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Homélie de l’ordination des 4 diacres permanents

Homélie ordinations diacres permanents – 14 octobre 2018

Chers frères ordinands, chers frères et sœurs,

À quoi sert un diacre, qu’est-ce qu’un diacre ? Il est grand temps de se poser cette question... On peut dire qu’un diacre sert à servir, tout simplement. Il est appelé à donner le témoignage du service. On peut aussi décrire l’identité du diacre par les services qu’il accomplit : le service des plus pauvres, comme la diaconie du diocèse en donne constamment le témoignage ; le service de ceux qui sont les plus éloignés de la foi dans le travail de l’évangélisation ; le service de l’autel pendant la liturgie. Mais, pour aller plus loin dans la perception de ce qu’est un diacre, pour accueillir la grâce du diaconat et pour nous réjouir vraiment de la présence de nouveaux diacres dans notre Eglise, nous sommes invités à contempler le Christ Serviteur, le Christ Serviteur tel qu’il apparaît dans l’évangile que nous venons d’entendre : le Christ, lors de son dernier repas, lavant les pieds de ses disciples.

***

1. Si Jésus a choisi de laver les pieds de ses disciples lors de son dernier repas, ce n’est pas de manière anecdotique ou seulement culturelle, ou pour accomplir un simple geste de bienveillance ou de bienvenue. Ce signe du lavement des pieds lors de son dernier repas est comme une manifestation de ce qu’il va accomplir par la Croix. Le Christ a pleinement été le serviteur de l’humanité, notre serviteur, quand il a donné sa vie jusqu’au bout sur la Croix. De même que, lors du lavement des pieds, Jésus a déposé son vêtement, Jésus s’est en quelque sorte dépouillé de sa divinité pour se faire le serviteur du Père et de l’humanité « jusqu’à la mort et la mort de la croix » (cf. Ph 2). Il est venu laver, renouveler ce qu’il y a de plus pauvre, de plus fragile, de plus blessé, de plus souffrant dans notre humanité. Le lavement des pieds du dernier repas est l’annonce ultime de ce que Jésus a accompli une fois pour toute pour toute l’humanité par sa mort sur la croix. Il vient à la rencontre de toute souffrance humaine, de toute blessure, de tout péché pour le guérir par le don de sa vie. Voilà comment le Christ est serviteur, et voilà le serviteur que vous, chers diacres, êtes appelés à rendre présent au milieu de l’Église.

2. Il y a sans doute deux lieux particuliers où le mystère du lavement des pieds est rendu présent de la manière la plus forte. Et ces deux lieux ne cessent de se renvoyer l’un à l’autre dans la vie de l’Eglise et dans la vie des diacres. Il y a le service effectif des plus pauvres. Vous en avez déjà l’expérience, les uns et les autres, et les diacres du diocèse sont particulièrement engagés – avec beaucoup d’autres – au service des plus pauvres. Le charisme du service n’est pas un charisme exclusivement diaconal, mais la mission des diacres est d’aider à ce que l’Église toute entière soit servante des plus pauvres. Quand des diacres, quand des fidèles baptisés se mettent vraiment au service des plus pauvres, le Christ Serviteur est sacramentellement présent au milieu de l’Église et de l’humanité. Le « Vous ferez cela en mémoire de moi » de l’Eucharistie s’applique aussi, en quelque sorte, au service des plus pauvres. Quand Jésus a lavé les pieds de ses disciples lors du dernier repas, il a dit à ses disciples : « vous aussi faites de même, vous ferez cela en mémoire de moi ». Et cette action en mémoire de Jésus Serviteur le rend présent aujourd’hui. Présence agissante du Christ Serviteur, Sauveur, par le service des plus pauvres.

3. Et puis le Christ Serviteur et Sauveur est présent chaque fois que nous célébrons l’Eucharistie. Il se donne à nous dans son corps livré, dans son sang versé. Il est le Serviteur Sauveur qui ne cesse de venir par sa présence sacramentelle, par sa parole, rejoindre en chacun d’entre nous ce qui est le plus blessé, le plus fragile, le plus pauvre, qui a le plus besoin de renaissance, de renouveau, de transformation, de salut. Le « vous ferez cela en mémoire de moi » de l’eucharistie et le « vous ferez cela en mémoire de moi » du service se conjuguent pour que le Christ Serviteur soit présent au milieu de nous. Et vous les diacres, vous êtes les témoins privilégiés de cette conjonction. Votre engagement dans la diaconie de l’Église et votre service liturgique disent l’un par l’autre le mystère du Christ Serviteur. Quel bienfait, quelle joie pour l’Église ! Grâce aux diacres, les prêtres, les évêques se rappellent qu’ils sont devenus ministres ordonnés par la porte du diaconat et du service ; grâce aux diacres, les fidèles baptisés se découvrent appelés au service ; grâce aux diacres, dans le sillage du service vécu par les baptisés, beaucoup de nos frères et sœurs qui ne croient pas encore au Christ Serviteur se laissent entraîner par lui sur le chemin du service, se laissent évangéliser par lui en progressant dans la voie du service.

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Vous le savez sans doute, nous célébrons aujourd’hui la naissance dans le calendrier de l’Église de sept nouveaux saints, canonisés par le pape François ce matin place Saint-Pierre au cœur du synode sur les jeunes. Il y a en particulier saint Paul VI, le Pape qui a mené à son achèvement le concile Vatican II, le concile qui a fait en sorte que le diaconat redevienne un degré stable du sacrement de l’ordre. Le concile Vatican II nous a aidés à comprendre que prêtres et évêques ne peuvent remplir justement et pleinement leur mission que si les diacres sont eux aussi bel et bien présents au service de tout le peuple de Dieu. Et puis il y a aussi saint Oscar Romero, cet évêque assassiné pendant la Messe en raison de son engagement au service de la vérité, de la justice, et de la charité. Quel beau saint patron pour vous, chers frères qui êtes ordonnés diacres en ce jour ! Cet homme est allé jusqu’au bout du témoignage et du service et de l’Eucharistie. Puissiez-vous vivre la joie de ce « jusqu’au bout » de l’amour proclamé au début de l’évangile en étant sous son patronage, par votre service liturgique et par votre service des plus pauvres, de vrais signes sacramentels de la présence du Christ Serviteur au milieu de nous.

+ Matthieu Rougé
Évêque de Nanterre


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