L’interdit de la mort comme fondement de la paix – 13.01.2023


Chaque vendredi, à 7h04, 10h27 et 19h39, sur Radio Notre Dame, Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre, relit à la lumière de l’Evangile les temps forts de l’actualité de la semaine.
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Dans le cadre du débat en cours sur la fin de vie, le quotidien La Croix a publié récemment une tribune assez étonnante, c’est le moins qu’on puisse dire. Pour son auteur, « les arguments souvent utilisés pour s’opposer à l’euthanasie de « la vie comme don de Dieu » et du « caractère sacré de la vie » peuvent au contraire être employés dans un sens favorable à sa légalisation ». Il est vrai que l’auteur en question, comme l’indique La Croix dans une « mise en jour » en bas de page et en petits caractères sur son site internet, appartient « à une association pro-euthanasie [… et] a été mis en examen pour avoir aidé des personnes souhaitant mourir à se procurer un barbiturique ».

Comment donc argumente ce pourvoyeur de barbiturique ? « Si Dieu nous a créés libres, écrit-il, il ne peut pas nous avoir créés libres à moitié. […] C’est pourquoi la conception de la vie comme « don de Dieu » justifie en réalité la légitimité de la mort réfléchie. Parce que le don que nous fait Dieu de notre vie est un vrai don, un don absolu, il porte sur notre vie entière, y compris sa fin ». Cette absolutisation de la liberté, en réalité, ouvre la porte à tous les abus et tous les crimes. Croire à la vie comme don de Dieu, c’est au contraire reconnaître qu’elle nous dépasse, qu’elle nous est confiée, que nous ne pouvons épanouir authentiquement notre liberté que dans le respect des autres et de nous-mêmes.

« Parce que la vie est un don de Dieu, poursuit ce militant pro-euthanasie, elle est un bien dont nous sommes pleinement responsables, de son commencement (« l’âge de raison ») jusqu’à son terme (la mort). Exclure la mort du champ de notre liberté, c’est faire injure à Dieu, le considérer non comme un Dieu d’amour mais comme un Dieu jaloux, possessif, imposant des interdits et des restrictions à ce qu’il donne, ne faisant pas confiance aux êtres qu’il a créés libres et responsables ». On notera au passage que le commencement de la vie est situé à « l’âge de raison », c’est-à-dire à sept ans, ce qui laisse rêveur… Surtout, en disqualifiant tout « interdit », cet auteur ouvre la porte à toutes les barbaries et met en lumière également que ce qui est en cause au fond du débat actuel c’est l’interdit même de la mort comme fondement de la vie en société et de la paix.

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