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Congrès national des aumôniers Catholiques de prisons (12/14 octobre 2018)

« Sur les chemins de fraternité »

Environ 500 aumôniers de toute la France et 6 de l’équipe de Nanterre se sont retrouvés pour ce Congrès sur la Fraternité. Ce thème apparemment consensuel est loin d’être simple et évident.

Pour ma part, j’ai commencé à découvrir la fraternité en famille. Son accueil et son hospitalité mon fait entrer dans une plus grande famille avec des grands-parents et des cousins. Famille formidable et famille faite de conflits et de secrets. Bref l’apprentissage de la fraternité en famille n’est jamais simple. Dans l’Église Catholique, j’ai découvert par le baptême une nouvelle famille, une nouvelle fraternité qui ne limitait pas l’hospitalité aux liens du sang. On voit donc que la fraternité peut se réduire au lien du sang, au lien d’un peuple ou au lien d’une religion. Mais comment imaginer cette fraternité universelle « en espérance » que l’on découvre à la Crèche avec les marginaux (Lc 2) ou les étrangers (Mt 2) qui viennent rencontrer le Sauveur.

Christoph Théobald (sj) articule l’hospitalité et la fraternité avec le principe de gratuité (grâce). Ainsi il décline les déplacements d’une hospitalité fraternelle et d’une fraternité hospitalière. Si nous nous contentons uniquement de l’hospitalité, nous risquons d’être toujours dans le même : même famille, même peuple ou même religion. Mais la gratuité de l’Évangile (grâce du baptême) m’invite à cet amour don à partager (charité) qui me fait aimer et reconnaître l’autre comme un frère en humanité. C’est grâce à un amour divin qui me dépasse que cette reconnaissance et cette conversion devient possible. La grâce du baptême m’invite à cette conversion du cœur. Il ne s’agit plus d’une supériorité de celui qui est baptisé ou de la relativité de la situation (famille, peuple, religion) où tout est identique (relativisme), mais de l’invitation à une joie partagée d’une hospitalité fraternelle ou d’une fraternité hospitalière.

Je vous propose trois moments importants que j’ai vécus durant ce congrès.

1. Il y a eu cette procession aux flambeaux avec un aumônier protestant. Ce déplacement inouï d’un aumônier chrétien qui ne partage pas cette dévotion à Marie m’a fait percevoir à quel point l’hospitalité fraternelle avait converti son cœur. Il participait à une procession de ses frères en humanité sans partager cette dévotion. En échange, il m’a invité à entrer dans sa fraternité hospitalière en m’ouvrant à la joie de cette dévotion populaire qu’il a du mal à vivre dans sa propre tradition.

2. Il y a eu à la fin de cette procession un regroupement inimaginable de mon équipe (nous étions environ 25 000 pèlerins). Ensemble, nous avons prié et déposé les intentions de prière à la grotte. Ses intentions avaient été rédigées le dimanche précédent par les personnes détenues de la Maison d’Arrêt des Hauts de Seine. Cette fraternelle unité de l’équipe d’aumônerie m’a procuré une immense joie.

3. Enfin, durant la messe (de clôture du congrès) j’étais à côté d’un homme qui venait de sortir de prison (après 14 ans de détention). Il était issu d’une autre tradition religieuse et avait choisi d’être baptisé. À la prière du Notre Père, on nous invitait à un geste symbolique, en mettant notre main gauche sur l’épaule de notre voisin et en levant la main droite vers le ciel. Ce chemin d’humanité se construit ainsi avec cette discontinuité. Nous n’étions pas encore main dans la main. Grâce à la main tendue vers le ciel, j’ai pu tendre mon autre main vers mon frère. Grâce à cette main tendue vers mon frère, la grâce divine du baptême a pu s’accomplir en nous.

Père Pierre Pugnet


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