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Messe d’Ordination des diacres permanents


Messe d’Ordination de Vincent et Jean comme diacres permanents par Mgr Rougé samedi 9 octobre 15h en la Cathédrale Sainte-Geneviève de Nanterre.



Présentation des futurs diacres :

Jean Velon

J’ai 63 ans, je suis célibataire. Je suis issu d’une famille de cinq enfants. Je viens de terminer ma carrière professionnelle en tant que professeur des écoles.

J’ai débuté ma carrière en exerçant pendant 6 ans le métier d’ergonome, en m’occupant des conditions de travail dans une entreprise internationale, me permettant de connaître ce qu’était la vie en usine. Puis j’ai réorienté ma vie professionnelle et pendant plus de 30 ans j’ai enseigné en école maternelle dans un quartier dit "sensible". J’ai essayé pendant tout ce temps de me mettre au service des enfants et de leur famille, en ayant la chance de travailler au sein d’une équipe d’enseignants partageant cette envie de servir.
J’ai aussi voulu me mettre au service de mes concitoyens en devenant élu en tant que conseiller municipal puis maire adjoint à la culture à Gennevilliers. J’ai partagé cette expérience avec une de mes sœurs qui a elle-même été élue. J’ai aussi participé à la vie associative si riche à Gennevilliers.
Vers mes quarante je me suis retourné vers le Christ après avoir, pendant 20 ans, eu le sentiment de ne pas avoir la foi. Ce don que me faisait le Seigneur, j’ai très vite eu envie d’en faire quelque chose, de ne pas le garder pour moi. Après avoir envisagé une vie consacrée comme diacre suite à l’interpellation de mon curé de l’époque, je ne me suis pas senti prêt et mes engagements furent ceux d’un laïc en charge du catéchuménat, puis quelques années plus tard vint se rajouter un autre service celui d’accompagnateur spirituel.

Il y a 6 ans, ce questionnement sur le Diaconat refit surface suite à une discussion avec un prêtre, et là, cela me parut comme une évidence. Il me parut évident que je devais suivre le Christ serviteur. C’est avec un grand détachement et un abandon à la volonté du Père que je fis mon choix.
Ma formation me fit rencontrer d’autres croyants qui partageaient cette envie de servir le Christ, ainsi que de formidables formateurs qui surent nous apporter de quoi nourrir notre réflexion.
Ce que sera mon avenir en tant que diacre ne m’apparait pas encore clairement, le champ des possibles est très vaste, mais ce qui est sûr c’est qu’il se fera dans la confiance et l’amour de Dieu.

Vincent Fabre

« Fais-toi capacité, je me ferai torrent » Jésus à Ste Catherine de Sienne
Je suis né à Toulon dans la chaleur et le bruit des cigales de l’été 1964. J’ai grandi dans une famille catholique pratiquante avec des parents qui vivaient pleinement leur foi aux Equipes Notre-Dame et au service, entre autre, de notre paroisse. Aîné de 2 sœurs et d’un frère, aller à la messe tous les dimanches me paraissait tout à fait naturel. C’est après mon bac que j’ai rejoint le Groupe Oraison, étape fondatrice de ma vie de foi.

Ce groupe m’a permis de découvrir une forme d’oraison. A chaque rencontre, nous prenions ½ heure devant le Seigneur puis nous concluions par la magnifique prière d’abandon de Charles de Foucauld « Mon Père, Je m’abandonne à toi, fais de moi ce qu’il te plaira… ».

