Symphonies pascales - 17/04/2020


Parmi les grâces paradoxales de ce temps de confinement, il y a la redécouverte possible des grandes harmoniques qui manifestent l’unité de la foi. En dépit des tentations dialectiques et polémiques de tel ou tel – en singulier décalage avec la gravité du moment que nous traversons et avec la profondeur d’attitude à laquelle nous sommes appelés – beaucoup perçoivent mieux, je pense, en ces temps si singuliers, l’unité de la foi célébrée et de la foi vécue, l’unité de l’enracinement et de l’engagement.

Nous avons vécu une Semaine Sainte particulièrement intense. Le mystère du Christ s’identifiant aux morts et aux souffrants pour leur ouvrir un horizon de vie nouvelle a été mis en lumière dans toute sa vérité anthropologique et spirituelle. Certains ont été aidés par les offices diffusés sur les réseaux sociaux. D’autres ont préféré s’appuyer, personnellement ou familialement, sur le partage de la parole de Dieu et de signes « domestiques » (lavement des pieds ou des mains, feu, cierges…). D’autres encore ont combiné ces deux approches. Mais tous ont pu faire l’expérience, peut-être plus vive que d’habitude, que la liturgie célébrée est fondatrice d’une nécessaire appropriation personnelle et familiale pour qu’elle puisse porter tout son fruit.

Depuis le début du confinement, l’objectif des diocèses, des paroisses et des mouvements est à la fois de nourrir la vie spirituelle de tous et d’ouvrir des chemins d’attention concrète aux personnes les plus pauvres et les plus isolées. Ces deux approches sont étroitement liées : les personnes isolées sont intensément aidées par les propositions liturgiques et spirituelles. Et la prière partagée ne cesse de rendre plus attentif aux besoins de ceux qui souffrent. Le génie du christianisme, nous l’avons éprouvé durant le Jeudi Saint, c’est l’unité du lavement des pieds et de l’eucharistie, l’unité de la foi et de la charité.

Perdre le sens de l’unité de la liturgie et de la vie spirituelle, de la foi et de la charité serait succomber au virus maléfique qui empêche de respirer avec les deux « poumons » du Christ et de l’Esprit. Mais la résistance spirituelle au covid 19 peut être l’occasion, certes paradoxale, d’approfondir cette unité magnifiquement symphonique.

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