œuvre ? De quels critères s’inspire-t-on pour cela ? Quel rôle peuvent jouer en ce sens les associations familiales ? Comment cette collaboration peut-elle être également soutenue par une franche dénonciation des processus culturels, économiques et politiques qui minent la réalité familiale ?

Le mariage civil a toute sa place dans la société. Celui-ci est un contrat qui implique des droits et des devoirs même après le divorce.
Les Associations Familiales Catholiques ont un rôle primordial dans la reconnaissance de nos convictions familiales dans le monde politique du fait de leur représentation au sein de l’UNAF (Union Nationale des Associations Familiales). Elles collaborent régulièrement avec les institutions sociales et politiques et sont des partenaires respectés. Pour améliorer le dialogue avec les pouvoirs publics, les personnes de ces associations doivent être mieux formées pour que leur concours à défendre l’institution familiale soit écouté, partagé et rendu plus efficace.

Pour bénéficier d’une meilleure écoute de la part des institutions sociales et politiques, il est suggéré un rapprochement avec les autres associations chrétiennes.

Question 28 : Comment les itinéraires de préparation au mariage sont-ils proposés de façon à mettre en évidence la vocation et la mission de la famille selon la foi au Christ ? Sont-ils effectués comme proposition d’une expérience ecclésiale authentique ? Comment les rénover et les améliorer ?

En préambule, il semble important de promouvoir une image heureuse du mariage et ne pas focaliser les débats sur les taux d’échecs ou les crises. Pour que le mariage reste une belle aventure humaine et spirituelle, certains réclament que les futurs mariés aient des bases théologiques plus solides en travaillant ou méditant les enseignements de Jean-Paul II sur la théologie du corps.
Dans ce contexte de préparation, il est rappelé que les préparations au mariage sont essentielles mais leur concept ne doit pas s’arrêter à l’issue de la célébration. Un suivi après le mariage serait nécessaire lequel pourrait faire appel à des psychologues catholiques ! Un parrainage par un couple de la paroisse solide et expérimenté pourrait être proposé.

D’autres recommandations ont été formulées :
- modifier le nom du parcours CPM en rajoutant « chrétien »
« Centre de préparation au mariage chrétien »
- Insister sur le vocabulaire et le choix des mots. Parler de chemin, d’engagement, de fidélité, d’accueil, d’amour, de liberté de don, de bien, de volonté d’aimer …
- Compléter le dîner des jeunes couples par une messe.
- Célébrer en public les messes des anniversaires de mariage 10 ans, 20 ans, 30 ans…
- Promouvoir dans les paroisses les parcours Alpha couples, les Équipes Notre Dame etc…..
- Favoriser la proximité en allant rencontrer les familles à leur domicile ou en les accueillant.
- Créer du lien amical afin d’anticiper et partager les difficultés lorsqu’elles surviennent.
- Susciter des cellules de fraternité où les couples peuvent échanger sur des sujets de leur choix

Enfin, il ne faut pas oublier les événements familiaux festifs qui cadencent les vies de couples et qui rappellent à tous les liens solides créés par le mariage.
Les grands-parents ont des témoignages précieux et vrais à partager sur la vie de couple. Il faut encourager ces relations trans-générationnelles.

Question 33 : La communauté chrétienne est-elle en mesure d’être pastoralement impliquée dans ces situations ? Comment aide-t-elle à discerner les éléments positifs de ceux négatifs de la vie de personnes unies par des mariages civils, de façon à les orienter et à les soutenir au long du chemin de croissance et de conversion vers le sacrement du mariage ? Comment aider ceux qui vivent en concubinage à opter pour le mariage ?

Il faut revenir à la source ! Et la source ce sont les Écritures, les textes conciliaires et pontificaux. Eux seuls permettront de bien connaître la position de l’Église sur les sujets de société. Plus concrètement, il est proposé de saisir toutes les occasions données par la liturgie (baptême, mariage, funérailles) pour en faire des instants d’évangélisation en veillant à la qualité de l’homélie et à son adaptation au public.

