Diocèse de Nanterre

newsletter
Notre diocèse
À la Une
Enfants / Jeunes
Prier et Célébrer
S’informer / Se former
Aimer et Servir
Contact Plan d'accès Recrutement Intranet
Accueil > À la Une > L’Église et le Pape > Synode sur la famille > Retour des consultations en paroisses

Synthèse - Retour consultation Synode

Lineamenta Synode des Évêques,
« La vocation et la mission de la famille dans l’Église
et dans le monde contemporain »

(Ce document a été réalisé à partir des retours des paroisses envoyés avant le 16 mars 2015)

Nanterre, le 15 mars 2015

Le 12 janvier 2015, le diocèse de Nanterre a envoyé le texte des lineamenta avec les 46 questions aux 52 curés, en les invitant à y répondre avec des personnes de leur paroisse. Il appartenait aux paroisses de choisir les points à travailler en priorité et de répondre à certaines de ces questions. Pour aider à la réception des Lineamenta, le diocèse a diffusé sur internet une conférence qui s’est tenue sur les enjeux du synode, avec l’éclairage pastoral de l’évêque, un regard historique et enfin une contribution théologique sur la question de la loi de gradualité et de la pédagogie divine.

Le document a été également mis en ligne sur le site diocésain pour permettre aux internautes d’y répondre directement. Nous avons reçu des réponses de : 24 paroisses qui ont proposé une assemblée paroissiale, des groupes ou des soirées de travail, 1 équipe d’accompagnateurs du catéchuménat, 1 équipe de Centre de Préparation au Mariage, 1 équipe Relais Lumière Espérance, 1 équipe MCR, 1 équipe Reliance, des AFC, d’un centre spirituel, une dizaine de fidèles seuls ou en groupes. En dehors des questions du questionnaire, de nombreux éléments ont été proposés sur les enjeux, les difficultés et les joies des familles. Le délai trop court laissé pour répondre au questionnaire en a découragé, ce qui n’empêche pas une réflexion locale qui continue au long de l’année.

Seules quatre questions n’ont pas reçu de réponses. La question N°2 portant sur « les instruments d’analyse et les résultats concernant les aspects du changement anthropologique et culturel », ce qui interroge sur la capacité de connaître et d’utiliser des outils pour une meilleure connaissance du pluralisme culturel et ainsi aider à connaître le monde auquel Dieu nous envoie. La question N°27 : « comment favoriser relation entre famille, société et politique au profit de la famille, soutien de la famille par la communauté internationale et les États », ce qui est étonnant alors qu’en France le débat sur le mariage dit « pour tous » ou par le passé la défense de l’école libre … ont mobilisé nombre de fidèles. La question N°29 « initiation chrétienne » qui est sans doute encore trop méconnue, et la N°34 « formes traditionnelles de mariage », sans doute peu répandu sur le sol français, ce qui souligne aussi que peu de personnes venues d’ailleurs ont du s’intéresser au questionnaire.

C’est la 3ème partie portant sur les « perspectives pastorales », qui a suscité le plus de réponses, davantage que la 1ère partie sur « le contexte et les défis » ou la 2ème partie sur
« le regard du Christ : l’Évangile de la Famille ». Les N°38 (divorcés remariés), N°40 (personnes homosexuelles) et N°41 (ouverture à la vie), ont suscité les plus nombreuses réponses.

Dans bien des réponses, des propositions concrètes sont faites sous le mode d’initiatives pastorales à mettre en œuvre localement. La démarche synodale fut l’occasion pour de nombreux groupes de revisiter tout ce qui est déjà proposé dans les paroisses et les mouvements.

Une initiative originale a été remontée au diocèse : un couple de fiancés, en années d’étude, a décidé de partir en Janvier, pendant 6 mois, en Asie, afin de découvrir la portée du message de l’Église face aux défis de la construction d’un foyer dans ce continent. À l’heure du Synode sur la famille, et dans la continuité de leur préparation au mariage, ils souhaitent élargir leur champ de vision, leur cœur et leur connaissance de l’Église.

Voici ci-dessous quelques caractéristiques tirées de la lecture des dizaines de réponses reçues :

1. Une démarche de consultation plébiscitée

Le synode suscite beaucoup d’intérêt chez les chrétiens ayant une pratique régulière et de grandes attentes. Les participants ont été heureux d’avoir été consultés par leur Église, ils souhaitent que cette consultation se renouvelle régulièrement sur d’autres sujets. Les fidèles ont vécu l’apprentissage d’une élaboration collective dans le cadre de l’Église avec les difficultés d’écoute et de compréhension mutuelle dans les groupes. Ainsi, il a fallu dans les groupes naviguer « entre la volonté de témoigner des situations douloureuses rencontrées dans les expériences ecclésiales, familiales, amicales, ?le sentiment, que, dans l’Église, l’expertise des laïcs n’est pas, ou peu, reconnue, avec parfois des difficultés à se sentir légitime à parler en Église et enfin la volonté de saisir l’occasion donnée par le Synode pour avancer ». ?
Les différences d’approches ont aussi permis de mesurer « qu’il y a beaucoup de demeures dans la maison du Père » et que les sensibilités peuvent être différentes dans une même Foi. Mais, aussi, qu’il est important de progresser dans les échanges, sur cette thématique commune « Qu’est-ce que la Bonne Nouvelle ? La Bonne nouvelle, c’est avant tout Quelqu’un, Jésus-Christ ».

