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Saint-Denys de Vaucresson et Sainte-Eugénie de Marnes-la-Coquette

Paroisses Saint-Denys de Vaucresson et Sainte-Eugénie de Marnes-la-Coquette

Groupe de carême : Thème de réflexion N°5 - Savoir accompagner

Synode sur "les défis pastoraux sur la famille dans le contexte de la nouvelle évangélisation"

Le texte qui suit a été élaboré par un groupe d’une quinzaine de personnes, principalement formé des membres de l’équipe de la pastorale des funérailles des paroisses de Vaucresson et de Marnes-la-Coquette qui se sont réunies à trois reprises, environ huit heures en tout, pour prier et réfléchir ensemble. Avec des sensibilités au départ différentes, une grande convergence des points de vue s’est établie ; les points de divergence sont mentionnés dans le texte. Le texte que nous avons élaboré prend le risque de se tromper ou de comporter des erreurs que ses éventuels lecteurs voudront bien pardonner, mais il a été écrit "de bonne foi".

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Le synode suscite un intérêt considérable chez les chrétiens ayant une pratique régulière et les attentes sont très grandes. La déception peut être à la hauteur de ces attentes si la montagne accouche d’une souris !
Notre groupe a eu le souci permanent de se mettre à l’écoute de l’Esprit Saint pour :

• Annoncer l’évangile sur les thèmes de la famille autour de nous,
• Se mettre dans les pas de Jésus.

La méditation de l’Évangile (la Samaritaine, le fils prodigue, la femme adultère, …) a été essentielle. Comme a été essentielle la recherche de la fidélité à notre baptême qui nous a faits Prêtres, Prophètes et Rois pour Célébrer, Annoncer et Servir.
Que nous montre l’Évangile ? Un Jésus Christ continuellement à la rencontre des estropiés de la vie, éclopés en tout genre, adultères, étrangers, hérétiques, prostituées, pauvres, toujours prêt à rompre l’entre-soi des pharisiens, hommes respectables mais limités par l’étroitesse de leurs vues et de leurs pratiques. Suivre le Christ aujourd’hui, c’est faire la même chose, rompre l’entre-soi de nos églises pour aller chercher les autres au-dehors.
Le fossé est grand entre les comportements du monde et même ceux des familles qui ont une pratique religieuse suivie et les enseignements de l’Église sur les sujets de la famille : on y divorce, on s’y remarie, on utilise les moyens contraceptifs, les enfants vivent ensemble avant de se marier … s’ils se marient, on recourt à la fécondation in vitro, … Il ne s’agit pas pour l’Église de courir après ces évolutions, mais de suivre le Christ ; qu’aurait-Il dit ? Qu’aurait-Il fait ? Lui dont la capacité d’amour et de pardon est sans limites. "Marcher avec le Christ, c’est marcher avec les blessés de la vie" avons-nous dit. Ou encore "la question n’est pas de suivre le monde, mais de suivre Jésus Christ".

