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L’éclairage spirituel de Mgr Matthieu Rougé - 27/11/2020


Quelle drôle d’époque, si j’ose dire. Au virus, proprement sanitaire, semble s’ajouter un virus politique qui touche la capacité de dialogue et de fiabilité des plus hautes autorités. Reprenons le cours des événements récents.
Il y a quelques jours, en vue du nouveau déconfinement progressif, les autorités gouvernementales nous demandent de leur présenter un protocole sanitaire adapté. La Conférence des évêques fournit aussitôt un plan, d’une dizaine de pages, extrêmement responsable et précis et se dit évidemment disposée à l’adapter en fonction des préconisations officielles. Leur proposition reste sans réponse.
Mais, mardi dernier, le président annonce une reprise des cultes, limitée à 30 personnes. Tous s’accordent à estimer cette directive inadaptée : 30 dans une église très grande est ridicule, 30 dans une petite chapelle ce n’est pas prudent. Le président prend de lui-même l’initiative d’appeler le président de la Conférence des évêques, pour annoncer une modification de jauge par le premier ministre, jeudi matin. Des pourparlers ont lieu, des conseillers approuvent l’idée de passer d’une valeur absolue à une proportion même basse pour un temps déterminé. Le premier ministre confirme finalement le chiffre de 30, faisant fi de la promesse faite de lui-même par le président à Mgr de Moulins-Beaufort.

Que faut-il conclure de tout cela ?
Qu’il y a un problème grave de fiabilité de la parole publique. Les acteurs de niveau administratif ne semblent pas en mesure d’accomplir leur mission. Tandis que les responsables prennent la parole, sans se sentir engagé parce qu’ils disent. L’Église catholique a une ligne de conduite simple : le service de la fraternité et de l’unité de notre société, l’esprit de responsabilité et de solidarité dans le domaine sanitaire et la volonté de dialoguer avec les responsables publics dans la liberté et la paix. Et, quoi qu’il en soit, la manière dont les diocèses vont organiser la vie liturgique dans les jours qui viennent, nous avons à cultiver ensemble la détermination et la sérénité. Nous voulons continuer à dialoguer en espérant des interlocuteurs fiables. Mais nous ne pouvons pas, en cette période de crise sanitaire et morale, renoncer à partager et nourrir l’espérance qui nous rassemble.