La joie de l'Evangile
dans les Hauts-de-Seine !

Rencontre avec Pierre, violoncelliste


"Ma vocation musicale est indissociable de ma foi"

Pierre Vieille-Cessay, vous êtes violoncelliste professionnel et vous jouez souvent dans les églises, en concert ou lors de célébrations.

Pouvez-vous nous retracer rapidement votre parcours ?

PVC  : J’ai fait mes études musicales à Nancy, puis à Barcelone avec Lluis Claret, filleul de Pablo Casals. Après avoir obtenu mon diplôme de concertiste à la Guildhall School de Londres, je me suis perfectionné avec Keith Harvey, membre du Quatuor Gabrieli. J’ai joué dans différents orchestres en France et à l’étranger et je donne actuellement des récitals, seul et en musique de chambre avec le violoniste Jean-Philippe Kuzma. Enfin j’enseigne le violoncelle au conservatoire de Montrouge.

Comment en êtes-vous venu à jouer dans les églises ?

PVC  : Ma vocation musicale est indissociable de ma foi. Le violoncelle est probablement l’instrument qui se rapproche le plus de la voix humaine. Pour moi, jouer dans une église, que ce soit en concert ou lors de célébrations, c’est exprimer ma foi et la faire partager aux autres.

À quelles occasions jouez-vous dans les églises ?

PVC  : En avril 2021, à l’occasion de la Veillée de prière pour la vie à Saint-Sulpice, j’ai joué des pièces en solo et accompagné un chœur.
Avec l’Ensemble Jubileo, formation musicale créée par la soprano Laurence Bénézit sous le patronage du grand comédien chrétien Michael Lonsdale, nous avons donné la Passion selon St Jean de J-S. Bach.
J’ai également monté avec le comédien Gérard Rouzier un spectacle sur l’Évangile de Jean que nous avons donné dans plusieurs églises en France.
Une autre expérience marquante a été une soirée à la basilique Sainte Clotilde à Paris, où j’ai joué pour le Chemin de Croix des Académiciens, sous le patronage de son curé d’alors, Matthieu Rougé.

Il vous arrive aussi de jouer pendant des célébrations liturgiques ?

PVC  : Récemment, j’ai joué à plusieurs reprises avec l’Ensemble Jubiléo la messe n°2 en sol de Schubert, qui ne requiert qu’un chœur et un ensemble à cordes avec orgue. À Saint-Cloud où je réside, j’ai eu l’occasion de jouer à Notre-Dame des Airs avec l’organiste et compositeur Jean-Luc Guyard.

Ne vous a-t-on pas accusé de transformer les messes en concerts ?

PVC  : Pas du tout. Les fidèles comme le clergé ont été enthousiastes. Même s’il est évident que ce genre de participation doit rester exceptionnel. Je joue aussi à l’occasion de veillées de prière, pendant le carême ou la Semaine sainte, par exemple les Suites de J-S Bach pour violoncelle seul, qui sont une extraordinaire invitation au recueillement et à la prière.

Vous arrive-t-il d’accompagner des chants liturgiques ?

PVC  : Oui bien sûr. Je joue dans ce cas soit des contre-chants comme ceux qu’a composés le chef de chœur Loïc de Lacombe pour la veillée de prière pour la vie, ou des parties de voix d’hommes, notamment dans des chorals de Bach.

Le répertoire pour violoncelle seul ne se limite pas à ces Suites de Bach. Que jouez-vous d’autre ?

PVC  : La plupart des pièces pour violoncelle seul sont des œuvres de concert qui n’ont pas vraiment leur place lors de célébrations liturgiques. Certaines pièces comme Elegia de la suite pour violoncelle seul d’Enric Casals peuvent parfaitement convenir pour la liturgie mais elles ne sont pas nombreuses. Il faut donc se rabattre sur des transcriptions d’œuvres pour d’autres instruments telle que l’Aria de la pastorale pour orgue BWV 590 de Bach, par exemple.

Au vu de votre expérience, que suggérez-vous aux responsables de la musique liturgique dans les paroisses ?

PVC  : Il faudrait que les responsables de paroisse, qu’ils soient prêtres ou laïcs en charge de l’animation et de la musique, n’hésitent pas à faire davantage appel aux paroissiens qui jouent d’un instrument, même et surtout s’ils sont professionnels. Il ne faut pas hésiter à faire appel à ces professionnels à l’occasion de veillées de prière, pour monter par exemple une soirée avec un récitant. On peut aussi, autre exemple, intercaler de courtes interventions de violoncelle ou de flûte lors de la lecture de la Passion, le jour des Rameaux ou lors de l’office de la Croix du Vendredi Saint. Personnellement, j’ai fait une adaptation au violoncelle de la chaconne en ré mineur extraite de la deuxième partita pour violon seul de J.S Bach et j’imagine très bien cette pièce introduire une veillée de prière. L’essentiel est de lancer le dialogue avec ces musiciens, sans idées préconçues, en ayant seulement le souci d’enrichir une célébration ou une veillée de prière et de permettre aux fidèles de bénéficier de cet extraordinaire support de la prière qu’est la musique.