VIVRE LE JEUDI SAINT EN FAMILLE - Le repas de la Pâque



VIVRE LE JEUDI SAINT EN FAMILLE - Le repas de la Pâque

Quel matériel prévoir ?
- Prévoir un morceau d’agneau rôti au four,
- Des pains sans levain (pitas),
- Des herbes vertes et des herbes amères (de la roquette par exemple),
- Quatre coupes de vin ou de jus de raisin pour les enfants,
- Du Haroset (mélange de pommes, cannelle et noix, dans un peu de fromage blanc),
- Un petit vase d’eau salée. En complément, des crudités que les enfants aiment bien.

On peut dresser une belle table sur la table basse du salon si elle est assez grande, et prévoir des chandeliers.

Cette célébration peut être précédée de celle du lavement des pieds

Qu’est-ce que le repas de la Pâque ?
Les enfants, nous voici rassemblés en ce jour où Jésus a fêté la Pâque avec ses proches, les 12 apôtres. Nous allons nous placer comme dans les familles juives : le père de famille prend place au centre de la table, il place ses enfants par ordre décroissant d’âge de sorte que le plus jeune soit situé à côté de lui pour pouvoir lui poser les questions traditionnelles.

Jésus, est un juif pratiquant. Avec ses apôtres, il célèbre la fête de la Pâque à Jérusalem. Ce repas fait mémoire de l’histoire de l’Alliance de Dieu avec son peuple, le peuple hébreu (sacrifice d’Isaac, sortie d’Égypte, passage de la mer Rouge).
La nuit avant de sortir d’Égypte, avant de passer de la vie d’esclave à la vie d’homme libre, avant de tout quitter pour la Terre Promise, les Hébreux ont pris en toute hâte un dernier repas fait de pain sans levain, d’herbes amères et d’agneau rôti : le repas de la Pâque.

Petit mot d’attention pour les parents : Il ne faut pas forcément vouloir tout lire et tout expliquer, il est important de s’adapter à ce que les enfants peuvent vivre et que ce repas reste un temps fort familial.

On allume les chandeliers :« Bénis sois-tu, Seigneur notre Dieu, Roi de l’univers, qui nous a sanctifiés »

On remplit les coupes : « Sois loué, Éternel notre Dieu, Roi de l’univers, qui a créé le fruit de la vigne. Sois loué notre Dieu, toi qui as choisi le peuple juif entre tous les peuples, qui nous as donné le Messie en qui tout homme est sauvé. Tu nous sanctifies par tes commandements. »

Tous les convives boivent

Pourquoi remplissions-nous des coupes ?
Des coupes ? (Il y en a 4), dans lesquelles il y a du vin (ou du jus de raisin). Le rite prévoit :
- Une première coupe qu’on laisse de côté : nos frères juifs ne la boivent pas pendant le repas, signe du Messie qu’ils attendent. Nous, nous pourrons la boire car nous savons que Jésus, le Messie, est venu sur terre.
- Deux coupes que l’on boit pendant le repas, symboles du sang des sacrifices et de l’Alliance. Rappelons-nous du sacrifice que Dieu a demandé à Abraham et du sang de l’agneau sur les linteaux des portes le soir de la fuite d’Égypte.
- Et une 4e coupe que l’on boit à la bénédiction finale, symbole de la liberté retrouvée après la traversée de la mer Rouge.

Et que voyons-nous sur la table ?
Des pains ? D’habitude, nous mangeons du pain levé, mais ce soir nous mangeons du pain non levé. Nous voulons faire mémoire des enfants d’Israël qui ont fui l’Égypte, et qui n’ont pas eu le temps de faire lever la pâte, ils l’ont cuite en hâte.
« Béni sois-tu Seigneur notre Dieu, qui nous donnes le pain. »
Le Père de famille partage le pain
Voyez-vous le plat au centre de la table ?
C’est de l’agneau : comme ce que les Hébreux ont mangé la nuit de la fuite d’Égypte. Qui a désigné Jésus comme « l’Agneau de Dieu » ? C’est Jean le Baptiste. Jésus par son baptême a été mis à part en vue de ce sacrifice.

Lecture de Jean 1,29-36
Ouvrir notre Bible Comme Jean Baptiste voyait Jésus venir vers lui, il dit : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ; c’est de lui que j’ai dit : Derrière moi vient un homme qui a sa place devant moi, car avant moi il était. Je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté au peuple d’Israël. »

Que voyons-nous d’autre sur cette table ?

Des herbes amères (de la roquette) : ce soir nous mangeons des herbes amères pour nous souvenir de la vie amère des Hébreux en Égypte. Dieu notre Père, donne-nous de ne pas être indifférents à la souffrance des hommes.
On mange un peu d’herbes amères sur du pain

Haroset : Nous mettons du haroset qui adoucit sur les herbes amères. Même les choses les plus amères sont adoucies par l’espérance en Dieu.

Des herbes vertes (persil, radis, salade) : qui symbolisent les productions de la Terre promise vers laquelle les Hébreux se dirigent (Pays de Canaan).

Un vase d’eau salée : symbole de la mer Rouge que les Hébreux ont traversée à pieds secs.

Le plus jeune des enfants demande au père de famille de raconter la sortie d’Égypte et la traversée de la mer Rouge pour aller vers la Terre que Dieu leur a promise. C’est dans ce récit que vous allez découvrir les prescriptions concernant le repas de la Pâque.

