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Accompagner les réfugiés en 2021 ?


Qu’est-ce que la Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié ?
(Service nationale Mission et Migrations)

Dimanche 26 septembre 2021, 107ème JMMR aura pour thème : « Vers un nous toujours plus grand ».
Lire le message du pape François à l’occasion de cette journée.

Près de 80 millions de personnes déplacées de force en 2019, tel est le constat du Haut-Commissariat aux Réfugiés de l’ONU. Et ce nombre de réfugiés a quasi doublé en dix ans, selon son rapport ! Guerres, violences, persécutions, insécurité alimentaire ou dérèglements climatiques : autant de raisons qui ont poussé 80 millions de personnes à fuir leur maison et leur pays en 2019.

Dès le tout début de son pontificat, le pape François nous interpellait envers cette souffrance humaine. Sa première visite hors de Rome fut à Lampedusa en juillet 2013, voulant exprimer ainsi la sollicitude de l’Église envers les migrants, les personnes déplacées, les réfugiés. Il rappelle régulièrement qu’au-delà d’un « signe des temps » c’est aussi une grande responsabilité que l’Église entend partager avec tous les croyants ainsi qu’avec tous les hommes et femmes de bonne volonté. A ce sujet, François réaffirme que « notre réponse commune pourrait s’articuler autour de quatre verbes fondés sur les principes de la doctrine de l’Église : accueillir, protéger, promouvoir et intégrer ». Lors de son appel de septembre 2015, il invite les chrétiens à prendre des initiatives en soulignant que la contribution de la communauté politique et de la société civile est indispensable, chacun selon ses responsabilités propres.

Concrètement, comment s’engager ?
Le premier accueil est souvent assistance pour aider à résoudre des questions basiques : aide alimentaire et matérielle, appui pour des démarches administratives et sociales ; puis progressivement en découvrant la famille, aider pour le suivi et la scolarisation des enfants, faire connaissance avec son nouvel environnement et apprendre le français pour mieux s’intégrer.

La recherche d’un logement pérenne devient vite le point crucial pour stabiliser nos amis réfugiés. Pour y parvenir il est indispensable d’en parler très largement autour de soi, partager l’information afin qu’elle soit relayée auprès d’un plus grand nombre et compter sur les réseaux personnels de chacun. Le maillage de ces réseaux est une source d’informations inépuisable qui aide à trouver des solutions inespérées voire parfois providentielles. C’est l’une des clés du dynamisme des associations créées en cette période pour solutionner des problèmes souvent complexes.
Dans ce tissage de relations, des amitiés se créent et des compétences se renforcent. Les acteurs paroissiaux, les partenaires institutionnels, les mairies, les associations caritatives (secours catholique, Relais sévrien,…), confessionnelles (Œuvre d’Orient, Ordre de Malte,..) ou non (Cimade, Réseau Education Sans Frontières (RESF), ..) sont des relais précieux. Le dénominateur commun entre tous s’appelle la solidarité, une solidarité partagée au bénéfice des réfugiés.

Aujourd’hui sur le diocèse, près de 130 réfugiés (Convention de Genève) ont déjà été accueillis, logés et accompagnés. Ils viennent principalement de Syrie, d’Irak, d’Afghanistan, de Pakistan, d’Ukraine, du Tibet, du Soudan, d’Algérie, de Guinée, d’Haïti, d’Erythrée,…... Ils sont chrétiens très majoritairement, musulmans pour près de 15% d’entre eux et bouddhistes pour 10% environ .
- 60 % d’entre eux sont accompagnés par des bénévoles issus de 3 associations bâties selon un schéma globalement voisin (apolitique et aconfessionnel) : AMA à Asnières, ASSARVA à Ville d’Avray et CARMEUDON à Meudon.
- 25 % correspondent à des initiatives individuelles ou collectives de plusieurs personnes ayant identifiées soit un logement disponible soit une famille en recherche. Ces initiatives se trouvent le plus souvent au cœur d’une douzaine de paroisses. Ex : Chaville, Plessis Robinson, Neuilly, Chatillon, Clamart, Issy les Moulineaux, Vanves, Antony,….
- 15 % sont pris en charge par des bénévoles d’associations spécifiques (Habitat & Humanisme et SNL 92), qui assurent le relais des bénévoles d’origine mobilisés pour le premier accueil.

Quel que soit le schéma retenu, le rôle primordial de tous les bénévoles mobilisés est avant tout d’accompagner et non pas d’assister ; et la nuance est d’importance pour cheminer vers une véritable intégration de ces réfugiés.
Les demandeurs d’asile sont accueillis et aidés sur Nanterre et les communes avoisinantes via l’association « Accueillons les Migrants à Nanterre » (AMN) créée en février 2020. Ils sont plus difficiles à estimer et nécessitent un accompagnement différent, adapté sur des durées plus courtes, le temps que leur demande d’asile soit instruite.

Enfin plus d’une trentaine de familles de six paroisses différentes (Boulogne, Chatillon, St Cloud, …) se sont déjà mobilisées pour accueillir et héberger en famille, à la maison, pendant un mois un demandeur d’asile via le réseau JRS (Jesuit Refugee Service).

Voilà en résumé la situation telle qu’on peut la connaître aujourd’hui dans le diocèse, grâce à la mobilisation de tous.

Bertrand ARROU (LME), Mission diocésaine pour l’accueil et l’accompagnement des réfugiés et demandeurs d’asile
refugies@diocese92.fr