Un groupe appelle à une responsabilité décentralisée confiée aux Églises locales : « creuser en l’Église une responsabilité décentralisée, partagée, où tout ne remonte pas à Rome, tout en soulignant l’importance, au service de l’unité, de la communion des Évêques avec l’Évêque de Rome, Pape, successeur de Pierre et de Paul ».

La réflexion des groupes a été portée dans la prière à l’Esprit Saint, « en demandant que le vent de l’Esprit permette de dépasser les difficultés que ne manqueront pas de rencontrer le Pape François ainsi que les Pères synodaux, et, que, passé le moment du dialogue dans les groupes paroissiaux, le peuple de Dieu se mobilise dans la prière pour, tout au long de ces mois à venir, prier l’Esprit à ce sujet, empli de la conviction qu’il est profondément à l’œuvre ».

2. Formation des laïcs

Beaucoup de réponses ont souligné qu’un véritable déficit de formation théologique chrétienne des fidèles ne leur permettait pas de creuser suffisamment les questions. Une paroisse a constaté que « les groupes de réponses aux questions qui bénéficiaient d’un prêtre ou d’un laïc faisant autorité, ont été plus productifs du fait d’une moindre perte de temps dans la compréhension des questions ». Des fidèles expriment leur souhait de ne pas s’endormir dans une incompétence déclarée, acceptée, mais de poursuivre toutes les voies de formation qui peuvent être proposées, sans réserver aux seuls clercs la réflexion et la prise de parole. ?
Par ailleurs, des groupes appellent de leurs vœux une recherche théologique bénéficiant des meilleurs apports de la recherche pluridisciplinaire contemporaine, pour éclairer les positions de l’Église.

3. Une Église ouverte, qui accompagne, accueille

À travers de multiples réponses, est exprimé le souhait d’une Église qui ouvre grandes ses portes, accueillante et d’abord porteuse de la Bonne nouvelle : celle que Jésus Christ nous dit et nous répète : que chacun de nous est aimé, accueilli, quelque soit son parcours personnel ou familial. « L’Église ne devrait plus être vue comme celle qui régente, voire qui punit, ?sépare, ou même stigmatise. Or, c’est comme cela que beaucoup la perçoive, et cela éloigne de son message tant de nos proches, de nos contemporains ».

Dans les réponses reçues, les fidèles fondent cette ouverture de l’Église dans celle de Jésus tel que le rapportent les Évangiles. « Un Jésus Christ continuellement à la rencontre des estropiés de la vie, éclopés en tout genre, adultères, étrangers, hérétiques, prostituées, pauvres. Suivre le Christ aujourd’hui, c’est faire la même chose, rompre l’entre-soi de nos églises pour aller chercher les autres au-dehors ». Dans un groupe, la méditation de l’Évangile (la Samaritaine, le fils prodigue, la femme adultère…) a été essentielle. Comme a été essentielle la recherche de la fidélité au sacrement du baptême qui nous a faits Prêtres, Prophètes et Rois pour Célébrer, Annoncer et Servir.

D’autres pensent que des règles doivent être maintenues, mais sensiblement assouplies. Ces règles sont-elles les seules règles de l’Évangile ("tout l’Évangile, rien que l’Évangile") ? Ou sont-elles les règles que l’Église a construites depuis deux mille ans et qui sont reprises dans le Catéchisme (lequel peut évoluer) sous la conduite de l’Esprit ?

Certains groupes trouvent que les optiques légalistes et juridiques sont très présentes dans les textes du Synode. « La mission de l’Église n’est pas de garantir, encore moins de contrôler, la moralité sexuelle et conjugale des couples qu’elle évangélise. Ce qu’on attend d’un prêtre (et de l’Église plus généralement), c’est qu’il vive et qu’il exprime à tous la Bonne nouvelle : Dieu nous aime, le Christ nous sauve par sa mort et sa résurrection, l’Esprit nous aide à décrypter notre chemin vers le Seigneur, dans le service des autres ».

4. L’Église communique

Des participants estiment que les textes et les questions manquaient de clarté par défaut de simplicité, ce qui a découragé certains d’entre eux à venir partager les débats et irrité d’autres qui fustigeaient une Église incapable d’adopter un langage accessible. Un groupe demande : « Que l’Église adopte un langage compréhensible, mû par l’amour et donc la reconnaissance de la responsabilité des personnes ».

Les mots utilisés par l’Église ont aussi de l’importance dans nos sociétés si médiatisées. Ces mots peuvent aussi fermer des portes et représenter une forme de violence vis-à-vis des personnes qui se situent aux limites. Plusieurs paragraphes du rapport final donnent lieu ainsi à une incompréhension dommageable de nombre de nos contemporains, alors même que le langage simple du pape François les rejoint.