Pour promouvoir une image positive du mariage, des réponses sont apportées :

- donner envie en valorisant une image généreuse du couple. Être heureux et le montrer !
- éduquer les enfants en leur apprenant à résister aux tentations et à ne jamais renoncer à son engagement même en cas de difficultés majeures.
- rassurer les couples sur leur légitimité à être de vrais époux au sens exprimé par la Parole de Dieu. Cela n’a rien d’insurmontable !
- Montrer enfin que l’amour peut durer, voire s’accroître, et que la fidélité à long terme à son conjoint ne constitue pas une prouesse.

Les causes d’échec du mariage ne sont pas toutes dues aux seuls mariés et des événements comme une maladie, la perte d’emploi, des relations familiales difficiles contribuent à dénouer le lien entre époux presque à leur insu. Cependant, dans la majorité des cas, les causes sont à imputer aux mariés, qu’il s’agisse de la baisse de la tolérance, d’un refus de pardonner et d’une insuffisance de dialogue.

Question 36 : Comment encourager la définition de lignes pastorales communes au niveau de l’Église particulière ? Comment développer à cet égard le dialogue entre les diverses Églises particulières « cum Petro et sub Petro » ?

Chaque diocèse doit être capable de définir ses orientations pastorales, quand ce n’est pas déjà le cas. Le dialogue entre les diocèses doit se faire au niveau de la province ecclésiastique et de la conférence épiscopale nationale. Les lignes pastorales doivent être homogènes sur un territoire plus large qu’un diocèse, compte tenu de la mobilité des personnes et de la similitude de la problématique au niveau d’une province ou d’une nation.

Question 37 : Comment rendre plus accessibles et souples, si possible gratuites, les procédures de reconnaissance des cas de nullité ?

La question n’est pas neutre.

Tout d’abord des participants s’inquiètent de cette reconnaissance de nullité facilitée qui se ferait au détriment de l’équilibre et du bien-être des enfants issus de cette union, et qui tendrait à banaliser l’institution du mariage. Certains participants souhaitent que l’on identifie une alternative à cette reconnaissance de nullité et que l’on propose une autre voie aux divorcés remariés chrétiens pratiquants.

En cas de grave difficulté, une procédure d’alerte serait déclenchée par les époux eux-mêmes ou leur prêtre ou leurs témoins de mariage. Suivrait, une tentative de conciliation préalable qui associerait des conseillers matrimoniaux, préconiserait des retraites en couple et des retraites de guérison intérieure.
Parallèlement, il pourrait être demandé aux prêtres d’être plus vigilants lors de la préparation des mariages et d’être en mesure de discerner si les couples ont une réelle motivation à se marier chrétiennement.
Cependant, dans certaines circonstances extrêmes, des paroissiens plaident que si l’un des conjoints subit la situation de séparation, la reconnaissance de nullité soit favorisée.

Question 38 : La pastorale sacramentelle à l’égard des divorcés remariés a besoin d’un approfondissement ultérieur, en évaluant la pratique orthodoxe et en tenant compte de « la distinction entre situation objective de péché et circonstances atténuantes ». Quelles sont les perspectives au sein desquelles se situer ? Quelles avancées sont possibles ? Quelles suggestions pour remédier à des formes d’empêchement non dues ou non nécessaires ?
La question des sacrements génère parfois un sentiment d’injustice sur les règles d’accès à l’eucharistie ou au sacrement de réconciliation ou du baptême lorsque l’un des conjoints n’est pas baptisé. Certains ne comprennent pas l’impossibilité pour les divorcés-remariés d’accéder au sacrement de réconciliation alors qu’ils en ressentent le besoin.
Un souhait majoritairement exprimé consisterait à permettre l’accès avec discernement à l’eucharistie. Il s’agit là de l’expression d’une demande d’évolution pastorale afin de permettre aux couples concernés d’entamer une nouvelle vie spirituelle.

