Deux témoignages de chefs de chœur


Interview de Charlotte Dromard

Stagiaire de la session de formation des chefs de chœur de novembre 2019

- Charlotte, vous êtes depuis deux ans chef de chœur à Notre Dame de la Paix à Suresnes et vous avez suivi en novembre la session de formation des chefs de chœur organisée par le Service de Musique liturgique du Diocèse. Qu’est-ce qui vous a motivée pour suivre cette formation ?

CT - Je suis professeur des écoles et je fais chanter des enfants. J’ai repris la chorale de Notre Dame de la Paix il y a deux ans, et je ressentais le besoin de m’améliorer : j’ai toujours fait de la musique depuis mon enfance, en particulier du chant. Mais je me suis rendu compte que la direction de chœur était exigeante et nécessitait une formation.

- Avez-vous trouvé ce que vous cherchiez ?

CT - Oui tout à fait. La partie théorique le matin, faite par Olivier Groleau était déjà très intéressante car elle m’a permis de mieux situer mon action de chef de chœur dans le cadre liturgique. Mais la partie pratique m’a ouvert de nouveaux horizons. D’autant que chacun des dix participants a pu diriger le chœur pendant un quart d’heure environ. Et là, Olivier Bardot ne nous a pas ménagés !

- Comment vous situiez-vous par rapport aux autres stagiaires ? Les niveaux étaient-ils très différents ?

CT - Oui, il y avait des personnes déjà expérimentées et d’autres qui débutaient. Mais ce n’était pas gênant, car tout le monde a pu tirer un bénéfice de l’expérience. J’ai été étonnée de découvrir un public jeune, alors que je m’attendais à voir surtout des gens d’un certain âge. Mais en fait, il y avait beaucoup de jeunes chefs de chœur très motivés.

- Avez-vous pu déjà mettre en pratique ce que vous avez acquis pendant le stage ?

CT - Oui bien sûr. Et je constate déjà les progrès. Je relis constamment mes notes et j’essaie de mettre en application ce qu’Olivier Bardot nous a fait découvrir. J’utilise également ces conseils dans mon métier d’enseignante lorsque je fais chanter trois classes d’enfants ensemble.

- Y a-t-il un point qui vous a particulièrement marquée ?

CT - J’ai pu améliorer ma technique pour faire démarrer le chœur. Mais J’ai surtout découvert une chose essentielle : c’est l’importance de percevoir l’humeur du chœur avant de commencer la répétition. Ne pas commencer tant que l’on sent un climat nerveux ou tendu. Il faut alors détendre l’atmosphère en laissant les choristes parler quelques minutes, ou raconter une petite histoire. Trouver une sorte de petit rituel pour commencer, c’est extraordinairement efficace ! Et il faut être heureux avec les choristes, avoir des moments de joie ensemble.

- Avez-vous un regret ou une suggestion ?

CT - Nous n’avons pas eu suffisamment de temps pour échanger entre stagiaires. Au cours du déjeuner très convivial pris avec les choristes, nous avons pu parler avec eux. Mais entre stagiaires, nous aurions souhaité pouvoir échanger sur nos pratiques, nos difficultés, les solutions que nous avons pu trouver, en les confrontant avec ce qui nous a été transmis au cours du stage.

- Pensez-vous poursuivre cette formation ?

CT - Certainement. D’ailleurs, j’ai déjà commencé en regardant des formations sur You tube qui sont intéressantes mais ne remplacent pas une formation en direct avec de vrais choristes et le regard d’un professionnel qui voit tout de suite ce qu’il faut améliorer. Aussi je compte participer à une prochaine session organisée par l’association Ancoli.

Merci Charlotte et bonne continuation

Interview de Mathieu Niezgoda

Stagiaire de la session de formation des chefs de chœur de novembre 2019

- Mathieu, vous avez 33 ans et faites partie de la paroisse Sainte Magdeleine au Plessis-Robinson où vous dirigez depuis 2018 le chœur des messes en forme extraordinaire du rite romain. Vous avez participé au stage de formation des chefs de chœur organisé par le diocèse en novembre dernier. Qu’est-ce qui vous a motivé pour suivre cette formation ?

MN - J’ai une bonne formation musicale : je joue des instruments à clavier – synthétiseur, orgue, piano – depuis l’âge de six ans et chante en chorale paroissiale depuis 2013 . J’ai dirigé une chorale paroissiale à Saint Maurice (Val de Marne) pendant trois ans avant d’aller à la messe au Plessis-Robinson. Je n’étais donc pas complètement débutant. Cependant, je sais depuis longtemps qu’il me fallait des bases plus solides que celles que j’avais pu acquérir « sur le tas » et cette formation – conseillée par mon prédécesseur qui en avait été très satisfait – en était l’occasion.

- Y avez-vous trouvé ce que vous recherchiez ?

MN - Oui, tout à fait. Aussi bien avec la première partie présentée par Olivier Groleau sur la place de la musique dans la liturgie, basée sur les textes du Concile Vatican II et la Présentation Générale du Missel Romain, que sur le plan théorique, technique et pratique avec Olivier Bardot qui assurait à proprement parler la formation à la direction de chœur.

- Y a-t-il des points qui vous ont particulièrement marqué ?

MN - Oui. Tout d’abord, que la messe n’a pas besoin de musique pour être plus belle mais ce sont les fidèles qui en ont besoin pour s’élever vers le Seigneur. J’ai été marqué également par l’importance du silence : il fait partie intégrante de la musique et a toute sa place dans la liturgie ! Du point de vue technique, j’ai noté qu’il fallait veiller à être toujours visible des choristes afin de leur transmettre une émotion : la musique se vit et le chef de chœur doit savoir faire passer ses intentions par ses gestes et cela se travaille.

- Avez-vous abordé la question du choix du répertoire ?

MN - Je retiens qu’il faut oser réinvestir la musique ancienne ! Cela commence par le chant grégorien et les pièces polyphoniques de la Renaissance et du Baroque. Ensuite, les critères varient d’une chorale à l’autre. Cependant il y a quand même des constantes, dont nous avons parlé dans la partie théorique : il faut choisir des chants en rapport avec la liturgie et le caractère sacré de la messe, qui ont une valeur musicale indéniable et que les fidèles puissent chanter. En ce qui me concerne, nous avons un répertoire de cantiques anciens auxquels les fidèles sont particulièrement attachés mais nous prenons aussi des chants contemporains (DAC, Anne-Sophie Rahm, Emmanuel, etc.) que nous chantons en polyphonie, ainsi que des motets de toutes les époques (Palestrina, Mozart, Bach, Bebenek – pour ne citer qu’eux !).

- Avez-vous des regrets, ou des suggestions ?

MN - Le temps pratique était vraiment court : nous ne pouvions diriger le chœur-école qu’un quart d’heure, ce qui est trop peu pour révéler toutes les imperfections et acquérir une vraie technique. En fait, deux jours ne seraient pas de trop ! Ou alors je suggère un niveau 2 de cette formation avec Olivier Bardot et j’y participerai volontiers !

- Prévoyez-vous de suivre d’autres formations ?

MN - Oui, certainement. Je suis déjà inscrit à la session de formation des organistes avec J-L. Guyard. Et pour la direction de chœur, j’ai encore beaucoup à apprendre et reste ouvert aux formations qui se présenteront !

Merci beaucoup Mathieu et bon travail à Sainte Magdeleine !