La bioéthique, c’est reparti ! 10/01/2020


Après la trêve des confiseurs mais surtout la grâce de Noël, il nous faut retrouver les questions brûlantes de notre société, les retraites bien sûr mais aussi la bioéthique. Les débats de l’automne dernier ne constituent pas le dernier mot du travail législatif : la première lecture du projet de loi au Sénat (qui vient de commencer en commission), puis une seconde lecture à l’Assemblée suivie d’une seconde lecture au Sénat et sans doute une commission mixte paritaire vont occuper les parlementaires jusqu’au printemps. Quoi qu’il en soit du fond de leurs débats, on ne peut nier qu’ils y consacrent du temps. Il ne faudrait pas qu’au même moment, les chrétiens et tous ceux qui sont attachés à la pleine dignité de la personne humaine, se lassent de réfléchir, d’interpeller, d’agir, passant par profits et pertes des questions essentielles pour notre société.

Sans malheureusement remettre en cause les orientations essentielles du projet, les sénateurs, en commission, ont adopté 136 amendements. L’un d’entre eux a le mérite de prévenir le passage de la PMA à la GPA : il sera intéressant de voir si le Gouvernement en accepte l’adoption définitive. Un autre amendement montre bien que la PMA sans père et la réponse à une question médicale d’infertilité ne sont pas du même ordre. Même si l’ensemble de ces amendements est bien en-deçà de ce qu’on aurait pu espérer de la majorité sénatoriale, il manifeste qu’un débat demeure possible et qu’il vaut la peine de s’y impliquer.

« A quoi bon s’engager à nouveau dans ce débat ? » se demandent pourtant certains puisque les résolutions gouvernementales semblent verrouillées. « Ne faudrait-il pas mieux se concentrer sur l’évangélisation ou le service des pauvres ? » interrogent certains autres redoutant que l’Eglise se marginalise ou fasse fausse route. La persévérance, à temps et à contre temps, la prise en compte globale de l’ensemble des conséquences temporelles de l’Evangile, font partie de la vocation chrétienne dans toutes sa richesse, son exigence mais aussi son caractère extraordinairement dynamisant. Ne nous démobilisons donc pas et contribuons à la santé démocratique de notre pays en faisant en sorte que, sur ce sujet comme sur d’autres, il n’y ait pas de passage en force.