Liturgie domestique, une prière à la maison.

Lors de ce deuxième confinement national et jusqu’à ce que nous puissions tous nous retrouver en assemblée paroissiale, le P. Côme de Jenlis, vicaire à Chaville et délégué diocésain pour la Pastorale liturgique et sacramentelle nous invite, à partir de la liturgie domestique, à préparer ce retour.


Nous sommes dans l’ère du retour au « fait maison ». Le confinement nous le fait expérimenter aussi dans la prière, puisque nous sommes face à une situation, presque inédite, d’impossibilité de nous rassembler. Mais peut-être est-ce l’occasion de préparer un retour plus intense au rassemblement dominical de l’Eglise.

A l’époque de Jésus, les Juifs avaient principalement trois lieux de prière : le Temple, la synagogue et la maison. Nos églises se sont inspirées du Temple, lieu d’offrande à Dieu par les mains des prêtres, et de la synagogue, lieu de rassemblement et d’étude de la Torah. Quant à la prière domestique, elle est, chez les chrétiens, beaucoup moins accompagnée. Pourtant, soumise à un certain nombre de rituels chez les Juifs, elle donne un cadre propice à la transmission de la foi à chacun, tout en créant une vie spirituelle commune au sein de la famille.

Ce temps de confinement est ainsi l’occasion d’approfondir le cadre de la prière domestique. Beaucoup de foyers sont démunis dans ce domaine. Cette dimension doit donc être redécouverte pour que tous les piliers de notre foi s’équilibrent mieux. En ce sens, beaucoup de jeunes éprouvent la difficulté à rester passif devant un écran, car transporter le lieu de culte chez soi n’est pas toujours la solution préférable. Il est important d’instaurer quelques rituels familiaux, favorisant la participation de chacun des membres de la famille.

« Un but important de la prière de l’Eglise domestique est de constituer, pour les enfants, une introduction naturelle à la prière liturgique de l’Eglise entière », dans le sens d’une préparation comme dans le sens d’une prolongation de celle-ci dans la vie de chaque jour (Jean-Paul II, Familiaris Consortio (FC), Les tâches de la famille chrétienne dans le monde d’aujourd’hui, Exhortation apostolique du 22 novembre 1981, n° 61). C’est pourquoi la mise en place une « liturgie familiale » est précieuse. Après le déconfinement, elle sera peut-être allégée, ou transformée, mais elle viendra enrichir la « liturgie cultuelle », en la prolongeant dans notre quotidien, pour que l’Eucharistie, don du Christ, devienne réellement source et sommet de notre foi.

« La prière familiale a comme contenu original la vie même de la famille » (FC 59). La messe est un temps spécifiquement consacré au Seigneur avec toute l’Eglise, temps à partir duquel toutes les autres actions de notre vie chrétienne pourront trouver force et grâce. A cela peuvent s’ajouter d’autres formes de prière, pétries de la vie familiale, et nourrissant celle-ci. Le bénédicité avant les repas ; un temps de prière plus élaboré le samedi soir, ou en fin d’après-midi, et des bougies à allumer à la tombée de la nuit pour se remettre entre les mains du Christ, vraie lumière ; un temps d’échange, même court, autour de la Parole de Dieu ; un temps de louange et d’action de grâce le dimanche soir ; la bénédiction des enfants avant de se coucher ; un temps de collecte régulier pour les plus pauvres… Ce sont autant d’exemples, joints aux propositions paroissiales et diocésaines (On pourra aussi se référer au site du Cybercuré), qui aideront à faire du dimanche un temps pour Dieu, pour déployer l’action de l’Esprit dans nos lieux de vie, pour nous laisser transformer à l’image du Christ, et pour faire rayonner l’Amour du Père. « L’avenir de l’évangélisation dépend en grande partie de l’Eglise domestique » (FC 52).

P. Côme de Jenlis, vicaire à Chaville et délégué diocésain pour la Pastorale liturgique et sacramentelle