La joie de l'Evangile
dans les Hauts-de-Seine !

Orwell, prophète de la vérité et de la liberté - 30/04/2021


Peut-être ces dernières semaines de confinement offrent-elles encore à certains d’entre vous des occasions de lecture plus abondantes que d’habitude. Profitez-en, par exemple, pour vous plonger ou vous replonger dans les textes de George Orwell. Ses œuvres presque complètes sont parues il y a quelques mois dans la Pléiade, ces éditions imaginées – le savez-vous ? – par un éditeur russe pour être des « missels de la littérature » à la reliure souple et précieuse. Outre le volume de la Pléiade, on peut mentionner une excellente biographie en bande dessinée et trois versions du célèbre 1984 en bande dessinée également. Je vous recommande aussi un dossier très riche et stimulant dans le numéro de janvier de la Revue des deux mondes.

L’œuvre de George Orwell a quelque chose de prophétique parce qu’elle annonce, des décennies avant l’omni-surveillance numérique, le règne de « Big Brother » (ce nom vient de lui) mais aussi parce qu’il nous exhorte vigoureusement pour aujourd’hui à la liberté et à l’amour de la vérité. Beaucoup de ses formules ont fait mouche : « la liberté, c’est la liberté de dire que deux et deux font quatre. Lorsque cela est accordé, le reste suit ». Voilà qui prend un surcroît d’actualité à l’heure où la vérité simple – et magnifique – que les petits d’homme naissent de la rencontre d’un homme et d’une femme est constamment contestée. C’est à Orwell aussi qu’on doit le thème de la « common decency », qu’on peut traduire par « honnêteté commune » ou « sentiment de dignité », comme attitude morale de base, en particulier dans le champ politique.

La lucidité anticipatrice d’Orwell, comme celle d’Huxley dans Le meilleur des mondes ou de Benson dans Le maître du monde, est impressionnante. Elle rejoint celle d’un Bernanos ou d’un Péguy. Est-ce dans l’Evangile qu’Orwell a puisé, comme eux, la justesse de ses perceptions ? Sans doute pas dans une foi plénière mais au moins dans un véritable enracinement chrétien. Lucien d’Azay n’hésite pas à écrire : « sa démarche empirique s’apparente au franciscanisme de la première heure ». La culture chrétienne assumée donne le goût salutaire de la vérité et de la liberté. Lisez ou relisez 1984 : vous en serez de façon bienfaisante stimulé.