À l’inverse, d’autres participants estiment que la règle est structurante et permet de vivre un chemin de rédemption et que le principe de ne recevoir ce sacrement, qu’à partir du moment où l’on prend la ferme résolution de sortir de l’état de péché, est justifié. Ces mêmes chrétiens craignent que l’Église, en cherchant à s’adapter à l’évolution des mœurs de la société, ne perde le sens du message du Christ venu sur terre.
N’oublions pas de soutenir les SDF (séparés-divorcés-fidèles) qui acceptent dans la souffrance de respecter ce que recommande l’Église et qui ont accès à l’ensemble des sacrements de l’Église.

Une demande a été formulée de bénéficier pour les mariages mixtes de plus de souplesse dans les dispenses, un peu à l’image de ce qui est pratiqué dans les communautés protestantes.
Un chemin de pénitence pourrait également ouvrir l’accès aux sacrements (et aussi l’accès à un remariage non sacramentel) à l’image de ce qui se pratique chez les orthodoxes.

L’Église gagnerait à développer un dialogue plus clair car elle est souvent mal comprise par les personnes fragilisées ou au seuil de l’Église. Des participants demandent des éclaircissements sur l’indissolubilité du mariage, même si certains la voient comme un chemin escarpé sur une ligne de crête.

Question 39 : Les normes en vigueur actuellement permettent-elles d’apporter des réponses valables aux défis posés par les mariages mixtes et par les mariages inter-confessionnels ? Faut-il tenir compte d’autres éléments ?

Pour les mariages mixtes (entre baptisés appartenant à des confessions chrétiennes différentes), il faudrait éviter que, dans les cas difficiles à résoudre par l’Église catholique, les intéressés soient tentés de s’adresser à une autre confession qui traiterait ces cas de manière plus souple, au risque pour le baptisé catholique de changer de confession.

Question 40 : Comment la communauté chrétienne accorde-t-elle son attention pastorale aux familles dont certaines personnes en leur sein ont une tendance homosexuelle ? En évitant toute discrimination injuste, de quelle façon est-il possible de s’occuper des personnes dans ces situations à la lumière de l’Évangile ? Comment leur proposer les exigences de la volonté de Dieu sur leur situation ?

Les manifestations engendrées par le projet de loi prônant « le mariage pour tous » ont permis une réelle prise de conscience sur des situations individuelles douloureuses et un travail constructif de l’Église exempt de toutes condamnations.

Sur le principe, tous reconnaissent que les personnes homosexuelles doivent trouver leur place dans la communauté chrétienne pour pouvoir faire leur chemin de sainteté, lequel sera facilité par la présence, dans les rituels, de textes sacramentaux adaptés.
Cependant la vie des chrétiens dans l’Église ne se réduit pas aux seules messes du dimanche. L’Église propose des espaces de dialogue pour les homosexuels et leur famille qu’il faudrait peut être mieux faire connaître.
Devant le refus de certaines paroisses de baptiser des personnes homosexuelles adultes, une clarification est demandée sur l’usage des sacrements.
Face à la souffrance que ressentent les homosexuels, il est important que les chrétiens soient formés afin de faire passer un message clair et exigeant avec beaucoup de bienveillance.

Question 41 : Quelles sont les initiatives les plus significatives qui ont été prises pour annoncer et promouvoir efficacement l’ouverture à la vie, ainsi que la beauté et la dignité humaines de devenir mère ou père, à la lumière par exemple de l’Encyclique Humanae Vitae du Bienheureux Paul VI ? Comment promouvoir le dialogue avec les sciences et les technologies biomédicales de façon à ce que soit respectée l’écologie humaine de l’engendrement ?

Le débat qui a suivi autour de la question sous-jacente de la licéité de la contraception a confirmé que ce sujet était toujours polémique et créait un clivage parmi les chrétiens.

