Un temps favorable ? - 19/02/2021


« Le voici maintenant le moment favorable, le voici maintenant le jour du salut » (2 Corinthiens 6, 2). En entendant cette proclamation de saint Paul, qui se réfère au prophète Isaïe, au terme de la deuxième lecture du Mercredi des Cendres, certains d’entre vous ont peut-être sursauté. Voilà près d’un an que nos vies sont compliquées par cette crise sanitaire qui n’en finit pas, le couvre-feu bride sévèrement la vie paroissiale, amicale, culturelle, l’épée de Damoclès d’un nouveau confinement ne cesse de nous menacer : à vues humaines, le temps présent est tout sauf un moment favorable !

Sans doute faut-il mieux écouter la proclamation de saint Paul, l’écouter jusqu’au bout : « Le voici maintenant le moment favorable, le voici maintenant le jour du salut ». Le temps présent est « favorable » parce que c’est « le jour du salut », le jour où Dieu veut nous libérer de ce qui abime la profondeur de nos vies. Dans le contexte d’inquiétude, de découragement voire de dépression qui nous entoure et nous affecte, le carême nous est offert pour qu’un renouveau de notre espérance théologale nous libère de ces dynamiques négatives. La prière, le partage et l’ascèse du carême n’ajoutent pas de l’austérité à l’épreuve du temps présent mais ouvrent au contraire un chemin pour l’assumer et la dépasser le cœur tourné vers Dieu et vers les autres.

J’ai été frappé, en ce Mercredi des Cendres, par l’ampleur, la gravité et la ferveur des assemblées avec qui j’ai eu la grâce de célébrer notre entrée en carême. Une fois de plus, nous avons mesuré que le rythme liturgique ne constitue pas une sorte de folklore spirituel coupé des réalités de la vie mais au contraire ce qui permet d’entrer dans la vérité la plus profonde de nos existences et de la marche du monde. Ce qui nous est donné appelle notre réponse et notre engagement. Voilà pourquoi c’est aussi à chacun d’entre nous qu’il appartient de faire en sorte que ce carême soit vraiment un « temps favorable », un « jour de salut ».