Foyer d’accueil : une aventure familiale et spirituelle


Notre diocèse compte 29 foyers d’accueil. Chaque année, l’évêque envoie en mission 8 à 10 familles pour vivre dans un presbytère, une aumônerie de l’Enseignement Public ou une maison d’Eglise, pour une durée de 3 à 5 ans. Charlotte, Jean-Michel et leurs quatre enfants témoignent de ce qu’ils vivent à St-François d’Assise, à Vanves.

Déménager. Quitter sa paroisse de toujours. Habiter un ancien presbytère pour se mettre au service d’une paroisse inconnue… Autant dire qu’être foyer d’accueil provoque un large éventail de réactions, de l’étonnement suspicieux à l’enthousiasme mystique. Faire ce choix, c’était, pour nous, espérer être missionnaires en devenant les « gardiens » d’un lieu : Ouvrir et fermer l’église, accueillir les fidèles, veiller à la bonne tenue des lieux, favoriser la convivialité, être le relais du clergé, et surtout, après concertation avec notre curé, lancer et animer une messe « des jeunes ».

Trois ans plus tard, et deux enfants en plus, nous savourons déjà les fruits de cette aventure familiale. Côté déracinement, la greffe a pris. Cette communauté est devenue la nôtre. Côté famille, l’aventure est réjouissante. Nos enfants aiment ce statut particulier qui fait de leur église, leur maison. Pour nous, c’est la satisfaction d’un autre horizon que la logistique des couches et la routine métro – boulot – dodo. Seconder notre curé dans ses projets pastoraux approfondit notre sentiment d’appartenance à l’Eglise et notre compréhension du quotidien des prêtres. Être les interlocuteurs privilégiés d’un quartier exige de nous que nous soyons des témoins fidèles à notre foi. Enfin, avoir la maison de Dieu au bout de notre jardin et s’y rendre plusieurs fois par jour ajoute de l’essentiel à l’ordinaire… et fait de cet engagement exigeant une richesse spirituelle !

Charlotte et Jean-Michel de Certeau
La Lettre de l’Eglise Catholique dans les Hauts-de-Seine, mars-avril 2020