Chaque été nous nous retrouvions en « universités d’été ». Ce fut l’occasion de mon premier contact avec la Prière des Heures mais aussi d’apprendre à danser le rock ! Nous avons aussi vécu des moments forts de rencontre avec Jean-Paul II, à Lourdes en 1983 puis au stade Gerland en 1986. J’ai conscience que la dynamique impulsée par ce groupe et l’oraison que j’avais installée quotidiennement m’ont fait grandir et passer d’une foi « héritée » à une foi d’ « adhésion » adulte et clairement choisie. La foi est don et je rends grâce à Dieu de me l’avoir donnée mais notre réponse est libre et ces années étudiantes m’ont permis de mesurer l’immensité de ce cadeau du Seigneur. J’ai aussi été marqué par plusieurs retraites en silence en Foyers de Charité. Cette époque a été forte spirituellement et je mesure en relisant mon histoire à quel point elle a été importante pour la suite de ma vie.

En 1984 j’intègre une école d’ingénieur et j’y fais la connaissance de Marie qui deviendra en 1989 mon épouse. Elle est originaire d’Albi où elle est née en 1965. Sa famille, comme la mienne, est pratiquante et ses parents très engagés dans leur paroisse du Tarn. Puis nous avons eu la chance et la joie d’accueillir 4 enfants. Cécile, 31 ans mariée depuis 7 ans avec Raphaël et maman de Sarah, Gabriel et Lucie, Sophie 29 ans, Benoît 25 ans marié depuis 2 ans avec Alice et papa d’Inès et Thomas notre dernier fils de 24 ans.
Je travaille dans l’aéronautique chez Thalès. Au sein de la Direction des Systèmes d’information je manage le département en charge des ateliers d’ingénierie. De 1996 à 2000, j’ai été délégué du personnel puis élu CFTC au Comité d’Entreprise. Marie est ingénieur en quantification des risques chez Technip Energies.
C’est à Rueil-Malmaison que nous nous sommes établis dès le début de notre carrière professionnelle et nous y sommes toujours depuis. Cherchant à construire notre couple avec le Seigneur, c’est tout naturellement, suivant l’exemple de mes parents, vers les Equipes Notre-Dame (END) que nous nous sommes tournés. C’est ainsi que 3 mois après notre mariage nous avons intégré notre première équipe. Depuis, nous y sommes toujours et avons été appelés, 25 années durant, à différentes responsabilités et services au sein du Mouvement.

Nos 3 années en tant que Responsables de Secteur ont été les plus marquantes. Après avec refusé une première fois cet appel, le deuxième est arrivé en 2006 alors que j’avais réinstallé l’oraison quotidienne et que j’étais en pleine retraite ignacienne de carême sur internet. J’étais alors habité par le Psaume 24 : « Seigneur, enseigne-moi tes voies, fais-moi connaître ta route. Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi, car tu es le Dieu qui me sauve… ». J’ai alors pris cet appel pour un clin d’œil du Seigneur et Marie a accepté que nous prenions ce service. Nous avons vécu 3 années intenses au service du Secteur des Hauts-de-Seine Nord. Nous avons surtout vécu quelques expériences d’abandon. Faire son possible pour organiser un événement, mais rien ne se passe comme prévu. Savoir l’accepter dans la confiance et finalement être dépassé et surpris par les fruits produits. Vivre l’expérience d’une véritable multiplication des pains ! Ces expériences fondatrices m’ont permis plus tard, je le mesure maintenant, de cheminer avec confiance vers le diaconat permanent.

Contrairement à moi, Marie est une grande sportive. Elle aime particulièrement marcher et c’est donc dans les pèlerinages qu’elle a trouvé une spiritualité qui lui convient. Depuis 2006, à la période de la Chandeleur, elle marche 30 km toute la nuit de Notre-Dame de Paris à Longpont. C’est aussi une fidèle du pèlerinage des mères de familles à Cotignac dont elle est devenue l’une des organisatrices depuis 4 ans pour le chapitre de Rueil.
En couple, nous accompagnons aussi une équipe Jeunes Familles de notre paroisse depuis 12 ans ainsi qu’une équipe Reliance depuis 6 ans. Les Equipes Reliance ont été créées à l’initiative des END. Ce sont des équipes de couples de chrétiens « divorcés-remariés » souhaitant vivre et progresser dans leur foi au Christ, en couple et en équipe. Ces 2 équipes nous apportent beaucoup et c’est toujours avec joie que nous les retrouvons.

