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Année Saint Joseph, le don des indulgences.



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En même temps qu’était rendue publique la Lettre apostolique Patris corde, la Pénitencerie apostolique (Tribunal suprême de l’Église catholique pour les questions touchant le for interne) publiait un décret sur « le don d’indulgences spéciales accordé à l’occasion de l’Année saint Joseph » et en expliquait l’objectif : « Tous les fidèles auront ainsi la possibilité de s’engager, avec des prières et des bonnes œuvres, pour obtenir avec l’aide de saint Joseph, chef de la Famille céleste de Nazareth, réconfort et soulagement dans les graves tribulations humaines et sociales qui tenaillent aujourd’hui le monde contemporain ».
Cette pratique est conforme à la tradition de l’Église (cf. années saintes, jubilés, JMJ, etc.).

Malheureusement la question des indulgences a souvent une mauvaise presse auprès des fidèles. Nous savons même qu’au XVIe siècle elle fut à l’origine de divisions durables entre les chrétiens… Depuis nous bénéficions spécialement, dans l’éclairage du concile Vatican II, de l’enseignement de saint Paul VI à ce sujet : sa Constitution apostolique Indulgentiarum doctrina (1er janvier 1967) est reproduite dans le « Manuel des indulgences » édité par la Pénitencerie apostolique (Lethielleux, Paris, 2000, 156 pages). Le Pape y insistait sur le fait que l’indulgence dépend avant tout de la disposition interne du cœur de l’homme et veut simplement encourager les fidèles à libérer leur cœur de tout attachement au péché.

LES INDULGENCES POUR LA VIE DES CHRÉTIENS

Depuis nous disposons de deux définitions autorisées : celle du Catéchisme de l’Église Catholique (1998) et celle du Code de droit canonique (1983) :

- « La doctrine et la pratique des indulgences dans l’Église sont étroitement liées aux effets du sacrement de Pénitence. L’indulgence est la rémission devant Dieu de la peine temporelle due pour les péchés dont la faute est déjà effacée, rémission que le fidèle bien disposé obtient à certaines conditions déterminées, par l’action de l’Église, laquelle, en tant que dispensatrice de la rédemption, distribue et applique par son autorité le trésor des satisfactions du Christ et des saints. » (CEC n° 1471).

- « L’indulgence est la remise devant Dieu de la peine temporelle due pour les péchés dont la faute est déjà effacée, que le fidèle bien disposé, et à certaines conditions définies, obtient par le secours de l’Église qui, en tant que ministre de la rédemption, distribue et applique avec autorité le trésor des satisfactions du Christ et des saints. » (can. 992).

Desquelles nous relevons deux notes capitales :


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1. Pour comprendre la pratique de l’indulgence il est indispensable de la placer en relation avec celle du sacrement de pénitence : les péchés confessés à un prêtre permettent au croyant de recevoir l’absolution divine. Il est donc véritablement pardonné, mais il lui reste à effectuer la pénitence qui lui a été imposée par le ministre afin de réparer le désordre causé par le péché, le mal commis envers les autres, envers soi-même et envers le Seigneur. L’indulgence n’enlève rien au devoir de réparation : elle intervient pour contribuer à la purification de notre cœur, non pour remplacer ce travail intérieur qui nous sera nécessaire jusqu’au bout.

Cette purification se fera soit durant notre vie soit par-delà la mort (cf. le purgatoire). Voilà pourquoi l’indulgence peut être obtenue aussi au bénéfice des défunts.

Le Pape François explique : « Le pardon de Dieu pour nos péchés n’a pas de limite. Dans la mort et la résurrection de Jésus-Christ, Dieu rend manifeste cet amour qui va jusqu’à détruire le péché des hommes. Il est possible de se laisser réconcilier avec Dieu à travers le mystère pascal et la médiation de l’Église. (…) Malgré le pardon, notre vie est marquée par les contradictions qui sont la conséquence de nos péchés. Dans le sacrement de la Réconciliation, Dieu pardonne les péchés, et ils sont réellement effacés, cependant que demeure l’empreinte négative des péchés dans nos comportements et nos pensées. La miséricorde de Dieu est cependant plus forte que ceci. Elle devient indulgence du Père qui rejoint le pécheur pardonné à travers l’Epouse du Christ, et le libère de tout ce qui reste des conséquences du péché, lui donnant d’agir avec charité, de grandir dans l’amour plutôt que de retomber dans le péché. » (bulle d’indiction du Jubilé de la Miséricorde Misericordiae Vultus, 2015, n° 22).

2. « L’indulgence du Père » est médiatisée par l’action de l’Église qui s’appuie en cela sur l’exorbitant « pouvoir des clés » qui n’appartient qu’au Christ (cf. Ap 3, 7) et qui a été remis par lui-même à saint Pierre (cf. Mt 16, 19) et finalement à tous les disciples (cf. Mt 18, 18 et Jn 20, 22). L’Église est le corps du Christ : la Tête qui est source de toutes grâces a choisi de les dispenser par les membres de son corps et de les dispenser sacramentellement par le ministère apostolique.

