Vatican II et le déconfinement - 22/05/2020


Nous voici au seuil du déconfinement liturgique. Quelle grâce et quelle joie de pouvoir bientôt nous retrouver pour louer et accueillir le Seigneur, tout en demeurant attentifs bien sûr aux gestes de prudence sanitaire !

Ici et là, y compris par certains chrétiens, le fort désir de nous retrouver, non seulement pour prier mais aussi pour nous entraider, a été jugé sévèrement, comme une revendication catégorielle un peu indiscrète voire dépassée… Ce qui me frappe au contraire, c’est à quel point l’enseignement du concile Vatican II et le déconfinement vont de pair. Les plus ardents défenseurs de Vatican II ne sont pas toujours ceux que l’on pense…

Le premier des textes promulgués par le concile Vatican II, Sacrosanctum concilium, est la constitution sur la sainte liturgie, manifestant que si la liturgie n’est pas toute la vie de l’Eglise, elle en est bien le cœur.

Gaudium et Spes, la constitution sur l’Eglise dans le monde de ce temps, insiste sur la relation vivante entre les fidèles et toute la société. C’est dans cet esprit que nous avons souhaité un déconfinement ecclésial responsable au rythme de la société. Comme Jean-Paul II d’ailleurs, notre tout récent centenaire, j’aime particulièrement les premiers mots de la constitution : « Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ ». En désirant d’un grand désir le déconfinement de l’eucharistie, j’ai pensé en particulier aux plus pauvres, aux plus isolés, aux plus petitement logés pour qui le rassemblement eucharistique est le havre de paix et de fraternité par excellence. Gaudium et Spes insiste enfin sur la liberté de l’Eglise à l’égard des pouvoirs publics. Discuter, même un peu vivement, une décision (qui a depuis été déclarée illégale par le très sage et sérieux Conseil d’Etat), ce n’est pas de l’insoumission coupable mais de la liberté fructueuse.

Lumen gentium, la constitution de Vatican II sur le mystère de l’Eglise, met en lumière la dimension ecclésiale de toute la vie chrétienne, qui ne saurait se réduire à une sorte d’individualisme spirituel. C’est cette logique qui sous-tend le meilleur de la réforme liturgique et le besoin vital de nous retrouver. Lumen gentium parle magnifiquement aussi de l’eucharistie comme « la source et le sommet de toute la vie chrétienne ». Que chacun se demande si l’eucharistie est bel et bien « la source et le sommet » de toute sa vie.