Pendant le temps de confinement, les offices de la Semaine Sainte se dérouleront en l’église Sainte-Marie des Fontenelles de Nanterre.

Ils seront retransmis en direct sur les pages Facebook et Youtube du diocèse.


Homélie de l’ordination d’Elom, Louis et Marc


Ordinations sacerdotales

22 juin 2019

Jr 1, 4-9 ; Rm 12, 4-8 ; Jn 15, 9-17

Frères et sœurs, Quelle joie d’être rassemblés pour introduire, par l’imposition des mains et la prière, Elom, Marc et Louis dans le bonheur du sacerdoce !

1. Car le sacerdoce est un bonheur. C’est le bonheur d’être appelé, comme le prophète Jérémie, pour annoncer la parole de Dieu « à toutes les nations », à l’immense variété de nos contemporains, à ceux en particulier qui ne connaissent pas encore la Bonne Nouvelle du salut. C’est le bonheur d’être consacré « à jamais selon l’ordre de Melkisédek » au service de l’offrande et de la paix de tous les fidèles. C’est le bonheur d’être invité à éveiller, encourager, stimuler les charismes, les dons spirituels, de tous les membres du peuple de Dieu, du corps dont le Christ est la tête. C’est le bonheur de donner sa vie à la manière de Jésus qui fait de nous ses amis en révélant à l’intime de nos cœurs son dessein de salut pour que nos vies portent du fruit, un fruit qui demeure. Oui, le sacerdoce est un bonheur.

2. Mais ce bonheur, vous le savez, nous le savons tous, est constamment mis à l’épreuve. Nous en faisons l’expérience, en particulier, quand le péché de quelques-uns jette l’opprobre sur tous. Au-delà de ces situations dramatiques, l’épreuve fait partie de l’amour à la manière de Jésus. C’est l’épreuve, c’est le travail, c’est le combat de la Croix, du grain de blé qui meurt pour porter beaucoup de fruit. Qu’est-ce qui permet de tenir bon à l’heure de l’épreuve ? C’est la promesse faite par Dieu à Jérémie : « je suis avec toi pour te délivrer », pour te libérer de la peur, du découragement, de l’illusion des réussites immédiates. C’est la grâce de faire partie d’un corps où les dons de tous permettent à chacun de persévérer dans la foi, l’espérance et l’amour. C’est la force de l’appel du Seigneur lui-même : « ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure ».

3. La providence du calendrier liturgique, qui fait toujours si bien les choses, nous donne de célébrer cette ordination la veille de la fête du Saint Sacrement, la fête du corps et du sang du Seigneur. L’eucharistie concentre, condense, tout le mystère de l’épreuve et du bonheur de croire, de l’épreuve et du bonheur d’être prêtre. Les souffrances et les péchés du monde y sont saisis dans l’offrande de Jésus pour être transfigurés par la puissance de sa résurrection. Le corps parfois émietté de l’Eglise y retrouve son unité. En offrant le don de sa présence, Jésus nous permet de de « demeurer dans son amour ». Il n’y pas de plus grand bonheur que celui de l’eucharistie. Il n’y pas de plus grand bonheur que de célébrer et de participer à l’eucharistie. Tout le mystère de la vie du monde et de l’Eglise, tout le mystère de nos vies à chacun, se révèle, s’apaise, se déploie dans l’eucharistie. Elom, Marc, Louis, que l’eucharistie soit le secret de votre joie !

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Voici que vous entrez dans la cohorte des prêtres qui ont annoncé l’Évangile depuis la nuit des temps dans notre diocèse, depuis les prêtres qui ont célébré l’eucharistie ici-même dans la première église saint Maurice au IIIème siècle, bien avant la naissance de sainte Geneviève, jusqu’à l’abbé Michonneau, l’apôtre de Colombes, en passant par saint Vincent de Paul et Franz Stock. Comme eux, avec nous, vous voici appelés à travailler à un nouveau printemps de l’Évangile, à un nouveau printemps du sacerdoce.