Il est relevé la grande sensibilité de certains paroissiens à la théologie du corps et au respect de la vie sous toutes ses formes. En particulier, de jeunes couples montrent une appétence particulière à l’écologie humaine de l’engendrement, mais conviennent que le choix des méthodes pour réguler leur fertilité ne doit reposer que sur des décisions en conscience et à la responsabilité individuelle selon son chemin de vie. Le recours à la contraception devrait alors être « dédiabolisé » par l’Eglise.

D’autres recommandent l’usage de méthodes de régulation naturelles des naissances pour être en conformité avec les encycliques des papes et vivent sans frustration cette exigence. Les méthodes de régulation naturelles des naissances ont fait beaucoup de progrès depuis la méthode Ogino et ont démontré leur efficacité.
Leur utilisation non seulement respecte la création divine dans sa totalité en ne séparant pas l’union et la procréation mais favorise aussi le principe très actuel d’écologie humaine évoquée au paragraphe précédent qui n’occulte pas le lien fragile entre la féminité et la fécondité de la femme.

Certains enfin, s’interrogent pour savoir si la capacité d’arrêter avec précision le nombre d’enfants confère aux couples de meilleures dispositions à les élever, les aimer et leur apporter des valeurs humaines et spirituelles.

Question 44 : Comment l’Église combat-elle la plaie de l’avortement en favorisant une culture de la vie qui soit efficace ?

L’Église de France devrait d’une part informer plus largement de l’existence des associations qui viennent en aide aux femmes en difficulté et accueillent la mère et l’enfant et d’autre part inciter à faire des démarches auprès des instances publiques pour informer et défendre la vie. L’aide et la promotion de ces associations devraient être une priorité de l’État.

Question 45 : Accomplir leur mission éducatrice n’est pas toujours aisé pour les parents : trouvent-ils solidarité et soutien dans la communauté chrétienne ? Quels parcours de formation peut-on suggérer ? Qu’est-ce qui peut-être fait pour que la tâche éducative des parents soit reconnue aussi au niveau sociopolitique ?

L’éducation des enfants est strictement du ressort des parents qui doivent pouvoir trouver des appuis dans la communauté chrétienne et dans la société civile.
Pour certains, les parents sont souvent démunis et c’est effectivement la communauté chrétienne qui doit les aider ; le succès de l’enseignement catholique sous et hors contrat en est une preuve. La société n’apportant plus le soutien escompté, il revient aux familles d’identifier des structures adaptées à leurs convictions pour transmettre leurs valeurs éducatives. En dehors des écoles, l’éducation des enfants peut se forger par le scoutisme, les aumôneries, les mouvements d’étudiants.

L’autorité des parents dans leur rôle d’éducateurs doit être renforcée en leur rappelant leurs responsabilités et éventuellement en les accompagnant. Si besoin est, des conférences, des cycles d’approfondissement de la foi, voire des formations de base, des cours de catéchisme pour adultes doivent être proposés. Les réunions de préparation au mariage ou au baptême peuvent être une bonne occasion pour faire connaître ce qui se fait sur la paroisse ou à proximité. Pour mémoire, il existe le Cler, Teen-star, les chantiers éducation des Associations Familiales Catholiques, etc.

Question 46 : Comment stimuler chez les parents et dans la famille chrétienne la conscience du devoir de transmission de la foi comme dimension intrinsèque à l’identité chrétienne ?

Dans une société où l’organisation et le rôle de la famille sont en permanence remis en cause, la tâche éducative des parents chrétiens reste, entre autres, la transmission de la foi. On sème par l’éducation, la foi, les valeurs, mais on ne connaît pas à l’avance la qualité de la récolte au temps de la moisson.
Pour semer en respectant la liberté des enfants, des paroissiens suggèrent de communiquer principalement sur la joie de l’évangile !

Nous devons particulièrement insister, au moment des baptêmes, sur ce devoir de transmission auprès des parents et parrains-marraines et engranger le plus de soutien possible afin de faire partager cette responsabilité.




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