L’ensemble de notre groupe s’est retrouvé pour dire que l’accueil plein et entier au sein de nos communautés paroissiales des personnes qui, aujourd’hui, sont tenues éloignées ou bien qui ne se sentent pas accueillies ou encore qui craignent de ne pas l’être doit être beaucoup plus grand.
Certains pensent que cet accueil ne doit pas avoir de restriction, qu’il est fait par l’Église au nom de Jésus Christ, et que chaque situation, dans le caractère unique de chaque histoire, dans la complexité propre aux relations affectives se règle dans le face à face entre l’homme et son Créateur. D’autres pensent que des règles doivent être maintenues, mais sensiblement assouplies. Ces règles sont-elles les seules règles de l’Évangile ("tout l’Évangile, rien que l’Évangile") ? Ou sont-elles les règles que l’Église a construites depuis deux mille ans et qui sont reprises dans le Catéchisme (lequel peut évoluer) sous la conduite de l’Esprit ? La question n’a pas été tranchée au sein du groupe qui atteint là ses limites de compétence.
Parce que la plupart d’entre nous sont engagés dans la pastorale des funérailles, nous pensons qu’il faudrait s’en inspirer. Nous y accueillons tout le monde. Pour tous les baptisés, nous faisons la même célébration. Nous avons célébré des obsèques, avec ou sans prêtre, pour des divorcés, pour des homosexuels en préparant la célébration avec la compagne ou le compagnon, pour des hommes ou des femmes à la vie sentimentale agitée et aux liens familiaux parfois très recomposés. Nous croyons pouvoir dire que dans ces situations où les familles craignent d’être mal reçues compte tenu de la situation "limite" du défunt, la qualité de notre accueil et de notre écoute est une véritable source de réconfort pour les familles et, assez souvent, elles disent rencontrer une Église beaucoup plus ouverte qu’elles ne le pensaient.
L’idée d’avancer à des rythmes différents selon les cultures et les pays est admise et même souhaitée, sans doute sous le contrôle des évêques, à condition que le Pape fixe un cadre et que Rome garde une vue d’ensemble et une capacité d’incitation.
Comme le Pape nous y a invité, nous nous sommes limités à la Pastorale, comprise par nous comme la façon dont se comportent les communautés chrétiennes et leurs prêtres vis-à-vis de certains membres de ces communautés, y compris dans l’accès aux sacrements. Sans nous avancer sur la Doctrine. Pourtant, nous sommes longuement interrogés sur l’indépendance des deux notions, pour conclure qu’elles ne pouvaient pas ne pas interagir. Mais ni l’une ni l’autre ne sont totalement intangibles.
Enfin, nous nous sommes permis de penser que les clercs (du Pape et des évêques au vicaire de paroisse ou à l’aumônier) doivent "sentir avec l’Église", selon la formule du Pape François dans son interview aux revues jésuites et que, sur ces sujets, l’Église est confrontée à des "conflits de devoirs" entre lesquels il faut faire des choix.

LES PROPOSITIONS POINT PAR POINT
1. L’objet du Synode

L’objet du synode a paru à certains trop étroit et sa venue trop tardive. Le traitement de ces questions aurait été attendu dans la foulée du Concile. Il aurait pu traiter des célibataires, des grands-parents qui font partie de la famille, des familles avec un enfant handicapé, de la procréation et de l’adoption, … Mais le monde ne s’est pas fait en un jour et avancer sur les sujets abordés par les Pères synodaux est déjà important.

2. L’accès aux sacrements des personnes divorcées et remariées civilement

L’Eucharistie est nourriture. Elle nourrit la vie des chrétiens et les personnes blessées par la vie peuvent plus que tout autre en avoir intensément le désir et en avoir spirituellement le besoin. Les en priver est leur infliger une souffrance (une punition ?), même si elles ne sont pas placées hors de la communauté chrétienne, alors qu’elles en ont encore plus besoin. Est-ce le rôle de l’Église d’ajouter de la souffrance à la souffrance ?
De plus la position actuelle divise les familles, les enfants pouvant communier et pas leurs parents : comment le leur expliquer ? En n’allant plus à la messe ?
Ici encore, nous nous sommes tournés vers l’Évangile et nous y avons trouvé une réponse que nous avons trouvée très forte : la veille de sa mort, en instituant l’Eucharistie, Jésus ne l’a pas refusée à Judas, alors qu’Il savait. Sauf à penser que la faute des divorcés remariés est plus grande que celle de Judas, on ne voit pas les raisons du refus actuel ! Autrement dit, c’est la situation présente qui ne nous semble pas fidèle à l’Évangile.

Le souhait du groupe est de permettre le retour à la plénitude des sacrements pour le plus grand nombre.
Le cadre général doit être fixé par la conférence épiscopale d’un pays, après que le Pape aura pris ses décisions post-synode, mais les cas individuels ne sauraient être suivis au niveau des évêques. C’est aux prêtres "usuels" de le faire (sauf si il y avait une mesure générale).
Doit-il y avoir un parcours individuel de pénitence aboutissant au sacrement de réconciliation, préalable au retour à la table de communion ? L’idée est loin de faire l’unanimité, car la majorité ressent l’extrême difficulté que le "confesseur" aurait à juger de la responsabilité du divorce et de la sincérité de la démarche de retour aux sacrements, et donc au caractère arbitraire de la Réconciliation accordée ou non ? D’autres disent que c’est le propre du sacrement de réconciliation, en toute circonstance, d’avoir cette part d’arbitraire.
Enfin, le groupe a marqué son intérêt le plus grand pour ce que font nos frères orthodoxes qui admettent le remariage (une fois seulement !) d’un divorcé, ce second mariage étant reconnu, mais n’étant pas sacramentel et n’entraînant aucune privation des sacrements : bénir une seconde union sans lui reconnaître de caractère sacramentel.

