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Un modus vivendi au service de la liberté - 11/12/2020


Le 9 décembre dernier, date anniversaire de la fameuse loi de 1905, a été présenté au Conseil des Ministres un projet de loi « confortant les principes républicains ». Ce projet s’est appelé dans un premier temps loi « séparatisme » puis loi « renforçant la laïcité ». Que penser de ce projet célébré par les uns ou dénoncé par les autres ? Il est légitime, nécessaire et bienfaisant que le Gouvernement cherche à juguler « l’islamisme politique radical » et toutes les violences qu’il alimente et suscite. En revanche, il serait dangereux de sacrifier à cet objectif évidemment valable l’équilibre laborieusement trouvé dans notre histoire entre liberté religieuse et laïcité de l’Etat.

Il faut nous rappeler que la loi de 1905 est née dans un contexte d’extrême tension entre l’Eglise et l’Etat (pensez, par exemple, à « l’affaire des fiches », le contrôle liberticide de la pratique chrétienne des officiers qui a fait scandale et conduit à la démission du gouvernent du célèbre « petit père Combes »). La forme juridique des « associations cultuelles » de 1905 était incompatible avec l’identité profonde – diocésaine – de l’Eglise catholique. Voilà pourquoi elle les an refusées. C’est dans les années 1920, après « l’union sacrée » de la guerre de 14, que des accords diplomatiques, toujours en vigueur, entre la France et le Saint-Siège ont permis d’établir un bon modus vivendi constamment confirmé par la régulation du Conseil d’Etat.

Il faut veiller très attentivement à ne pas remettre en cause ce modus vivendi. Le projet de loi actuel pose des questions de liberté d’association, d’expression et d’éducation qui risquent de fragiliser gravement la santé de notre société. Ce que nous avons à préserver tous ensemble, dans le contexte du radicalisme et parfois du terrorisme contemporains, c’est notre goût pour la liberté. Il serait contradictoire de le remettre en cause pour le préserver, même s’il est légitime de l’encadrer et de le structurer. Les discussions entre la Conférence des évêques et le Gouvernement vont se poursuivre. Mais il est bon que chacun s’informe et sache témoigner, comme chrétien, du prix de la liberté.