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Texte du pasteur Claire Chaumet pour Clarissa Jean-Philippe

Clarissa, le 13 janvier 2015

Luc 24 : 13-31

Or, ce même jour, deux d’entre eux se rendaient à un village du nom d’Emmaüs, à soixante stades de Jérusalem, et ils s’entretenaient de tout ce qui s’était passé. Pendant qu’ils s’entretenaient et débattaient, Jésus lui-même s’approcha et fit route avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Il leur dit : Quels sont ces propos que vous échangez en marchant ? Ils s’arrêtèrent, l’air sombre. L’un d’eux, nommé Cléopas, lui répondit : Es-tu le seul qui, tout en séjournant à Jérusalem, ne sache pas ce qui s’y est produit ces jours-ci ? Quoi ? leur dit-il. Ils lui répondirent :
Ce qui concerne Jésus le Nazaréen, qui était un prophète puissant en œuvre et en parole devant Dieu et devant tout le peuple, comment nos grands prêtres et nos chefs l’ont livré pour qu’il soit condamné à mort et l’ont crucifié. Nous espérions que ce serait lui qui apporterait la rédemption à Israël, mais avec tout cela, c’est aujourd’hui le troisième jour depuis que ces événements se sont produits. Il est vrai que quelques femmes d’entre nous nous ont stupéfiés ; elles se sont rendues de bon matin au tombeau et, n’ayant pas trouvé son corps, elles sont venues dire qu’elles avaient eu une vision d’anges qui le disaient vivant. Quelques-uns de ceux qui étaient avec nous sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses tout comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. Alors il leur dit : Que vous êtes stupides ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes ! Le Christ ne devait-il pas souffrir de la sorte pour entrer dans sa gloire ?
Et, commençant par Moïse et par tous les Prophètes, il leur fit l’interprétation de ce qui, dans toutes les Ecritures, le concernait.
Lorsqu’ils approchèrent du village où ils allaient, il parut vouloir aller plus loin. Mais ils le pressèrent, en disant : Reste avec nous, car le soir approche, le jour est déjà sur son déclin. Il entra, pour demeurer avec eux. Une fois installé à table avec eux, il prit le pain et prononça la bénédiction ; puis il le rompit et le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent ; mais il disparut de devant eux.

Clarissa avait rêvé d’une bonne vie à Montrouge.
Clarissa avait rêvé de s’engager pour servir les autres.
Clarissa avait rêvé de s’engager pour servir la paix.

Clarissa avait rêvé d’une vie au sein de la police, une vie difficile et nous ne remercions jamais assez ces fonctionnaires qui nous offrent, parfois au prix de leur vie, cette paix quotidienne.

Clarissa avait rêvé d’une famille.
Clarissa avait rêvé de nombreux Noëls avec ceux qu’elle aimait en Martinique.

Clarissa avait rêvé une vie et elle ne l’avait pas encore vécue. Mais tout était possible, le futur était devant elle avec toute ses promesses.

Tous ces rêves ont été brisés comme ces bulles de savon irisées des jeux d’enfants. Tous ces rêves brisés parce qu’un fanatique pris de rage et de furie a croisé sa route un matin à Montrouge.

Un fanatique qui se prenait pour Dieu.
Dieu est un disent comme moi, nos frères de confession juive dans le shema Israël.

Dieu est tout miséricordieux disent comme moi, nos frères de confession musulmane dans la première sourate.

Personne ne peut se mettre à la place de Dieu. Personne ne peut décider de la vie et de la mort.

Dieu n’a pas voulu la mort de Clarissa.

Et sa famille, ses amis restent avec l’incompréhension, avec une révolte profonde et une immense tristesse.

L’incompréhension car comment comprendre et accepter ce qui s’est passé. Une vie s’est arrêtée trop tôt. Personne ne peut expliquer cela, ni le justifier.

La révolte car c’est la seule attitude à avoir. Je suis révoltée par ce crime, nous sommes tous révoltés dans ce lieu.

Et la tristesse car nous pensons à Clarissa, à sa famille, à son compagnon, à ses amis.

Comment vivre après cela ? Les compagnons de Jésus dans le texte de Luc, que nous avons lu, n’arrivent pas à comprendre sa mort et ils se posent des questions, ils essayent de trouver une explication mais ils sont aussi révoltés. Ils avaient tant attendu de Jésus, ils avaient eu tant de rêves que sa mort les révolte. Ils pensaient que Jésus allait tout bouleverser, prendre le pouvoir, apporter la paix, changer le cœur des hommes, les rendre bons, mais il a été dénoncé, jugé pour blasphème, et exécuté. Et dans les jours après sa mort les disciples se révoltent, ils ne comprennent pas, peut-être doutent-ils. Ils se regroupent pour parler entre eux, pour pleurer et c’est une manière de se soutenir dans la douleur. C’est pour cela que nous sommes tous ici pour entourer la famille, les amis, les collègues de Clarissa. Des femmes ont vu le Christ disent les pèlerins d’Emmaüs. Lorsque la solitude devient trop forte, Jésus peut venir au tréfonds de la douleur pour rassurer et consoler. Il a souffert et peut comprendre la souffrance des hommes, mais il faut pouvoir entendre cette petite voix consolatrice. Peut-être pas tout de suite, mais un matin après une nuit sans sommeil, vous saurez qu’il est avec vous et qu’il souffre avec vous. Mais ce sera au cours du chemin car au début de ce chemin de deuil la révolte est trop forte. Jésus souffre avec vous de cette tragédie et vous pourrez partager avec lui la douleur.
Et plus tard, un jour, vous vous souviendrez des moments heureux avec Clarissa, d’une plaisanterie, d’une chanson, d’une photo, d’une conversation. Et ce souvenir ne sera plus une douleur mais sera un moment très doux. Comme les pèlerins à Emmaüs, son souvenir surgira de manière très forte et vous aurez la certitude que tout l’amour qu’elle avait pour vous est là, avec vous et qu’il vous accompagne. Le matin ne sera plus le moment où l’on se dit « encore une journée » mais le moment où l’on se dit mon chemin continue apaisé et je sais que l’amour de Dieu m’accompagne et tout ce que nous avions échangé de doux et de tendre avec Clarissa est un trésor qui demeure au fond de moi.

Nous confions Clarissa pour toujours dans la mémoire éternelle de l’amour de Dieu.
Amen

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