Il y a une semaine… 06/11/2020


Il y a tout juste une semaine, nous apprenions avec stupeur, aves horreur, l’assassinat particulièrement sauvage de Nadine, Simone et Vincent dans la basilique Notre-Dame de l’Assomption de Nice. Depuis, il y a eu le déplacement du Président de la République et du Président de la Conférence des Evêques sur place, de multiples déclarations d’effroi et d’amitié, la bouleversante « Messe de réparation » présidée par Mgr André Marceau, évêque de Nice. Mais, peu à peu, la surabondante actualité sanitaire, américaine, politique risque de nous faire revenir trop vite au destructeur « business as usual » qui tente constamment de nous faire passer à côté de l’essentiel.

Garder la mémoire de ces assassinats ne vise pas à entretenir l’amertume ou l’agressivité mais à cultiver en profondeur les racines d’une véritable espérance. A la violence qui détruit, les chrétiens répondent par la paix qui n’est pas la faiblesse mais le socle de la force véritable. Dans le contexte d’une grande agressivité tous azimuts, les chrétiens promeuvent l’expression respectueuse et la liberté qui demeure plus que jamais l’horizon d’une existence pleinement accomplie, « la glorieuse liberté des enfants de Dieu » comme dit saint Paul (Romains 8, 21).

Nadine, Simone et Vincent ne sont pas des victimes parmi d’autres. Leurs noms et leurs visages manifestent qu’ils étaient – et demeurent – des êtres uniques, infiniment aimés de Dieu, ce que veut précisément récuser et détruire le terrorisme. Serviteurs et priants ordinaires, ils font partie de la cohorte de ceux que la Pape François appelait « les saints de la porte d’à côté » dans son exhortation Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse sur la vocation universelle à la sainteté. « Jamais l’espérance dont tu as fait preuve ne s’éloignera du cœur des hommes » dit magnifiquement le Livre de Judith (13, 19). Que l’humble espérance, priante et servante, des martyrs de Nice ne s’éloigne pas de nos cœurs et nous inspire d’avancer humblement et résolument sur le chemin de la sainteté.