C’est en novembre 2015 que j’ai été interpellé par un diacre de la paroisse. Cela a changé beaucoup de choses. Au-delà de l’effet de surprise initial, j’ai rapidement été ému et bouleversé. J’ai pensé à Pierre dans l’Évangile de Luc lors de la pêche miraculeuse. « En effet, lui et tous ceux qui étaient avec lui étaient remplis de frayeur à cause de la pêche qu’ils avaient faite » (Lc 5 9). J’ai ressenti, à ce moment-là, la crainte de Dieu. C’est à Manrèse, lors de huit jours d’exercices spirituels, que j’ai demandé au Seigneur s’il s’agissait d’un appel de sa part. Il m’a alors donné la grâce d’une réponse claire. Il m’a aussi permis de comprendre à quel point l’humilité est un chemin indispensable pour le rejoindre.

Nous sommes alors rentrés en année de pré-discernement puis en formation pour 4 années avec les autres candidats d’Ile de France. Nous vivons une très belle fraternité dans la bienveillance et l’acceptation des sensibilités des uns et des autres. Une équipe d’accompagnement s’est constituée pour nous aider à discerner et échanger sur les questions qui nous habitaient. Ces 5 années ont fortement renforcé notre couple et notre amour conjugal. Elles nous ont progressivement transformé. Lentement l’Esprit a fait son œuvre et ce projet qui initialement n’était pas le mien, ce projet qui n’était pas non plus celui de Marie est finalement devenu le nôtre.

Nous avons découvert la réalité de ce ministère « au seuil » dont la spécificité est d’être présence et signe de l’Eglise au service des Hommes dans la vie professionnelle, dans la vie associative, dans la vie familiale... Le diacre étant ordonné en vue du service mais aussi pour disposer l’Eglise et donc chaque baptisé au service. Nous avons aussi découvert la complémentarité entre présence à l’autel et service du prochain. L’importance de ramener près de l’autel toutes les préoccupations, les interrogations, les blessures de ce monde. La présence du diacre dans le chœur lors des célébrations dominicales représentant alors les plus pauvres, les blessés de la vie, les personnes au seuil de l’Eglise et absentes de l’assemblée.

Je mesure, en relisant notre vie à quel point tout a été étape sur ce chemin vers l’ordination : la force de l’oraison, les exercices spirituels, les expériences d’abandon. Relire ces signes du Seigneur rassure et facilite l’engagement. Je sais alors que lorsque le Seigneur appelle, il ne laisse pas tomber, il est là et agit à travers moi et notre couple. Dieu n’appelle pas une personne capable, il rend capable la personne qu’il appelle et ce n’est pas parce-que je crois fortement à cela que je suis sûr de moi et que je n’ai pas de doutes. C’est la grâce de la foi qui me permet de l’affirmer et qui me donne la force d’avancer.

Lâcher prise, accepter de nous laisser bousculer dans nos certitudes, lâcher le gouvernail, laisser la force de l’Esprit nous transformer, c’est la vocation de chaque baptisé. Dans le mariage, accepter le conjoint tel qu’il est et l’aimer ainsi sans chercher à le changer. Dans la vocation diaconale, accepter d’être le serviteur à la manière dont le ferait le Seigneur. Je ne suis qu’un instrument dans les mains du Seigneur. Il est le musicien et, par la puissance de la prière et la proximité avec sa Parole, je dois chercher à le laisser jouer sa partition, accepter puis désirer qu’il me soit fait selon sa volonté. Je crois alors qu’il est possible de s’épanouir dans une voie que l’on n’imaginait pas être la nôtre... C’est ce que nous expérimentons avec Marie depuis 5 ans et ne doutons pas de vivre dans les années à venir.

« Lui, il faut qu’il grandisse ; et moi, que je diminue. » (Jn 3 30)

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