Il faut ajouter que lorsque nous parlons de l’Église il s’agit certes de celle qui est en pèlerinage sur la terre, mais aussi de celle qui partage déjà la gloire du ciel. « On sait que les mérites de la sainte Mère de Dieu et de tous les élus contribuent à accroître le trésor (de la miséricorde) » écrit saint Paul VI (Indulgentiarum doctrina, n° 7). Dans la même ligne nous lisons chez le Pape François : « L’Église vit la communion des saints. (…) Leur sainteté vient au secours de notre fragilité, et la Mère Église est ainsi capable, par sa prière et sa vie, d’aller à la rencontre de la faiblesse des uns avec la sainteté des autres. (…) L’indulgence, c’est l’expérience de la sainteté de l’Église qui donne à tous de prendre part au bénéfice de la rédemption du Christ, en faisant en sorte que le pardon parvienne jusqu’aux extrêmes conséquences que rejoint l’amour de Dieu. » (Misericordiae Vultus, n° 22).

Pour résumer il est éclairant de reprendre une comparaison utilisée par Monseigneur Jacques Perrier (alors évêque de Tarbes et Lourdes et Président du Comité Français du Jubilé de l’an 2000) pour présenter la signification de l’indulgence : « Quand un incendie est éteint ou qu’une inondation est arrêtée, les dégâts restent. Il ne suffit pas d’être guéri pour retrouver la santé : sauf miracle, il faudra une longue convalescence. Dans l’ordre des relations, la fin d’une querelle ou un traité de paix n’efface pas d’emblée les blessures laissées par le temps du mépris. L’indulgence a pour effet de guérir ces blessures, par le secours de tous nos frères, les saints, et d’abord de Celui qui est le Saint de Dieu, Jésus-Christ. (…) Il n’est donc pas absurde d’attendre de l’indulgence un progrès vers la paix intérieure. » (« Vivre l’An 2000 », Panorama, octobre 1998).


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L’indulgence dont nous parlons est bien celle de Dieu : elle est une grâce offerte par lui et ne se « mérite » pas, elle est pur don gratuit de la divine miséricorde. Nous la demandons à travers la confession sacramentelle, la communion eucharistique et la prière aux intentions du Saint-Père. Elle est reçue dans la communion des saints qui ne cessent d’intercéder pour que la charité soit vécue sur la terre comme au ciel.

Voilà pourquoi la récitation de la litanie des saints fait partie des moyens pour en bénéficier et pourquoi en cette année nous prierons tout particulièrement par l’intercession puissante de saint Joseph.

LES INDULGENCES POUR L’ANNÉE SAINT JOSEPH

C’est dans cette perspective que nous recevons les possibilités présentées par le décret de la Pénitencerie apostolique en puisant « dans ce trésor qu’est saint Joseph ». Le don des indulgences y est déployé en reprenant ses titres tels qu’ils sont mis en valeur dans Patris corde.


1. Saint Joseph, authentique homme de foi.

L’indulgence plénière est accordée à ceux qui méditeront au moins trente minutes le Notre Père ou qui participeront à une retraite spirituelle d’une journée au moins qui comprenne une méditation sur le Saint.


2. Saint Joseph, homme juste.

L’indulgence plénière est accordée à ceux qui, comme lui, accompliront une œuvre de miséricorde corporelle (donner à manger à ceux qui ont faim, à boire à ceux qui ont soif ; vêtir ceux qui sont nus ; visiter les malades ou les prisonniers ; héberger les sans-abris ; ensevelir les morts) ou spirituelle (conseiller ceux qui doutent ; enseigner les ignorants ; reprendre les pécheurs ; prier pour les vivants et les morts ; consoler les affligés ; pardonner les offenses ; supporter patiemment les importuns).


3. Saint Joseph, gardien de la Sainte Famille

L’indulgence plénière est accordée aux familles et aux fiancés qui réciteront le chapelet dans le désir de vivre dans le même climat de communion intime, d’amour et de prière que connaissait la Famille de Nazareth.


4. Saint Joseph, artisan.

L’indulgence plénière est accordée à ceux qui confieront quotidiennement leur activité à sa protection et à ceux qui l’invoqueront pour les personnes qui cherchent du travail ou pour que le travail de tous soit plus digne.


5. Saint Joseph fuyant en Égypte avec la Sainte Famille.

L’indulgence plénière est accordée à ceux qui lui adresseront une prière (par exemple les Litanies à saint Joseph) en faveur des chrétiens persécutés.


6. Saint Joseph, protecteur pour toutes les circonstances de la vie.

L’indulgence plénière est accordée à ceux qui réciteront une prière approuvée (par exemple « À toi, bienheureux Joseph ») ou un acte de piété en son honneur, en particulier le 19 mars ou le 1er mai, pour la fête de la Sainte Famille, le 19 de chaque mois, les mercredis.


7. Saint Joseph, réconfort des malades et patron de la bonne mort.

L’indulgence plénière est accordée aux personnes âgées, malades ou agonisantes et à celles qui ne peuvent sortir de leur maison. En attendant de pouvoir accomplir si possible les trois conditions habituelles (cf. plus haut), ils réciteront une prière en son honneur.

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Nous ne pouvons que souhaiter que ces dispositions du Magistère puissent aider le plus grand nombre à « renforcer quotidiennement sa vie de foi dans l’accomplissement total de la volonté du Père ».

Mgr Yvon Aybram
vicaire épiscopal