3. Les personnes homosexuelles

Les évangiles n’en disent rien. Le Catéchisme de l’Église Catholique ne prononce pas d’interdits, mais les homo, mêmes chrétiens, évitent les églises ou se dissimulent ou bien vont dans les églises où on ne les connaît pas.
Au même titre que l’Église de fait ne refuse pas les sacrements aux jeunes (ou moins jeunes d’ailleurs) qui ont une vie commune, aux célibataires qui ont une vie sexuelle ou aux personnes qui sont mariées uniquement civilement, elle ne peut, ni ne doit le faire à l’égard des personnes homosexuelles.
Et elle doit affirmer haut et fort qu’elle accueille les personnes homosexuelles, y compris dans l’accès aux sacrements, exactement dans les mêmes conditions que les personnes hétérosexuelles non mariées. Ce rappel est considéré comme inutile par certains car il va de soi, d’autres pensent au contraire que les homosexuels se croient encore victimes d’un ostracisme particulier.
Mais la question centrale est celle des couples. Le groupe souhaite que les unions homosexuelles soient reconnues comme une forme de vie évangélique, de rencontre du Jésus Christ dans l’amour humain comme les unions hétérosexuelles. Si on s’inspire de la voie choisie par nos frères orthodoxes pour les divorcés remariés, il faudrait aussi admettre la possibilité de bénir les unions d’homosexuels. Pour une minorité d’entre nous, le sacrement de mariage (que se donnent les époux) devrait être ouvert aux homosexuels.

4. Accompagner dans les paroisses le retour des chrétiens qui se sont éloignés et y développer l’accueil

Le groupe a ressenti un besoin à l’égard des "recommençants", considérant que la popularité du Pape François d’une part, les avancées que pourrait permettre le Synode sur la famille d’autre part peuvent être l’occasion de provoquer un retour vers les églises à condition que nos églises soient "séduisantes", que des évêques audacieux, des théologiens et des penseurs chrétiens enthousiastes et un peuple chrétien optimiste et généreux ouvrent les portes.
Toutes les équipes engagées dans la pastorale (baptême, mariage, funérailles, …), le catéchisme, les aumôneries, doivent saisir les occasions d’accrocher les chrétiens à leur communauté. Partout se pose la question de l’après : que se passe-t-il après ?
On a aussi évoqué la possibilité d’expliquer les religions en aumônerie, l’intérêt des rassemblements de chrétiens, des propositions de retraite avec coupure du monde, des groupes de parole, tout ce qui s’ouvre à des familles et à des personnes qui n’ont plus de pratique religieuse. Au titre des groupes de parole autour de l’Évangile, il pourrait être possible de rassembler des familles jugées "non conformes" (divorcés, remariés, couples non mariés, …).
Enfin, certains se sont interrogés sur la possibilité de mettre en place une sorte de médiation chrétienne pour les couples en difficulté.
Une importante question de timing : dans la période présente, tant que les orientations qui seront retenues par le Pape ne sont pas connues, il est préférable de ne pas prendre trop d’initiatives nouvelles sur les questions de la famille. On a si longtemps attendu qu’on n’est plus à six mois près !

5. La confession et le sacrement de réconciliation

Bien que cette réflexion soit à la marge de notre sujet, nous avons tous regretté qu’il ait été mis fin aux célébrations pénitentielles collectives avec absolution individuelle. Cet abandon a éloigné de nombreux chrétiens de la pratique de ce sacrement.

CONCLUSION

"Je préfère une Église accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu’une Église malade de la fermeture et du confort de s’accrocher à ses propres sécurités. Je ne veux pas une Église préoccupée d’être le centre et qui finit renfermée dans un enchevêtrement de fixations et de procédures. Si quelque chose doit saintement nous préoccuper et inquiéter notre conscience, c’est que tant de nos frères vivent sans la force, la lumière et la consolation de l’amitié de Jésus Christ, sans une communauté de foi qui les accueille, sans un horizon de sens et de vie" (exhortation apostolique Evangilii gaudium du Pape François, nov 2013).

Thierry MIGNAUW, rédacteur (thierry chez mignauw.com)




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