Lecture du livre de l’Exode (Ex 12, 1-8.11-14)
En ces jours-là, dans le pays d’Égypte, le Seigneur dit à Moïse et à son frère Aaron : « Ce mois-ci sera pour vous le premier des mois, il marquera pour vous le commencement de l’année. Parlez ainsi à toute la communauté d’Israël : le dix de ce mois, que l’on prenne un agneau par famille, un agneau par maison. Si la maisonnée est trop peu nombreuse pour un agneau, elle le prendra avec son voisin le plus proche, selon le nombre des personnes. Vous choisirez l’agneau d’après ce que chacun peut manger. Ce sera une bête sans défaut, un mâle, de l’année. Vous prendrez un agneau ou un chevreau. Vous le garderez jusqu’au quatorzième jour du mois. Dans toute l’assemblée de la communauté d’Israël, on l’immolera au coucher du soleil. On prendra du sang, que l’on mettra sur les deux montants et sur le linteau des maisons où on le mangera. On mangera sa chair cette nuit-là, on la mangera rôtie au feu, avec des pains sans levain et des herbes amères. Vous mangerez ainsi : la ceinture aux reins, les sandales aux pieds, le bâton à la main. Vous mangerez en toute hâte : c’est la Pâque du Seigneur. Je traverserai le pays d’Égypte, cette nuit-là ; je frapperai tout premier-né au pays d’Égypte, depuis les hommes jusqu’au bétail. Contre tous les dieux de l’Égypte j’exercerai mes jugements : Je suis le Seigneur. Le sang sera pour vous un signe, sur les maisons où vous serez. Je verrai le sang, et je passerai : vous ne serez pas atteints par le fléau dont je frapperai le pays d’Égypte. Ce jour-là sera pour vous un mémorial. Vous en ferez pour le Seigneur une fête de pèlerinage. C’est un décret perpétuel : d’âge en âge vous la fêterez. »
– Parole du Seigneur.

Ou bien, vous pouvez raconter la sortie d’Égypte (à adapter selon l’âge des enfants

La sortie d’Égypte
Nous avons vu à travers la Bible qu’avant de sortir d’Égypte, avant de passer de la vie d’esclaves à la vie d’hommes libres, avant de tout quitter et de prendre la main de Dieu, les Hébreux ont pris en toute hâte un dernier repas fait de pain sans levain, d’herbes amères et d’agneau rôti : le repas de la Pâque.
Ce repas est aussi le premier repas d’un peuple en marche vers la liberté à partir duquel le peuple hébreu se laisse conduire par Dieu. Avec Dieu, ils ont traversé la mer Rouge et surmonté de nombreuses épreuves.
Ils ont ensuite remercié Dieu pour toutes ces merveilles et pour tous ces bienfaits en mémoire du passé, en célébrant le repas de la Pâque. Jésus, vit pleinement la fête de la Pâque à Jérusalem. Ce repas est un repas du souvenir du passage transformant de Dieu dans la vie de tout un peuple (sortie d’Égypte) et du passage de Dieu dans toute vie humaine.
Ainsi pour prendre le dernier repas, Jésus invite les disciples à monter à Jérusalem, la ville lumière, la ville où l’on va à la rencontre de l’Éternel. Au cours de celui-ci Jésus va faire quelque chose de nouveau :

Une fois la lecture faite, on finit de dîner, en buvant les 3 coupes de vin (ou jus de raisin).

A la fin du repas, le père de famille boit à la dernière coupe, en symbole de la liberté retrouvée puis nos frères juifs récitent les psaumes 113 et 118 pour la bénédiction finale  :

Lire Psaume 113, 9-18
Israël, mets ta foi dans le Seigneur : le secours, le bouclier, c’est lui !
Famille d’Aaron, mets ta foi dans le Seigneur : le secours, le bouclier, c’est lui !
Vous qui le craignez, ayez foi dans le Seigneur : le secours, le bouclier, c’est lui !
Le Seigneur se souvient de nous : il bénira ! Il bénira la famille d’Israël, il bénira la famille d’Aaron ; il bénira tous ceux qui craignent le Seigneur, du plus grand au plus petit. Que le Seigneur multiplie ses bienfaits pour vous et vos enfants ! Soyez bénis par le Seigneur qui a fait le ciel et la terre ! Le ciel, c’est le ciel du Seigneur ; aux hommes, il a donné la terre. Les morts ne louent pas le Seigneur, ni ceux qui descendent au silence. Nous, les vivants, bénissons le Seigneur, maintenant et pour les siècles des siècles !

Ou au choix

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens 1 Co 11, 23-26
Frères, moi, Paul, j’ai moi-même reçu ce qui vient du Seigneur, et je vous l’ai transmis : la nuit où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. » Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne. – Parole du Seigneur.

MERCI SEIGNEUR POUR CE REPAS !
Ce repas est donc le mémorial de la délivrance du peuple hébreu de l’esclavage en Égypte, c’est le repas d’un peuple en marche vers la liberté. Avec Dieu, ils ont traversé la mer Rouge et surmonté de nombreuses épreuves.
Lors de ce repas, ils remercient Dieu pour toutes les merveilles qu’il a faites et pour tous ses bienfaits. Jésus reprend les symboles de la Pâque juive pour instituer le rite de la nouvelle Alliance. Désormais l’agneau du sacrifice c’est lui, c’est son propre corps. Le sang dans les coupes c’est son propre sang. Pour que nous ayons sa vie. Le pain qu’il rompt c’est son corps donné pour que nous le mangions et vivions de sa vie.

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