Se déconfiner en lisant - 19/06/2020


Un des bienfaits du confinement a été, pour certains, de pouvoir prier, réfléchir et lire davantage. Un des bienfaits du déconfinement peut sûrement être de persévérer dans ces activités essentielles. Si nous voulons que l’avenir soit différent et meilleur, il est indispensable de maintenir la dimension contemplative – au sens large – de nos vies, socle de leur véritable fécondité.

Je vous encourage à reprendre le chemin de vos librairies, qui méritent d’être soutenues, afin d’y faire provision de nourritures pour l’intelligence et le cœur.

Beaucoup de livres commencent de paraître et vont paraître pour décrypter ce que nous venons de vivre. Je vous recommande l’essai bref et tonique de Bernard-Henri Lévy, Ce virus qui rend fou : c’est un coup de clairon qui réveille du politiquement et médiatiquement correct. « Et puisque l’heure est au décompte, écrit l’éternel ‘nouveau philosophe’, voici celui, non statistique, et moins facile à établir, |…] des coups portés, pendant cette drôle de crise, à nos métaphysiques intimes ». Pour prendre ses distances à l’égard des règles de distanciation sociale, BHL évoque le souvenir du Général de Gaulle serrant la main sans crainte, étreignant même des lépreux lors d’un voyage en Haïti.

Voilà qui prend une force singulière en cette année des 50 ans de la mort du Général et des 80 ans de l’appel du 18 juin. Parmi les nombreuses publications liées à ces anniversaires, je vous recommande le Dictionnaire amoureux du Général, que nous devons à la plume à fois délicate et acérée de l’excellent Denis Tillinac. Comme dans tous les « dictionnaires amoureux » de cette belle collection des éditions Plon, qui furent d’ailleurs les premières à publier les Mémoires de guerre, l’auteur passe en revue une série de termes. Dans la définition gaullienne de la « catholicité », Tillinac établit une relation suggestive entre le grand appel à la liberté du 18 juin 1940 et la liberté chrétienne, « la liberté suprême, […] celle du Christ au lendemain de la Résurrection ».

L’entrée suivante dans ce « dictionnaire amoureux » est « Le chant des partisans ». Cet hymne officiel de la Résistance fut écrit, comme chacun sait, à quatre mains, à Londres, par Maurice Druon et son oncle Joseph Kessel. La sortie des œuvres complètes de Kessel dans la Pléiade est une bonne nouvelle. Beaucoup de jeunes ont pris goût à la lecture grâce aux Mains du miracle ou aux Cavaliers : voilà donc une belle occasion de redécouvrir ou de faire découvrir ces romans.

Bref, vous le voyez, les belles et bonnes lectures ne manquent pas pour le bienfaisant déconfinement de nos esprits !