La joie de l’eucharistie - 29/05/2020


Quelle joie de pouvoir retrouver le chemin de l’eucharistie ! Samedi dernier, je me trouvais devant l’une des églises du diocèse de Nanterre juste avant la toute première messe de sortie du confinement, le samedi à midi et quart. J’ai été bouleversé par la joie et l’émotion manifestées par ceux qui, venant d’apprendre la bonne nouvelle, se rendaient à nouveau à la messe comme on se désaltère à une source, fraiche et délicieuse, après une longue marche sous un soleil écrasant.

L’assemblée était variée : des jeunes et des moins jeunes, des couples et des personnes seules, une famille africaine habillée comme pour une grande fête… Tous venaient retrouver la présence sacramentelle du Seigneur lui-même mais aussi la réalité comme sacramentelle, pour parler comme le concile Vatican II, de l’Eglise rassemblée dans sa diversité.

En quelques heures à peine, la paroisse s’était organisée : gel hydroalcoolique à l’entrée, vérification du port des masques, signalétique pour indiquer les chaises à occuper, marquage au sol pour rythmer la procession de communion, sans oublier le nettoyage et l’aération préalables et postérieurs des lieux. Au-delà de cette bonne organisation, j’ai été touché par cette capacité, constatée ailleurs durant tout ce beau week-end, à prendre soin non seulement de la sécurité sanitaire mais surtout des personnes elles-mêmes. En un sens, l’obligation de proposer du gel hydroalcoolique a réveillé les dispositifs d’accueil si importants en tout temps pour toutes les églises.

Dans mon diocèse, j’ai demandé aux curés de reprendre la célébration des messes ouvertes à tous dès qu’ils auraient l’assurance, avec leurs équipes, de pourvoir le faire dans de bonnes conditions d’organisation et de sécurité. J’ai aimé la variété, la liberté, le sérieux du discernement de tous. Ce confinement aura été aussi une école de subsidiarité.

Ici et là, on a pu tenter une polémique sur l’inégalité des religions face à la reprise du culte. Au gré du week-end, j’ai été heureux de pouvoir souhaiter la paix du sabbat (« shabbat shalom ! ») à de jeunes juifs se rendant à la synagogue ou une bonne fête à des familles musulmanes…

En retrouvant des amis qui arrivaient pour la Messe le samedi matin, j’avais envie de les serrer dans mes bras tant nous étions heureux, ce qui n’était pas possible bien sûr. Mais celui qui nous embrasse chaque fois que nous communions, c’est le Christ lui-même. Elle est grande la joie de l’eucharistie !