5. Proposer la Foi

Certaines réponses expriment l’inquiétude que nos sociétés occidentales perdent le sentiment religieux ; ils le regrettent et souhaitent que l’Église sache proposer des repères à partir de l’Évangile. ?À l’inverse, d’autres groupes portent un regard confiant sur nos sociétés qui cherchent leur voie. Les réponses soulignent la responsabilité première de l’Église en France : faire vivre le message de Jésus-Christ, au sein de la société, telle qu’elle est aujourd’hui dans notre pays.

Un groupe remarque que la très grande majorité des questions sont centrés autour du thème du mariage chrétien (sa préparation, son accompagnement, la cible qu’il doit constituer pour les situations « irrégulières »). Or le Synode de la famille concerne toutes les familles, y compris celles qui ne s’inscrivent pas dans la perspective du mariage religieux : il s’agit en fait de l’immense majorité des familles qui se créent actuellement en France. Dans une optique pastorale, ne faut-il pas accueillir fraternellement dans la Foi ces familles qui sont éloignées d’un projet de mariage religieux ?

Il est souligné, également, la nécessité d’un dialogue, à renforcer toujours, avec les autres confessions chrétiennes qui n’apportent pas les mêmes réponses aux questions débattues dans le cadre du Synode, bien que se référant, pareillement à Jésus Christ. Ainsi, les différences d’approche avec les Églises orthodoxes, protestantes, etc., impliquent une réflexion sur le caractère normatif des positions de l’Église catholique romaine sur les différents sujets abordés par le Synode.
Certains ont aussi regretté que le Synode sur la Famille n’aborde pas les débats de bioéthique, les questions liées à la vie et à la mort, qui sont si présentes dans nos questions contemporaines, même si nous savons que l’Église y est déjà présente.

6. Le handicap oublié

Un seul groupe a remarqué que la famille touchée par le handicap d’un proche (physique, mental, psychique) est peu prise en compte dans les textes du Synode et nous a fait remonter une longue réponse. Vivre la maladie psychique est une épreuve à long terme pour le malade et sa famille. La solitude et l’abandon sont ressentis par la famille et le malade, d’autant plus que les tensions familiales engendrées par la maladie psychique mettent à l’épreuve le couple, la fratrie, la famille. Après le déni et la révolte, la fragilité psychique d’un proche peut conduire à une conversion du cœur et du regard, une découverte de la présence du Christ sur le chemin parcouru comme pour les pèlerins d’Emmaüs et des petits moments de Grâce. Ainsi naît peu à peu l’espérance pour aborder les épreuves qui reviennent, les différentes étapes à parcourir. Pouvoir dialoguer dans un accompagnement bienveillant, relire sa vie de chaque jour à la lumière de la Parole, prier ensemble et partager l’amitié conduit à un chemin de guérison intérieure et de joie.

Une question difficile est posée par les personnes en souffrance psychique : puis-je me marier et avoir des enfants ? Comment y répondre ? Quelle autre forme de fécondité l’Église reconnaît-elle ? Il est urgent que l’Église ouvre les yeux, les oreilles et apprenne à connaître le mal-être, la maladie de ses brebis car la maladie psychique ne se dit pas facilement. La sensibilisation des communautés ecclésiales à la maladie psychique et à l’accompagnement des familles et des personnes en souffrance psychique pourrait y contribuer. Des actions de cette nature ont eu lieu déjà, la présence d’un chrétien « Relais Lumière Espérance » en paroisse pourrait aussi faciliter l’accueil des familles touchées par la maladie psychique…

7. Au sujet des 3 questions qui ont eu le plus grand nombre de réponses

Les réponses à la question N°38 (divorcés remariés) partent du sentiment d’injustice, de souffrance, de rejet, vécues par de nombreuses personnes divorcées remariées, dont plusieurs ont quitté l’Église. Une majorité de réponses demandent l’accès aux sacrements, voire une bénédiction, par des dispenses accordées plus souplement et après un chemin de discernement, de pénitence et de réconciliation. On appelle le Magistère à la miséricorde. Les fiancés doivent mieux mesurer ce à quoi le sacrement engage. Il est moins question des divorcés non remariés.

À la question N°40 (personnes homosexuelles), les réponses manifestent que les personnes homosexuelles sont mieux acceptées maintenant dans l’Église, même si des textes du magistère sont perçus encore comme trop décalés par rapport au vécu des personnes (comme par exemple la demande de chasteté pour une personne homosexuelle). Mais il est posé la question : leur reconnaît-on véritablement leurs places dans les paroisses ?

La question N°41 (ouverture à la vie, régulation des naissances) suscite toujours le débat entre chrétiens, entre le respect de la vie, une écologie humaine respectueuse du corps à laquelle est sensible de jeunes générations et la demande d’usage de contraceptifs non naturels. Pour une grande majorité, l’enseignement de l’Église sur ce sujet n’est pas reçu ou compris.

Relecture proposée par Père Hugues de Woillemont, Vicaire Général

- Télécharger la Synthèse




Évêché de Nanterre
85 rue de Suresnes - 92022 Nanterre cedex - Tél: 01 41 38 12 30



Mentions légales Plan du site