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Être des parents chrétiens...

A quoi reconnait-on des parents chrétiens ? Comment vivre en chrétiens la paternité et la maternité ? Y-a-t-il une façon spécifiquement chrétienne d’élever des enfants ?



© godong

A quoi reconnait-on des parents chrétiens ? Comment vivre en chrétiens la paternité et la maternité ? Y-a-t-il une façon spécifiquement chrétienne d’élever des enfants ? Ne croyez pas que les chrétiens détiendraient une formule magique connue d’eux-seuls : comme tous les amoureux du monde, lorsqu’ils se découvrent parents commence pour eux une immense aventure qui les dépasse.

Amoureux avant tout, ils ne se sont pas aimés pour « faire » des enfants, mais ont eu des enfants parce qu’ils se sont aimés et étreints : et voilà qu’il faudra bien apprendre à devenir parents. Et comme tous les parents du monde, ou du moins espérons-le, ils ne désirent qu’une chose pour leurs enfants : le meilleur.
Ne croyez pas alors qu’il existerait quelque part, inscrit dans le Ciel ou caché dans les Écritures, le cahier des charges, le code de bonne conduite universelle du parent chrétien, la liste des devoirs qui garantirait à la sortie une kyrielle d’enfants parfaits, bien peignés et premiers de la classe, ou même futurs saints du calendrier…
En revanche vous pouvez croire que le Christ lui-même, en personne, fera de votre quotidien semé de nuits sans sommeil, de bols de lait renversés, de cartables perdus (oui oui, vous verrez…) ou même d’enfants oubliés à l’école (effet direct des nuits sans sommeil), et peut-être aussi d’ados récupérés au commissariat, une histoire d’amour écrite pour l’éternité.

Car le Christ vient agir concrètement et durablement par la grâce des sacrements, par ces signes visibles, concrets et tangibles de sa présence et de son action.
Tout d’abord il crée par le baptême un lien radicalement nouveau entre nous, les parents, et notre enfant. Ce bébé que nous venons de faire baptiser n’est plus simplement notre enfant biologique, inscrit dans un lien de filiation qui le place derrière nous, ou après nous. Sa vraie nature est révélée : il est, au même titre que son père et sa mère un citoyen du Ciel, enfant du même Père qui est au Ciel.
Nous sommes en réalité les frères et soeurs de nos enfants… et le jour où notre enfant aura reçu pleinement l’Esprit Saint au jour de sa confirmation, il deviendra un adulte dans la foi, tout comme son père, sa mère, ses grands frères et soeurs plus âgés.

Le baptême et la confirmation nous replacent exactement dans la ligne de notre mission de parents : faire en sorte que ceux qui nous ont été confiés comme des frères et soeurs dans la foi rencontrent le Christ, découvrent personnellement Jésus au long de leur vie terrestre, l’aiment et le suivent, jusqu’au jour où ils entreront de plain-pied dans l’éternité. Au Ciel nous nous aimerons pleinement comme frères et soeurs de Jésus.

Ainsi, parce que nous avons à charge de leur faire goûter, expérimenter, ce qu’aimer veut dire, à nous de mettre en œuvre les préceptes dictés par la charité, dont Saint Paul fait l’éloge : cette charité qui prend patience, qui rend service, qui ne s’emporte ni ne chipote, qui sème de la joie de vivre autour d’elle. À nous d’être de ces parents qui n’exaspèrent pas leurs enfants à coup d’exigences idiotes ou de remarques acerbes…

Ce lien unique, qui fait de nous, reconnaissons-le, des parents pas tout à fait comme les autres, nous oblige non seulement à la transmission de la foi, non seulement à l’éducation à la charité, mais aussi à la communion avec l’Eglise, corps du Christ : ayons à coeur de nourrir en nos enfants l’amour de l’Eglise. Comment ? Par la proximité avec des communautés, des hommes et femmes consacrés, des prêtres, tous ces témoins de la sainteté de l’Eglise qu’on ne manque pas de trouver dès lors que l’on s’engage au service des pauvres ou de la mission.

Ce lien unique qui nous tourne vers le Ciel nous ramène également au sens de notre travail, grâce auquel nous pouvons remplir les bols du petit déjeuner : apprenons à nos enfants que nous ne sommes pas les consommateurs des biens de la terre, mais leurs intendants.

Parce qu’un jour il se fera des cieux nouveaux et une terre nouvelle, et que nous, chrétiens, nous y aurons contribué.

Jeanne Larghero
conférencière, écrivain et professeur de philosophie.

Texte publié dans La lettre de l’Eglise Catholique dans les Hauts-de-Seine n°62