La joie de l'Evangile
dans les Hauts-de-Seine !

Les jeunes et les écrans :

Quelques points d’attention par le Père Jean-Baptiste PERCHE.


Quel contenu nous libère ?

Après nos divers confinements, qui dirait encore que la question de l’internet et des écrans n’est pas un vrai sujet pour un chrétien ? Ce qui permet en nous la vie du Royaume est bien la foi rendue active par la charité (cf. 1 Th 1, 3), don et service des autres dans l’Esprit mais cette charité doit aussi être particulièrement ordonnée à nous-même, si nous voulons que ce même Esprit Saint demeure bien en nous, et pour de bon. Notre corps, nous le savons est comme un temple (1 Co 6, 19) dont il faut savoir prendre soin afin de pouvoir vraiment demeurer en Dieu. Ainsi, notre utilisation de l’internet et des écrans peut-elle nous renvoyer directement au nécessaire équilibre de vie que nous devons chercher et entretenir et qui permet en nous le maintien de l’intériorité, de la vie dans l’Esprit du Christ et finalement le partage de la sainteté. En effet, qui n’a pas déjà fait l’expérience d’un coeur et d’un l’esprit vides après avoir passé plusieurs heures devant un enchainement d’épisodes de série télé ? Qui n’a pas déjà eu un sentiment de décalage avec son entourage familial, amical ou professionnel après plusieurs temps libres très occupés à flâner sur les réseaux sociaux ? Qui devant un écran ne s’est jamais rempli la tête d’images ou d’articles bien futiles voire nauséabonds sans éprouver ensuite tristesse et angoisses ? Mais si nous sommes peut-être capables de prendre aujourd’hui conscience en nous de ces effets et de garder ainsi la bonne distance avec les écrans qui permet le maintien d’une vraie et solide intériorité, sommes-nous aussi capables dans ce domaine de prendre soin des plus jeunes qui nous entourent et spécialement de celles et ceux qui franchissent quotidiennement la porte de notre aumônerie ? En tant qu’éducateurs laïcs ou prêtre en mission, quelle parole avons-nous donc pour eux sur ce sujet si important de la vie contemporaine ?
Il est bon de parler de temps à autres avec les adolescents de l’utilisation qu’ils font de leur console de jeux, de leur tablette, de leur smartphone ou bien de leur lunettes de réalité augmentée : de tout ce que ces appareils leur procurent comme divertissement et ouverture sur le monde mais également du temps souvent excessifs qu’ils passent avec ces objets et les contenus illimités et toujours plus immersifs auxquels ils donnent accès. Il faut savoir leur parler de mesure, de rapport à leur corps, de différence entre le réel et le virtuel, de différence entre une idée et sa représentation digitale, de perception subjective et de situations objectives, d’images et d’émotions. Avec tous, il faut savoir aussi parler de la pornographie, de ses effets et du péché qu’elle représente, de l’addiction majeure quelle provoque. Et même avec des enfants de 11 ou 12 ans qui à divers degrés sont assurément et quotidiennement dors et déjà en contact avec cette dramatique réalité.
Et, de façon logique, il faut enfin de compte prendre donc le temps d’examiner nos propres règles et pratiques en aumônerie sur le sujet du numérique. Par exemple, pourquoi trouver naïvement pratique de créer un groupe WhatsApp avec des jeunes de 4ème alors qu’en Europe, ce réseau social, qui diffuse ouvertement le numéro de téléphone est réservé aux plus de 16 ? Un animateur majeur peut-il être en contact avec des jeunes mineurs sur Instagram ? Peut-il encore envoyer un SMS directement à un mineur sans que les parents de ce dernier ne le sachent ? Et enfin, pourquoi par certaines pratiques encourager l’utilisation du smartphone chez des collégiens alors que 16 ans est l’âge minimum le plus conseillé pour possédée un tel appareil ?
La vraie liberté est celle à laquelle l’on accède dans l’Esprit qui nous tourne éternellement vers le bien, le beau et le vrai, ce n’est pas celle qui accorde à la conscience une licence aveugle, détachée du discernement des situation et de la vérité psycho-affective des personnes. A nous donc de faire naître et de protéger chez les jeunes la saine intériorité chrétienne, qui dans la foi au Christ libère du péché et rend vivant tout homme. Comme le disait. Thérèse d’Avila, aidons-les à maintenir en eux-même une véritable garde du coeur afin de protéger en eux-même la rencontre que Dieu les appelle à vivre pour toujours avec Son Fils Jésus dans l’Esprit.